‹ Le catéchiste en chaire, plans de sermons, conférences et instructions familières sur les principaux points de la doctrine chrétienneChapitre 31 sur 55 · II · texte numérisé non relu

II

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peuvent être baptisées en même temps, mais alors on doit dire : Ego vos bapiizo , etc. ; et ce n'est pas là changer la* forme, parce que ce mot tx)5 signifie te et te; mais' le baptême ne serait pas valide, si plusieurs disaient nos te baptizamus, nous te baptisons ; car, dit saint Thomas , rhomme opère à la place de Jésus - Christ : or, comme Jésus • Christ est un , il faut que le ministre qui le représente soit un.

Par tout ce que nous avons dit, on voit qu'il n'est jamais licite de changer la manière d'administrer le sacrement ou les paroles consacrées ; si elles étaient changées de telle sorte que le sens ne fût plus le même, le sacrement serait nul, comme il a été dit dans le discours précédent.

Puisque nous avons fait mention du baptême de Jean , i^ faut .vous dire que ce baptême était une certaine ablutioD du corps , reçue en signe de pénitence, mais ne conférant pas la grâce, comme le. baptême du Christ. C'est là un dogme ^e la foi qui a été défini par le concile de Trente : « Si quelqu'un dit que le baptême de Jean avait la même vertu que le baptême du Christ , qu'il soit anathème; » Si quis dixerit baptismtis Joannis habere eamdem vm cum baptismo Christi^ anattiema sit{^). Ainsi renseignent Ions les Pères, en s'appuyant sur le témoignage de saint Jean, disant formellement qu'il baptisait dans l'eau, mais que celui qui viendrait après lui baptiserait dans le Saint- Esprit.

2<> Avant de parler delà nécessité du baptême pour tous les hommes, il nous faut vous dire qu'il y a trois sortes de baptême : le baptême d'eau , le baptême de désir et le baptême de sang. ^

(1) Sess.Wl.deBapt.c. i.

EN CHAIRE. iH

Le baptême d*eâu , qui seul est notre sacreroenl, est défini : une ablation du corps jointe à la forme prescrite des paroles.

Le baptême de désir est la charité parfaite enVers Dieu y ou la parfaite contrition unie au vœu, au ncioins implicite [4 ), de recevoir le baptême.

Enfin le baptême de sang est le martyre souffert dans la foi et pour l'amour de Noire-Seigneur Jésus-Christ.

Cela posé , nous disons , comme Ta défini le concile de Trente, que le baptême d*eau est nécessaire au salut; mais qu'il peut être remplacé , dans le cas où on ne peut pas le recevoir, par le baptême de désir, et mieux encore par le baptême de sang. Or, les petits enfants qui ne peuvent pas concevoir le désir dii baptême doivent donc recevoir réellement le baptême d'eâu, à moins qu'ils ne soient mis à mort à cause de Jésus- Christ. C'est pourquoi nous voyons que l'Église honore comme martyrs de Jésus -Christ les saints Innocents, qui furent victimes de la fureur d'Hérode.

La doctrine constante de l'Église et des Pères est que les enfants nés de parents catholiques soient baptisés le plus tôt possible , et ce sentiment est fondé sur les paroles de Noire-Seigneur, que nous avons rapportées. H nous suffira sur ce point d'entendre Origène , écrivain très -ancien et très- docte : « L'Église , dit -il , a reçu des apôtres la tradition de donner aussi le baptême aux petits enfants. » Ecclesîa ab apostolis traditiomm suscepit eiiam parvulis baptismum dare (2).

Ici, mes frères, je ne puis m'empêcher de déplorer la négligence de quelques parents, qui, je ne sais pour quels

(1) Implicite, c'est-à-dire inclus dans l'acte parfait de la contrition ou de la charité.

(2) Lib. V. c. VI. Épist, ad Rom,

14 2 LB CATÉCHIStB

motifs frivoles , comme pour attendre le parrain ou un ami absent, diffèrent plusieurs semaines, et même des mois entiers, de faire baptiser leurs enfants. Ignorent-ils donc à combien de périls est exposée la vie d*UD enfant nouveau -né? Ab! s'il s'agissail d'assurer à leur postérité un ricbe héritage , ils ne différeraient pas si longtemps. On les verrait ardents, empressés, pleins de sollicitude. Pourquoi donc diffèrent-ils d'assurer à leurs enfants l'héritage du ciel ? Pourquoi les exposent -ils à perdre éternellement la vision béatifîque de Dieu ? Les parents sont tenus, sous peine de péché mortel, de faire baptiser leurs enfants le plus tôt possible (0*

Il nous faut parler à présent du ministre du baptême : toute personne peut être ministre du baptême ; pourvu qu'elle se serve de la matière et de la forme prescrites , le sacrement est valide. Bien plus , s'il y a nécessité , il sera licite au premier venu d'administrer le baptême non-solennel. D'où il suit que tout fidèle doit connaUre la matière et la forme de ce sacrement , puisque tout fidèle peut se trouver dans la nécessité de l'administrer. Mais le ministre du baptême donné solennellement, c'est-à-dire du baptême administré selon les rites prescrits par l'Église , c'est le prêtre. Le pasteur ou curé seul a, juridiction pour donner le baptême dans sa paroisse ; tout autre prêtre doit obtenir de lui la permission pour administrer ce sacrement.

Mais, puisque j'ai parlé des ministres du baptême, je dois dire quelques mots des parrains , qui en sont les

(i) Quelques théologiens, d'une grande autorité , afdrment qae les parents pèchent mortellement , s'ils diffèrent le baptême de leurs enfauts au delà du huitième jour. Benoit XIV , par un édit de Tan 1732, veut qu'un enfant, à moins d'un moUf grave, aoit baptiié dans les trois premiers jours de sa naissance.

comministreSt s'il m'est permis de me servir de ce mol: le rite des parrains est très - ancien dans TÉglise , car il en est parlé par If s écrivains ecclésiastiques des premiers siècles (4). L'obligation des parrains c'est, au défaut des parents, d'instruire le baptisé des dogmes de la foi , des principes de la religion catholique et de tous les devoirs que la foi lui impose.

Il importe donc de choisir des parrains dignes de cette fonction sainte. Je veux terminer ce discours par les paroles que nous lisons daos une instruction de saint Charles Borromée, louchant le baptême : a 11 ne faut pas admettre pour parrains ceux qui n'ont pas une bonne réputation, comme les concubinaires, les usuriers , les ivrognes ; ceux qui nourrissent des haines , ceux qui ne reçoivent pas la sainte communion dans le temps pascal , ni ceux qui ignorent les principales prières de TÉglise^ etc. » «•

Puissent ces pieuses instructions de saint Charles Borromée être mises en pratique pour l'honneur et l'édification des enCants de l'Église.

11 me reste à vous parler, dans un second entretien, des cérémonies sacrées et solennelles du baptême et des effets de ce sacrement.

(1) Tert. Lib, de Bapt. , c. xin. Dionisius Areop. Lib, de Eccl. hierarch,, c. vu.

44 4 LB CATéCUISTE

9ar le ••erement de baptême.

(2e Sermon.)

Mes Fbârbs ,

Nous avons parlé, dans le discours précédent , delà matière , de la forme et du ministre da baptême. 11 me reste à vous entretenir des effets admirables de ce sacrement, qui nous fait membres du corps mystique de Jésus- Christ et enfants de TÉglise.

Le premier effet du baptême c*esl la rémission non-seulement du péché originel , mais encore de. tous les péchés qui ont été commis par l'adulte qui le reçoit dignement. C'est là un dogme de la foi , défini par les saints conciles , et particulièrement par le concile de Trente. Ce dogme est fondé sur les Écritures et sur le sentiment unanime des Pères. Cet effet du baptême a été annoncé par le prophète Ézéchiel , lorsqu'il dit : « Je répandrai sur vous de Teaa pure , et vous serez purifiés de toutes vos souillures , et je vous délivrerai de toutes vos idoles , et je vous donnerai un cœur nouveau , et je mettrai un esprit nouveau au milieu de vous. » Effundam super vos aquam mundam , et mundabimini ab omnibus inquinamentis vestris, et ab mvtrsis idolis vestris mundabo vos^ et dabo vobis cor novum , et spiritum novum ponam in medio veslri (^). Beaucoup d'autres passages de l'Ancien Testament confirment cette doctrine de l'Église; et les témoignages du Nouveau

(i) Euca. xxxn. S5.S6.

BN CHAIRE. 415

TestamoDt sont innombrables ; mais le plus célèbre est celui que nous lisons dans les Actes des apôtres. Pierre dit à ceux qui s'étaient convertis : « Que chacun de vous soil baptisé en rémission de ses péchés. » Baplizelur unusquisque vestrum in remissionem peccatorum (4 ) .

Saint Paul, en plusieurs passages de ses divines épUres, et tous les Pères après lui insistent sur cet effet admirable du sacrement de baptême. C'est pourquoi le concile cocuménique de Florence dit que les âmes des baptisés passent immédiatement de cette vie dans le ciel , si elles ne sont coupables d'aucun péché commis après le baptême; et c'est ce que confirme le concile de Trente, de la manière la plus explicite (2).

H est un autre effet qui se déduit de l'autorité du concile de Florence, lequel s'appuie sur la tradition; cet effet, c*est la rémission de toutes les peines dues à la jus* tice divine , et qui doivent être expiées dans cette vie ou dans le purgatoire par l'adulte baptisé , de sorte que s'il mourait sans avoir commis de péché après son baptême, il entrerait immédiatement dans la gloire de Dieu. Ainsi I enseigne l'Église d'accord avec tous les saints Pères. Hais, dira quelqu'un, lorsqu'il a plu à Dieu, par son infinie boDté, d'accorder de si grandes grâces à ceux qui reçoivent le baptême, pourquoi ne les a- 1 -il pas délivrés en même temps des mouvements de la concupiscence, des ^petits dépravés , des passions désordonnées et de tant d'autres misères qui nous affligent ici-bas ! Mes frères, ce qui paratt à quelques • uns une grande infortune n'est cependant qu'un effet de la miséricordieuse providence de

(1) Act. II. S8.

WSe«.V.

Dieu. C'est pourquoi saint Thomas, l'Ange de Técole, 8 appuyant sur Taulorilé unanime des Pères, répond que Dieu nous a laissé ces misères dans celle vie pour trois motifs. Le premier, c*esl que par le baplêmelTiomme est incorporé à Jésus-Christ et devient membre de son corps mystique ; il est donc convenable que ce qu'a éprouvé le chef, les membres l'éprouvent. Or, dès le premier moment de sa conception , le Christ fut plein de grâce et de vérité ; cependant son corps fut sujet à la souffrance , et il ne ressuscita à la vie et à la gloire que par la passion et la mort. D*où il suit que le chrétien aussi oblient dans le baptême la grâce dans son âme ; cependant il a un corps sujet à la douleur , dans lequel pouvant souffrir avec le Christ^ il ressuscitera enfin avec lui dans Timpassibilit^et dans la gloire. C'est ce qui fait dire à l'Apôtre : a Celuiqoî a ressuscité Jésus ^ Christ d'entre les morts vivifiera aussi vos corps mortels par son esprit qui habite en vous. » Qui suscitavit Jesum Chrislum a moriuis vivificabit el mortalia corpora veslra propter inhabitantem spiritum ejrts invobis {<). Et plus loin : « Héritiers de Dieu, cohéritiers de Jésus-Christ , si nous souffrons avec lui, pour être glorifiés avec lui. » Hœredes quidem Dei^ cohœredes autm Christi, sitamen compatimur^ ut et simul glorificemur.

Secondement , la souffrance du corps était convenable pour exercer notre âme, c'est-à-dire pour querhomme, ayant à combattre la concupiscence et les autres passions, reçût la couronne de la victoire.

Troisièmement , la souffrance du corps ne devait pas être détruite par le baptême, de peur que les hommes ne s'approchassent du baptême que pour se garantir des

(i) Rom, VIII.

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maux de la vie présenle ; c'est pour cela que TApôtre dit encore : « Si Tespérance que nous avons eu Jésus- Christ n*est que pour cette vie^ nous sommes les plus malheureux de tous les hommes. » Si in hac viia tantum sperantes sumus in Christo miserabiliores sumus omnibus hominibus {i].

Toutefois, faudrait- il craindre que dans cette vie chrétienne, dans laquelle nous entrons par le baptême^ nous ne soyons abandonnés par celui qui, dans sa bonté et sa miséricorde , nous a délivrés de la servitude du démon ? « Ne craignez point, entrez dans la voie avec une sainte confiance, » dit saint Augustin. iVoîi timere, aggredere in viamy prœsume securus (â). Ne craignons rien , mes frères bienaimés, car Dieu qui, par sa bonté, a voulu que nous fussions baptisés , ne nous laissera pas sans secours contre l'ennemi de nos âmes. Recourons à lui avec confiance, lui-même viendra à notre aide, a Parce que le Seigneur esta ma droite , disait David (3), je ne serai point ébranlé, et mon cœur s'est rempli de joie , mes lèvres ont chanté Bea louanges, et ma chair reposera dans l'espérance. »

Un autre effet principal du baptême c'est le caractère, dont nous avons parlé dans le discours précédent. Ce caractère baptismal constitue le baptisé membre de Jésus- Christ et de son Église , et héritier du ciel ; soit que le baptisé conserve en lui la grâce acquise dans ce sacrement , ou qu'il la recouvre par la pénitence, le baptême le rend capable de recevoir validement et licitement les autres sacrements ; il le constitue sujet de la sainte Église

(1) I. Cor. XV-

(2) AuG. Serm. CCLII.

(8) Psal. XV.

et le soumet aux préceptes du Décalogue et aux autres lois de rÉglise de Jésus-Christ. Ce sont là des vérités de la foi. Donc la grâce du baptême confère au chrétien le droit de recevoir les secours particuliers dont il a besoin pour conserver l'innocence , pour devenir conforme à Jésus- Christ qui est son chef, et pour exercer des actes de piété dignes d'un des membres de son corps mystique. Donc aussi le chrétien , d'après les promesses de son baptême et les obligations qu'il a contractées dans ce sacrement , est tenu de renoncer aux œuvres du démon, et de faire des œuvres qui le manifestent membre de Jésus -Christ. C'est ce qui nous est enseigné presque dans toutes les pages de rÉvangile ; car la foi sans les œuvres ne peut pas nous sauver. Soyez saints dans tout le cours de votre vie, comme celui qui vous a appelés est saint. Efforcez- vous de plus d'affermir votre vocation et votre élection par les bonnes œuvres : Quapropter^ fratreSy magis satagite^ ut per bona opéra certam vestram vocatiomm et electUmm /aciato(4).

Après cela, ne devons -nous pas éprouver une grande douleur, en voyant tapt de chrétiens vivre, non commodes membres de Jésus - Christ, mais comme des membres da démon? En effet, pourrait -on dire qu'ils ont reçu la grâce du saint baptême , qu'ils ont été lavés^t sanctifiés au nom de Notre - Seigneur, ceux qui blasphèment chaque jour son saint nom , ceux qui transgressent tous ses préceptes? Âht écoutez encore les paroles de l'apôlre saint Jacques : « Que vous servira , mes frères , d'avoir la foi si vous n'avez pas les œuvres ? » Quidproderit^ frcUres iwei, si fidem quis dicat se habere , opéra autem non Ao&eot.

M) !T. t>sTR. II.

EN CHAlBB.r 119

Vivez dope saintement ; dépouillez - vous de toute sorte de malice, de ruse et de médisance, et comme des enfants nouvellement nés, vous dirai -je avec TApôtre, désirez ardemment le lait spirituel , afin qu*il vous fasse croître pour le salut.

TRAIT HISTORIQUE

Saint Muritta, diacre de Téglise de Garthage et martyr, étani sur le point d*être livré à la torture , aperçut un certain Elpidiphore qu*it «▼ait autrefois tenu sur les fonts baptismaux , et qui par une exécrable apostasie était devenu le plus cruel persécuteur des chrétiens. Avant que les bourreaux le dépouillassent de ses vêtements , il tira de dessous sa robe la tunique blanche dont cet impie avait été revêtu au baptême , et Texposant à la vue de tout le monde : « Voilà , s*écria-t-il, voilà la tunique qui f accusera, ô méchant Elpidiphore, quand le souverain juge viendra dans sa majesté punir tes crimes!... UËglise f avait couvert de cette blanche tunique comme d^une robe d'innocence ; mais elle sera pour toi une robe dMgnominie qui te brillera dans Vcnfer. Que feras- tu, malheureux, quand les serviteurs du Père de femiUe, qui est Dieu même, introduisant les convives dans la salle de ^n royal banquet, tu seras dépouillé par ton apostasie de la robe nuptiale? Gommenfoses-tu paraître devant moi , te dira le souverain maître? Je ne vois plus en toi le don précieux de la grâce que je Ta vais conféré. Qu^on lui lie les pieds et les mains, et qu'on le jette liors d'ici, au sein des ténèbres extérieures. »

0ar le saeremeiit de la eonfirmatloii.

EXPOSÉ SOMMAIRE

La confirmation est un vrai sacrement ; il fut institué dans la. dernière cène; Thuile elle baume, matière éloi* guée de ce sacrement ; l'imposition de la main de Tévèque «

matière prochaine ; de la forme et du sujet de ce sacrement ; la grâce qu'il confère.

TEXTES TIRÉS DE L'ÉCaiTURB SAINTE.

Faciesque unctionis oleum sanclum, ungaenlum composilum opère unguentarii. [Exod. xnxv. 25.) — a Et tu feras une huile pour servir aux onctions saintes , un parfum composé par Tartdu parfumeur. »

Nos autem genus electum , regale sacerdolium, gens sancta. (I. Petr. u.) — « Maislvous, vous êtes la race choisie, le sacerdoce royal, la nation sainte. »

textes tirés des pères.

In baptismate spiritusdatur ad veniam, hic ad pugnam; ibi mundamur ab Iniquitatibus, hic virtulibus prsemunîmur. (Petr. Damun. Serm. i de Dedicat. eccL) — « Dans le baptême , Tesprit est donné pour le pardon, ici pourie combat ; là nous sommes purifiés de nos iniquités^ ici doo3 sommes fortifiés par les vertus. »

Ungi quoqife necesse est eum qui baptizatus sit, at accepte chrismate, id est, unclione esse unctus Dei, et habere in se gratiam Ghristi possit. (S. Cypr. Epist. ixt ad Jan.) — « Il est nécessaire aussi que celui qui a été baptisé soit oint, afin qu'ayant reçu le chrême, c'est-à-dire qu'ayant été oint de l'onction de Dieu, il puisse avoir en loi la grâce. »

EXO^E.

Mes Frères^

En nous délivrant , par le sacrement du baptême , de tous les péchés que nous avons commis avant le bain de

la régénération et en même temps des peines temporelles dues par nous, à cause de ces péchés, et devant être souffertes soit dans cette vie, soit dans le purgatoire après notre mort , le Christ n'a pas voulu , comme nous Tavons dit, nous délivrer en même temps des effets laissés en COQS par le péché originel, c'est-à-dire des souffrances corporelles, de la révolte des sens et des mouvements de la concupiscence; et cela, afin qu'aidés par lui, nous fissions tous nos efforts pour triompher de nos maux et de nos passions ^ et mériter ainsi la couronne éternelle de gloire.

Toutefois, dans la nécessité de ce combat, il ne nous a pas laissés sans aide et sans secours ; car, outre les grâces actuelles auxiliatrices qu'il nous confère, il a institué le sacrement de confirmation , dont l'effet propre est de confirmer et fortifier le chrétien , pour qu'il combatte courageusement et énergiquement contre les ennemis de son salut et pour la défense de la loi chrétienne , loi que dans son baptême il a promis d'observer fidèlement.

Laissant de côté les discussions théologiques touchant le ministre extraordinaire de ce sacrement , nous expliquerons seulement ce que les fidèles doivent connaître.

La confirmation est un vrai sacrement, comme l'a défini le concile de Trente ; et il est fondé sur l'Écriture sainte et sur la tradition. Nous avons sur ce point un fait célèbre dans les Actes des apôtres , où nous lisons (4] que les apôtres ayant appris qae plusieurs habitants de Samarie, à la prédication du diacre Philippe, la valent reçu la parole de l)i6U, envoyèrent vers eux Pierre et Jean, afin qu'ils confirmassent ceux qui s'étaient convertis et avaient reçu le baptême au nom du Seigneur Jésus. Nous voyons en même

(l)Jc/. vui.

482 LE GATÉGHISTB

temps par ce fait que le miDîslére de la coofirmatiou n'appartenait qu'aux apôtres qui^ seuls en ce temps-là, étaient évèques dans TÉglise.

La confirmation est donc un véritable sacrement qui fut institué dans la dernière Cène par Notre- Seigneur Jésus- Christ , lorsqu'il promit aux apôtres de leur envoyer le Saint-Esprit, après qu'il serait pionté au ciel , et il leur enseigna la manière de l'administrer; mais il ne le leur administra pas , il le leur promit seulement , selon ces paroles de saint Jean. (4): « Le consolateur, l'Esprit -Saint que mon Père enverra en mon nom , vous enseignera toutes choses et vous rappellera tout ce que je vous ai dit. » Dans ce sacrement est donnée la plénitude de l'Esprit- Saint, laquelle ne devait pas être donnée avant la résurrection et l'ascension de Nofre-Seigneur, selon ces autres paroles de saint Jean {%) : Nondum erat SpirittiS dcUus, quia Jésus nondum fuerat glorificatus: « Le Saint-Esprit n'était pas encore donné, parce que Jésus n'était pas encore glorifié. »

L'huile mêlée au baume , dont on fait le chrême , est la matière éloignée de ce sacrement ; partant l'imposition de la main de Tévêque, c'est-à-dire l'onction faite par la main de l'évêque est la matière prochaine de la confirmation. Hais pour que le chrême soit la matière propre de ce sacrement^ il faut qu'il soit béni et consacré par l'évêque. C'est pourquoi saint Basile le Grand , évêque de Césarée, dit: « Nous consacrons l'huile de l'onction. » Consecramus oleumunctionis (3). Ainsi parlent tous les autres Pères, et

(l) JoAllIf. XIV.

(î) Ibid, VII.

^\ Lib, de Spir. Sanct,^ c. xxyu.

Elf CHAIRE. 123

particulièrement saint Augustin, lorsqu'il dit : « Si le signe de la croix n*est pas fait avec le saint chrême, le sacrement n*a pas lieu. » Quod sancium signum{crucis) nisi adhibeatur oleo, quo chrismate unguntur... nihil omnino rite perficitur (4). C'est pourquoi c'est une ancienne coutume de l'Église de consacrer solennellement le chrême le jeudi saint.

Les paroles que prononce l'évêque, tandis qu'il oint en forme de croix le front de ceux qu'il confirme , sont la. forme de ce sacrement. Ces paroles ont été différentes selon les temps et les lieux , comme il conste d'après le sacramentaire de saint Grégoire, du Rituel romain et des Eucologes grecs. Cela vient de ce qae les paroles n'ont pas été déterminées par Notre -Seigneur Jésus.- Christ , mais qu'elles furent laissées à la volonté de l'Église , pourvu toutefois qu'elles exprimassent l'effet du sacrement. Le pape Eugène IV, par un décret célèbre, les a ainsi déterminées : Signo te signo cruçis , et confirmo te chrismate salutis in nomine Patris, et Pilii.'^etSpiritus Sancti : « Je te marque du signe de la croix, et te confirme par le chrême du salut , au nom du Père , et du Fils , et du Saint- Esprit. »

Ce sacrement doit être reçu par tous ceux qui ont été baptisés , comme l'affirment tous les saints Pères. Saint Thomas (2) dit : « Il serait très-dangereux de mourir sans la «confirmation, it Omnino periculosum esset, si ab hac vita sine confirmationemigraret. Bien que la nécessité de recevoir la confirmation ne soit pas absolue, cependant les parents doivent avoir soin que leurs enfants soient

(1) Tract, cxviii in Joann, p n.p. q. 7Î. art S.

Aii LB GATéCHtiTB

confirmés ; c'est pour eux une obligation grave, et une négligeuce ootable à cet égard les coDSlilue en état de pécbé mortel. Telle est la doctrine des docteurs et des théologiens les plus éminents, et autrefois une pénitence sévère était imposée dans rÉglise aux parents qui négligeaieai œ devoir.

La première disposition d esprit pour recevoir dignement ce sacrement , o*esi Tétat de grâce : c'est pourquoi ladulte coupable de péché mortel, avant de s'approcher de ce sacrement, doit, s'il le peut, purifier sa conscience par la confession sacramentelle; sinon, faire un acte de parfaite contrition ; et en outre il doit connaître la* valeur et les effets de ce sacrement (4).

Les effets de ce sacrement sont premièrement la grâce habituelle , c'est-à-dire l'augmentation de cette grâce ; car ce sacrement , comme il a été dit, demande que celui qui le reçoit soit en état de grâce ; or, cette grâce qu'il confère donne au chrétien le droit d'obtenir de Dieu les secours dont il a besoin pour confesser courageusement la foi chrétienne.

Le second effet, c'est le caractère indélébile qu'il imprime dans l'âme ; d'où il suit que ce sacrement, comme celui ds baptême et de l'ordre , ne peut être reçu une seconde fois.

Le but de ce sacrement, avons- nous dit, est de confirmer, de fortifier le chrétien, de le rendre intrépide dans la profession de la foi , contre toutes les persécutions, contre la souffrance et la mort elle-même. Hais parce que^ grâce à 1 infinie bonté de Dieu , nous ne vivons pas dans

(1) Qaant aux dispositions du corps, le Pontifical romain conseille, mais ne prescrit pas, que celui qui confirme et celui qui est confinné soient à jeun.

le temps des persécutions sanglantes, ne croyez pas que le cbrétien manque d^occsfsions pour exercer la grâce que lui confère le sacrement de confirmation , et la force qui lut est donnée par le caractère imprimé dans son âme I De nos jours TÉglise a d'autres combats à soutenir, plus dangereux peut-être.

L'Église, il est vrai, n'a plus à souffrir de ses anciens persécuteurs, des Néron, des Domitien, des Dioclélien; mais elle a à souffrir de ses propres enfants, qui ne le sont que de nom, car par leurs actions ils se oiontrent les ennemis les plus acharnés de leur mère. Oui , voilà les combats de l'Église ,' plus dangereux pour elle que les combats qu'elle avait à soutenir au temps des empereurs romains ; parce que, si les persécutions d'autrefois faisaient coulera flots le sang des martyrs, ce sang, comme le dit éloquem*ment Tertullien^ était la semence féconde de nouveaux chrétiens. Sanguis martyrum fuit semen christianorum. Mais les combats que lui livrent ses propres enfants causent à rÉglise les pertes les plus grandes. Ces fils impies, par leurs sophismes et par leurs mauvais exemples, corrompent les esprits et les cœurs des fidèles, et les détournent des devoirs de la religion ; par leurs railleries, ils exposent la faiblesse des autres à se détourner des voies de la piété chrétienne , et les portent à vivre^ comme ils vivent euxmêmes, dans Toubli des sacrements, dans l'oubli de tous les commandements de Dieu et dePÉglise, enfin dans le désordre le plus grand. Ce sont là des persécutions qui ne sont pas moins cruelles^ puisque ces persécuteurs dont je parle ravissent ses fils bien-aimés à leur mère la sainte Église, en les poussant à la révolte contre Dieu. Donc, mes frères, ceux qui veulent vivre avec piété en Notre- Seigneur Jésus- Christ, ont toujours besoin de courage et de force, puisqu'ils

oDt toujours à souffrir la perséculioo, comme dit saiot Paul : Omnes qui pie vivere volunt in Christo Jesu, persecutionem pattenfur (4).

Courage donc , mes frères ; rappelons-nous que nous avons reçu le caractère de soldats de Jésus -Christ par le signe de la croix que Tévèque a imprimé sur nos fronts dans le sacrement de confirmation. Méprisons donc tous les efforts des impies, des méchants, leurs insultes, leurs railleries. «Notre front est armé du signe de la croix, que craignons-nous ? B Prontuosus esto, quid times fronti ttuB quam signo cruels Christi armasli? dit saint Augustin. « Ne rougissez pas de votre foi , car si vous rougissez , ajoute le saint docteur, vous êtes perdu. » Sierubtieris, mortuuses. Et saint Cyprien dit encore : c Comment peut-il être avec Jésus-Christ; celui qui rougit de Jésus-Christ? » Quomodo potest esse cum Christo qui ad Chrisium pertinere aut erur bescit, autmeiuit? Combattons vaillamment et constamment, et nous mériterons la couronne de gloire que Dieu promet au vainqueur.

TRAIT HISTORIQUE

Un roi de Perse pressait le saint diacre Benjamin de renoncer à Jésus-Christ. Veuillez me dire , prince , répondit le généreux confesseur, quel châtiment mériterait celui des sujets de votre majesté qui quitterait votre service pour passer dans le camp de vos ennemis? ^ Il serait digne de mort ! reprit le roi. — Eh bien ! poursuivit le saint diacre , quel supplice ne mériterait pas l'homme qui, pour complaire à une vile créature , renoncerait à son Dieu, à son Créateur, au maître et Seigneur de Tunivers.

(1) U. Tim, III.

BIf CHAIRE. 427

Sur le très-angasie «aeremeiit de rEueharlstle et «or ramour que IVotre- Seigneur «Ié«ii«- Christ manifeste dans ee «aerement.

EXPOSÉ SOMMAIRE

Des divers noms de cet auguste sacrement ; figures de ce sacrement dans rancienne loi; son institution; la matière et la forme.

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