‹ Le catéchiste en chaire, plans de sermons, conférences et instructions familières sur les principaux points de la doctrine chrétienneChapitre 39 sur 55 · EZECH. XVIII · texte numérisé non relu

EZECH. XVIII

(2) l^ess. Xir, c. IV.

(3) EzECH. IVIII. 30.

(4) Luc. xiii. 5.

EN CHAIfiB. 179

juslîce , à tous ceux qui s'élaient souillés par le péché mortel (4). »

Or, dans la loi de la grâce, la ve.rtu de péDileoce d a point changé de caractère , seulement Notre - Seigneur Va orga-^ Qîsée dans un rite extérieur productif de la grâce, c'est-àdire Ta élevée à la dignité d'un sacrement dont il a confié ladministration aux apôtres et à leurs successeurs dans le sacerdoce. Cela étant , la pénitence , dans la loi nouvelle , se définit : « Un sacrement institué par Notre Seigneur Jésus-Christ, pour la rémission des péchés commis après le baptême. »

L'Écriture sainte et la tradition prouvent d'une manière invincible que la pénitence est vraiment un sacrement ; el d'abord , l'Écriture. En effets nous lisons dans saint Matthieu que Jésus-Christ a dit i l'apôtre saint Pierre : « Je te donnerai les clefs du royaume des cieux, et tout ce que tu lieras sur la terre sera lié dans les cieux, et tout ce que tu délieras sur la terre^ sera délié dans les cieux (2); » et à ses apôtres : « Tout ce que vous lierez sur la terre sera lié dans les cieux, et tout ce que vous délierez sur la terre sera délié dans les cieux (3). » Voilà bien la promesse d'un pou-» voir en vertu duquel les péchés seront remis aux pécheurs pénitents. Or, ce pouvoir^^promis , Jésus- Christ le donne effectivement à ses apôtres, lorsque après sa résurrection il leur dit : a La paix soit avec vous I comme mon Père m'a envoyé, je vous envoie. i> Ayant dit ces mots, il souffla sur eux et leur dit : « Becevez le Saint • Esprit. Les péchés seront remis à ceux à qui vous les remettrez, et ils

(1) Sess. XIV, c. I.

(2) Matth. XVI. 19.

(3) Id, xyui. 18.

480 LB CATÉGBISTB

seront retenus à ceux à qui voué les retiendrez (l}. » Ce pouvoir était donné sans restriction de temps : il s'étendait donc, selon Tintention du Sauveur, aux apôtres et à leurs successeurs dans le sacerdoce. C*est ainsi que l'a toujours entendu TÉglise, que l'ont toujours enseigné les Pères et les docteurs , que Tont toujours proclamé, les conciles, comme nous rétablirons plus tard , en parlani de la confession.

Or, ce pouvoir ne s est jamais exercé et n'a jamais pu s'exercer que par un rite extérieur productif de la grâce, ou par un sacrement. En effet, ce pouvoir a dû. être exercé avec discernement; il a dû requérir le ministère d^un jugement instruit, discuté, prononcé ; il a dû requérir que le pécheur en fût averli : donc ce pouvoir n*a pu s'exercer que par un sacrement. La pénitence est donc un sacrement de la nouvelle loi. « Jésus<Christ, dit le concile de Trente, a principalement institué le sacrement de pénitence, lorsque étant ressuscité des morts, il souffla sur ses disciples , en leur disant : « Recevez TEsprit-Saint; les péchés serool <c remis à ceux à qui vous les remettrez, et ils seront retenus (( à ceux à qui vous les retiendrez.» Par cette action si remarquable et ces paroles si claires, tous les Pères, d*un consentement unanime, ont toujours entendu que le pouvoir de remettre et de retenir les péchés avait été communiqué aux apôtres et à leurs successeurs légitimes, pour réconcilier les fidèles qui sont tombés après le baptême (2). »

Le même concile définit encore que le sacrement de péolience est tout à fait distinct du baptême, et qu'il ne peutètre reçu que par ceuxqui ont déjà été régénérés par le baptême.

(1) JoAim. XX. S2 et 23.

(2) Sess. XIV, c. I.

EN CHAIRE. iS4

Mais, puisque la péDitence est un sacremeot , elle doit avoir» comme les aulres sacrements , ce que nous appelons une matière et une forme. C'est ce que nous allons voir maintenant.

Page 1