B3L0RDE
Dominnm Deom taom 'adorabis , et illi soli servies. ( Matth. iv. 40. )
« Tu adoreras le Seipear ton Dieu , et ta ne serviras que lai seul. »
Mes Frères ,
Nous vous avons parlé des vices opposés à la foi , lorsque nous avoDS traité devant vous des vérités contenues
Blf CHAIBE* 409
dans le symbole des apôtres (4). Avant de vous parler de la présomplioD et du désespoir qui sont opposés à l'espérance, permettez que, complétant la matière qui doit être renfermée dans nos instructions sur la vertu de religion , nous vous parlions encore de cette vertu.
DIVISION
Âpres vous avoir montré ce que c'est, en général , que la vertu de religion, nous vous dirons quels sont les vices qui lui sodI opposés.
4* La vertu de religion se définit , mes frères, une vertu morale qui nous porte à rendre à Dieu le culte qui lui est dû. Cette vertu se distingue donc de la foi , de l'espéranee et de la charité par son objet. Ces trois vertus que je viens de nommer sont appelées théologales , parce qu'elles ont ' pour objet matériel et formel et pour objet immédiat Dieu lai-mème ; la vertu de religion , au contraire , est une vertu morale, parce que Dieu n'est pas son objet matériel et formel ni son objet immédiat; l'objet premier et direct de la religion , c'est le culte de Dieu, et comme ce culte règle DOS mœurs , notre vie , ordonne nos actes dans l'ordre des choses divines, religieuses, c'est une vertu morale, mais une vertu morale non point humaine , naturelle , philosophique, une vertu morale .divine, chrétienne, en un mot, ane vertu morale de l'ordre surnaturel , puisqu'elle est le résultat des inspirations de la gr^ce et qu'elle a pour fin l'acquisition de la béatitude. Elle est au premier rang des vertus morales. Elle est à la tête de l'ordre moral, parce que si tout doit se référer à Dieu , tout doit être disposé de telle
(l) T. I, p. 143 et 150.
410 LE CAtAcHUTB
manière , dans les actes du chrétien , qoll résulte de ces actes la gloire de Dieu et l'édification du proeliain pour le salut des âmes. En un mot, si la vie do chrétien tout entière est une sorte de culte , il est incontestable que l'ordre moral se réfère à la vertu de religion et dépend de celte vertu comme les ruisseaux et les lacs qu'ils forment se rapportent à leur source et en dépendent. Celte vertu produit nécessairement des actes ; elle ne reste pas dans l'âme à l'état de simple aptitude, elle n'est point stérile^ elle produit des actes déterminés, réglés, soumis à le disposition positive de Dieu ou de TBglise. Nous avons donc è examiner maintenant les actes de la vertu de religion.
Or, les principaux actes de la vertu de religion sont , mes frères, l'adoration, le sacri6ce, la dévotion, la prière, le serment, le vœu et la sanctification des jours de diman^ cfae et des jours de fête. Mais , parce qu'on a coutume de parler du sacrifice principalement à propos de l'eucharistie, qui est tout à la fois communion et sacrifice, et aussi perce que nous avons patrie déjà de la prière et que nous parle* rons ailleurs du serment et du vœu ainsi que de la sancli* fication des dimanches et des fêtes, nous n'avons à parler ici que de l'adoration. L'adoration a Dieu pour objet principal, et après Dieu elle se réfère aux anges , aux saints et aux images que nous traçons des anges et des saints. De là cette division si connue , que nous trouvons partout, dans les théologiens et jusque dans le catéchisme le plus élémen* taire, celte division du culte de latrie, du culte de dulie et du culte d*byperdulie. Vous me permettrez d'entrer, relativement à ces mots, dans quelques explications.
Le cuite de latrie, c'est le culte d'adoration proprement dite ; il se rapporte à Dieu , parce que Dieu seul est digne
WH CHAIKB. ' ll#
d'éCre adoré. « Je suis celui qui suis, b Bgo $um qui sum} e*est moi qui ai donné Tètre à tout cd qui existe, c'est mot qui puis encore , d'une seule parole , faire rentrer dans le néant tout ce qui est; ou plutôt tout ce qui est retoroberati dans le néant , de son propre poids , si je suspendais un seul instant mon incessante action créatrice dans le monde. Si Dieu est Tétre souverain, indépendant, Tadoration esl due à lui seul ; l'adoration , c'est-à-dire la soumission complète à un être que nous regardons comme le créateur et le souverain Seigneur de toutes choses. De là ce précepte formel : a Je suis le Seigneur ton Dieu , ô Israël , et tu n'auras point d'autre Dieu devant moi. » De là cette parole de Notre-Seigneur à Satan au jour de la tentation , avant la prédication évangéiique : « Tu adoreras Dieu et tu ne ser* viras que lui. » Dofmnum Deum tuum adorabis et illi soli servies. Cette adoration exclusive de Dieu , cette soumission' pleine et entière de l'esprit , du cœur , de la volonté , dessens eux-mêmes au souverain domaine et au souverain ni)itre du Dieu créateur, du Dieu conservateur, du Dieu' providence est nécessaire à l'homme de nécessité de moyen, c'est-à-dire que sans cette exhibition d'honneur , de respect , de confiance , d'amour envers Dieu , le salut est impossible. Adorer Dieu ^ c'est la condition indispensable du salut; ne pas adorer Dieu, c'est se mettre en dehors de la voie du salut , c'est être rejeté par Dieu dès ici-bas et ne pas arriver au terme qu'il nous a assigné luiiDème pour l'acquisition de l'étemelle béatitude.
Les Juifs avaient reçu spécialement ce précepte du culte de latrie dont Dieu est l'unique oi>iet , pourquoi ? c'est que les Juifs venaient à une époque où le reste du monde était plongé dans les ténèbres de l'idolâtrie et livré au culte des dieux les plus abominables. Aujourd'hui ce précepte
lis LE GATÉGHISTB
subsiste ; certes , il vit dans le code de la loi nouvelle , dans toute son intégrité , mais il subit cependant certaines modifications à regard de la très-sainte Vierge , des anges et des saints qui ne pouvaient avoir lieu dans Tancienne loi , parce qu'elles auraient créé pour les Juifs , si enclins aux coutumes du paganisme, un véritable danger. Mais pour ne pas créer nous-mêmes de confusion dans la doctrine, nous avons , en théologie , adopté certains mots qui désignent les différents cultes que nous rendons aux créatures en qui Dieu a mis une portion soit de sa puissance , soit de sa sagesse , soit de sa sainteté. Le culte de dulie se réfère donc aux anges et 0ux saints ; c'est un culte de servitude , de servage spirituel, pourquoi? C'est que nous devons honorer tous ceux que Dieu lui-même honore ; or, en respectant les saints, en mettant en eux notre confiance et notre amour, en imitant leurs vertus, nous honorons Dieu lui-même qui est la source de toute puissance, de toute sagesse , de toute vertu. Dieu vit dans les saints, par conséquent Dfeu est honoré dans les saints ; et si , comme nous le dit TÉglise quelque part. Dieu se console dans les saints , in servis stUs consolabitur Deus (4), comment Dieu ne se plairail-il pas à être honoré dans les saints? Nous honorons donc les saints dans l'Église catholique , non pas parce qu'ils sont les mattres de la grâce , les dispensateurs du salut , les régulateurs suprêmes de la vie ; non pas parce qu'ils ont la puissance d'illuminer les intelligences , de mouvoir les volontés , de toucher les cœurs , de mettre un frein aux passions , non ; mais nous les honorons parce qu'ils sont plus parfaits que nous, pauvres mortels encore si faibles et si misérables ; parce qu'ils sont faits d'une manière plus parfaite à
(t) Brev. Rom. offic. mart. temp. pasch.
Fifflage de Dieu , parce qolls sont des tabernacles plus illastres, plus merveilleux des opérations de la grâce, parce qu'ils administrent l'Église en quelque sorte par leurs prières, par leur intercession, parce qu'ils nous servent de moyen pour arriver jusqu'à Dieu par leurs vertus, par les exemples héroïques de foi , d'espérance, de cbarilé , de religion qu'ils nous ont donnés lorsqu'ils vivaient sur la terre. Dans ce sens donc , le culte que nous rendons aux saints est un culte relatif, puisqu'il ne s'arrête pas aux saints eux-mêmes , mais qu'il va jusqu'à Dieu, source et priocipede leur sainteté. Et nous appelons , je le répèle, le culte rendu aux saints un culte de dulie , parce que nons voulons différencier ce culte de celui que nous rendons à Dieu , du culte de latrie ou du culte d'adoration proprement dite; le culte que nous rendons aux saints ou le culte de dulie est un culte de simple honneur , de simple servage.
Le culte rendu à Bfarie reçoit un nom particulier à cause de l'éminente dignité de mère de Dieu qui a été accordée i la très-sainte Vierge : c'est le culte d'hyperdulie ou de saperservitude ; c'est un culte plus élevé, plus parfait^ plus noble ^ plus complet dans l'ensemble de ses actes que le culte rendu aux saints, parce que Marie qui en est l'objet est plus élevée , plus digne , plus riche en grâces que tous les saints et les anges pris ensemble ; de sorte que le culte delà très-sainte Vierge, indépendamment de la légitimité qu'il porte avec soi et qui est évidente pour tout esprit raisonnable, est un culte éminemment fructueux dans l'Église, puisqu'il place constamment sous nos yeux l'objei le plus pur et le plus saint qui soit sorti des mains du Créateur, et qu'en contemplant Marie nous voyons comme dans un miroir l'image la plus vive, la plusnette de Dieu^ et l'image de Dieu le plus à notre portée. Marie est une mère , Marie
114 LE CATÉGHISTB
est UD6 808ur, Marie est uDe compagne, Marie est un secours pour nous. Ce que nous disons de la très-sainte Vierge , proportion gardée , nous devons le dire des saints, et de oe culte de Marie et des saints résulte, en effet , dans rÉglise une grande émulation dans la pratique des vertus. Tel saint nous montre la pratique héroïque de tel conseil , nous suivons ce saint, non pas jusque dans la voie du conseil , mais au moins^ de loin, dans la voie du précepte. Marie se montre à nous comme une grande puissance d'intercession ; faibles que nous sommes , nous nous adressons à elle, elle nous obtient une grâce, et cette grâce nous porte à imiter les vertus dont elle nous présente le modèle. C'est ainsi qu*en suivant la très-sainte Vierge et les saints nous les imitons, et que les imitant nous les honorons, el que les honorant nous rendons à Dieu plus de gloire, plus de véritable service qii*^i dehors de ce culte que nous impose TÉglise catholique , et sans lequel nous n*aQrions pas les mêmes secours. La religion est donc sage , elle inter* prête donc bien le premier précepte du Décalogue , elle ne confond point Dieu avec les saints, elle distingue le cuite de latrie du culte de dulie, celui-ci du culte d'hyper-, dulie; elle rend à chaque objet , comme Dieu l'a fait luimême, selon son importance, le culte, te respect, la confiance qui lui sont dus, et ainsi elle est dans la vérité , elle est dans la justice.
Je le sais , les ennemis de TÉglise nous reprochent le culte que nous rendons aux saintes images , et ici il suffit d'un jnoment de réflexion pour trouver une réponse satisfaisante aux reproches qu'on nous fait. Les images de bois ou de métal n*ont aucune valeur en soi aux yeux d'un homme sensé ; mats ces images , en tant qu'elles représentent un saint ou la très-sainte Vierge, sont au moins un
119 CflAniB* 44(Ç
mémorial, s'adressent à l'esprit de manière à rendre pré^ sent à la mémoire l'objet qu'elles signifient. Sous cet rapport les images donc peuvent être honorées, et, vous leroyez, le calte que nous leur rendons est un culte purement relatif qui ne s'arrête pas à Timage , mais qui va à l'objet même que l'image représente. Ainsi , se mettrai genoax devant une image , ce n est point vénérer Qoe toile admirablement peinte par un artiste, un marbre oa un bois façonné admirablement par la main do sealpteary non I c'est vénérer la reine du ciel ou un saint ; c'est donc honorer ceox dont le culte est légitime : culte dedolie ou d'byperdulie ; et si ce culte que nous rendons aux saints et à la trés-sainte Vierge est légitime , s'il se rapporte à Dieu, il est évident, par une raison semblable, qoe le culte relatif qne nous rendons anx images est Ugiiime , ei se rapporte également è Dien.
Toilà, mes frèrea^ies notions que j'ai cru devoir vous doooer ; quoique bien simples, elles peuvent servir à répon-' are à certaines objections qui ont cours dans le monde el qoi souvent surprennent les esprits qui n'ont pas eu le temps de réfléchir à une bonne réponse. Toute objection soulevée contre le culte des saints ou des images est futile tpuiDd on sait y répondre par les raisons que je viens de vous donner et qui sont très - simples. L'Église adore Dieu, l'Église vénère les saints et elle vénère encore les images parce qu'elle croit , en honorant ceux que Dieu a boDorés d^une part de sa puissance , de sa sagesse et de son amour, qu'elle qe fait que rendre à Dieu un nouveau service, un nouvel hommage , et manifester dans ^ux que Dieu anime de sa grâce , la puissance et la vertu de Dieu.
La vertu de religion , e'esl donc, en définitive , le culte
I i6 LE GATÉGBIdTB
rendu à Dieu, à la sainte Vierge, aux saints et aux images» culte réglé soit par Dieu lui-même, soit par TÉglise dans les différentes parties de la liturgie catholique. Mais ee culle lui-même peut être vicié , nous pouvons le pervertir, le rendit mauvais soit en changeant robjetqu*il doit avoir, soit en modifiant plus ou moins ses pratiques.
Quels sont donc les vices opposés à la vertu de religion? Le premier vice opposé à la vertu de religion , c*est , mes frères , la superstition. La superstition pèche dans le sens d'un excès , elle outrepasse les bornes que Dieu lui* même a posées au culte. « Toute vertu morale , nous dit saint Thomas , est dans un juste milieu ; elle n*excède pas, elle ne va pas trop haut, elle ne descend pas trop bas! »
Être superstitieux , c'est donc excéder soit en changeant l'objet légitime dn culte, soit en modifiant par excès les pratiques du culte. Or , la superstition se divise elle-même en idolâtrie, en culte pernicieux et en culte superflu. L'idolâtrie c'est l'adoralion des dieux de bois , de métal ou de pierre , de ces dieux dont le prophète nous dit, dans un de ses psaumes , qu'ils ont des yeux et qu'ils ne voient pas, des mains et ne peuvent loucher , des pieds et sont incapables de marcher , de ces dieux muets des nations que le christianisme a renversés , mais qui subsistent pourtant encore dans les pays lointains que parcourent nos missionnaires et qui ne tomberont que plus tard , tant la superstition est enracinée dans lesprit de l'homme depuis la chute, tant le démon qui se fait adorer dans les idoles tient encore l'empire des esprits et des cœurs.
L'idolâtrie c'est donc le culte de ce qui n'est pasDieu/et l'idolâtrie est défendue non-seulement de droit natuirel , mais encore de droit divin, puisque Dieu nous dit au
£M GHAIBB« 447
premier précepte : a Ta n'auras pas d'autre Dieu devant moi.»
Mais si ridoiftirie aujourd'hui est plus rare, si elle s'est éloignée de nous, il n'en est pas de même peut-être du ooUe pernicieux.
Le culte pernicieux contient une erreur; c'est un culte bax, non pas précisément dans son objet, mais au moins dans ses pratiques , dans son rituel, si je puis ainsi parler. Ainsi aujourd'hui vous pratiqueriez encore les observances de la loi mosaïque , évidemment vous auriez pour but d'honorer Dieu , le vrai Dieu, Jéhovah , le Dieu d'Isaac et de Jacob ; mais parce que ces pratiques étant purement figuratives ont été abolies, elles constitueraient aujourd'hui un culte bxkXy un culte coupable et, comme disent les théologiens, OD culte pernicieux. Je vais plus loin : les pratiques du Gulte mahométan, les pratiques prescrites par le Coran, daos l'islamisme , certainement s'adressent \ Dieu , au Dieu suprême; l'islamisme n'enseigne à ses prosélytes qp'uD seul Dieu ; mais ces pratiques n^ayant pas été réglées par Dieu lui-même ni par un envoyé de Dieu , contenant d*aillears bien des erreurs, bien des faussetés, malgré l'objet vrai, l'objet saint auxquelles elles se rapportent , seraient on culte coupable. Le culte pernicieux est donc celui qui, tout en ayant un objet vrai , demeure faux , demeure coupable dans l'ensemble ou dans le détail de ses pratiques.
Quant au culte superflu , c'est tout simplement un culte vain , un culte futile , un culte même ridicule et un culte par conséquent que Dieu ne peut pas approuver et que rÉglise doit proscrire.
Âiosi il y a certains fidèles qui , souvent dans la meil* leure intention du monde , se proposent des pratiques de piété en nombre déterminé , font dire par exemple neuf
messes ou trente messes, el aitactieiit doo pas «ix ou aux pratiques de piété, mais au nombre de ces pralîqcMSt due verlu que œ nombre assurément n'a pas et ne saurait avoir. li y a là un cuite vain , un culte superflu , paroe que la valeur d'un acte religieux n'est pas précisément dans te consommation , dans radiàvémeot de tel ou tel nombre . qui a dépendu de notre volonté, de notre caprice > mats dans l'acte religieux lut-môme animé par la grâce. Je ne blâme donc pas le nombre de dizaines de chapelets, dte messes, de prières, de lectures. Dieu m'en garde! mais je blâme l'idée superstitieuse qui pourrmt arriver à l'e^ çrit de s'attacher à tel nombre parce qu'il est détermtiié comme tel ; cela serait vain , superflu et partant coupaUe aux yeux de Dieu.
Après l'idolâtrie, le culte pernicieux et le culte sup^* flu, nous avons à considérer encore dans la saperstî^ tien un autre vice , une autre pratique coupable que tes ihéoiogiens appellent la divination et la magie. Il fut on temps où ces mots préoccupaient beaucoup tes esprits. Par exemple , au xii*. siècle et tÀen plus tard encore jus* qu'au XIV*, et chez nous , en Angleterre et en Ecosse jusqu'au xvii« et au xvm* siècle, la divination et la magie ont été la préoccupation de bien des esprits , ont troublé bien des tètes , ont été pour les théologiens, potrr les moralistes , pour les confesseurs le sujet de nombreuses études. Aujourd'hui, grâce à Dieu, la divination et la tnagie paraissent ne plus exister dans nos sociétés, et cependant elles cherchent encore à se faire Jour parmi nous au moyen des apparences d'une science suspeôte. C'est pourquoi j'en dirai quelque chose. La divination consiste , d'après tous les théologiens , dans une invocation expresse ou tacite du démon dans le but d'arriver , par des moyens
MO
suroaUirels , à uae coQQaisaaQce que Dieu nous a cachée et qu ra (oui cas il n'a poifii soumise à rîDvestîgatioD des procédés naturels. J'ai nommé le démon et son intervention possible dans les recber^^hes curieuses de lesprît hamaio, et, certes , dirétiens, ce ne serait pas être esprit fort, mais e^rit faible que de nier la possibilité de Tioterveotion du d^noii dans les choses humaines. Le prince des ténèbres a reçu de Dieu la permission dagtr «arnouset contre nous; depuis le péché, nous nous sommes soumis nons-àièmes à Tempire du prince du mal et nous devons subir la peine de oeUe soumission coupable. Notre Biérite, notre gloire, c'est précisément de lutter contre l'adversaire , de Je terrasser , de sortir victorieux de la Ifltle; mais la lutte existe, mais la tentation existe, mais Vempire du déflion cberche à s'étendre et son action est fMky elle est pour ainsi dire palpable dans le monde; de ^ celle parole de Tapôlre saint Pierre : « Résistez au déiDoQ, forts dans la foi , parce qu'il cherche à vous dévorer, rôdant auteur de vos âmes comme un lion nigissaot. »
Le démon , je le sais , est incapable , parce qu'il n'a P^s ia puissance souveraine, de produire des miracles proprement dits ; mais il peut opérer des prodiges , il peut faire iHusion aux sens et à l'esprit , il peut induire *erreur,il peut fasciner, car il est Tancien serpentquia fasciné le premier homme et sa compagne, et qui par une fascination inouïe a entraîné le genre humain dans l'abîme où ^lest epcore en partie maintenant , et d'où il ne peut sortir qoe par la vertu du sang de Jésus-Christ. Donc l'inlerveniWQ du démon est possible, et d'après ce que nous lisons dans l'Évangile, elle est réelle. L'histoire ecclésiastique, pu* des exemples frappants , la constate aussi k tentes les
époques ; la divination donc est coupable , parce qu'elle contient une invocation expresse ou tacite du démon. Il en est de même de la magie.
il est des pratiques, je le disais tout à l'heure, qui sous prétexte d'expérimentations scientifiques , cherchent à se produire Sans les rangs mêmes les plus éclairés de la société et à tenir bien des âmes en suspens ; ces pratiques, je le sais aussi , n'ont pas été examinées à fond par la science et elles n'ont pas été formellement condamnées par l'Église ; cependant, par cela seul qu'elles demeurent obscures et qu'elles ont pour objet d'arrivei^ à une connaissance qui nous est cachée et à laquelle les moyens ordinaires ne nous feraient pas parvenir, elles demeurent illicites, car il y a toujours à y soupçonner une intervention plus ou moins éloignée , plus ou moins directe de l'ennemi du salut. En disant ainsi, je ne vais pas contre la science, Dieu m'en garde! je provoque de tout mon coeur les investigations les plus approfondies de la science ; mais en parlant ainsi , je préviens les âmes craintives, timorées, ayant le désir de plaire à Dieu avant toute chose, je préviens ces âmes qu'elles doivent se tenir en garde contrôles illusions possibles du démon. Dés que certaines pratiques se produisent en dehors du cours ordinaire des moyens scientifiques, des moyens, naturels , ou, dans l'ordre de la religion , en dehors des moyens de la grâce institués par Dieu, et que ces pratiques qui se produisent ainsi ont pour but d'arriver à une connaissance refusée à l'homme, soit par les moyens de la grâce , soit par les moyens de la nature , ayez ces pratiques pour suspectes et craignez l'intervention du démon ; voyez en elles les illusions du démon, dites : Vade relro^ Satanas I Loin de moi, Satan ! tu n'auras pas de part, soit dans mon esprit, soit dans mon cœur; je suis avec
Keu ; dîtes avec Sdiot Michel, victorieux des esprits rebelles : Quis ut Deus? Qui est semblable à Dieu ? Dieu seul peut foire des miracles , Dieu seul peut révéler TiDconnu , Dieu seul peut dévoiler à notre espril les mystères de la vie foiiare;pareonséqueDtydUes:aQuiestsemblableàDieu?car Dieu est uniquel »G'estaiDsi que Tâme chrétienne doit parler. Vous m*âvez compris, il est question ici du magnétisme,
des tables tournantes Mais la prudence ne me permet
pa$d*ea dire davantage.
Un mot des vaines observances : les vaines observances consistent dans remploi des moyens frivoles qui n'ont pas, soit naturellement, soit par la grâce de Dieu, le pouvoir de produire Teffet qu'on en attend. Il ne s'agit pas ici de ce que je disais tout à l'heure de la divination et de la magie , mais de quelque chose de plus puéril , si je puis parler ainsi ; tels caractères mystérieux tracés sur une carte , a tel jour, à telle heure ; telle amulette portée sur soi et dans telle intention doit produire tel effet, c'est iofaillible ; oui 1 maisc*est faux, c'est coupable , mais c'est dangereux. La religion vous interdit à vous , chrétiens , ces futilités, ces niaiseries bonnes pour les païens qui étaient soumis aux illusions de l'esprit des ténèbres ; vous êtes les fils de la lumière^ filii lucis ^ le soleil de la vérité s'est levé pour vous. Vous avez à votre disposition rintercession de la irès-sainte Vierge et des saints et l'assistance des anges, il ne vous faut rien de plus. Arrière les pratiques puériles, arrière tous ces enfantillages qui ont cours aujourd'hui cependant ; car la vaine observance est beaucoup plus commune que la magie et la divination. Toute •âme chrétienne dévoilera au directeur de sa conscience ces pratiques , si toutefois elle a été assez simple , assez peu avisée pour s'y laisser aller.