II. S
4"^ LB CAtiteBisn
, •« dlMMiB^lie.
{ 8« Précepte du Décalogro^. *- V Sêw— n. )
KFOSÉ SOMMAIML.
ÉtoblisseiDent d*UB jour de repos sur sept. — Leaabhai.
— Obligation de garder le sabbat transférée au dîmaocbe.
— Raisons de riostitution du jour du Seigneur et de ta translation de ce jour au dimanche.
TEXTES TIRÉS DE L*ÉGRm7BE SAINTE.
Metnento ut diem sabbatî sanctifices. Sex diebns operaberis , et faciès omnia opéra tua. Septimo autem die , aabbalum Domlni Dei tui est : non faciès omne opus in eo, lu, et filius luus, et filia toa, servus Uaus et^tocîlia t«M , junnenlum tuuoi, et advena qui est ii^ra portas iuat. Sex enim diebus fecît Dominus cœlum et terram , et mare , et omnia quœ in eis sunt, et requieyil in die septimo; idcirco bencdixit Dominus diei sabbati, et sanctifîcavit euia. (Eœod.\x. S-ll.) — « Souvieos - toi de sanctifier le jour du sabbat. Six jours tu opéreras et feras tooies tes œuvres. Mais le seplième jour, c*est le sabbat du Seigneur ton Dieu : tu ne feras en ce jour aucun ouvrage , ni toi, ni ton fils^ ni ta fille, ni ton serviteur, ni la servante, ni (a bête de somme, ni l'étranger qui est dans Tenceinte de (es portes. Car, en six jours, le Seigneur a fait le ciel, et la terre, et la mer, et tout ce qu*ils renferment, et il
s'est reposé le se|>liàœ6 jour. C*eat pourquoi le Seigoeur a béoi te JQor du sabbat, et il la $aDc(ifié. » Veaité, et narremus in Sîoq opus DotBim Deî iiostri :
aottilesagittas, impiété pharelras quoniam ultioDomtoi
eit, iiltio teinpii sui. ( Jerem. li. 40.14.) — « Venez , et rieoDtoDS dans Sion Tœuvre du Seigneur notre Dieu :
aigniflez voe flèches, remplissez vos carquois o*est la
vengeance du Seigneur, la vengeance de son temple. »
TEXTES TIRÉS DES PÉRBS
Dominica dies (anlis dîvinarum disposîtioBum mysteriit est consecrata , iit quidquid est a Domino insignius oonsti* (uium, in hujus diei dignitate sil geslum. In bac, mundus sompsit exordium; in bac, per resurreclionem Cbristi, et mors inierituffî, et vila accepit initîum. In bac, Apostoli a Deoaîno preedîeandi omnibus genlibus Evangelii lubam sumunt , et inferendum uni verso mundo saoramentum rege- Derationisacoipîunt. In bac, sicut JoannesEvangelista testatur, congregatis in unum discipulis, januis clauûs , quum ad eos Dominus introisset, însufflavit, et dixil : Accipiie. Spiritum Sanctum, quorum remiseritis peocala, reoûttuntur eis; et quorum retinueritis, retenta sunt. In bQC, denique, promissus a Domino Spiritus Sanctus advenit. (S. LéoN LE G%kHD, Epist. XI ad Dioscor. Alexandrmum. ) *-«Le jour du Seigneur est cooéacré par de stgrandsmys* téres dans les œuvres de Dieu , que fout ce que le Seigneur a dit de plus remarquable a été fait en ce jour. G^est en ce jour que le monde a commencé ; c'est en ce jour que . par la résurrection du Christ , la mort a été tuée et la vie a paru ; c'est en ce jour que les apôtres ont reçu du Seigneur 1a4rompetle de TBvangile qu'ils devaient annoncer à toutes
les nations, ei la mission de régénérer les peuples par lé saint baptême; c*est en ce jour que, selon le témoignage de révangélisle saint Jean , le Seigneur entra , les portes étant fermées, dans le lieu où s*étaient réunis les disciples et qu'iF leur dit : Recevez le Saint-Esprit : les péchés seront rennis à qui vous les remettrez , et retenus à qui vous les retiendrez ; c'est en ce jour , enfin , que le Saint-Esprit promis par le Seigneur à ses apôtres descendit sur eux. » Dominico die a labore lerreno cessandum , atque omni
modo orationibusinsistendum (Nicol. I*% Resp, ad con^
sultat. Bulgarorum. ) — « Le dimanche, il faut cesser le travail terrestre, et de toute manière se livrer aux exercices spirituels, i»
EXORDE
La loi de Dieu fut écrite, vous le savez, mes frères, sur deux tables : la première contenait les préceptes^ relatifs à Dieu lui-même; et la seconde, les préceptes relatifs au procfaaiu. Or, parce qu*il y a en Dieu trois personnes, la première table contenait trois préceptes ; et , parce qu'au Père est attribuée particulièrement la puissance , le premier précepte nous commandait d*adorer Dieu , à l'exclusion de tout ce qui n'est pas Dieu ; et parce qu'au Fils est attribuée particulièrement la sagesse, le respect, la louange, l'amour du nom divin et l'usage discret de ce nom nous étaient ordonnés dans le second précepte ; et parce qu'au Saint- Esprit appartient la bonté, l'amour qui reluit dans toutes ses œuvres, l'imilation de Dieu dans l'œuvre qu'il nous propose et qui nous sert de type , de modèle, la sanctification de cette œuvre par nos travaux de chaque jour nous était prescrite au troisième précepte.
La seconde table contient, comme vous le savez, les
EN CHAIRB. .47a
^pt autres coromaDdements, qui se rapportent au prochaîo. Aujourd'hui doue , après avoir épuisé la matière conteDue dans le premier et le second précepte , j*arrive au troisième, -et je vais vous parler de la sanctifîcalion du dimanche; mais nous ne pouvons pas tout dire dans une seule conférence.
DIVISION
Je me bornerai, dans celle-ci , è vous parler de Tinstitutien du jour dominical et des raisons de Tinstitution de ce jour.
Voici, mes frères, le texte du précepte : f Souviens-toi de sanctifier le jour du sabbat, m Mémento ut diem sabbati san- 4iifices; après quoi, Dieu explique ces paroles lorsqu'il ajoute : «Six jours tu opéreras et feras toute ton œuvre; mais le septième jour, c'est te sabbat, c est-à-dire le repos , do Seigneur ton Dieu ; en ce jour tu ne feras aucun ouvrage , ni toi, ni ton fils, ni ta fille, ni ton serviteur, ni ta torvante, ni ta bête, ni l'étranger qui est dans Tenceintede les portes, car en six jours le Seigneur a fait le ciel et la ierre, la mer et tout ce qu'ils renferment, et au septième jour il 8*est reposé ; c'est pourquoi il a béni et sanctifié le jour du sabbat.
Il est évident, mes frères, par la teneur même de ces paroles, que Dieu a institué un jour de repos , un jour de sanctification religieuse, et que ce jour est le septième jour, le dernier de la semaine que nous appelons sabbat et que les Juifs appelaient sabbat dans la langue hébraïque^ terme qui signifie repos, cessation. La question est desavoir si cette obligation existe pour les chrétiens et comment elle subsiste; la question est de savoir ensuite quelles sont les raisons de ce précepte.
Eh bien! je réponds d^abord que l'obligation de sanctifier
474^ LE CATÉcniSTB
un jour de la semaine subsiste pour les cbréfiens, et que la circonstance seule du jour a été changée, de toHe sorte que les chrétiens, au lieu de sanctifier le sabbal ou samedi, sont obligés de sanctifier le dimanche, qui e«t le premier jour de la semaine. En effel, vous le savez, car nous avons eu occasion de le dire dans ces conférences , les préceptes du Décalogue appartiennent au droil nature) et au droil positif divin , à lexcepllon de celui dont nous parlons aujourd'hui , qui appartient en partie uniquement au droit positif divin. Mais quand je dis que le précepte dont nous parlons appartient en partie au droil positif divin , je laisse entendre par là qu1l appartient aussi en partie au droit naturel. En effet, il appartient au droit naturel en tant qu'il contient une obligation de consacrer à Dieu on certain temps de la vie . quelques jours , quelques heures au moins en différentes circonstances ; car la loi naturelle nous dit que pour appliquer notre esprit et notre cœtnr à Dieu convenablement, purement, avec réfiôxion, avec amour, en un mot, avec une sainteté digne de Dieu et digne d'une âme appelée è la possession de Dieu, il est nécessaire que Thomme consacre à ces exercices certains temps déterminés ; la loi naturelle nous dit cela , elle nous le prescrit expressément, et c'est de là que nous trouvons chez tous les peuples des jours consacrés au service publie de la divinité, des jours de fêtes religieuses et de saintes réjouissances. Mais, une fois cela accordé, la détermination même de ces jours de sanctification , les œuvres prescrites ces jours-là pour l'honneur de Dieu, tout cela n'appartient plus au droit naturel, mais au droil positif divin. Dieu l'ordonne, Dieu le prescrit, tandis que la loi, naturelle se tait. Si Dieu parle, c*est à l'homme d'obéir lorsqu'il entend la voix du souverain législateur.
BN GHAIBB. 475
Or, je dis^ «es Crérea, que TobligalioD naturellfi du repos religieux , telle que je viens de l*ex()oser, aUeiiU les chrétieoft, el q»e Tobligation du droit divin, renlernkée dans le troisiètne préeeple, les atteiol aussi; mais seulemeoieii parlie.
Et d abord , Tobligalion renfermée dans le troisième précepte les atteint parce qa il n'y a pas eu de dispense de ee droit naturel, el qu'il n*y avait pour I>ieu aucune raison d'en donner aux chrétiens; ensuite, le droit positif contenu dans le troisième précepte atteint les chrétiens^ pourquoi? parce que Notre -Seigneur Jésus -Christ n'est pas venu pour abolir le droit divin dans les préceptes moraux , mais seulement dans les préceptes relatifs aux rites de la loi judaïque , dans les choses purement cérémoniales. Oc, le précepte troisième, dont nous parioas ici, contioAl quelque chose de moral, la sanctification d'un jour, l'afr plication de toutes nos œuvres ea ce jour au culte de Dieu^ Par conséquent , Notre-Seigneur Jésus-Christ en ce sens a'a l^s aboli le troisième précepte. L'Église, investie de pouvoirs spéciaux, a seulement changé la circonstance du 8abbat. Donc, puisque Notre- Seigneur, au lieu d'abolir la kM morale, l'a accomplie, l'a fortifiée ; et puisque, d'autre part, le droit naturel contenu au Iroistéuie précepte, et te droit divin renfermé dans ce précepte subsistent pour nous , et que nous sommes obligés d'observer le repos religieux que Dieu nous prescrit dans le Décalogue, ce commandement de Dieu actuellement exprimé sous celte forme : « Le dimanche tu garderas, en servant Dieu dévotement ; s> comme aussi ce commandement nous oblige et détermine les œuvres que nous devons accomplir au jour même du dimanche : o Le dimanche la messe ouïras et lés fêtes pareillement. »
Ainsi donc, mes frères, nous devons observer religieusement le jour établi par Dieu , le jour du sabbat , le joar du repos , le jour de la cessation des œuvres servîtes ; nous devons le consacrer à Dieu par des œuvres de piété.
Mais quelle est maintenant la raison de rétablissement de ce jour? Cette raison, mes frères, Dieu nous Texpose dans la teneur même du précepte troisième. C'est Dieu lui-noéme qui nous dit en effet : « En six jours Dieu a fait le ciel et la terre, la mer et tout ce qu elle renferme, et au septième jour il s'est reposé , d'où il a béni un jour et Ta sanctifié. »
Vous l'entendez ,' mes frères, la raison de l'observation du jour du Seigneur se tire de fimitatlon de Dieu , qui nous est prescrite. Oui I nous devons imiter Dieu dans son œuvre, dans son travail , dans son repos ; nous devons être les émules de Dieu. Dieu a posé devant nous comme an modèle, comme un type, et il nous a dit d*imiier ce modèle, ce type , de le réaliser dans les œuvres de notre vie , afin de mériter les récompenses promises à tous ceux qui imitent Dieu de tout leur cœur. Et cette loi de Timitation de Dieu a un écho dans le christianisme. Que dis je? elle est promulguée avec plus de clarté dans le christianisme : « Il faut que vous soyez parfaits, nous dit Notre -Seigneur, comme votre Père céleste est parfait. » Perfecti estoie sicut et Fater vesier cœleiiis perfefÀus at. Notre - Seigneur s'est posé devant nous comme modèle; il voulait que l'on pût dire de lui qu'il a bien fait toutes choses, omnia bene fecU, et qu'on pût dire de tous les saints qu'ils ont bien fait toutes choses à l'exemple de leur divin mattre, bene omnia fecerunU Le jour du repos que nous devons observer nous est donc ordonné, mes frères, pour que nous imitions Dieu, et qu'en l'imitant nous le glorifiions.
Toutefois , il nous faut rechercher d'une manière pkis
B!f GBAns. 177
fiede et plus précise les motifs pour lesquels Dieu a institué le jour du repos, le joar du sabbdt; il nous faut rechercher quels sont les motifs pour lesquels Dieu "nous l'a donné , el de quelle manière, en lobservant, nous glorifieroos Dieu. £h bien ! mes frères, je trouve que d'abord le jour du repos religieux glorifie Dieu parce qu'il est un signe , nn monu^ ment, un mémorial de la création. Dieu a créé le ciel, la terre , et tout ce qu'ils renferment , en six jours , en six époques bien distinctes : d'abord il a créé la matière première, puis chaque chose en particulier ; il a mis de Tordre, de la perfection dans son œuvre ; il y a mis la dernière foain, et le septième jour il s'est reposé. CSette création est le dogme fondamental de toute religion, de tout culte, puisqu'elle établit d'une manière claire, distincte, populaire, facile à saisir, le dogme d'un Dieu créateur el d'un ouvrage qui contient toutes les créatures ; la distinction, par conséquent, de l'Être principe de toutes choses el de l'être produit, les relations de ces deux êtres, les relations du fiol et de l'infini, de la créature el du Créateur, relations qui sont précisément des relations d'ouvrage à ouvrier, d'efret à cause, de conséquence à principe; par conséquent des relations de culte, de vénération, de respect et d'amour. Le dogme de la création devait s'oblitérer peu à peu dans la mémoire des peuples , à tel point que les plus grands philosophes du paganisme l'ont ignoré ; que Platon, Socrale , Ârislole ne le soupçonnaient même pas ; d'où nous trouvons un si grand nombre d'erreurs au milieu des vérités naturelles qu'ils ont connues el qu'ils ont exposées dans leurs magnifiques ouvrages , impérissables monumentsde la science antique. 11 appartenait donc à la science divine d'établir, pour le peuple choisi, un monument de la création, un mémorial de ce grand fait, principe de toute
4t8 LK CATÉCltlSTB
religion , de totti oolte véritable. C'est pourquoi Dieu a établi le sabiiatoofniDOuû mémorial delà créatioD. Héritiers du pebpledeDieu, les chrétiens doivent garder ce signe, oe monument , ce mémorial , et en comprendre la significution. Voilà , mes frères , ki première raison ponr laquelle Dieu a institué le jour du sabbat, le jour du repos religieux*
En second lieu^ le jour du sabbat, le jour du repos est une marque de lobligation où nous sommes de nous sanctifier nous^-mèmes; car, mes frères, $i Dieu a béni un jour spécial pour lo sanctifier, nVl il pas voulu nous faire comprendre par la qu'en ce jour nous devions lui appartenir d'une manière toute spéciale ; que s'il nous avait laissé six jours pour les soins du corps, pour les soins de la vie temporelle, il réclamait cependant on jour pour les soins de DoCre âme, c'esl-à*dire pour nos inléréts de l'éternité, un septième do notre vie, et que noire vie devait tendre à la sanctificiition de notre âme ; que les six jours de travail devaient se conclure dans un jour de ropos et y aboutir pour s'y terminer, pour s'y épanouir dans la sanctification. Toute notre vie appartient à Dieu ; ce jour qu'il nous ravit nous fait comprendre qu'il pourrait demander de nous tous les jours qu'il nous a donnés, et que si, dans sa condescendance > il nous permet d'employer pour nos moyens six jours, il nous en demande cependant un spécial , figure de la nécessité où nous sommes de lui consacrer toute notre Tie, toutes nos pensées, tous nos sentiments, toutes nos actions , toutes nos oeuvres , et de les conclure par tine sanctification résumée dans ce septième jour qui abrège symboliquement la semaine et qui résume la vie. Voilà la seconde raison de l'explication du sabbat. Cette raison, mes frères, est indiquée dans TÉcrilure par les paroles de Dieu lui-même au prophète Étéchîel, chapitre ;kx : t4e
m oiJUBg* 179
sabbaf , dH*fl , est un signe eoire «oî et mon peuple pow* kMiles les générations jusqu'à la fui des temps , aân que vous sachiez cpe je suis le Seigneur^ le principe même, la règto de votre sanetîtiestion. j» Et iobbaia mea sanctificate ut smt signum inler me et vos et sciatis quia ego sum Bomims Deus vesier. Vous le voyec , le jour du sabbai , c*est le jour de noire sandî^aHon que Dieu demande et que nous opérons. De là Tobligation de consacrer à Dieu notre vie dans ce* temps alyrégé, résumé du sabbat qui est preserit au troisième commandement.
Bn troisième lieu, mes frères, le sabbai est le mémorial de la délivrance du peuple de Dieu de la servitude d'Egypte. Pendant plusieurs siècles , les descendants de Jacob fureal opprimés en Egypte par les Pharaons ; quelque temps avant leur délivrance , ils gémîssaîent encore sous le plus à%ir esclavage; ils étaient employés aux plus rudes, aui f^ humiliants travaux; îlf^ ne cessaient de erîer vers Dieu pour leur délivrance. Dieu entendit le cri de son peuple , il fui suscita un libérateur; ce libérateur fut MoTifse. Moïse, figure de Notre- Seigneur Jés^is-Cbrisl , tire de la servitude d'Egypte son peuple. Josué , successeur de Moïse et autre figure de T9otre-Seîgnetnr, introduit le peuple dans la terre de promission, figure à son tour de la patrie céleste où les élus doivent è jamais goâter des fruits de Tabondance et de la paix. Eh bieni tous œs mystères prophétiques » figuratifs de la loi ancienne^ devaient avoir un mémorial, nonseulement chez les inifs, mais chez les chrétiens ; le sabbat, chez les Juifs, fut le mémorial de la délivrance de la servi' tuded'Égypte ; le dimanche, diez les chrétiens, qui a succédé au sabbat , e^ pour eux le mémorial de la délivrance de la servitude du péché , opérée par la rédemption de Noire- Seigneur lésus-Cbriirt. De lé cette parolç de Dieu dans le
180 LB CATACHUTg
prophète Ézécbiel : a Souvieos-toi , dit le Seigneur à sod peuple , que tu as été esclave eo Egypte, et que le Seigneur l'a tiré de cette terre dans la puissance de sa main et dans Ténergie de son bras; c'est pourquoi le Seigneur l'a ordonné d'observer le jour du sabbat. » Levavi manum meam pro eis ut educerem eos de terra Egypti
Enfin, mes frères, la quatrième raison de l'établissement du jour du Seigneur , c'est que ce jour est le signe spirituel du repos céleste ; que pour les chrétiens il est le signe de ce double repos.
Lorsque Notre -Seigneur^ déposé de la croix où il était mort pour nous^fut enseveli dans un sépulcre* nouveau, par les soins des saintes femmes et de Joseph d*Arimathie, dans ce sépulcre même où il demeura une partie dti vendredi et toute la journée du samedi qui précède le jour de Pâques, dans ce sépulcre il était la figure d*un grand mystère qui s'accomplit pour les chrétiens le jour de leur initiation à la grâce réparative. Le chrétien est plongé dans les eaux du baptême, ou du moins quand les eaux du baptême sont répandues sur son fronts il est comme enseveli sous ces eaux régénératrices ; il est enseveli , parce qu'il porte encore en soi le vieil homme, l'Adam antique qui a péché, qui a prévariqué, qui a encouru la sentence de mort , qui a entendu Tarrèt d'exclusion du paradis terrestre. Le chrétien donc qui^ par la naissance terrestre, porte en soi la figure d'Adam, le type du vieil homme, a besoin d'être enseveli dans les eaux du baptême, comme Notre- Seigneur Jésu5-Ghrist a été enseveli dans le sépulcre ; il a besoin de laisser dans ce bain salutaire , qui est pour lui un tombeau, cette vieille dépouille de l'humanité corrompue, ce vieux vêlement de la chair souillée par toutes les concupiscences qu'Adam nous transmit avec \e sang, avec
BN (SAIAB. 481
k vie que ooas respiroos. Mais de même que Notre - Seigneur est sorti glorieux et irioinphaDt du sépulcre avec une nouvelle vie, une vie de morli6cation , de pureté, de^ sainteté , de justice, une vie toute divine, le chrétien sort des eaux baptismales avec/ une vie nouvelle, avec la vie même du Christ,' d*où saint Paul nous dit : « fievèlezvous de rhofnme nouveau qui a été créé selon Dieu dans la justice et la sainteté véritables. » Eh bien I le sabbat, le jour du repos , le jour du Seigneur est la figure de ce repos du Christ dans le tombeau ; il est aussi la figure du chrétien enseveli dans les eaux baptismales, et de ce repos plus parfait qui résulte des vertus que nous acquérons dans la vie nouvelle, de cette piété, de celte religion, de cet amour de Dieu qui est répandu en nous avec la charité du Saint- Esprit, repos admirable de l'esprit par la foi , de la conscience par le sentiment de la présence de Dieu , de la volonté par Topération des bonnes œuvres, de l'espérance par la perspective du ciel qui nous est offerte ; repos de celle vie pour le bon chrétien, qui fait les délices des âmes saintes, qui fait les tressaillements d'allégresse de TÉglise catholique , et qui doit se conclure dans le repos céleste de Télernité; repos tout divin, repos de la pairie que les anges et les saints chantent maintenant, parce qu'ils en jouissent, et que nous chantons, nous aussi , sur la terre , parce que nous Tattendons des mérites de NptreSeigneur et de notre coopération fiJèle à la grâce. Oh! comprenons toutes ces choses, mes frères; elles sont contenues dans le chrislianisme. 11 n'y a pas un mot des préceptes de la loi qui ne soit pleiu de sens. Avons nous bien compris cela? L avonsnous médité, Tavons-nous savouré lorsque, le jour du dimanche, nous venons dans cette église entendre les chants sacrés de la liturgie , respirer le doux encens qui
^8t LE «yrr^HMTE
monte à Dieu, symbole de nelre prière parfmnée par nos irerins? Lorsque nous avons joui ici de la paix au pied du saint autel, nous sommes*nous dil : (( Oe jour, à cef le beure, dans celte église, devant ce tabernacle, c'est le symbole du jour éternel , do repos de toutes les âmes saintes dans le cœur de Dieu lui-même?» Avons-nous pensé aussi, lorsque Dieu nous donnait un sentimeoi de quiétude intérieure après une bonne œuvre ^ avons- nous pensé au repos du Christ dans le sépulcre , à ia grâce réparatrice à laquelle nous sommes redevables de tous ces biens? Si nous n'avons pas fait cela, c'est le résultat de notre ignorance ou de notre négligence.
Aujourd'hui nous connaissons les raisons pour lesqueUes Dieu nous dit : « Souviens-toi de sanctifier le jour du sabbat. » Ces raisons ne seront point perdues pour nous ; nous ne laisserons point lomber à terre le sens qu'elles renferment; mais nous en tirerons notre profit.
Voilà , mes frères , ce que j'avais à vous dire. Dieu a établi sur ^pt jours un jour de repos religieux et de sanctification ; ce jour a été élahli par les raisons les plus sages, tes plus solides , les plus fructueuses et les plus mysté« rieuses ; ce jour, qui a élé le samedi pour les Juifs , a été diangépour les chrétiens pour les raisons que je vais vous dire en finissant cette instruction.
Le Seigneur est ressuscité le dimanche ; la loi évangé» Kque a été promu^uée un dimanche. Voilà, mes frères, les deux raisons principales pour lesquelles la circonstance du sabbat a été abolie , et le dimanche substitué au sabbat jadaïqne. Nous , chrétiens , nous ne devions pas judaïser ; nous , enfants de la promesse , nous ne devions pas imiter les enfants de la servitude , de l'esclavage; nous , mis en possession par la grâce d'une partie des biens spirituels ,
tu enMBi* 11^3
èlernels promis aux Mm , nous ne dtYîons pas resler comtaroment el entièrement dans ha figure.
riaoRUSoM.
Vous laves vu, la plupart des raisons pour tesquettes Dieu a institué le sabbat étaient figuratives et se rapportaient aux Juirs; les raisons, au contraire, pour lesquelles les apôtres ont changé le samedi , et à la pldce du sam^ili ont mis le dimaiidie , se rapportent aux chrétiens. Cette circonstance du sabbat était du droit purement positif divin ; les apàtres pouvaient être investis d'un pouvoir de modifier cet article de la loi ; de fait, ils ont été investis de œ pouvoir et ils en ont usé. C est à nous maintenant de laisser de o6(é le sabbat des Juifs et d'observer le saint jour du dimanche. Ce jour est observé dans TÊglise depuis les temps apostoliques ; saint Jean en parle dans son Apocalypse, et il en parle en ces termes : « Cesl le jour du Seigneur. » Bies Dominica. G*est en ce jour que, dans Ule de Pathmos , il eut ses grandes visions apocalyptiques. Après les apôtres, les conciles en font encore mention , et de là celte obligation chez tous les peuples chrétiens d'observer le dimanche à peu près comme les Juifs observaient le sabbat* Aujourd'hui, mes frères, ce jour esi peu connu ; il est bien mal observé des chrétiens les plus religieux et les plus exacts en apparence. El , certes , il ne faut pas douter que ceux qui comprennent si mal et observent si peu religieusement le symbole du repos éternel^ ne jouiront pas du repos éternel lui même ; parce qu'ils auront profané ici-bas te jonr de la sanctification, Ils ne seront pas admis dans la sanctification du ciel ; parce qu'ils n'auront pas accompli leurs œuvres de telle manière qu'elles se ooDckieol dans la repos, dans la religloo, leurs oeuvres
484 ' LK CATicniSTB
considérées daos leur ensemble ne se concluront pas dans la récompense méritoire.
TRAIT HISTORIQUE
Tous les peuples de la terre ont adopté un jour de repos sur sept.
Un fait certain , à Tégard duquel il ne saurait y avoir de doute dans Tesprit de qui que ce soit , c*est qu*un travail quotidien , continu , sans relâche , est matériellement impossible à Thomme.
L*homme n*eM pas une machine; après (quelques jours de travail , il faut nécessairement quUl se repose.
Mais combien de jours peut-il travailler de suite sans prendre de repos?
L^expérience des siècles et Tunanimité des nations vont nous rapprendre.
Laplace a dit, dans son Exposition du système du monde : « La semaine , depuis la plus haute antiquité , circule à travers les siècles; il est très-remarquable qu^clle se trouve la même par toute la terre. »
En effet , la vénération des peuples pour le repos du septième jour est universelle ; on Tobserve non-seulement chez les peuples qui ont suivi la loi mosaïque , mais aussi chez ceux qui y paraissent les plus étrangers. « Tu viendras honorer de sept en sept jours la suprême unité, » disent les plus anciens livres sarés des Chinois, antérieurs à Ck>nfucius.
Homère invite les peuples à vénérer le septième jour.
Les Phéniciens consacraient un jour sur sept en Thonneur de Saturne.
Les anciens druides de la Grande-Bretagne tenaient chaque septième jour pour sacré.
Cet usage a régné chez les anciens peuples , chez les Indiens , chez les Egyptiens , chez les Chaldéens , chez les peuples du Nord ; on en a retrouvé des vestiges dans TAménique, chez les Péruviens.
On sait aussi que c*est la loi des juifs et des mahométans.
Je n^apprendrai sans doute rien à personne en ajoutant que c*est aussi celle des chrétiens.
C'est donc une loi universelle; ce qui a arraché à Proudhon Taveu «tque le repos du septième jour s'est étendu sur tout le globe , qu*il survivra à toutes les religions, embrassant dans son vaste sein les temps les plus antéhistoriques et les âges les plus reculés. »
Tous les peuples de la terre ayant donc pris an jonr de repos sur sept ,
EN CHAIEE. 185
cette onanimité prouve éridemment que le repos du septième jour correspond exactement au degré des forces de Tbomme.
Un repos d'une demi-journée au bout de trois jours de travail , ou de deax journées au bout de douie jours » ne sauraient remplacer, sous le rapport bygiénique , le repos du septième jour; c*est encore Proudbon qui en a fait la remarque. Je le cite d'autant plus volontiers qu'on ne le soupçonnera pas d'être porté à faire des concessions au principe religieux ; mais , entrdné par la vérité , il enregistre les faits sans en donner la raison.
Dans notre première révolution, on essaya , par l'institution du dé^ 'Mdi, de combiner la loi du travail et du repos, par neuf jours donnés tu travail , suivis d'un jour de repos. Les babiles législateurs de cette époque n'avaient oublié qu'une chose , à savoir, de tenir compte de l'instrument , c*est-à-dire des forces matérielles de l'homme. C'est comme si Ton disait-À un ouvrier : « Voilà une tringle de six mètres de longueur ; tu l'attacheras à deux crochets distants de neuf mètres l'un de l'autre. »0n aurait beau lui renouveler cet ordre, l'appuyant même de Il bastonnade , la tringle , inutilement tirée , finirait par «e rompre : voilà tout.
Ainsi, malgré la sanction d'une pénalité draconienne, ces grands législateurs ne parvinrent jamais à Caire observer leur loi par les agriculteurs, qui suivaient forcément la loi de la nature. Dans les ateliers publics, où l'action de la loi nouvelle ;put être imposée, on ne tarda pas à s'apercevoir qu'un travail consécutif de neuf jours excédait les forces de l'homme ; on était las avant le temps du repos; les ateliers languissaient , le travail n'avançait pas en raison du temps que l'on y consacrait
Dans un remarquable rapport adressé au parlement anglais , un célèbre médecin , le docteur Farr, a démontré que le repos du septième jour était absolument nécessaire à l'homme , sous peine des plus grands périls pour sa santé et même pour sa vie; le docteur, ajoute : « L'observation du dimanche doit être comptée, non -seulement parmi les devoirs religieux , mais aussi parmi les devoirs naturels , si la conservation de la vie est un devoir, et si Ton est coupable de «uicide en la détruisant prématurément. Je ne parle ici que comme médecin , et sans m'occuper d'aucune manière de la question théologique. »
Un antre écrivain anglais estimé » Gh. Rowcroft , a dit : « Le repos du dimanche rend l'homme plus dispos et plus robuste pour le travail
146 LE CATÂCEiSTB
du lundi. Puisque je touche cette matière, je dois dire que d'après mon expérience personnelle je n*ai vu aucun honune dont la constitutioB reç&t la moindre atteinte d'un travail de six jours consécutifs , quelque pénible qu'il fût, pourvu quMl se reposât le septième jour ; tandis que j^ai observé que Thomme qui , dans Texcès de son ardeur, travaillait constamment , sans se reposer un jour sur sept , était bientôt excédé de fatigue et se tronvait hors d'état de travailler à un âge bien moins avancé que Thomme qui avait, dans le cours de sa vie, consacré un jour par semaine au repos. J'ai eu l'occasion de reconnaître que cette remarque n'est pas moins applicable aux hommes qui travaillent de tête qu'à ceux qui travaillent de leurs bras. » [Le colon de Van-Diémen , par Ch. Rowcroft. )
Sanetlfleatlon da Joar dominical.
( Suite du 3« précepte. — î« Sermon. )
BXORDB.
Nous ayons parlé , mes frères, dans noire dernière conférence sur le Décalogue, de Tinslitution du jour dominical et des raisons de cette insttlulion. Aujourd^bqi , pour compléter renseignement que nous devons vous donner sur îe troisième précepte, il nous reste à vous parler de ce qui est défendu et de ce qui est prescrit le jour du repos, c'eslè-dire tous les dimanches et tous les jours de fêtes de précepte. Par là , nous répondrons non^seulement au troisième commandement de Dieu , mais encore au premier et an second commandement de l'Église: « î.e dimanche la messe ouïras, et les fêles pareillement; les fêles tu sanctifieras qui te sont de commandement, » Sans antre préambule je commence par ce qui est défenda le jour du repos, c'està-dire les dimanches et fêtes d'oUigatron.
Bfl GRAtMB. 187
D'après le précepte do Décalogue , nous dev<nis , rots firères, travailler, faire notre œuvre pendant six jours de la semaine^ sex diebus operaberis, et le jour du sabbai, c'est-à-dire le jour du repos qui , sous la loi mosaïque, étak le sepltème jour, mais qui est le premier jour ou le dîman» cbe dans la loi évangélique , nous devons nous reposer , nous absfenir de toute œuvre servile , non faciès omne opus meo. En ce jour-lè tu ne feras aucun ouvrage, ou, pour traduire plus littéralement, lu ne feras pas tout ouvrage ; ce qui implique la cessation des œuvres serviles et la permission qui nous est concédée de faire certaines autres œuvres. Tous les théologiens, tous les Pères , tous les conciles, les décrets des papes, la loi de TEglise, en un mot, si nettement formulée aujourd'hui dans nos catéchismes, notw oblige à nous abstenir des œuvres serviles.
!• Qa'est-ce donc , mes frères , qu'une œuvre servite? Que devons«nous entendre par là? On distingue trois sortes d'œuvres par rapport à la sanctification du dimanche et des fêtes : les œuvres serviles, les œuvres libérales et km œuvres communes. Les œuvres serviles ou corporelles sont celles où le corps a plus de part que Tesprit, et qui tendent directenr>ent à l'avantage du corps, qui en est, en effet, ta cause efficiente. Ainsi , par exemple , travailler ou cultiver la terre, moissonner, faucher, vendanger, tous ces tra«> vaux sont des travaux serviles, parce que le corps y a une plus grande part que l'esprit, et que ces travaux euxmêmes se rapportent plus directement au corps , qui en est la cause efficiente. Les œuvres libérales sont celles , au contraire, qui dépendent bien plus de l'opération de l'esprit que de ceHe du corps, et qui tendent directement à la culture de l'intelligeAce, comme sont, par exemple, la lecture, l'^ritiire, renseignement, le dessin et tout e©
489 I<E GATÂCHfSTE
qui appartient en général aux arts libéraux. Et quant à cette dénomination d'œuvres libérales et d*œuvres servîtes / elle est tirée elle-même de Tancienne condition des hommes. DauB la société païenne, les hommes se rangeaient en deux x^tégories. Tune des hommes libres, l'autre des hommes esclaves. Aux hommes libres seulement, appartenaient les travaux de Tesprit, les travaux qui nous ennoblissent, él qui nous rapprochent en quelque sorte de la divinité ellemême; aux esclaves appartenaient les travaux qui asservissent rhomme à la matière, qui Téloignent ainsi de son principe, qui est un principe spirituel, un principe.de perfection et d'indépendance, d'affranchissement et de liberté ; car, comme le dit saint Paul avec une profondeur remarquable : a Où se trouve l'esprit du Seigneur , là se trouve la liberté. » Ubi autem spiritus Domini, ibi libertas. Mais enfin, depuis le péché, tous nous sommes assQjettis ao travail ; tous , plus ou moins , quelque liberté que nous nous croyions , nous sommes esclaves. Et d'ailleurs celui qui fait le péché est esclave du péché ; et comme le péché entraîne toujours une certaine dépendance de la matière , des choses de ce monde, de ce qui nous avilît en nous abaissant , de ce qui nous éloigne de Dieu , tout homme qui fait le péché fait une œuvre d'esclavage , tout homme qui est subjugué par le péché est indirectement subjugué par la matière, par ce qu'il y a de moins noble dans la création. La question n'est donc pas de savoir la distinction des œuvres en œuvres libérales et en œuvres servîtes; mais de savoir les œuvres permises les dimanches et les jours de fêtes de commandement.
Mais avant de vous parler de cela, il me reste encore à définir les œuvres communes. Les œuvres communes, mes frères, sont celles qui s'exercent également et par
EN CHAIBB. 189
Tesprit et par le corps, et qui se font iodifféremmeDl par' toutes sortes de personnes sans dépendre d*aucune profession, comme par exemple voyager, aller à la chasse ou' à la pèche; ces œuvres sont des œuvres communes parce* que tous ; esclaves ou libres, riches ou pauvres, nous pouvons les accomplir; elles ne dépendent nullement de notre condition , mais de notre bonne volonté et de la faci* lité que nous avons de les accomplir.
Cela posé , mes frères , nous disons quil est expressément défendu de faire par soi ou par autrui des œuvres serviles , les dimanches et fêles de commandement ; il est donc défendu de travailler la terre et les métaux ; il est défendu également de coudre , de lisser , d*exercer les œuvres manuelles ; car Dieu , en établissant le jour du repos^ a eu principalement en vue Taffrancbissement du corps de' Thomme assujetti à la servitude pendant six jours , il a eu principalement pour but de préfigurer celui de la tombe, qu'il donnera un jour au corps humain en le délivrant du péché, et ce repos plus noble, plus glorieux, plus excellent, plus durable, qu*il donnera aux saints en les ressuscitant elen les transfigurant en gloire pour toute Téternité. 11 est donc aisé de comprendre , quand on a quelque intelligence (le la loi de Dieu , que Dieu a défendu non pas les œuvres libérales, non pas même les œuvres communes, mais les œuvres serviles.
Je passe, et je dis que les œuvres libérales sont au contraire permises le dimanche et les jours de fêtes. Les œuvres libérales nous les avons définies, et si vous voulez des exemples, je vous dirai que le dimanche il est permis de lire, décrire, de dessiner, de peindre à Thuile, à i aquarelle. U y a , je Tavoue , du métier , du faire , mais il y a surtout de Tintelligence , de Timagination , dans ces
owvrefi ; ei pourvu qu on ne prépare pa$, qu'on no i»roie pas aet couleurs « du moins en (rop grande quanliié, ilestper^ mis de peindce les dimanobes et les fêles. Il a y a guère que la sculpture parmi les arts libéraux qui soii défendue, parc0 que la sculplur'e exige un certain déploiement de force corporelle que n exige point la peinture. G est pourquoi on s*accorde généralement à dire que la sculpture est défendue. On va plus loin , et on dit qu'on peut composer des planches d'imprimerie et non pas imprimer , parce qu'une planche d'imprimerie peut èire assimilée à une écriture ou au moins à une transcription, e( qu'il est solidement probable qu'une pure transcription est permise le dimanche. Vous voyez ^ mes frères, que nous sommes trèslarges; mais enfin a-t-on le droit d'exiger autre chose que oe qui est strictement commandé ?
Les œuvres communes sont également permises tant qu'elles demeurent cotpmunes* Ainsi il est permis de voya* ger à pied , à cheval ^ en voiture , mais il n'est pas permis de voiiurer des marchandises. Il ne faut pas non plus que le voyage soit une occasion de commerce ; il n'e^ pas permis non plus dans le voyage de s'appliquer à une œuvre servile proprement dite pendant un certain temps ; encore moins est - il permis, sous prétexte de voye^ ou de distraction , de s'exposer à manquer la messe , qui , comme nous allons le voir bientôt, est d'obligation*
Les œuvres judiciaires , qui ne rentrent pas dans la catégorie des œuvres servîtes, sont cependant défendues les jours de dimanche et les jours de fêtes. Nous entendons icî^ par œuvres judiciaires , les œuvres qui se rapportent a des conseils, à tout le contentieux de l'ordre judiciaire. Ainsi il est défendu d'intenter un procès , de citer tes parties , d'entendre les témoins, de plaider, de prononcer une
Digitced by VjOOQ le
EN GHAtEB. 4^1
aeoleDce , et d'éxécater un jugement le dimanche et les jears de fêtes ; c'est que l*Ég1ise, qui est une bonne mère, a voûta ces joûfs-Ià suspendre en faveur des accusés ou des cotipables les rigueurs de la loi : ce sont les jours de la trêve de Dieu. Du reste, il y a daiis toutes ces formalités judiciaiîres quelque chose qui répugne à la sainteté du jour dominical ; il y a une occupation , et puis une certaine animosîlé parmi les parties qui n*est point convenable, et qnî, sous ce rapport, peut être rangée parmi les œuvres serviles, quoique, à la rigueur, les œuvres judidaîres ne soient point serviles , puisque dans l'ancienne société la magistrature, le barreau, étaient occupés par des hommes libres ; mais enfin la loi ecclésiastique , pour des raisons de convenance et pour rintérêl de Thomme, à regardé comme œuvres serviles , par assimilation , les œuvres judiciaires. Cependant je dirai aux avocats qu*it leur est permis de préparer une cause dans le cabinet, à on juge qu'il peut travailler à l'étude d'un procès; je dirai même aux juges de paix que, suivant l'usage, la coutume ou la nécessité, ils peuvent tenir audience, surtout audience de pure conciliation , te dimanche , et que , pour les assises, il peut se faire qu'H soit nécessaire de les tenir ces jours- là : la coutume ici fait loi. Ne nous hâtons pas de condamner; nesoyons pas trop prompts à autoriser aussi, mais ienons une juste mesure en toute chose ; rien n'est élastique comme un précepte de morale quand on en vient à l'application. Ce qu'il y a de certain , c'est le principe ; eequll y a de certain encore, c'est le point où les théologiens sont d'accord, et lorsqu'ils se divisent, lorsqu'il existe une plus ou moins grande probabilité , je vous dirai : Oofisuhez , si vousle pouvez , et faites pour le nvieux. rajoute, mes frères , q«e , tes jours de dimanche et les
4d2 LB GATiCHISTB
jours de fête de précepte, les marchés, les ventes, les trafics sont défendus ; qu'il n'est permis d'acheter que les choses nécessaires à la vie, le jour même où Ton doit s'en servir. Il y a à cette loi quelques exceptions qui n'auraient pas d'application ici, et dont, par conséquent, je ne parlerai pas.
Vous ne doutez pas non plus qu'il ne soit permis de préparer, le dimanche et les fêles, les aliments, de faire certains travaux d'arrangement, d'ordre, de bienséance dans les maisons» dans l'intérieur de la famille; c'est pourquoi de tout cela je ne dirai rien. Ce qui est défendu , c'est de se livrer à des œuvres serviles, au travail manuel, à ce qui applique principalement le corps, et, puisque cela est défendu, il faut s'en abstenir par des motifs de piété, de religion, parce que Dieu a dit : « Six jours tu feras ton œuvre, le septième jour lu le reposeras, car en ce jour Dieu s'est reposé; en six jours il a fait le ciel et la terre. » Dieu vous fait le devoird'imiter votre Créateur; comme lui, vous travaillerez six jours et vous vous reposerez le septième en mémoire du repos primordial, et en 6guredu repos futur qui vous sera donné dans l'éternelle béatitude. En faisant ainsi, chrétiens, vous accomplirez ce premier point de la loi qui vous défend certains travaux le dimanche et les jours de fêle. El quand vous aurez accompli ce qui vous est ainsi prescrit , vous aurez , sur ce point , accompli toute justice.
Cependant , mes frères , avant de passer à l'obligation d'entendre la sainte messe, je vous parlerai d'un point que j'oubliais. Une œuvre servile accomplie le dimanche est un péché, mais elle n'est pas toujours un péché, et surtout elle n'est pas un péché mortel , lorsqu'elle est accomplie avec une raison suffisante. qui équivaut au précepte, qui surpasse même la gravité du précepte ; al«rs elle cesse
EN GHAIBB. I93
d'êlre pécbé. Accomplie sans raison suffisante, elle est un péché véniel dès qu'elle a lieu, mais les théologiens s'accordent à dire qu'elle n'est péché mortel que lorsqu'elle dure au moins deux heures. Il sera donc à la rigueur permis , sans offenser Dieu gravement, de travailler ce temps-là, le dimanche. Biais je ne puis le dire ici sans crainte, sans émotion , sans douleur , quel est celui qui , voulant passer pour chrétien, voulant se rendre ce témoignage qu'il aime Dieu , qu'il respecte la loi de Dieu et la loi de l'Église, que! est celui , dis-je, qui oserait se permettre de gaieté de cœur une transgression calculée, une transgression dans laquelle on pût compter les minutes et dire : J'arriverai jusque-là, je n'irai pas plus loin; j'offenserai Dieu, mais je ne compromettrai pas mon salut éternel ? Oh I celui qui cafculerait ainsi ne serait pas seulement un esclave, un misérable esclave de la crainte, mais un chrétien exposé à se perdre; car il est impossible de mépriser ainsi froidement la loi de Dieu . de contredire les inspirations Ide a grâce, sans encourir aussitôt une privation de la grâce, laquelle , entraînant dans l'occasion une autre privation de secours qui nous est nécessaire pour accomplir le bien nous fait tomber ensuite dans le péché mortel, dans l>blme que nou^ voulions éviter, et que cependant nous n'évitons pas , parce que nous n'avons compté que sur nous-mêmes, au lieu de compter sur Dieu, dont il est dit que la crainte de son nom est le commencement et le principe de la sagesse. Si donc nous montrons ici , dans cet enseignement, quelque facilité, quelque tolérance ; si, m lieu de prêcher le précepte le plus rigoureux, je ne dirai pasde la loi, mais de Técole, je ne vous prêche que le précepte le plus large, ce lî'est pas pour que vous en abusiez , mais pour que, reconnaissant d'une part la condescendance II. 9
494 I«E CATÀGBIST£
àa rÉglise, et, de Tautre , la tolérance de Dieu, vous soyezî généreux et vous fassiez plus qu*il ne vous est presccit.*
AbstenoDS-nous donc des œuvres ser viles, usons oiodéréoient des œuvres libérales et des œuvresr comdQunes qui nous sont permises ; nous aurons accompli la première partie du précepte, la partie négative , la partie qui nous défend certains travaux le dimanche et les jours de fête.
En second lieu , mes frères , il nous est commandé de sanctifier, par certaines œuvres de piété et de religion, le dimanche et les jours de fêle d'obligation ; et c'est pourquoi rÉglise nous dit : « Le dimanche la messe ouïras et les fêtes pareillement. » A strictement parler, la messe seule est d'obligation le dimanche et les jours de fête, et on peut se contenter d'entendre une messe basse , quelle que soit d'ailleurs celte messe. Voilà la loi stricte, telle qu'elle existe aujourd'hui dans TÉglise. Une question cependant se présente, et je me permettrai d'en dire quelque chose sous toute réserve; c'est une question qui vous intéresse direc- / tement , la question de la messe paroissiale. Autrefois , oe France surtout^ la messe paroissiale était d'obligation, oon pas précisément chaque dimanche , mais un dimanche au moins sur trois ; dans certains diocèses plus souvent , dans d'autres moins souvent. Celte coutume n'a jamais été générale Jamais une loi émanée d'un souverain pontife ou d'un concile œcuménique n'a fait une obligation aux fidèles d'entendre la messe paroissiale. Je dis une obligation ei non un conseil , et BeooU XIV^ qui reconnaît pourtant aux évêques le pouvoir de déterminer sur ce point robllgaiion dont je parle , ne peut s'empêcher de dire qu'il y aurait une trop grande sévérité à établir cette obligation d'une manière stricte.
I^Quoi qu'il en soit , existe-t-îl aujourd'hui une obtîfaiMHi
slricle d*eDtehdre la messe paroissiale , dod pas tous les dimanches, mais de temps à autre? Eh bien ! mes frères, si je m*en tiens à cette décision rapportée par Benoit XIV, et émanée de la congrégation interprète du concile de Trente , si je m*en tiens à la persuasion commune des fidèles, qui n'est point contredite formellement par les pasteurs; si je m'en tiens encore à la plupart des règlements diocésains, des statuts synodaux émanés des ordinaires des lieux , depuis une vingtaine d'années en France , je réponds qu'il n'y a pas d'obligation stricte d'entendre aujourd'hui la messe paroissiale^ et qu'il n'y a sur ce point qu'un conseil ; mais ce conseil existe, il est important, il est grave, et ici , du fond de notre cœur et dans Tintérèt de vos âmes^ je m'en fais l'organe et je vous le donne. Tous pouvez donc, pour satisfaire à la loi, le dimanche, entendre une messe basse, dans votre paroisse ou partout ailleurs , dans une communauté de réguliers ou dans une communauté de religieuses. Si vous faites cela, vous avez accompli le précepte qui vous oblige à Taudilion de la messe. Mais, en accomplissant le précepte, vous n'avez pas certainement rempli toutes les intentions de TÉglise ; non I car la paroisse, c'est la maison commune, c'est la maison du père de famille, et l'Église désire qu*une fois par semaine ou au moins de temps en temps dans l'année» peut-être même tous les mois, vous vous réunissiez dans cette maison dirigée par le pasteur que la Providence vous a donné, et que, tous ensemble, dans Tunanimité de l'esprit, du cœur et de la voix, vous serviez le môme Dieu au pied du même autel, vous rompiez à la même table le même pain , et vous entendiez le même enseignement donné du haut de la même chaire. Cette unité de la sainte Église , cette communion des saints dont nous devons faire
^96 l'B GATâCBlSTB
un si grand cas, ne parait-elle pas mieux dans la paroisse que partout ailleurs ? Les cérémonies qui se font dans la paroisse, comme Teau bénite, le pain bénit, la procession^ le prône, tout cela ne contient-il pas un enseignement, ua symbolisme précieux , des grâces que nous devons rechercher? Voudriez-vous donc vous priver de ces grâces spirî-^ tuelles pour profiter d'une liberté qui ne serait pas à votre avantage? Si donc vous calculez bien^ et pour rédificatlon de vos frères, et dans votre intérêt , vous ne vous en tiendrez pas au stricte précepte , vous Irez plus loin, vous sui* vrez le conseil , et souvent, régulièrement même , à moins de bonnes raisons , c'est à votre paroisse que vous voudrez, entendre la messe et chanter avec vos frères les louanges de Dieu.
Maintenant, mes frères^ comment faut -il entendre la sainte messe? D'abord faut-il l'entendre tout entière? Oui, certainement, il faut venir au commencement de la messe et ne se retirer qu'après la bénédiction du prêtre. Omettre d entendre une partie de la messe , ce serait un péché plus ou moins grave. La plupart des théologiens regardent comme une faute grave l'acte de celui qui ne viendrait à la messe qu'après l'évangile ; d'autres, ce sont les moins sévères, ne regardent comme une faute grave que l'acte de celui qui ne viendrait qu'après l'offertoire. Les fidèles^ qui craignent Toffense de Dieu et qui s'efforcent de ne point accomplir avec négligence les devoirs que la religion leur imposé, sans s'arrêter à ces opinions des théologiens, s'efforceront d'entendre la messe tout entière, afin de ne rien |)erdre d'un sacrifice dont toutes les parties sont pleines d'instruction et d'édification.
Il faut entendre la messe avec attention et dévotion. L'attention consiste dans une religieuse application de l'esprit
âu mystère qui s'accomplit sur l'aufel ; la dévotion , dans fattitude respectueuse du corps et la ferveur xle Tâme. Il est boQ de suivre la messe, d'en parcourir avec le prêtre les différentes parties, en se servant d'un livre propre à cet exercice. II est louable aussi de s appliquer pendant la messe à la méditation des souffrances et de la mort de Notre-Seigneur Jésus-Christ, ainsi que de l'amour qu'il nous a témoigné dans institution du sacrement de l'autel. Les fidèles qui ne savent pas lire et qui éprouvent quelque difficulté pour la méditation , pourront^ avec beaucoup de fruits réciter pendant la messe, avec attention et dévotîoD^ le chapelet , les actes de foi , d'espérance , de charité et de contrition, ou d'autres prières suivant leur attrait. |^ar ces différents moyens, ils entendront bien la messe et rempliront le principal devoir que leur impose le service de Dieu le saint jour du dimanche.
Cependant, mes frères, s'il suffit, pour sanctifier le jour du Seigneur, de s'abstenir des œuvres serviles et d'ouïr la messe , quel est le chrétien fidèle qui n'ira pas au delà do précepte? Tous les théologiens, tous les maîtres de la vie spirituelle, tous les catéchismes recommandent aux fidèles l'accomplissement des bonnes œuvres le jour du Seigneur. Gq ce jour donc, il faut éviter avec soin les joies profanes, les plaisirs mondains , les réunions dangereuses, les spectacles où Dieu est offensé. Il faut, après un légitime repos, ces joies saintes de la famille qui laissent dans le cœur tant de suavité, accomplir le bien, f^iire l'aumône , visiter tes pauvres, se livrer à quelque pieuse lecture, et principalement entendre l'instruction chrétienne, assister au chanl des vêpres et recevoir, si c'est possible, la bénédiction du trés-saint sacrement, [«a parole de Dieu est notre lumière , les louanges de Dieu sont notre plus grande gloire et notre
498 LE CilTÉCHI3TE
plus excellenle consolalion. En outre, il peut se faire que, par défaut d'instruction sufflsante , nous soyons obligés de venir à Tinstruction et qu'il y ait sur ce point non pas un conseil, mais un précepte pour nous.
péROBAISON.
Concevons donc, mes frères, un zèle ardent pour la sanctiflcation du dimanche. Que ce jour soit pour nous <c le jour que le Seigneur a fait. » Dies quant fecit Domù nus. Qu'il soit notre jour de fêle , le jour de notre repos , le jour de notre résurrection spirituelle, le jour de notre progrès dans les vertus, le jour des douces amitiés de famille, le jour des souvenirs et des espérances, le jour enfin dont la pure lumière fasse briller à nos yeux comme un rayonnement sacré de la lumière indéfectible du jour de la patrie céleste.
TRAIT fflSTORIQUE.
Ouvriers qui travaillent le dimanche»
Parmi les ouvriers qui traTaillcDi le dimanche , il y a dem^atégGrîes parfaitement distinctes :
Les uns travaillent le dimanche , contraints par des maîtres qui les congédieraient sMls ne travaillaient pas pendant ce jour;
Les autres travaillent le dimanche sans y être forcés, parce que cela leur plaît ainsi; ceux-ci aiment mieux se reposer le lundi.
Parlons d'abord des premiers.
J*ai beaucoup fait travaiUer les ouvriers , j*ai beaucoup été au milieu d^eux; je m'y plais parce que je crois quUl est du devoir des hommes de loisir de s'occuper d'eux pour chercher à améliorer leur condition; je m'y plais encore par un autre motif: on ne sait pas assez tout ce qu'il y a de bon sens , de raison , de dévouement et de hauts sentiments parmi les ouvriers ; j'entends les ouvriers hoonèCes et rmgés , ce sont ceux-là que j'aime à fréquenter.
E!f CHAIfiE. 199
Voici une conversation que j'ai eue avec Tun d'eux , avec un de ceux qui ne travaillent le dimanche que malgré eux ; il est attaché à un des grands magasins de nouveautés , dans un des quartiers les plus fréqbentés de Paris ; je le cite parce que sa situation résume assez exactement la situation du plus grand nombre.
« Il y a quinze ans , me disait-il , que je suis employé en qualité de commis dans ce magasin; je n'ai pas un jour, pas une heure à moi; il faut être de fer pour y résister.
« Mon travail ne finit dans la semaine qu'à dix heures du soir; le dimanche , je ne suis' libre qu'à cinq. J'arrive chez moi , seulement à l'heure du dîner, excédé , harassé et maussade : je suis presque insensible aux caresses de mes enfants , tant je suis fatigué ; ils me reprochent de n'être pas pins longtemps auprès d'eux. Eh! le puis-je? Il fnt bien q«*e je ga^ne lenr pain ; je serais renvoyé si je prenais mon dimaache.
0 II me serait si doux pourtant d'avoir un jour de liberté , un jour pour m'occuper de moi-même, de mon avenir; car je sens que tout en moi n'est pas matière ; un jour pour fréquenter mes amis , qui comme moi travaillent toute la semaine; un jour pour jouir des caressés <le mes enfants , juger de leurs progrès , ma récréer avec eux , les mener, en compagnie de ma feanne » après afoir «stisté tL%ec enx aux offices de ma paroisse y visiter nos monuments , nos musées , nos promenades , leur ilpimer éen consëSts et de bons exemples; avec quelle joie alors e' fKi redoublement de zèle je me remettrais le lundi au travail ! Non, ^etke aatis£iiation ne aCtel f&s donnée : dès r«ube àm jour le hindi , réveillé, mais non délassé, je vais tristement reprendre ma chaîie sans fin.
« Je ne suis guère religieux , ajoutait-il , je ne le suis pas assez ; mais je sens que la religion seule pourrait me donner le repos que j'ambitionne; si mes principes étaient plus répandus, on n"*exigerait pas de moi, -sons peine é'^(f>e reavoyé, que lie travaille le dimaudie.
tt 0 sainte religion ! ceux - là mêmes cfui te connaissent à peine invoquent ton appui pour adoucir leur misère.
« En effet , la religion travaille sans cesse à diminuer les maux de l*bumanUë. C'est elle qui a aboli l'esclavage ; elle a ennobli le tra- ^il, mais elle a en même temps ordonné un jour de repos; car le tn^ailMas r^^, c'est encore l'esclavage. » ( Hepos du dimanche , |iar ^ D'OtiTisa , ancien membre de l'Assemblée législative. }
200 LE GATÂGHISTE
IKeTOirs des Infférlears envers leurs supérleara.
OBVOiaS DES ENFANTS ENVERS LEURS PARANTS.
( Quatrième GoInmande^lent. — 1*^ Sermon. ) BXPOSé SOMMAIRE.
Seconde table du Décalogue. — A quoi nous oblige le quatrième commandement. — Devoirs des enfants envers leurs parents : amour , respect, obéissance, secours et protection. — Récompenses que Dieu accorde aux enfants qui observent tous ces devoirs ; punitions réservées à ceux qui les transgressent.
TEXTES TUÉS DE l'ÉGRITDRB SAINTE.
Honora patrem tuum et matrem tuam, ut sis longœvos super terram quacn Dominus Deus tuas dabit tibi. [Exod. XX. 4 2. ) — « Honore ton père et ta mère , aGn que tu vives longtemps sur la terre que le Seigneur ton Dieu doit te donner. »
Qui honorât patrem suum jucundabitur in filiis, et in die orationis suse exaudietur. Qui honorât patrem suum vita
vivet longiore : et qui obedit patri refrigerabit matrem
In opère et sermone et omni patientia honora patrem
tuum Fili, suscipe senectam patristui, et non centristes
eum in vita iliius. {Eccli. m. 6. 7. 9. 4 4.) — « Celui qui honore son père sera heureux dans ses propres enfants , et au jour de sa prière il sera exaucé. Celui qui honore son père vivra d'une plus longue vie ; celui qui obéit à son père
BN CHAIBE. SOI
eoDSolara sa mdre Dans vos œuvres et dans vos paroles, et avec une infinie patience, honorez votre père Mod
fils, recevez la vieillesse de votre père et n affligez point sa vie. »
Filii , obedite parentibus vestris , hoc enim juslum est. {Ephes, VI. I .) — « Enfants, obéissez à vos parents, car cela est juste, x)
TBXTBS TIBÉS DES PÈRES.
Pasce patrem tnum , pasce roalren) tuam , et si paverîs matrem, adhuc non reddidisli dolores, non reddidisli cruciatus quos pro te passa est, non reddidisli obsequia, quf« bas te illa gestavit, non reddidisli alimenta quae tribuit tenero pietatis affectu , immulgens labiis tuis ubera : non reddidisli famem ; quam pro te illa toleravit , ne quid quod tibi noxium esset, ederet; ne quid quod lacti nocerel,
hauriret (5. Amb. lib.VIIl in Luc. ) — « Nourris Ion père,
nourris ta mère; et quand tu auras nourri ta mère, sois sûr que tu ne lui auras pas rendu le mérite de ses douleurs, les tourments qu'elle a soufferts pour toi, les soins qu'elle te prodiguait quand tu étais dans son sein , les alifoents qu'elle te donnait avec un si tendre amour, approchant son sein de tes lèvres ; la faim qu'elle a supportée pour loi, ne voulant rien prendre qui pût te nuire; la soif à laquelle elle s'est condamnée pour ne pas vicier son lait. »
Quid autem tam cuique domeslicum quam parentes filiis^ aut parentibus filii ? ( S. Adg. Tract, cxix in Joann. ) — • Que peut -il y avoir de plus proche pour des enfanis que leurs parents , ou pour un père et une mère que leurs enfants ? »
Sa2 LB CATÉCHISTE
MJLÛRDE.
Honora patrem tanm et matrcm taam , at sis longaevus saper terram quam Dommas Dens toctt dattinis «st tibi. ( Eâfod, u. 4lL )
«Honore ton père et ta mère , afin de vivre longtemps sur la terre qoe le Seigneor tonDieo doit te ttonner. »
Mes Frères .
Nous avons dit qu'il y a deux tables sur lesquelles la loi de Dieu est écrite, et que les deux tables répondent au double rapport dans lequel rhomme se trouve avec le Créateur et avec la créature. Le première table contient les trois premiers préceptes du Décalogue , selon les trois attributs qui conviennent par appropriation aux trois personnes divines , et selon la triple opération de Tâme. Le premier précepte nous ordonne Thumble adoration de la souveraine majesté; le second , la fidèle confession de la souveraine vérité; le troisième, la sincère détection de la divine bonté. En d'autres termes^ ces trois premiers préceptes, en Dousordonnant de connaître Dieu, de croire, d'espérer en lui , de Taimer , de confesser son nom et de le respecter, de nous reposer religieusement le dimanche, par imitation de son repos et en figure du repos que son amour nous prépare dans le ciel, ces trois premiers préceptes, dis-je, nous ordonnent à Dieu ; ils sont le fondement de tous les préceptes de la loi et de toute la religion. Or les sept autres préceptes, contenus dans la seconde table, nous ordonnent à notre prochain et sont la base de tous nos devoirs par rapport aux autres hommes ; ils règlent parfaitement Tordre domestique et Tordre social ; ils sont le code abrégé de la morale des individus et des peuples, et
«1 €IAfB«. 2d3
8«DS^ leor observatm il n'y a pfos mi justice, ni charité , ni ordr«dans le monde. 39ous «omfnençcms ici Télade de la seconde table, et nous aHons aujourd'hui tous parfer du qnalnéme commandement, qui est le premier de cette seconde table de ia loi.
Le quatrième cofBOQMidemenl est ainsi conçu : a Honore ton père et la mère, afin que tu Tîires longtemps sur la terre que le Seîgneiir ^ Dieu doit te donner ; » ou , en d autres termes :
Père et mère honoreras , Afin de vivre long^ment.
Ce précepte contient une ordonnance et une promesse. Il aous ordonne de remplir à Tëgard de nos parenfs certains detoîTs : il attache à raccomplissemenl de ces devoirs une bénédiction particulière.
INTISIOÏV.
Qu'est-ce donc que Dieu ordonne aux enfants par rapport à leurs parents? Qu'est-ce que les enfants doivent allendredela bonté de Dieu s'ils honorent leurs parents, et qae doivent -ils craindre de sa justice et de sa colère s'ils 06 les honorent pas? Voilà les àeux questions auxquelles nous allons répondre dans ce discours.