PREMIÈRE PARTIE
Quels sont les devoirs des enfants à l'égard de leurs parents ? Ces devoirs sont au nombre de quatre principaux : ils doivent les aimer, les respecter, leur obéir, les assister dans leurs besoins.
Bt d'abord , tes enfants doivent aimer leur père et leur
ixiére. C'est un coromaDdement de Dieu , c^est une loi imprescriptible de la nature. En effet, nos parents, après Dieu, nous ont donné la vie. Ils ont été pour nous les instruments dont la Providence s'est servie pour nous appeler à rêtre, nous placer dans ce monde et nous y faire parti* ciper à tous les bienfaits de l'existence si noble, si parfaite de rhomme. De même que , par un sentiment inné de la nature, nous nous aimons nous-mêmes^ nous devons aimer nos parents, qui' sont d'autres nous-mêmes. Ils sont 1^ source d'une vie dont nous sommes le prolongement : leur sang coule dans nos veines , leur âme respire dans notre âme , leurs traits sont bien souvent peints au vif sur notre visage; nous portons leur nom, nous leur succédons ; leur existence se confond pour ainsi dire avec la nôtre : nous devons donc les aimer. D'ailleurs , cet amour se trouve dans les animaux eux-mêmes : le^ petits oiseaux connaissent la mère qui leur a donné la vie ; ils la suivent , ils la reçoivent, ils l'appellent avec joie ; comment l'homme , si supérieur aux animaux par la nature, et si supérieur à lui-même par la grâce, pourrait-il se montrer inférieur aux animaux dans l'amour qu'il doit à ses parents?
Ajoutons à ce premier devoir que nous imposent la nature et la religion , le devoir non moins impérieux que nous prescrit la reconnaissance. Que de soins nous ont prodigués nos parents I C'est pour nous que notre père a constamment travaillé; c'est pour nous que, s'oubliant lui-même, ne songeant ni à son plaisir, ni à son repos, il a quitté son foyer domestique, ses habitudes, quelquefois même sa patrie, et qu'il s'est soumis à l'épreuve d'un métier ou d'un art Iqcratif mais onéreux, tandis qu'il aurait pu vivre pour lui seul avec moins de difficulté. Et notre mère! ah! pouvons-nous prononcer ce nom de mère sans être émus
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jusqu'aux larmes ! notre mère nenousa-t-elle pas portésdans son sein I Qui pourra compter ses veilles, ses angoisses, ses larmes, ses privations, ses joies, ses paroles d'affection pour les enfanis qu*elle a reçus de Dieu ! Le cœur d'une mère est un abtme d*amour qui défie par sa profondeur tous DOS calculs. Le cœur d'une mère se fait sentir, il ne se fait pas comprendre : on l'adorerait s'il n'était pas au nombre des choses de la terre; mais on Taime, et ce culte de l'amour, quel qu'il soit^ n'égalera jamais dans ses actes la perfection du sentiment qui en est l'objet : l'amour d'une iDère ne recevra jamais de ses enfants autant de tendresse qu'ils en reçoivent I...
En second lieu , les enfants doivent respecter leurs pa* rents. Les parents, en effet, tiennent ici-bas, au sein de leur famille , la place de Dieu. Dieu a gravé sur leur front son autorité. « C'est de Dieu , dit saint Paul , que toute paternité découle sur la terre et dans le ciel. » On père est souverain , à certains égards , par rapport à ses enfants. Une mère est souveraine aussi , puisqu'elle ne fait avec son mari qu'un être moral. Les enfants doivent donc avoir pour leurs parents une sorte de culte; et ici, souvenons -nous bien que le res^pecl extérieur ne suffit pas, mais quMt~nedoit être que l'expression fidèle du respect intérieur, et, pour ainsi parler^ de la dévotion filiale de l'âme. Par conséquent, des enfanis chrétiens rendront à leurs parents tous les devoirs que les inférieurs doivent à leurs supérieurs : ils leâ salueront , ils les préviendront par une politesse par* faite , ils leur procureront de la part des étrangers toute sorte d'égards. Or, tous ces témoignages de respect doivent être accompagnés d'affection. Rien de gêné, rien de froid , rien qui accuse seulement l'observation fidèle des convenances. Que tout soit plein d'affectueuse tendresse ,
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de douce coaSanee, de fiJiai abaodoD; que la suavité du âeutiment tempàre, en uq mot, la rigueur froide de ré<i- <|ueUe : alors . seulemerU le respect sera vértiable ei la déférence religieuse. Mais bêlas I qu'ils sout bien loin de J'accomplisseroeQtde tous ces devoirs, les enfants qui s'aaiorisenl de la bonté de leurs parenls pour les mépriser et qui se font un jeu sacrilège de leur eoadescendanœl qu'ils sont contraires aux preseriptipos de Dieu et de la nature , les enfants qui parlent à leurs parents commodes boffimes bien élevés ne parleraient pas à leurs serviteurs, et qui serinent , par leurs capriœs tyraoniques , en bourreaux de ceux qui leur ont donné le jour. Mais Dieu ne laisse pas impufii .un désordre si monstrueux. Dans l'ancienne loi il élaii ordonné que les enfants qui auraient œanqué de respect à leurs parenls d*uiie niamére grave seraient putsts de uiort (i)/et il ne faut pas douter que ce châtiment n'ait été qu*une faible figure de la mort spirituelle dans laquelle tombent chaque jour ^ pour leur malheur éternel , ces enfants irrespectueux.
Toutefois, ce n'est fias assez pour les enfants de respecter leurs parents; ils doivent, en troisième lieu, leur obéir : l'obéissance est la forme la plus excellente du res* pect et de l'ampur. L'obéissance des enfants, dans 1^ choses que les parents peuvent commander, doit élre fidèle, prompte et joyeuse.
Si les parents tiennent, comme nous l'avons dit , la place de Dieu , leur désobéir , c'est désobéir à Dieu. Nos parents, interprètes naturels de la velouté de Dieu dans leur famille , ont le droit de parler avec autorité et d'âtre obéis au moindre signe. Si, de nos jours, il y a tant d'insubordiuatioB
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dans les socîéléB poliliqtres , c'est quMf 7 a peu d'obéîssonoe dans les familles. Avec l'obéissanoe des enfants envers leurs parents reparahraieni bien tAl dans le monde Tordre, la paix, fe bonheur. Or, Tordre, la paix , le bonheur soiH de Dieu : donc Tobéissanoe est de droil divin dans les femilles; les enfants doivent donc obéira leurs parents.
Cette obéissance doit être Mè\e : c'est • è - dire que les enfants ne doivent rien omettre de ce qui leur est commandé^ ni pour la cbose, ni po«ir le temps, nî pour ta manière. L'obéissanoe qui calcule^ qui délibère et qui choisit n'esl qti'une désobéissance hypocrite. Cette obéissance doit être prompte; sans ceia^ ne perdrait-elle pas one partie de son mérite? Un commandement répété n'affaiblirait-il pas l'autorité, et ne conduirait-il pas les inf^ nears au relâchement? Si les parents commandent, il (aut donc que les enfants obéissent au premier signe qu'ils reçoivent , comme des soldats qui , à la voix de leur chef, exécutent un mouvement, et ne songent pas même à mettre en question l'opportunité de leur prompte obéissance.
-Enfin , celle obéissance doit être joyeuse. En obéissant a leurs parents , c'est à Dieu que les enfants rendent hommage. Or, Dieu aime ce qui lui est donné de bon cœnr et avec joie. Hilarem dalorem diHgit Deus, La mauvaise humeur dans l'acquiescement è dn ordfe est un signe d'insnbordination intérieure. Le sacrifice de Tobéissance doit être parfait ; il doit embrasser Tesprît, la volonté, le cœur, les sens eux-mêmes. Tout ce qui résiste , tout ce qui est indocile n^est pas selon fa loi de Dieu. La joie de celui qui se soumet à un ordre qu'il reçoit est une joie méritoire. Dieu la comble de ses grâces. La mauvaise humeur para- Fise notre obéissance et la rend aussi stérile pour le ciel que pémble pour nous-mêmes dans Tordre de la nature.
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Imitons Notre - Seigneur Jésus -Christ y qui s*est montré comme un parfait obéissant aux yeux du monde.
Il obéit fidèlement : ct Un seul point , dit-il , un seul iota de la loi ne passera pas sans être accompli. id II obéit promptement : « Les holocaustes pour le péché ne vous ont pas été agréables, alors j*ai dit : Me voibi, ô mon Dieu! pour faire votre volonté. » Il obéit avec joie, a Jésus- Christ, dît saint Paul , ne s'est pas complu en lui-même ; » non , il n a eu de joie que dans la volonté de son Père. Imilons ces exemples, mes frères, et souvenons nous que lobéissance est le plus sûr moyen de plaire au cœur de Dieu.
Toutefois , cette obéissance doit être réglée Elle ne serait plus fidèle, en effet , si elle allait jusqu'à nous faire transgresser la loi de Dieu. Les parents ne peuvent commander légitimement à leurs enfants que les choses justes : par conséquent , les enfants ne doivent obéir à leurs parents que dans les choses qui ne violent pas la justice. En matière de vocation et de devoirs religieux , les parents n*ont d'autre pouvoir qu'un< pouvoir de conseil et de direction. S'ils se montrent sur des points si i^mporlants opposés à la voix de Dieu^ ils ne doivent pas être obéis, et c'est dans ce sens que Notre- Seigneur a dit : « Celui qui ne hait pas son père et sa mère ne peut être mon disciple. »
Enfin, le quatrième devoir des enfants envers leurs parents , c'est de les assister dans leurs besoins. Ces besoins sont spirituels ou temporels. Dans les besoins spirituels , les enfants doivent à leurs parents des avertissements prudents et respectueux, une instruction convenable, des avis sur la nécessité de recevoir les sacrements en temps opportun. Dans leurs maladies, ils doivent, par tous les moyens que fournissent le zèle et la piété filiale, leur procurer les secours religieux. Comment voudraient-
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ils priver de la vie éternelle, par lear faute, par leur négligence ou leur timidité, ceux qu'ils doivent aimer en vue de Dieu et de qui ils ont eux-mêmes reçu, avec le bienfait de la vie , le moyen de parvenir à la gloire du ciel? De même , après la mort de leurs parents, les enfants doivent prier pour le repos de Tâme de ceux qui leur ont été si unis pendant la vie. Ils doivent honorer leur mémoire , initer leurs vertus, cacher soigneusement leurs imperfections et leurs défauts. Ce n'est pas tout encore, les enfants doivent exécuter fidèlement les dernières volontés de leurs parents , et leur rendre dans cette dernière obéissance un dernier témoignage de respect et d'amour. Quant aux besoins temporels, ils doivent les nourrir, les vêtir, les loger, selon qu'ils sont soumis à ces différentes nécessités. Us doivent les entourer de tous les soins qu'ils peuvent leur donner et ne point leur faire sentir par leur brusquerie, leur mauvaise humeur ou leurs reproches, qu'ils portent un &rdeau pénible. Les bons services^ les soins vigilants, les attentions , les prévenances des enfants pour leurs parents nécessiteux sont des actes de religion que Jésus • Christ reçoit comme accomplis envers lui-même, et qui attirent sur les familles les plus excellentes bénédictions en même temps qu'ils consolent tout à la fois, et les parents qui en sont l'objet, et les enfants qui les accomplissent.