‹ Le catéchiste en chaire, plans de sermons, conférences et instructions familières sur les principaux points de la doctrine chrétienneChapitre 34 sur 55 · II. 20 r · texte numérisé non relu

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Mais oomme la meilleure préparation est, le joor qui précède la commanion , de oous abstenir du jeu , des amu*aements frivoles , des assemblées mondaîoes, par respect pour Jésus - Christ que nous allons reoevoir, de même h meilleure action de grâces , après la communion, c'est de nous priver de ces mêmes plaisirs , de passer le jour dans la prière et le recueillement, pour montrer que nous gar* dons un reconnaissant souvenir de la faveur înefTable qw nous avons reçue.

Si nous faisons ainsi, mes frères, nous serons plos aptes et mieux disposés à recevoir les secours dont nous aurons besoin pour exécuter nos bonnes rélsoiutions. Écoutex^ssr ce point saint Jean Chrysostome : c Après avoir reçu le pain de vie, dit-il, vous faites des œuvres de mort, et voos ne tremblez pasi Ne savez • vous pas combien les plaisirs du monde enfantent de maux? Ris intempestifs, paroles oiseuses ou inconvenantes, plaisanteries indécentes, voilà vos œuvres, après avoir été reçus à la table de Jésus- Christ ; le jour même où votre langue a touché sa chair divine... Donc, qui que vous soyez, gardez pures votre langue et vos lèvres qu*a touchées Jésus Christ..., et pour cela veillez et priez (4). », Voilà, mes frères, la meilleure action de grâces.

2<* 11 faut vous parler à présent de la conduite que doivent tenir ceux qui ont coutume de communier fréquemment. D'abord je vous dirai que la communion fréquente est louée et recommandée en général par les Pères de FÉglise. Saint Cyprien (dans son livre de YOraison Dominicale), saint Basile (2), saint Jean

(1) Homil, XXVII in lad Cor, (2} Epist. ccLXxxix.

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Cbrysostome (I), sainl Ambroise (2), saint Augustin (3), el beaucoup d'autres, exhortent les fidèles à communia fréquemment et même tous les jours. C'est aussi le sentiment de saint Thomas, qui résume dans ses œuvres les €Buvres des saints Pèrea, Il considère les causes qui nous excitent à la communion quotidienne et celles qui nous empêchent de la recevoir. Ce qui nous excite à la cornmanion quotidienne, c'est l'amour; ce qui nous empêche de le recevoir , c'est la crainte respectueuse, qui est un acte de crainte filiale. Comparant entre eux ces deux sentiments, il affirme que le sentiment de l'amour doit prévaloir sur celui de la crainte ; voici ses propres paroles : « Si quelqu'un reconnaît par expérience qu'après la coAmunion quotidienne la ferveur de l'amour augmente enfin sans que la crainte diminue, celui-là doit communier chaque jour. » Si aliquis experimentaliter œgnosceret, ex quoti-diona sumptione fervorem amoris augeri^ et reverentiam non minui talis deberet quotidie communicare. « Mais s'il sentait que par la communion fréquente son respect dimi^ nue et que son amour n'augmente pas beaucoup, celui-là devrait s'abstenir quelquefois, pour s'approcher ensuite avec plus de respect et de dévotion. » Siautemsentiret, per quotidianam frequentaiionem reverentiam minui, et fervorem\non multum augeri, talis deberet interdum abstinere , ut majori reverentia et devatione posimodum accederet. Donc tout est là , c'est que l'âme se garde et vive de telle sorte [qu'elle soit suffisamment disposée à recevoir |)ieu chaque jour dans ce sacrement.

(1) Homil. V in l ad Cor.

(2) Lib. V de Sacramentis, c. iv.

(3) Epist, LiY.

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Le même saioi doctear, dans la troisième partie de sa Somme théologique ^ parle avec précision et clarté, seloa sa coutume, de cette disposition. Écoutez attentivemenl ses paroles , il dit : a A Tégard de l'usage de ce sacrement, on peut considérer deux choses. Tune du côté de ce sacrement , dont la vertu est salutaire à tous ; et c'est pourquoi il est utile de le recevoir chaque jour, pour que l'homme chaque jour en recueille le fruit. Ce qui fait dire à saint Arobroise (4) : « Si chaque jour le sang du Christ est ré- « pandu pour la rémission des péchés, moi qui pèche cha* « que jour , je dois chaque jour prendre le remède. » Saint Thomas continue : «c On peut encore considérer Tusage d^ ce sacrement du côté de celui qui le reçoit ; or, Il faut s'approcher de ce sacrement avec dévotion et res« pecl ; et c'est pourquoi , si quelqu'un se trouve ainsi disposé, il est bon, louable qu'il s'approche tous les jours... Mais parce que bien souvent dans la plupart des hommes se trouvent des obstacles à cette dévotion , à cause de rin» disposition du corps ou de l'âme , il n'est pas utile à tous les hommes de s'approcher chaque jour de ce sacrement ; celui-là seul doit s'en approcher, qui se trouve bien préparé (2). »

Quels sont donc ces obstacles qui, selon saint Thomas, s'opposent à l'usage fréquent de la communion? Vous comprenez, mes frères, que le saint docteur ne veut pas parler ici des péchés mortels , puisque tous savent qu'on ne peut jamais communier en état de péché mortel. Il s'agit des fautes vénielles. Or, il y a deux sortes de fautes vénielles, les unes accidentelles y les autres habituelles ^

(1) Lib. V de SacramentiSf c. iv.

(2) Quaest. 80. 2. 20.

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persévérantes. Les premières n'ont pas de racines dans rame ; elles sont appelées fugitives, passagères ; comme, par exemple, une légère impatience, quelques paroles oiseuses, un mensonge officieux ou plaisant, quelque léger mouvement de vaine gloire ; toutes choses qui ne viennent pas de rhabitudeet de laffeclion de Pâme, mais qui naissent d*un accident et dont Tâme éprouve promplement un sin* cère regret avec le désir de se corriger. Or, ces fautes ne sont point un obstacle à la communion fréquent^; bien plus, la communion fréquente sera un remède, un préservatif contre ces fautes passagères. Mais ce sont les péchés véniels inhérents , habituels , persévérants , qui sont un empêchement à la communion fréquente. Or, ils sont coupables de ce genre de péchés véniels , ceux qui melleai leur affection dans les biens temporels ; ceux qui nourris^ sent pour une personne une amitié qui, sans être déshonnête, n'est fondée que sur Tinclination ; ceux. qui recherchent la célébrité; ceux qui ont du, goût pour la .bonne chère, ou pour le jeu , ou pour tout autre amuse^ ment ; ceux qui mettent trop de recherche et de soin dans leurs vêtements ; ceux qui manquent de recueillement A FÉglise ; ceux qui prient peu dévotement et comme par habitude; ceux qui sont impatients, rudes ^ trop attachés à leurs opinions ; toutes choses qui constituent Tbomme^ pour ainsi dire, dans Tétat fixe et permanent du péché véniel. L'amour de ces choses et autres semblables rend l'homme indigne de la communion quotidienne et même de la communion fréquente, parce qu'il n'est pas possible que la constante habitude de vivre ou de sentir ainsi ne dimi* nue pas la dévotion, l'amour et le respect que nous devons avoir pour uns! grand sacrement ; de sorte qu'il vaut mieux liors communier moins souvent, à moins cependant que

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celui qui est, comme nous lavons dit , coupable babitueilemeDl d*un ou de plusieurs de ces péchés véniels, ne s'approche fréquemment de la sainte communion dans le ferme et siocère désir d^y puiser des^ grâces abondantes pour se corriger ; alors s*il retire de bons fruits de fa communion , il pourra peu à peu la recevoir plus souvent, à mesure que ses chutes seront moins fréquentes et moins délibérées, et que Tbabitade du péché sera déracinée de son cœur.

Telles sont les imperfections qui s*opposent non pas absolument à la communion, mais à la communion quotî^ dienneet même à la communion fréquente; avoir déraciné ces imperfections , c'est avoir les dispositions négatives. Il nous reste à parler à présent des dispositions positives , c'est-à-dire des actions et des vertus qui sont nécessaires à celui qui reçoit dignement chaque jour ou da moins fréquemment la sainte communion. Saint Antonin , archevêque de Florence , le plus habile et le plus îllaàtre entra les directeurs des ftmes , dit que ceux qui reçoivent fréquemment l'eucharistie doivent non-seulement être exempts des fautes dont nous venons de parler, mais encore s'exercer chaque jour à la mortification, fuir les occasions des fontes les plus légères, les occupations non nécessaires dans lesquelles l'homme court risque d*être détourné de la garde sévère de son cœur. Il veut que l'on s'exerce à la pratique des plus hautes vertus par la méditation , les pieuses lectures, l'audition fréquente de la parole de Dieu ; que l'on s'excite à la crainte ^ à l'amour et au désir fervent des choses du ciel. « Il faut, dit-il , s'attacher aux plaies de Notre - Seigneur Jésus -Christ, compatir aux pécheurs, se confier, non en ses propres mérites, mais en la miséricorde Infinie de Dieu, en se recommandant chaque jour à h

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sainte roére Église ; marcher sans cesse de vertus en vertus, et faire de sa vie entière une préparation à cet auguste sacrement, d 0 divine doctrine de la sainteté I

Puisse-l-elle , mes frères, en entrant dans votre oreille, passer et descendre jusque dans votre cœur I Si vous mettez cette doctrine en pratique, vous êtes sur le chemin de la sainteté!

TRAIT HISTORIQUE

Sainte Mecthilde priait Notre -Seigneur de lui enseigner à se préparer à la communion. EUe le suppliait d'écrire son adorable nom dans son cœur, de manière quUl ne s^effacât jamais de sa mémoire. Elle désirait de le recevoir avec tout Tamour dont le cœur humain est capable, et lui demandait d^avoir égard à ce désir, et de la combler de ses grâces , comme si elle ayait réellement ce bonheur.

Des tmàim admirables du très-auguste sacrement de reucharlstle.

EXPOSÉ SOMMAIRE

L'eucharistie diffère des autres sacrements dans la ma-» iiiàre dont elle agit sur nous pour DotresanctiGcation.il y a cinq effets ou fruits principaux de Teucbaristie : I^Tunion intime avec Jésus, et dans cette union, la grâce. ^ Quelle grâce? 2* la purification; 3« Taffranchissement ^ 4^ la préservation ; 5® la persévérance et la prédestination ^ la gloire.

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