TEXTES TIRÉS DE L^ÉCRITURE SAINTE
Omnis homo, qui accesserit de stirpe vestra ad ea quœ coQsecrata sunt, et quse oblulerunt filii Israël Domino , in quo est imnnunditia, peribil coram Domino. ( Lev. xxii.) — « Tout homme de votre race qui est souillé et s'approchera des choses consacrées et que les enfants d'Israël ont offertes au Seigneur, sera exterminé en la présence du Seigneur. »
Quicumque manducaverit panem hune, vel biberit calicemDomini indigne, reus erit corporis et sanguinis Domioi. [I. Cor. II. ] — <K Quiconque mangera ce pain , ou boira la coupe du Seigneur indignement , sera coupable du crime contre le corps et le sang de Noire-Seigneur. »
TEXTES TIRÉS DBS PÈRES
Indigne manducal etbibit, qui vel aliquod grave peccatum , vel multa levia commisit, et non confitetur ea priusquam ad commuûionem accédât (S. Ans. in c, uad Cor.) ""^ tt II mange et boit indignement, celui qui, ayant commis
UD péché grave , ou uq grand nombre de ces fautes légères qui disposent au péché mortel, ne s'est pas confessé avant de s*approcher de la sainte communion (4). »
Quanto cum timoré , qualive cum animi persuasione, affectioneve corpus et sanguinem Christî communicemus? (S. Basil. Magn. q. 472. ) — « Avec quelle crainte, avec quelle foi, avec quel amour, recevons-nous le corps et le sang de Jésus-Christ ?
BXORDB.
Mes Frârbs,
Après vous avoir parlé, selon la faiblesse de mes moyens, de la grandeur du mystère de l'eucharistie , je dois voas faire connatlre les dispositions avec lesquelles nous devons recevoir cet auguste sacrement. De ces dispositions les unes sont absolument nécessaires au fidèle pour qu'il ne pèche pas dans la réception de la communion , les autres pour qu'il recueille et goûte tous les fruits salutaires de ce sublime sacrement. De ces deux sortes de dispositions, les unes regardent l'âme et les autres le corps.
DIVISION. ^ '
Nous parlerons 4<> des dispositions absolument, nécessairement requises, en commençant par celles qui regardent ' le corps ; S"" des dispositions convenables , qui , sans être
(i) Saint Anselme veut dire ici quUl y aurait témérité , après de nombreuses fautes yénieUes qui pourraient nous disposer au pédié mortel , à communier, sans avoir recours à la confession. En soi, les x fautes vénielles toutes seules ne rendent pas la communion indigne et sacrilégie»
^BN CHAIRE. 447
absolument nécessaires ^ ne doivent pas être négligées , si nous voulons recueillir et goûter les fruits salutaires de la communion.
4* La première disposition du corps nécessaire, généralement parlant, pour cpmmunier licitement , c*est d*ètre à jeun ; c'est-à-dire que le fidèle qui doit s'approcher de la sainte table ne doit 9 voir pris ni nourriture ni boisson aucune, depuis Theure de minuit. Cette condition, qui est d'institution ecclésiastique, est de la plus haute antiquité dans l'Église, comme on peut le voir dans les Pères des premiers siècles, tels que Tertullién, saint Cyprien et autres (4). Saint Augustin l'appelle une coutume constante de TÉglise catholique : Est universœ Ecclesiœ , quod ajejunio semper accipitur (2). Donc, celui qui viole ce précepte commet un péché mortel.
J'ai dit généralement parlant , parce qu'il y a quelques cas où le fidèle qui n'est pas à jeun peut licitement recevoir la communion ; ainsi celui qui est en danger de mort prochaine^ reçoit licitement la communion comme viatique s'il ne peut observer sans quelque danger le jeftne prescrit par l'Église.
(1) Saint Thomas (quœst. 80. a. 8.) donne trois raisons de ce pré* cepte de TÉglise : « !<> Le^dèle doit communier à jeun pour honorer ce sacrement; 2» pour quUl lui soit donné de comprendre que le Christ et sa charité doivent être fondés dans nos cœurs , selon ces paroles de saint Matthieu : Cherchez d'abord le royaume des deux; 8« par craintCrdu vomissement ou de l'ivresse. » Primo quidem in hono' rem hujus sacramenti, ut scilicet intret nondum aliquo cibo vel potu in fectum. Secundo propter sanctificationem, ut scilicet detur intelligi^ quod Christusj qui est res hujus sacramenti et caritas ejus débet prius fUndariin ordibus nostris,secundum illud ifa^M. : Quœrite, etc. Ter^ tio propCer periculum vomitus et cbrietatis,
(2) Epist, Liv»
, . , . DigitizafJby VjQOQIC , -
Il iù)por(e d'avertir qu'il faut eDleddre sons le nom de nourriture et de boissoD par lesquelles est rompu le jeûne requis pour la réceptioû dereucharistie, Don-seulemeut ce qui est pris comme alimeot, mais eucore tout médicameot, toutes les fois que le médicament est pris à la manière de la nourriture ou de la boisson.
Uoe autre disposition , qui regarde les femmes, c'est qu'elles doivent s'approcher de la table sainte aveô une mise simple et modeste. En effet , quoi de plus indécent qu'uoe femme qui viendrait à la table sainte en toilette de bal , le seio et les bras nus ? C'est pourquoi le pape Innocent XI défendit, sous les peines les plus sévères, de donner là communion à ces femmes. Eh I certes , si saint Paul a jugé inconvenant que les femmes osent venir à l'Église sans être voilées^ qu'aurait dit le saint apôtre, s'il les voyait venir indécemment velues, non - seulement dans l'Église, mais jusqu'à la table eucharistique, pour recevoir le Fils immaculé de la plus pure des vierges ! Écoutez saint Charles Borromée , cette grande lumière de la discipline ecclésiastique ; dans ses instructions, il défend aux femmes de porter des robes somptueuses et traînantes, d'avoir les cheveux tressés et la poitrine nue, ou voilée d'une gaze légère , de mettre du fard sur leurs joues , et veut qu'elles portent un voîle épais bien abaissé sur leur visage : Mulieres non sumpluosis, non caudatis vestibus, non crinxbus thaniter inlortis, non fuco aut pigmentis vultu t7Zt(o, non pectore nudo , aut tenui veh obtecto; sed ita vestitœ, lU ne, prœter faciem quidpiom mulian cematur , vélo démo bem supra faciem demisso.
, Parlons à présent des dispositions de l'âme qui sont nécessaires pour la réception de l'eucharistie.
La première disposition absolument nécessaire, c'est que
rame doit être purifiée de tout péché mortel par la confes* sioD sacramenlelle. Cette disposiliou est expressément ordoDuée par TÉglise, et les écrivains les plus graves.peo* sent que le précepte de cette disposition est contenu dans la première épltre de saint Paul aux Corinthiens , où il est dit : « Que l'homme s'éprouve lui même , et qu'après cela il mange de ce pain, et boive de cette coupe. » Probet autem se ipsum homo et sic de pane illa edat , et de calice bibat (4]« Et il ajoute : a Car celui qui en mange et en boit indignement t mange et boit sa propre condamnation. » Puisque celui qui doit recevoir Teucharlstie est tenu d'em^ ployer tous ses soins pour communier en état de grâce , il suit qu*il est tenu de se confesser, s*il se reconnaît coupable de péché mortel.
Hais, me demandera-t-on peut-être, si le pénitent, après s*étre coDfessé et avoir reçu labsolution , se souvient d'un péché mortel qu'il a oublié de confesser, doit- il s'abstenir de la communion et s'approcher de nouveau du tribunal de la pénitence, pour confesser ce péché ? Presque tous les théologiens le décident ainsi : non que celui-là ne soit, pas en état de grâce, mais parce qu'il est tenu d'accomplir la loi du concile de Trente ; or , le concile de Trente ne veut pas que celui qui a conscience d'un péché mortel , dont il ne s'est pas confessé, s'approche du sacrement de Teucharislie : Quos conscientia peceatimortalis gravât (î).
D'après cela, comprenez, mes frères, quel horriblç sacrilège commettrait celui qui oserait s'approcher de l'eucharistie, sachant qu'il n'est pas en état de grâce! Les saints Pères s'élèvent unanimement contre cet excès de malice et
(1) I. Cor, III.
P) Sess. XIII.
de perversité, et chacun d'eux s'efforce d'expliquer Ténormité de ce crime, et la gravité de cette injure faite à Noire- Seigneur Jésus-Christ ; les uns se servent de passages nombreux tirés de TÉcriture sainte, d'autres emploient des oomparaisons, d'autres des raisonnements pour épouvanter ceux qui osent se rendre coupables d'une si grande im* piété.
Et moi je vous dis après eux : Si Dieu voulait que l'on exterminât du milieu de son peuple l'homme souillé qui oserait manger de la chair des victimes offertes au Seigneur (4), quelle ne doit pas être la crainte de ceux qui, se reconnaissant coupables de péché mortel , osent cependant manger la chair du Fils unique de Dieu ? Comment celui qui a la foi peut-il commettre un tel sacrilège? o Lorsque tu lis la trahison de Judas, tu t'indignes, s*écrie saint Jean Chrysostome ; prends garde que tu ne sois coupable toi-même du corps et du sang de Jésus-Christ, b Cave ergo ne tu ipse reus sis corporis et sanguinis DomirU. Comme Judas, ne trahit-il pas son divin Matire par le signe le plus ardent de l'amour, celui qui le reçoit indignement?
Après les dispositions nécessairement requises pour recevoir licitement la sainte communion , passons aux dispositions convenables qu'il ne faut pas négliger, si l'on veut retirer le^plus grand fruit possible de la communion.
La première de ces dispositions, c'est de nous purifier, autant que nous le pouvons, des péchés véniels dont l'humaine fragilité ne cesse de souiller notre âme ; car le péché véniel refroidit peu à peu en nous l'amour divin; or, l'amour divin est la disposition par laquelle nous reliroDs de l'eucharistie les fruits de grâce les plus abondants ;
(1) LevU, vir.
EN CHAIBE. 451
d'où 1*0D voit combien il importe de s'abstenir des péchés véniels.
2» II faut vous expliquer à présent les dispositions positives, c'est-à-dire celles qui disposent positivement l'âme à ce sacrement, et la rendent plus capable d'en goûter les fruits les plus doux ; de sbrte que, selon le degré plus ou moins grand de ces dispositions, le sacrement produit dans rame un effet plus ou moins grand.
De ces dispositions , la première est une foi vive en cet auguste mystère ; il faut donc l'exciter en nous par des actes de foi fréquents, et dire mentalement ou verbalement : «c Mon doux Jésus^ je crois que vous êtes réellement dans ce sacrement ; je le crois fermement, parce que vous lavez dit et que TÉglise me l'enseigne, tt Cet acte de foi était requis aux premiers siècles de TÉglise , par les ministres sacrés^ lorsqu'ils présentaient la sainte hostie aux communiants.
Une autre disposition, c'est la ferme espérance d'obtenir toutes les grâces dont notre âme a besoin. Cette espérance, qui est une vertu théologale^ doit être fondée sur la puissance et la miséricorde infinies de Dieu que nous allons recevoir. Cette espérance doit être excitée en nous par cette considération que nous suggère saint Jean Chrysostome : « Celui , dit-il , qui n*a pas refusé de répandre son sang pour nous tous , et qui nous a communiqué et sa chair et son sang, peut-il nous refuser quelque chose de ce qui est nécessaire à notre salut? » Qui enim sanguinem suum pro nobis omnibus efjundere non recusavit , et camem iuam, et rursum ipsum sanguinem nobis communicavit quid pro salute nostra facere recusabit (<)? C'est comme s'il
(i) Hom» n ad Pop,
46S LB CJLTiCHISTB
disait : a Celui qui s est donné tout entier à moi^ sans que je Fen aie prié , me refusera-t-il son amour, la victoire dans mes tentations, Tacquisition des vertus dont j*ai besoin , si je lui adresse de ferventes prières pour obtenir ces grâces? » Donc, mes frères bien -aimés, excitons en nous cette espérance en sa divine miséricorde , lorsque nous nous approcherons de la sainte table.
La troisième disposition ppsltive, et la principale, c*est Tardente charité , ou famour envers Dieu lui-même caché sous les espèces eucharistiques. Or, pour exciter en nous celamour^ il nous faut d'abord prier Dieu de nous raccorder > puisque cet amour est un don de Dieu. Ensuite nous devons considérer les signes suprêmes de Tamour que Dieu nous manifeste dans ce sacrement qui , comme nous Ta vous dit, est justement appelé le sacrement de l'amour.
Car de même que la considération de l'amour d'un de nos frères envers nous, nous excite à l'aimer, la considération du très-ardent amour que Dieu montre pour nous en venant dans ce sacrement, nous excitera sans doute à produire des actes d'amour envers lui. N'est-il pas vrai que Jésus-Christ manifesta un grand amour envers la très- .sainte vierge Marie par cela qu'il la choisit pour qu'il habi* tât neuf mois dans ses chastes entrailles? Or, le même Jésus-Christ , Dieu et homme , qui habita dans le sein de Marie^ ne vient-il pas habiter en nous? Si Marie eut le suprême honneur et la prérogative de former de son sang très- pur le corps divin de Notre - Seigneur, cependant il est très-vrai que nous portons comme elle dans notre seio le même Jésus - Christ qu'elle porta neuf mois dans son sein virginal. De là vient que tous les théologiens , après saint Thomas, appellent la communion : a Comme une
BM CHAIBE. 153
exlension de VlncBmaiion. m Extensio quœdamIncamatiO' nis. De quel amour ne doit pas dous enflammer cet amour de Notre-Seigneur envers nous ? Aussi saint Jean Chrysostome nous exborte-t-il , par des expressions dignes de son zèle^ à nous approcher de Teucharislie avec ferveur et une charité ardente : Accedamus igitur cum fervore ad itlum, et cum ardenti caritate.
A cette charité, à cet amour ardent il faut joindre une quatrième disposition , qui consiste à reconnaître et confesser que nous sommes indignes , à cause de nos démérites, de recevoir en nous Noire-Seigneur Jésus -Christ, et que nous ne saurions par aucune œuvre préparatoire nous rendre parfaitement dignes d'un si grand sacrement. Quel sentiment d'humilité ne devrait -il donc pas concevoir celui qui ne s*est pas préparé autant qu'il lui était possible de le faire ?
Enfin il y a une dernière disposition , qui consiste a offrir à Jésus -Christ toutes les dispositions dont la trèssainte Vierge était animée pendant les vingt ans qu*elle vécut sur la terre après Tascension de son divin Fils. Sans doute cette offrande agréable à Dieu suppléera à la faiblesse de nos préparations ; prions donc, avant de communier, prions de tout notre cœur cette tendre mère de permettre que nous nous servions de ses propres dispositions ; bien plus, prions la de les offrir elle-même pour nous à son Fils bien-aimé^ et qu'elle vienne ainsi au secours de notrç faiblesse et de notre misère , et supplions humblement Jésus de ne voir que ces dispositions de sa divine mére^ et non pas notre indignité, et de nous accorder les grâces qu'il confère aux âmes bien disposées.
TRAITS HISTORIQUES
Sainte Catherine de Gènes communiait tous les jours ; et s^il loi arrivait un jour ou Tautre de ne pouvoir communier, elle passait ces jours-là dans de cruelles angoisses. Toutefois, si son père spirituel oa son médecin lui disait : a Je ne veux ' pas que tous commoniies demain , » elle obéissait sans plainte ni murmure.
Un jour sainte Gertrude s'était préparée à la communion avec un soin particulier; sa supérieure lui dit de s'en abstenir; elle obéit, et Notre-Seigneur lui dit alors : « Pa;>ce que tu as quitté Jésus pour Jésus , Jésus te prendra et te portera dans son cœur. »
Il est bon de s^abstenir par obéissance, mais il ne Test pas de se tenir éloigné par crainte ou par une trop grande appréhension de son indignité. Aussi saint Bonaventure raconte qu'ayant passé plusieurs jours sans s'approcher de Tautel, repoussé par un sentiment de respect et d*humilité, il sentit une fois, au moment où le prêtre rompait la sainte hostie , une parcelle de Teucharistie venir se reposer sur ses lèvres. Il rendit à Notre-Seigneur de vives actions de grâces, et comprit qu'il était mieux de s^approcher de la communion par amour que de s'en abstenir par crainte. Mais que les pécheurs s'éloignent de la table sainte , ou plutôt qu'ils ne communient qu'après avoir confessé leurs péchés avec un vrai repentir, et en avoir reçu l'absolution!
Saint Grégoire de Tours raconte qu'un jeune homme qui avait ca* ché son péché en confession , et qui néanmoins osait se présenter à la table sainte, se trouva, au moment où il voulut consommer son sacrilège , dans l'impossibilité d'ouvrir la bouche et de desserrer les dents. Plus il faisait d'efforts , plus il éprouvait de difficulté et de douleur. A la fin , vaincu par la grâce , il alla confesser son crime et se trouva guéri.
til«r ce qu'il ffant faire après avoir reçu la sainte encha» rlaCle, et de la piété requise de eeax qui cominiiiileiit cliaque Jeiir en plusieurs fols par semaine.
EXPOSÉ SOMMAIRE
Du recueillement et de I action de grâces après la communion ; des considéra lions que l'on doit faire et des résolutions que Ton doit prendre; de la fréquente communion ; des dispositions qu'elle exige.
TEXTES TIRÉS DE l'ÉGRITURE SAINTE.
An nescilis quoniam membra vestra , templum sunt Spirîtus Sancti , qui in vobis est, quem habetis a Deo , et non eslis vestri? (l. Cor, vi. ) — « Ne savez -vous pas que votre corps est le temple du Saint-Esprit, qui réside en vous, et que vous avez reçu de Dieu, et qu'ainsi vous n'êtes plus à vous-mêmes? »
Et calix meus inebriansquam praeclarusesti (P^a/. xxii.)
— a Âhl que mon calice enivrant est exquis! »
TEXTES TIRÉS DES PÈRES
Dum in hac vila aumus, ut terra nobis cœlum sil, facil hoc myslerium. (S. Chrysost. Bom, xxiv m 1 ad Cor, )
— « Tandis que nous sommes dans celte vie , ce sacrement fait que la terre est pour nous comme le ciel.
Tu pane vitse accepte, facis rem mortis, et nod exborre- 5i:is? (S. Chrysost. Hom. xxvu in 1 ad Cor.) — « Après
avoir reçu le paio de vie , vous faites des œuvres de mort» et vous ne tremblez pas? »
EXORDE
Mes Feâres ^
Avant de vous parler des admirables effets que Jésus- Christ , reçu par nous dans ce sacrement , produit dans nos âmes , il m*a paru bon de vous parler 4*" de ce que chaque fidèle doit faire ^ après avoir reçu la sainte communion ; 2<» du plan de vie que doivent suivre €eux qui ont coutume de communier tous les jours ou plusieurs fois par semaine.
4<> De ce que chaque fidèle doit faire, après avoir reçu la communion. Immédiatement après avoir reçu la sainte eucharistie , le fidèle doit se recueillir dans cette considération qu'il vient de recevoir et qu'il porte dans son sein Jésus-Christ , et qu*en présence de son infinie majesté , il s*excite à croire et confesse qu'il a réellement le bonheur ineffable de posséder dans son sein son Dieu et son Rédempteur. Ensuite, du fond du cœur, avec le plus grand sentiment d'humilité et de respect, il doit ladorer et le confesser par des actes fréquents d'un sincère amour; lui dire : « Mon Dieu , je vous aime de tout mon cœur, de toute mon âme, de toutes mes forces^ à cause de l'infinie bonté que vous me manifestez dans cet auguste sacrement. » Qu'il ne craigne pas de lappelér des noms les plus doux et les plus tendres ; qu'il emprunte les mystérieuses paroles de rÉpoux des Cantiques : « Mon bien - aimé est pour moi comme un bouquet de myrrhe, il dormira sur mon cœur ; » ou les ardentes paroles des saints : ce Vous êtes donc ma victime, ô mon Sauveur! je vous reçois eo union
avec votre sacrifice ; par conséquent avec voire amour. Je jouis de vous tout entier ; vous veuez vous-même me mettre ce feu dans l6s entrailles, afin que je vous aime d'un amour semblable au vôtre. i>
Il doit, d'un cœur contrit et humilié, demander pardon à Dieu de ses fautes passées, se proposant de tout souf» frir plutôt que de Toffenser encore. Reconnaissant le souverain domaine de Dieu sur lui , qu'il dise : « Mon Dieu , vous êtes mon Créateur, mon Seigneur et mon Maître. Faites que désormais je n'aie plus d'autre volonté que la vôtre. » Ensuite qu'il se répande en actions de grâces pour la faveur ineffable qu'il vient de recevoir ; empruntant les paroles de Judith , qu'il dise : « Mon âme sera joyeuse, car elle est glorifiée aujourd'hui plus qu'en tous les jours de ma vie. » Hilarior fiam, quia magnificata est hodk anima mea prœ omnibus diebus vitœ meœ (4). Qu'il s'excite enfin è celte douce espérance que ses prières seront exaucées toutes les fois qu'il ne demandera rien qui puisse nuire au salut de son âme. II doit donc demander premièrement l'accroissement en lui et l'exercice des vertus théologales, de la foi, de l'espérance et de la charité, la force de résister aux tentations, en ui\ mot, le secours divin et dans ses besoins spirituels et dans ses besoins temporels, ll'doit exposer en général et en détail toutes ses peines à Dieu , non que Dieu les ignore , mais parce que nous eoofessons ainsi notre propre faiblesse et notre confifmce en la puissance et en la bonté divines.
Le fidèle, après la communion , doit, comme il l'a fait auparavant, avoir recours à la très^sainte Vierge; se mettre sous sa protection maternelle.
(i) iUDITH. XII.