I. En tête de l'explication du iv» commandement
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ter à Dieu et Taimer de toutes ses forces sans la moindre réserve. Mais comme, entre le sujet qui aime et l'objet aimé, la distance est infinie, on ne saurait songer à ce que la puissance d'aimer, chez l'homme, soit capable d'égaler la bonté et l'amabilité en Dieu, parce que celle-ci est infiniment grande, tandis que la puissance humaine, naturelle ou infuse, est nécessairement limitée. De là vient que si l'homme peut et doit aimer totalement Dieu en ce sens qu'il peut et doit aimer tout ce qui est en Dieu et en rapportant toutes ses énergies à cet amour, il ne peut cependant pas l'aimer totalement, au sens absolu, c'est-à-dire en l'aimant autant qu'il mérite d'être aimé (i). Mais cette impuissance à égaler par l'amour toute l'amabilité divine laisse une marge incommensurable à l'activité aimante de la créature, dans laquelle elle peut s'employer et se développer sans cesse.
4. Dieu doit être aimé sans mesure. C'est la formule bien connue de saint Bernard que le motif d'aimer Dieu, c'est Dieu, et que la manière de l'aimer est de l'aimer sans mesure (2). Impossible ici d'assigner une limite à l'amour de l'homme pour Dieu : il peut croître sans cesse, et plus il grandit, plus aussi il est parfait (3). Dans cette progression ascensionnelle, vraiment digne de tenter les belles âmes et les cœurs généreux, les uns s'élèvent plus haut que les autres, mais tous sont invités à ne point borner leurs efforts. Et c'est ici que la noble émulation des amis de Dieu peut se donner libre carrière et que les saints, à l'envi les uns des autres, réalisent d'incomparables merveilles (4).
I. Sum. theol, 11^11*, Q. xxvii, a. 5. — 2. Dedilig. Deo, i. — 3. Sum. theoL, 11^ n*, Q. xxvii. a. 6. — 4- Saint Thomas de Villeneuve, Serm» de sancta Magdalena, dit : « Modus amoris