‹ Le catéchiste en chaire, plans de sermons, conférences et instructions familières sur les principaux points de la doctrine chrétienneChapitre 46 sur 55 · II · texte numérisé non relu

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aucun âge. il dît seulement que cette obligation atteint tous ceux qui sont parvenus à Tâge de discrétion , c*est« à-dire Tâge de raison , Tâge de discernement : Postquam ad annos discrelionis pervenerit. Quel est donc Tâge de discrétion ? Selon la loi commune , cet âge commence vers la sepUème année , pour quelques - uns plus tôt , pour quelques autres un peu plus tard. Ainsi, en vertu du précepte de TÉglise, c'est vers i*âge de sept ans que les enfants doivent se présenter au confesseur. C'est un devoir pour les parents et pour les maîtres de condaire au saint tribunal les enfants de sept ans, au moins une fois dans Tannée, alors même que Ton pourrait croire que \& enfants n'ont pas de faute à se reprocher, du moins de faute grave. Car il importe de donner à ces enfants, de très-bonne heure, la sainte et heureuse habitude de la confession. D*ailleursils peuvent avoir offensé Dieu gravement; lexpérience le prouve. Us peu vent devenir non-seulement coupables, mais vicieux par habitude. C'est surtout dans le cas d'une maladie sérieuse qu'il faut pour les enfants appeler le prêtre. C'est un devoir pour le prêtre de les confesser et de les absoudre s'il y a lieu. Car s'ils sont capables d'offenser Dieu , ils sont capables , avec la grâce , de se repentir comme il faut, et partant d'être absous. S'il leur faut une petite instruction préalable, le prêtre la leur donnera charitablement. Ceux - là sont inexcusables qui laissent jusqu'à neuf à dix ans les enfants privés du secours obligatoire de la confession annuelle.

En second lieu , la loi de TÉglise oblige à la confession annuelle tous les fidèles adultes, de l'un et de l'autre sexe, omnis utriusque sexus fidelis. Par conséquent, mes frères, bien qu'on ne puisse être rigoureusement obligé de se confesser qu'autant que l'on a eu le malheur de commettre

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quelque faute mortelle, cependant, à cause de la loi ecclésiastique, qui ne pourrait être transgressée sans scandale , les fidèles dont la conscience , après un an , ne serait chargée d'aucun péché mortel , devraient au moins se présenter au confesseur pour déclarer qu'ils sont exempts de péché mortel. Mais hélas I il est difficile de pouvoir , après un an , se rendre ce témoignage que Ton a tellement accompli tous ses devoirs , que Ton ne doive rien à la justice de Dieu qui soit digne de Tenfer. C'est à peine si les âmes les plus exactes aux pratiques de la piété chrétienne peuvent avoir celle douce assurance. Ainsi donc , en pratique^ la loi est pour tous , elle n'exempte personne.

Troisièmement, quand doit -on se confesser? en quel temps de Tannée faut-il remplir le précepte ecclésiastique de la confession annuelle ? Encore ici, sur ce point, le con* cile de Latran ne détermine aucune époque. Mais comme ce concile, en prescrivant la confession annuelle, prescrit également la communion de Pâques , l'on vit s'introduire dans l'Église l'usage de faire au temps pascal ou pendant le carême la confession annuelle. Cet usage est universel. Le concile de Trente le déclare salutaire et fructueux, et désire qu'on le conserve (4). C'est donc pendant le carême jqu'il est au moins convenable de se confesser. Mais, à vrai dire, pourvu que dans le cours d'une année on se confesse, de manière à ce que, d'une confession a l'autre, il n'y ait qu'un an, on satisfait à la loi de TÉglise. Toutefois, si, la confession annuelle une fois faite, l'on avait eu !• malheur de commettre un péché mortel, et que la loi de la communion pascale dût être accomplie, il faudrait, pour com* munier, se confesser et recevoir l'absolution.

(1) Sess. XIV, c. V.

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Enfin, mes frères, à qui doit-on se confesser? au propre prêtre , proprio sacerdoti , c'est-à-dire an prêtre qui a jaridiction sur nous. De droit commun, selon Tusage généralement suivi, à lout prêtre approuvé sans restriction j dans certains lieux, aux prêtres seulement de la paroisse où Ton demeure , ou à d autres prêtres approuvés, mais avec une permission du curé, soit générale, soit particulière. Telle est la loi de TÉglise : loi sage, loi salutaire, loi importante et grave. Que rieu ne puisse jamais nous servir de prétexte pour Tenfreindre ; que tout nous porte, au contraire, à l'accomplir. Si TÉglise, de nos jours, ne sévit plus comme autrefois contre les transgresseurs de sa loi par les peines canoniques qu'elle a portées, cependant souvenons -nous que son esprit est toujours le même, qu^eile s'afflige sur le triste sort de ses fils rebelles à cause de leur ingratitude qui les perd , et que^ pleurant sur eux, elle prie sans cesse pour détourner de leur tête la colère de Dieu qui les menace.

TRAIT HISTORIQUE

Un personnage considérable et puissfmt selon le monde avait commis une faute des plus graves, et la fausse honte Tavait toujours empêché de s*en confesser. Cependant sa conscience était bourrelée de remords, et pour lui rendre la paix il avait recours à tous les moyens. Il avait ouï dire à un prédicateur d* Anvers qu^on n^était pas tenu de confesser les fautes oubliées ; il cherche donc à oublier son péché, mais en vain : il était toujours présent à sa mémoire et la nuit et le joiu*. Il se jeta dans toutes les voluptés , pour que la multitude de ses crimes lui lit oublier celui qui causait sa peine ; il se mit à voyager ; il s'adonna aux études ; il se livra aux exercices de la charité et de la pénitence. Tout fut inutile ; et son remords devenait tons les jours plus cuisant.

^es nuits étaient sans sommeil, ses repas sans saveur, ses volq^tés sans jouissance , ses prières sans consolation. Il résolut donc d'en finir

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aTec la Yie. La veille du jour où il devait exécuter cette affreuse résolution, un bon religieux de sa connaissance le rencontra sur son chemin, et sur son invitation monta près de lui dans sa voiture. Bientôt le saint prêtre fait tomber la conversation sur le remède que refusait ce pauvre malade, sur la confession. — La confession? lui répondit celui-ci ; mais pourquoi me parlez - vous de confession ? Vous savez donc qui je suis, ce que j'ai fait, ce que je suis résolu à ne faire jamais! Le père le calme, le console. — Assurément, lui dit -il, je TOUS connais , aussi de grand cœur je vous offre tous mes services. — J'accepte vos services , lui dit le pauvre patient , pourvu qu'il ne soit plus question de confession entre nous. — Eh bien ! soit, repartit le père, nous n'en parlerons plus; contentez - vous de m^obéir quelques jours et de faire de point en point tout ce que je vous prescrirai. Cette condition acceptée , ils arrivent au logis.

Le premier ordre intimé à notre malade est de bien souper, puis de bien dormir. Le lendemain , le père vient réciter avec lui quelques prières y et lui donûe à méditer quelques motifs propres à l'exciter à la confiance en Dieu. Le surlendemain, même régime; après quoi il loi remet un exameu de consciei^ce, non pour l'aider à se confesser, mais podr qu'il puisse prendre note de tous ses péchés et s'exciter à la contrition sur chacun d'eux. Ces préparatifs terminés, le père Tengagd à faire une promenade avec liii , et quand ils sont bien seuls , dans répaisseur d'une forêt, alors, revenant sur son examen de conscience : — Vous avez donc mis par écrit, lui dit-il, toutes les fautes de votre vie? Vous n'avez pas oublié sans doute tels et tels péchés? — J'en al pris note, répond notre pénitent. — Et tel autre péché ? — Tel péché ? Ah ! s'écria-t-il après quelques instants de silence, le voilà, ce péché, ce maudit péché que je n'osais dire ! Hélas ! hélas oui ! je m'en suis rendu coupable. — Confessé ! c'est confessé ! lui dit alors le père avec douceur ; maintenant il suffit d'accuser tous les autres, ce sera chose facile. Pendant qu'il achevait ces mots , l'enfant prodigue se prosternait à ses pieds, il achevait au milieu des larmes et des sanglots une confession qui si longtemps lui avait paru plus difûcile à faire que l'enfer à supporter. 11 y trouva une paix et un bonheur qui ne furent plus troublés depuis ; et toutes les fois qu'il lui arrivait de rencontrer son confesseur , il ne pouvait s'empêcher de lui dire en l'embrassant : — 0 mon père ! que de bien vous m'avez fait ! combien j'étais

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nulheareux quand la crainte me fermait la boache » et combien je suis heureux depuis que je me suis confessé !

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