DES SACREMENTS
\ 9e« mmer^menim tm géttérsl.
EXPOSÉ SOMMAIRE
Qu'est-ce qu'un sacrement? Les sacreoaents , signes de 1» grâee divine ; instruments dont Dieu se sert pour nous la c«0imuniqiier. C'est Jésus-Cbrist qui a institué les sacreiiienl9 de la nouvelle loi. Ils sont au nombre de sept. L'encbaristîe est le plus excellent des sacrements.
(1) Maith. XI. 19.
(f ) Masill. Serm. sur Plrytisttce du monde.
TEXTES TIRÉS DE L*éCRITURE SAINTE.
Salvos nos fecil per lavacrum regeneralîonis et renovationis Spiritus Saocli. ( TU. m. ) — « Il nous a sauvés par le bain de régéoéralion et de rénovation de TEsprit-Saint.
Ego sum panis vivus , qui de cœlo descendi. Si quis manducaverit ex hoc pane , vivet in œternum : et paDis quem ego dabo, caro mea est pro mundi vita. ( Joann. vi. j
— a Je suis le pain de vie descendu du ciel , afin que si quelqu^uuen mange, il vive éternellement; et lepaio que je donnerai pour la vie du monde, c*est ma chair.
TEXTES TIRÉS DES PÈRES
Sed et caro abluilur, ut anima emaculetur. Caro uDgitur, ut anima consecretur. Carosignatur, ut et anima muniatur. Caro manus impositione adumbralur , ut et anima spirilu illuminelur. Caro corporeet sanguine Chrisli vescilur, ut et anima de Deo saginetur (Tertul. de Resurr. camis.)
— « La chair est lavée, pour que l'âme soit purifiée. La chair est ointe, pour que Tâmesoit consacrée. La chair est marquée, pour que Tâme soit fortifiée. La chair est voilée par Timposition des mains ^ pour que Tâme soit illuminée. La chair est nourrie du corps et du sang du Christ , pour que rame soit engraissée de Dieu. »
Foris sacramenla percipimus, ut intus Sancti Spirilus ^ralia repleamur. (S. Grbg. inPrimum Regum., c. xvi.j — «Au dehors nous recevons les sacrements, pour qu au dedans nous soyons remplis de la grâce du Saint-Esprit. »
EXOROE.
Mes Frères ,
Ce mot de sacrement est antique. Avant la venue de Notre -Seigneur Jésus-Christ, il exprimait même chez les gentils une action sainte, un mystère, un symbole, comme on peut le voir dans Varron (4) , dans Cicérou (2) et autres auteurs latins. Dans TÉcriture sainte ce mot est employé ordinairement pour exprimer une chose secrète» mystérieuse, même mauvaise, coname nous le voyons au dix-septième chapitre de TÂpocalypse, où saint Jean raconte la vision qu'il eut d'une femme assise sur une bête couverte de noms de blasphèmes, et qui portait sur son front le mot mystère.
Uais, laissant de côté les diverses acceptions de ce mot, nous disons que l'Église exprime par le mot de sacrement la chose sensible qui signifie la grâce sanctifiante. C'est pourquoi saint Augustin dit : « Les signes , lorsqu'ils appartiennent à une chose divine, sont appelés sacrement, i^ Signa quum ad rem divinam pertinent sacramentum appellanlur (3). Et parlant de Corneille le centurion qui, quoique justifié, reçut le baptême, il dit : a Pour avoir déjà reçu la grâce , il ne méprisa cependant pas le sacrement ^ mais il fut baptisé, afin de recevoir {es signes saints que la grâce avait précédés (4). » Saint Thomas le défiait ainsi : a Le sacrement est le signe de la chose sacrée en tant qu'il sanctifie l'âme, d Sacramentum est signum rei
(1) Lib. VIII de Ling. lat
{«) De Officiis^ lib. II.
(8) Epist, cxxxYli in Exp, EpisL ad Rùm, .^
(4) Loc. cit.
3f6 LR tàràcmsFTE
sacrœ , in quantum sanciificat animam (4 ]. Ainsi Teau dans le baplème est le signe sensible qui , si elle est appliquée selon le rite , signifie que l'âme est lavée de ses^ péchés , ce qui a lieu par la grâce.
Mais parce que nous parlons ici des sacrements de îa loi nouvelle (car quelques sacrements, imparfaits par euxmêmes^ ont existé dès la chute du premier homme] , ilfaot remarquer avec saint Thomas que nos sacrements sont les signes de trois choses , savoir d*une chose passée , d^Qoe chose présente et d'une chose future, c'est-à-dire de la passion de Noire-Seigneur, de la grâce et de la gloire, lis soot les signes remémoratifs de la passion, cause de notrejustification ; îlssonl les signes démonstratifs delà grâce, c'est-àdire de ce quîopéreen nous la justification ; etenfin les signes qui présagent la gloire, qui est la fin de notre |ustifîcdtioo.
Les sacrements sont, avons- nous dit, les signes qai démontrent la grâce, laquelle nous est conférée lorsque nous jhisons un bon usage des sacrements ,-^ cependant ils Q*eQ sont pas les signes naturels ou nécessaires, comme la famée est le signe naturel du feu, mais des signes que Dieu a instilués librement.
Non-seulement les sacrements sont les signes de la grâoe divine, mais ils sont encore les instruments dont Dieu se sert pour nous la communiquer. C'est pourquoi saint Aagustin , parlant de nos sacrements et les comparant à ceax de Tancienne loi, dit : « Les sacrements du Nouveau Testament donnent le salut, ceux de TAncien promirent le SaO' veur. » Sacramenta N'ovi Testamentt dant salutem, sacrU" menla Veteris Testamentipromiserunt Salvatorem (2).
(1) 3. p. qusst.eO. ab.t.
(2) InPsal, LUI.
n conveDait que les sacrements fussent institués par Notre-Seîgneur Jésus-Christ dans les choses sensibles , et saint Thomas en donoe uneexcelleote raison ; c La sagesse divine, dit- il, exerce sa providence sur les créatures selon le mode que réclame chacune d'elles. Or, il est naturel à 1 homme d'arriver par les choses sensibles à la connaissance des choses spirituelles. Il fallait donc que les biens spirituels, qui sanctifient Thomme, fussent signifiés par le moyen des choses sensibles. »
Les choses sensibles sont les substances et les actions qui sont employées ^ et les paroles qui sont proférées dans l'administration des sacrements»
Les substances et les actions sensibles sont dites la ma-- Uère du sacrement ; elle se distingue en matiètre éloignée et en matière prochainei ei les paroles qui sont proférées sont dites la forme du sacrement; ainsi , daus le baptême , Feau naturelle est la matière éloignéa; Tablution du corps est b KUitièrefrQchame, et les paroles, qui soni prononcées dans l'ablution : Ego te baplizo, eic^y sont dites la forme y, et ainsi dans les autres sacrements , comme on le verra lorsque nous parlerons de chaque sacrement en particulier.
11 n'est pas permis de se servir de maiièr$s ou de formes antres que celles qui sont prescrites par l'Église, et on ne peut sans pécha y faiie intenlionDelleopieDt un changement quelconque. Si la matière était changée , comme si , dans le baptême, on remplaçait l'eau par du vin ; ou si l'on changeait la forme, c'est-à-dire que l'on corrompit ou que l'on changeât le sens des paroles > outre que l'on commettrait on sacrilège « on rendrait nul le sacrement. U faut donc apporter un grand soin dans l'administration des sacrexnents» et se conformer en tout à ce qui est prescrit pair l^Ëglise.
C'est Jésus -Christ qui a ÎDSlitué les sacrements de la nouvelle loi, comme Ta défini le saint concile de Trente. «Si quelqu'un dit que les Sacrements de la nouvelle loi n'ont pas tousélé institués par Jésus-Christ, qu'il soit anathème I » Siquis dixerit sacramentanovœlegis non fuisse omnia a Jesu Chrisio Dominonosirojnstiiuia,.. anathemasit. Cependant, si la matière et la forme de quelques sacrements ont été institués et déterminés par Notre-Seigneur^ comme dans le baptême et Teucharislie, il a laissé à ses apôtres et à son Église le soin de déterminer la matière et la forme des autres sacrements. C*estce que nous expliquerons lorsque nous parlerons de chaque sacrement en particulier.
Or, le Christ a institué sept sacrements, savoir : le Baptême ) la Confirmation, TEucbaristie^ la Pénitence, TExlrême-Onction , TOrdre et le Mariage.
C'est un dogme de la foi que ces sacrements ne sont pas égaux entre eux en dignité et en perfection. Qui ne sait, en effet, que l'eucharistie l'emporte en dignité et en excellence sur les autres sacrements, puisque non -seulement il a^ comme les autres sacrements , la vertu de produire et de conférer la grâce, mais encore qu'il contient l'auteur même de la grâce.
La vertu des sacrements consiste en ce que la grâce qu'ils signifient ils la produisent et la confèrent à tous ceux qui les reçoivent dignement ; c'est là un dogme de la foi catholique.
Toutefois, pous devons remarquer que le baptême et la pénitence ont été institués par Notre -Seigneur Jésus- Christ pour justifier le pécheur lui-même et le faire passer de l'état du péché à l'état de la grâce , que les théologiens appellent grâce première, mais que les cinq autres apportent une augmentation de la grâce et exigent
EN GHÂIRe. 399
que l'âme soit déjà établie daos la grâce de Dieu, et c'est pourquoi Ta grâce qu'ils confèrent est appelée grâce seconde.
C'est pourquoi les deux premiers sacrements sont appelés ordinairement sacrements des morts , c'est-à-dire de ceux qui sont privés de la vie de la grâce, tandis qu'au contraire les cinq autres sont appelés sacrements des vivants, c'est-à-dire sacrements des âmes qui vivent de la vie de la grâce. Saint Thomas, et à sa suite^ un grand nombre de théologiens, disent que s'il arrive qu'une âme, croyant de bonne foi être en état de grâce, bien qu'en réalité elle n'y soit pas , reçoive les sacrements des vivants , ces sacrements lui confèrent accidentellement la grâce sanctifiante, Yu qu'il n'y a pas dans cette âme l'obstacle volontaire qui seul , selon ce saint concile de Trente, empêche l'effet de la grâce. Et, d'un autre côté, les sacrements des morts produisent accidentellement la grâce seconde , si celui qui les reçoit est parfaitement contrit ; car Dieu promet sa grâce à la parfaite contrition.
Un autre effet est encore produit dans Tâme par le baptême, par la confirmation et par Tordre : cet effet c'est le caractère , qui est un signe ineffaçable imprimé en elle et Teropêche de recevoir ces sacrements une seconde fois. C'est ce que le concile de Trente définit comme dogme delà foi. a Si quelqu'un (4] dit que les trois sacrements du baptême, de la confirmation et de l'ordre n'impriment pas dans l'âme un caractère , c'est-à-dire un signe spirituel et indélébile , qui fait qu'on ne peut recevoir ces sacrements une seconde fois , que celui-là soit anathème I d
Parmi les sacrements, les uns sont absolument nécessaires
(1) Sess. XII, c. iz.
iOO LE GATéCHISTB
de nécessité de moyen et de nécessité de précepte ; d'autres sont seulement de nécessité de précepte; d'autres enfîa ne sont ni de nécessité de moyeny ni de nécessité de précepte.
Expliquons ce qu'il faut entendre ipar nécessité de moyen. On dit qu'une chose est de nécessité de moyen , lorsque sans elle on ne peut arriver au salut, encore que l'omissioD de cetle chose soit exempte de malice. Tel est le baptême, que les petits enfants doivent nécessairement recevoir en réalité» et que les adultes doivent au moins recevoir en désir, pour être sauvés ; telle est aussi la pénitence pour ceux qui , après le baptême , sontr tombés dans le péché mortel. Sans ce sacrement reçu réellement, si on peut le recevoir, ou reçu de désir, s'il est impossible de le recevoir en réalité, il n'y a pas de salut. Quant aux autres sacrements, quelques-uns sont de nécessité de précepte (t): tels sont la confirmation , l'eucbaristie et rextrême-0DC« tion. Les deux autres, savoir l'ordre et le mariage, ne sont pas nécessaires à chacun des fidèles^ bien qu'ils soient nécessaires à TÉglise prise en général.
Celui qui reçoit indignement les sacrements qui impriment un caractère, ne reçoit pas la grâce, et de plus, il commet un sacrilège ; mais s'il fait ensuite pénitence et confesse ses péchés, il reçoit alors la grâce du sacrement dont il s'était approché indignement , et cela vient de ce que les sacrements qui impriment un caractère conservent virtuellement l'effet de la grâce qu'ils confèrent; ce qui ne peut se dire des autres sacrements.
Il nous reste maintenant i parler d'une manière générale des ministres des sacrements. Tout fidèle n^a pas le
(1) G*est-à-dire qae la nécessité de ces sacrements est fondée sur le précepte qui est porté.
BM CBMIE. 404
pouvoir d^administrer tous les sacrements, mais celuî-tà seul que TÉglise a choisi el consacré. C'est un dogme de la loi catholique défini par le concile de Trente (4). a Si quel- C|ii*iin dit que tous les chrétiens ont le pouvoir d'administrer tous les sacrements , qu'il soit anathème. • Tel a tcmjoursété le seoliment unanime des saints Pères ^ sentimeot fondé sur rÉcriture sainte.
Pour ce qui est de la validité du sacrement, la foi et la irertu du ministre ne sont pas nécessaires, s il a le earaeière et le pouvoir d'administrer le sacrement , et 8*il n'omet pas le^ autres choses qécessaires.
Cette vérité est fondée encore sur la tradition unanime des Pères et confirmée par deux conciles très-anciens; par le premier concile d'Arles (2) et par le premier concile général deNicée (3). Saint Thomas en donne la raison en ces termes : Le pouvoir d'administrer les sacrements appartient au cARiLGTBAB 8P1B1TUBL , qui cst ùidélébik ; ei c'est four cela que le ministre qui est suspendu ou excommunié par r Église^ ou qui est dégradé, ne perd pas le pouvoir radical de conférer les sacrements , mais V exercice de ce pouvoir ; et parlant U confère le sacrement, mais il pèche en le conférant ; et le chrétien^ qui U reçoit de lui^ pèche également et ne reçoit pas la grâce, à moins quU ne soit eoccusépar Vignoranee [i).
Que faut -il donc pour la validité d'un sacrement? Il £aut dans le ministre le caractère et le pouvoir, dans les sacrements dont l'administration exige un minisire choisi
(1) Scss. VII, c. X.
(t) Can, VIII.
(S) Can. lïïi et XIX.
(4] 3. p. qusst. 164. Ceci ne doit pas s'entendre des sacrements qui
exigent le pouvoir de juridiction dans le minisUe.
et consacré par TÉglise ; de plus, il faut la matière, la forme , et riDtenlion de faire ce que fait TËglise , c*est-idire l'inleDlion, la volonté de conférer un sacrement. Or, cette volonté peut être habituelle , actuelle oa virtuelle. La volonté habituelle consiste dans la facilité de faire quelque chose par rhabitude acquise, sans aucune réflexion ou considération actuelle ; la volonté actuelle a lieu lorsque le ministre du sacrement veut actuellement faire ce que fait rÉglise; et enfin la volonté virtuelle est celle qui après facle reste et persévère.
Or, Tintention habituelle ne suffit pas ; parce que Taction qui est faite avec une intention de ce genre, ne procède d'aucun acte de la volonté , comme on le voit évidemment dans toutes les actions que nous faisons par la seule habitude, sans aucune attention.
La volonté actuelle est la meilleure, et Ton doit faire ea sorte de l'avoir dans une action si importante que Tadministration des sacrements ; mais elle n*est pas nécessaire. L'intention virtuelle suffit donc, parce qu'elle produit uo acte volontaire.
Pour que le ministre confère le sacrement, je ne dis pas validement , mais licitement , il faut qu*il soit en état de grâce ; sinon il pèche mortellement et se rend coupable de sacrilège , parce qu'il pèche contre la vertu de religion , qui veut que les choses saintes soient traitées saintement. C'est pourquoi saint Augustin dit : Ego autem dico, et omnes dicimus y quia justos oportet esse tanti judicit ministros (1) : ce Je dis et nous disons tous que les ministres d'un si grand juge doivent être justes. »
Quant aux cérémonies et aux rites prescrits par l'Église
(1) Tract, T in Joann,
EN GHAIRB7 i03
dans radmiDistralion des sacrements , il n'est permis à personne de les omettre de son autorité privée. Toute omission grave à cet égard constituerait un péché mortel. Ainsi Ta défini le concile de Trente (4).
Par toutes ces considérations je voudrais, mes frères hien-aimés, exciter en vous un vif sentiment de reconnaissance envers Notre-Seigneur Jésus-Christ^ qui non-seulement par sa passion bénie nous a mérité la grâce du salut, mais encore a voulu renfermer la vertu et Tefficacité de cette passion dans les sacrements, afin que nous puissions recouvrer facilement son amitié perdue ou que nous puissions l'augmenteren nous. Reconnaissons donc et confessons l'immense charité de Notre-Seigneur envers nous , et pour lui témoigner notre reconnaissance, abreuvonsnous fréquemment et pieusement aux sources mystérieuses de sa grâce. Ainsi soit-il.
TRAIT HISTORIQUE
L'usage des sacrements tient à la nature de Thomme, qni a besoin d'être frappé par les sens et de fixer par des signes extérieurs ses affections aussi bien que ses idées. Aussi Ton trouve cet usage établi dès Torigine et consacré perpétueUement dans la vraie religion, en révélant à rhomme sa destination surnatureUe, en lui promettant un rédempteur futur comme le moyen de salut, et le Tcmède au péché. Tel fut sans doute Tobjet des sacrifices et des autres cérémonies usitées par les patriarches ; car le livre de Job nous montre des sacrifices offerts pour la rémission des péchés, ce qui n'a jamais pu avoir lieu qu'en vue des mérites futurs du médiateur promis. C'est par la manifestation de cette foi que les parents obtenaient la, rémission du péché originel pour leurs enfants; de sorte que le signe extérieur tirait son efficacité des dispositions et de la foi intérieure dont il n'était que Texpression. Comme Dieu avait déterminé, par un effet libre de sa volonté, les
(1) Sess. VU, c. XIII.
ifti LB CATJftCHISTB
conditions et le mode de cette rédemption future , il pouvait leul i déterminer et nous faire connaître les signes extérieurs qui deTaient en offrir la figure on Texpression Téri table. Jfov ÎT suit que hn seii pouvait étaMir ses sacrementg , osait dana le seaa le plus gdaéral db mot, parce que tous les symboles rcUgieax, se rapportant anxeflëto deb rédemption » doivent exprimer quelque chose de surnatureL qui dépend de la volonté divine ; et Ton peut présumer Traisemblablement que a les offrandes d'Abel furent agréées plutôt que celles de Caîn^ c'est que le premier, dans l'objet comme dans la forme de ses sacrificesr, aviS obserré pins eiactemcnt les cérémMnes dléteranaées par Dîoa liinêine. (UUbbéBiopnn».}
iÊfnr le saereiiiettf du huptÊtae,
EXPOSÉ SOMMAIBE.
Figures du baptême dans rancienne loi ; temps où Notre- Seigneur Jésus-Christ institua le baptême; des différeDles manières d'admioistrer ce sacrement: par immersion , par ablution, etc. ; soin qu*on doit apporter dans fadminislra- UoQ du baptême; il y a trois sortes de baplêfîie; de a Déeessité ; do choix do parrain.
TEXTES TIRÉS DE L éCBmJBB SAmTE.
Post haBc venit Jésus et discipuiî ejus in Jodaeam terran: et illic demorabatur corn eis, et baptizabat. ( Joanit. m. Î2. ) — « Après cela , Jésus vînt avec ses dîscrpfes dans la terre de Judée» et là il demeurait avec eux , et baptisait.»
Petrus vero ad illos: Pœnitentiam agite, et bapUzelar unusquisque vestrum in nomine Jesu Cbristi , in remissionem peccatorum vestrorum : et accipietis douum Spirilus
BN CHAfBV. iOB
SaDcli. [AcL ii. 3B. ) — a El Pierre leur dît : Faites pëoilence, et que chacuB de vous soit baptisé au nom de Jésus- Christ, en rémission de yos péchés, et vous recevrez le don du Saint-Esprit, d
TEXTES Tnis DES PÂBBS.
Crédit cateobumenus in crucem Domini Jesa , qna «4 ipse signa tur; sed niai baplizalus fueri4 in nomine Patris» et Fiiii « et Spiritus Sancti , remîssionem non potest accipera peccatorum , nec spiritualis gratiae munos haurire. (S. Amm&os. in Lib. de iis qui mysL tnitiantur^ c. iv.} — » c Le catéchumène croit en la croix du Seigneur Jésus, de laquelle il est aussi marqué ; mais s'il n'a pas été baptisé SB DiMitdu Père, et du Fils, et du Saint-Esprit, il ne peut recevoir 1 absolution des péchés , ni puiser le don de la grAce spiritnelle. »
Qoaatomcumque catechumenus proficiatj adhuc sarci- Dam iniquitaiis sues portât; non illi dimiUitur, nisi cum venerit ad bapiismura. (âug. Tract, xui m Jocam.) -« c Quelque progrès que fasse le catéchumène, il porte eneere le ûirdeau de son iniquité : il ne lui est point remis, à moîfis qu*ii ne soit remis au baptême. »
EXORDE
Hbs Frârbs,
Après vous avoir parlé des sacrements en général , je dois vous Instruire des sacrements en particulier, et premièrement du baptême, qui est comme la porte de tous les sacrements.'
Ce mot baptême vient de la langue grecque , et signifie ablution ou bain.
i06 LB GATiCHlSTB
Nous IrouvoDS plusieurs figures de ce sacrement dans Tantique alliauce, et même à i*origiDe du monde; car nous lisons dans la Genèse (4) que V esprit de Dieu était porté sur les eaux, ce que Terlullien regarde comme une figure du baptême. Le déluge, au temps de Noé, fut encore une figure de ce sacrement , comme Tatteste Tapôtre saint Pierre (2), et après lui plusieurs Pères. Au témoignage de saint Cyprien et de saint Jérôme (3), il faut en dire autant da passage de la mer Rouge, ainsi que des eaux du Jourdain, dans lesquelles le Syrien Naaman fut guéri de la lèpre.
Tous, les hérétiques aussi bien que les chrétiens orthodoxes , reconnaissent que Notre -Seigneur Jésus-Cfarfst a institué le baptême ; mais tous ne conviennent pas du temps où ce sacrement a été institué. Quelques Pères veulent que ce soit lorsque Notre-Seigneur descendit dans le Jourdain pour y recevoir de Jean le baptême de pénileoce; mais d'autres Pères et les docteurs les plus graves disent que le baptême fut institué lorsque le Christ dit à Nicodème : Si quelqu'un ne renaît de Veau et du Saint-Esprit^ il ne peut entrer dans le royaume de Dieu (I).
Quoi qu'il en soit , la loi du baptême ne commença à obliger qu'après la venue du Saint-Esprit, lorsque les Apôtres, remplis de l'Esprit-Saint , commencèrent à prêcher avec une force toute divine le saint Évangile.
(1) Gen. I.
(2) I. Petr. III.
(3) Cypr. Epist, Lxv. — HiERON. Epist, LIXXIH.