‹ Le catéchiste en chaire, plans de sermons, conférences et instructions familières sur les principaux points de la doctrine chrétienneChapitre 30 sur 55 · JOANN. III · texte numérisé non relu

JOANN. III

KN CHAIRB. 407

DIVISION

Après cette explication nécessaire , je vous parlerai : 4° de la matière et de la forme ; Si» des trois différentes sortes de baptême et du ministre de ce sacrement.

4^ En disant qu'il est nécessaire de renaître à la grâce par le moyen de Teau, si quelqu'un ne venait de Veau et du Saint-Esprit, le Christ a déterminé la matière de ce sacrement. Mais parce que, par le mot eau] on ne peut entendre que Teau naturelle, il suit que la matière valide du baptême , c'est Teau naturelle, soit eau douce , soit eau de la mer. Je dis pour être valide; car pour qu'elle soit licite, il faut qu'elle soit consacrée par le saint chrême , qui se fait dans la bénédiction solennelle des fonts baptismaux. Cependant, dans un cas de nécessité, on peut se passer du saint chrême, et toute eau suffit, pourvu qu'elle soit naturelle, comme l'eau des fontaines, des puits, des rivières ou de la mer. D'où il suit que le suc distillé des plantes , comme Teau de rose, ne peut être employé dans le sacrement du baptême, et encore moins la bière , le vin ou toufe autre liqueur de ce genre. Ainsi l'a défini le concile de Trente(4}. € Si quelqu'un dit que l'eau véritable et naturelle n'est pas nécessaire dans le baptême, et qu^aiosi il prenne dans un sens métaphorique les paroles de Notre Seigneur Jésus- Christ : Si quelqu'un ne renaît de l'eau , etc. , qu'il soit analhème. x>

Quanta la manière d'appliquer l'eau du baptême, la plus ancienne est celle qui est dite par immersion , et qui consiste à plonger trois fois dans l'eau celui que l'on baptise.

(1) Ses«. VII, c. II. ,

4DS *LB CATÉGHISTB

Hais la manière la plus commune est celle qui est dite par ablution^ laquelle consiste à répandre de Teau sur la tête de celui que Ton baptise. Il y a un troisième mode qui pourrail être employé , c*est le baptême par aspersion; mais il n'est en usage nulle part.

Quand on baptise , il faut avoir soin que Teau louche immédiatement le corps de celui qui doit être baptisé , et que Téau soit en telle quantité que le corps puisse être véritablement dit lavé^ afin que l'action réponde à ce qu'exprime le root baplizo.

J'ai dit que l'eau doit être versée sur la tête , parce qu'elle est le ^ége de tous les sens; cependant, si l'oo craignait que cette ablution sur la tête de l'enfant ne lui fbt nuisible, il suffirait de la verser sur ses épaules ou sur sa poitrine. Mais suffirait-il de répandre de Teau sur toute autre partie du corps, comme sur les bras, sur les pieds? Si l'on ne pouvait faire autrement, comme dans un accouchement laborieux où l'on craindrait pour la vie de l'enfenl, on pourrait faire ainsi ; toutefois, si renfant vient à la lumière et vit , il doit être baptisé de nouveau , mais sous condition.

Après avoir parlé de la mature du sacrement de baptême , il nous reste à parler de la forme , c'est-à-dire des paroles. Le Christ lui-même nous les a enseignées, lorsqu'il a dit : « Les baptisant au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit, » Baptizantes eos in nomine Patris, et Pûii^ et Spiritus Sancti [1). C'est pourquoi , en répandant l'eau, oq doit prononcer ces paroles : Ego te baplizo in nomine Patris, et Filii, et Spiritus Sancti. Amen: c Je te baptise au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. Ainsi soit-il. »

(i) Hattu. 1. 28.

EN GHAIBE.*^ 1(^9

Par ce mol ou nom est démontrée Tunité de 1*esseQce 4iviDe, et par les autres oq désigne les trois personnes réellen^ent distinctes en Dieu. Il faut avoir soin de ne pas omettre la conjonction et , et il faut dire et le Fils , et le Saint-Esprit, pour bien marquer la distinction des trois personnes-; parce que les théologiens de la secte de Sabellios, qui ne reconnaissaient pas trois personnes en Dieu, mais seulement trois titres, trois noms dans une seule nalure , disaient : Au nom du Père , du Fils , du Saint • Esprit. Il est donc important d'employer la particule copulative.

Quelques-uns ont prétendu quau temps des apôtres, on baptisait seulement au nom de Jésus -Christ. C'est une erreur qui vient d*une interprétation erronée d*un passage des Actes des apôtres. Dans ce passage il est raconté que saint Paul vint à Épbèse, et qu'ayant demandé à quelques disciples quel baptême ils avaient reçu , ceux-ci répondirent qu'ils avaient reçu le baptême de Jean; alors saint Paul leur dit : Jean a baptisé le peuple du baptême de la pénitence , lui enjoignant de croire en celui qui viendrait après lui, c'est-à-dire en Jésus-Christ ; et après ces paroles, ils furent baptisés au nom du Seigneur Jésus (4). Ces paroles signifient qu'ils reçurent le baptême dans la foi de Nôtre-Seigneur^ et elles n'indiquent pas la forme même du baptême. C'est dans ce sens que les Pères ont généralement entendu ce passage des Actes des apôtres.

Le ministre doit verser l'eau en même temps qu'il prononce les paroles , afin que la matière et la forme soient unies.

En cas de nécessité , deux ou plusieurs personnes

(1) Act, XIX. 1-6.

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