‹ Le Cathéterisme des Uretères: Par les Voies NaturellesChapitre 13 sur 44 · ANS TER · texte numérisé non relu

ANS TER

- Quant à l'introduction de la sonde urétérale elle-même, les divers auteurs s'accordent pour la considérer comme indolore ; c'est aussi ce que nous avons pu constaler.

On pourrait craindre que la pointe de la sonde urétérale ne déchirât les parois, surtout lorsqu'elles sont préalablement altérées, et ne produisit par conséquent une hémorrhagie. Or, il n’en est . presque jamais ainsi. Dans les cas que j’ai observés, l’hémorrhagie n'a jamais été appréciable. Sans doute, on peut trouver des globules rouges dans l'urine que l’on recueille, mais Casper fait remarquer que, la plupart du temps, ce léger suintement sanguin disparaît après qu'on a retiré le cystoscope. En somme, il n’a eu qu'une seule fois une hémorrhagie d’une certaine abondance ; il fait remarquer, il est vrai, qu'il n’emplovait pas à cette époque l'instrument décrit plus haut ; il n’était pas maître de modifier la courbure de la sonde et il pense trouver là la cause de cet accideni, il estime qu’actuellement, en aucun cas, le cathélérisme des uretères ne doit produire une hémorrhagie véritable.

Tels sont les accidents qui peuvent survenir au moment de l'introduction ; on conviendra au’ils sontrares et de faible imporlance.

Etudions maintenant ceux que peut produire le cathétérisme à demeure.

Expérimentalement, c’est là un point qui est résolu depuis longtemps, grâce aux recherches d’Albarran et Eluria (Soc. de biol. 1891).

Ces auteurs ont expérimenté sur des chiens dont ils ouvraient la vessie au moyen de la section hypogastrique et dans les uretères desquels ils plaçaient des sondes en caoutchouc analogues aux sondes de Pezzer, c'est-à-dire terminées par une sorte de chapeau étalé et percé de deux orifices.

» Pour les introduire dans les uretères, disent-ils, nous nous sommes servis d’un mandrin qui, meltant en jeu l’élasticité du caoutchouc, étire la boule terminale et lui donne à peu de chose près le diamètre de la tige de la sonde ; lorsqu'on retirele mandrin, la boule revient à son volume primitif, et comme elle se trouve

PVR placée au delà du point où l’uretère traverse la paroi vésicale, elle tient facilement d'elle-même.

» Les sondes une fois placées dans les urelères, nous les avons coupées en laissant 2 centiw. libres dans la cavité vésicale (nous ne pouvions pas les laisser sortir librement par lurètre, parce que les animaux les auraient arrachées), et nous avons fermé la vessie et la paroi abdominale.

» Le premier de nos chiens est mort le troisième jonr de péritonite, sans désunion de la plaie vésicale. A l’aulopsie, nous avons constaté que les sondes étaient en place et qu’il n'existait aucun phénomène de dilatation vi d’irritation du côté des uretères ou des reins.

» Le second chien a parfaitement supporté l'opération ; tout était réuni lorsque nous l’avons sacrifié le vingt-troisième jour. Les uretères ei les reins étaient sains, mais l'animal avait pissé ses sondes,

» Chez le troisième chien, nous avons lié un urelère et nous avons placé une sonde dans l’uretère du côté opposé ; l'animal a continué à bien se porter, el, lorsque nous l’avons sacrifié au trente-deuxième jour, il nous a fallu regarder de près pour Lrou: ver la plaie de la taille. Ce fait, soit dit en passant, s’ajoute à tant d’autres, observés, chez l’homine, pour prouver ce que M. Guyon dit souvent, que «la vessie ne demande qu'à se réunir ».

» Le rein dont l’uretère était ligaluré présentait une hydronéphrose typique et le rein opposé élail narfaitement sain, ainsi que l’uretère correspondant».

Ces expériences démontrent nettement que, lorsque les voies urinaires sont saines, le cathétérisme pratiqué d’une façon aseptique est sans aucun danger. [l'est vrai qu’Albarran s’est contenté d'introduire ses sondes dans la partie inférieure de l’uretère, sans les pousser jnsqu’au bassinet ; mais l'obstacle principal à l’infection, l’orifice urétéral inférieur, élait franchi, et il est vraisemblable que les résultats eussent été les mêmes si l'extrémité de la sonde eût été poussée jusqu'au rein,

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Casper a répété chez l’homme la même expérience. Il a laissé, sur plusieurs malades, ses sondes urétérales à demeure, 2 heures au maximum ; il a recueilli l'urine émise de 1/4 d'heure en 1/4 d'heure et l’a examinée avec le plus grand soin au microscope après l'avoir soumise à la centrifugalion. Or, il n’a pas trouvé ordinairement d’élément cellulaire dans les urines ainsi examinées ; il en conclut justement que la sonde n'avait déterminé aucune espèce d’inflammation. En outre Casper a soumis à l’examen les urines des mêmes sujets ? ou 3 Jours après l'application de la sonde ; en aucun cas, iln’a pu découvrir des produits inflammaloires et les urines sont toujours demeurées claires. Chez quelques sujets ainsi mis en expérience, il à pu découvrir une légère hémorrhagie, microscopiquement appréciable; de plus, à côté d’hématies, il existait dans l’urine des cellules épithéliales de l’uretère ; il s'agissait bien évidemment, dans ces cas, d’une lésion déterminée par l'introduction de ces sondes, et la preuve en fut faite, puisque l’hémorrhagie s’orrêta lorsqu'on eut retiré le cathéter urétléral,

L'expérimentation sar les animaux et l'application à l'homme sont donc concordantss ; ii est bien certain que, chez des sujets bien portants, l'introduction et le séjour de la sonde urétérale, dans de bonnes conditions d’asepsie, ne peut déterminer l’inflammation de l’uretère. Et c’est déjà une considération importante, que le chirurgien ne puisse, par une exploration blanche, déterminer l’apparition d'accidents qui n’existaient pas avant son intervention.

Malheureusement, les malades, chez lesquels on est amené à pratiquer le cathétérisme des uretères, ne répondent généralement pas à ces conditions d’intégrilé des voies urinaires. Quelles sont donc, chezeux,les conséquences de l'introduction et du séjour des sondes.

Considérons d’abord les cas dans lesquels les voies urinaires supérieures sont infectées, et duns lesquels on n’a pas, par conséquent, à craindre l'apparition d’une infection ascendante. L’appréciation de ces cas est difficile, puisque déjà les éléments

HE +: ee du pus existent dans l’urine extraite directement de la vessie. Cependant, les résullats obtenus jusqu’à présent montrent bien, comme on pourra s’en convaincre par la lecture des observations, que le cathétérisme, chez ces malades, non seulement n’a pas de fâcheux effets, mais encore peut améliorer réellement les lésions de pyélo-néphrite.

Voici maintenant une dernière série de cas, ceux dans lesquels existe une cystile qui ne s'accompagne pas de lésions infectieuses des voies urinaires supérieures. On peut craindre, à juste titre, de faciliter la propagation des lésions et de déterminer une urétéro-néphrite ascendante dont la porte d'entrée serait la voie ouverle par la sonde. C'est là le point le plus important de cette étude des accidents du cathétérisme et celui dont la solution nous importe le plus. Si, en effet, nous pouvons assurer l’asepsie de notre instrument lorsqu'il aborde l’urètre, il nous est, par contre, impossible, même momentanément, de supprimer l'infection vésicale au point que la sonde ne soit pas infectée par son passage dans la vessie.

Il ne faut pas oublier cependant que le lavage dé la vessie a dù être fait avec le plus grand soin. Si tous les germes n’ont pas été chassés, on en a cependant expulsé la plupart ; en outre les manœuvres se font dans une vessie remplie d’une solution aseptique. Il faut bien admettre que c’est là encore une condition qui diminue les chances d'infections.

Il est certain, néanmoins, que toutes les précautions sont insuffisantes et ne permeltent pas d'espérer une désinfection complète de l'instrument. L’infection ascendante serait-elle donc fatale thcoriquement ? À cette question, Casper répond par les résultats des travaux de Lewin et Goidschmidt. Ces auteurs ont constaté que, chez le chien, il se produisait fréquemment, sinon toujours, un reflux de l'urine de la vessie dans l’urètre ; en conséquence, il est probable, disent-ils, que le même phénomène doit se produire chez l'homme. Il semblerait donc que toute cystite devrait s'accompagner de pyélonéphrite ; et l’on sait combien le nombre des pyélites est faible par rapport à celui des cystites. Par con-

EUCT he séquent, dit Casper, le reflux mécanique des germes n'est pas l'unique cause des lésions ascendantes.

En oûtre, il est possible de prendre certaines précautions contre l'infection urétérale eile-même, indépendamment de celles qui s’adressent à la désinfection de la vessie. Suivant ja pratique de Casper, on peut, après chaque cathétérisme urétéral et avant de retirer la sonde, injecter dans l’urelère une petite quantité d'une solution de nitrate d'argent au 1/1000 ; c'est là une petite précaution qui ne présente aucun danger, cette injection n'étant même pas douloureuse, et l’on se met ainsi, autant qu’il est possible, à l'abri des chances d'infections.

Les considérations que je viens d’exposer sont purement (héoriques et rien ne vaudrait, pour répondre à la queslion posée au début de ce chapitre, le résultat d’une longue pratique. Celle de Casper est assez encourageante. Le nombre des malades atteints de cystite, chez lesquels il a pratiqué le cathétérisme des uretères, dépasse 60; dans ce nombre, les cysiites blennorrhagiques comptent pour la majorité ; il y avait, en outre, des tuberculoses vésicales et des cystiles de prostatiques ; les malades furent tous examinés de nouveau après quelques jours, quelques-uns au bou: de plusieurs semaines. Or, Casper n'a jamais constaté un cas de pyélite ; lous les malades dont l'urine rénale était claire, lui sont revenus avec une urine rénale claire. La série est importante et les résultats en sont assez satisfaisants ; aussi, Casper admet-il l’innocuité ordinaire du cathétérisme.

Ses conclusions sont, en résumé, les suivantes. Le cathétérisme des uretèrés, lorsqu'il y a une lésion vésicale, ne doit être fait que lorsque l'indication en a été nettement posée ; on doit user de toutes les précautions antiseptiques ; lorsqu'on pénètre duns la vessie, il faut avoir soin d’éloigner l’extrémité de la sonde urétérale des parois de la vessie qui sont infectées et des flocons purulents qui flottent dans le liquide ; enfin, il est important de ne pas introduire le cathéter dans l’uretère, plus loin qu'il n’est nécessaire pour remplir le but que l’on se propose,

L'opiaion à laquelle je m'arrêterai à la suile de cel exposé, ne

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diffère pas sensiblement de celle qui vient d’être exprimée. J’estime, en effet, que le cathétérisme des uretères tirera ses principales contre-indications de l'état respectif des voïes urinaires supérieures et inférieures. Si la vessie est infectée, alors que le rein est encore sain, on ne se décidera au cathétérisme qu'avec la plus grande circonspection, dans un but thérapeutique, lorsqu’on sera assuré de ne pouvoir arriver à la guérison par un autre procédé, et, dans un but diagnostique, lorsque l’examen du rein constituera une exploration de première importance, lorsque, par exemple, pour 8xer les idées, avant de se décider à l’ablation d'un rein malade, il sera absolument indispensable de s'assurer du bon fonctionnement du rein du côté opposé. Mais on n'oubliera pas qu’une pareille exploration ne détermine pas forcément l'in feclion du rein, surtout chez les malades jeunes. La serie des malades de Casper nous encouragerait à être moins réservés dans l’emploi du cathélérisme ; on ne peul s'empêcher cependant de supposer qu’il s’agit là, vraiment, d’une série heureuse, dont un ou deux résullats malheureux modifieraient singulièrement l'aspect. “

Je terminerai ce chapitre par quelques remarques sur les altéralions que subit lasonde elle-même au cours d'un long séjour dans les voies urinaires supérieures.

On à pu voir, dans les expériences d'Albarran, que la sonde avait été rejelée une fois dans la vessie, par le simple effet de la poussée de l’urine, puisqu'elle se déversait directement dans la vessie. Je ne crois pas que pareil accident ait été observé chez l'homme, lorsqu'on a eu le soin d'introduire largement la sonde dans l’uretère et de la fixer comme une sonde à demeure. Malgré tout, le cathélérisme urétéral nécessite une surveillance constante. Si, à un moment donné, ia sonde parail être chassée, rien n'est plus simple que de la repousser sans faire usage du cysloscope, comme cela à élé exposé plus haut ; les petites sond:s en gomme munies d'un mandrin ont une résistance suffisante pour permaeltre celle manœuvre.

Îl arrive aussi parfuis que la sonde s’obstrue ; cela peut se faire

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par deux mécanismes. Quelquefois, l’urine rénale est chargée de pus ou même de graviers qui s’introduisent dans la sonde et diminuent ou même suppriment entièrement sa lumière ; d’autres fois, il s’agit simplement d’une sonde qui a séjourné trop longtemps dans les voies urinaires et dont le calibre est progressivement réduit par les concrétions. On sail que cet accident survient assez fréquemment pour les sondes urétrales : s’il ne les obstrue pus complètement, il en gêne tout au moins beaucoup le fonctionnement ; on sait aussi que certains malades y sont plus prédisposés que d’autres. Il doit en.être de même pour les sondes urélérales. Quoi qu'il en soit, il est certain que les sondes peuvent s'obstruer et délerminer des accidents assez sérieux. Sinitzine, au dire de Poirier, n'aurait jamais pu laisser la sonde à demeure au delà de quatre heures sans voir survenir de violentes douleurs ; ce fait est en contrailiction absolue avec ceux qui résultent des observations que J'ai recueillies ; 1l est difficile de voir là autre chose que des accidents d’obstruction de la sonde par une cause quelconque. On pourra retrouver dans nos observations des cas dans lesquels l’obstruction de la sonde a produit des accidents de divers ordres. L'observation que cite Poirier est assez inléressante à ce point de vue: il s'agissait d’une malade chez laquelle une sonde resta en place, dans l’urelère droit, pendant trente-six heures. Au bout de ce temps, il arriva qu’elle ne fonctionnait plus; Ja malade fut prise de douleurs très vives siégeant dans la région lombaire droite, s’accompagnant de vomissements: «ce fut une véritable attaque de coliques néphrétiques ». La cessation des accidents suivil immédiatement l’ablation de la sonde. On retrouvera, à la fin de ce travail, des faits du même genre.

Les accidents de rétention ne paraissent point cependant aussi subits que semble l'indiquer cette observalion.

Casper avait déjà noté que l'injection d'une certaine quantité de liquide dans le bassinet est indolore ; par contre, si l’on fait une inj: ction semblable dans l’uretère, il se produit une colique du côté correspondant. Chez une de nos malades, il nous est arrivé, alors que la fistule était déjà fermée, de voir le fonction

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nement de la sonde s'arrêter pendant une heure ou deux; or, il a élé expressément remarqué que ces pauses dans l’écoulement de l'urine ne concordaient nullement avec les douleurs sourdes que ressentait la malade dans la région lombaire. Il est vrai qu’elle avait eu une pyonéphrose déjà traitée par la néphrolomie, et il existait probablement une cavité suffisamment spacieuse pour que Jurine püt s’y accumuler en quantité relativement considérable, sans déterminer de réactions douloureuses.

On peut se demander, comme conclusion à ces remarques, quelle peut être la durée maxima du séjour de la sonde. Il n’y a évidemment pas de limite fixe. On pourra voir dans nos observations qu’une sonde est restée en place deux semaines et plus sans causer d'accidents; cependant, je ne crois pas qu’il soit prudent de dépasser la limite de 15 jours, étant donné surtout

que le remplacement de la sonde par la manœuvre décrite plus haut est des plus aisés.

b) MODIFICATIONS DE L'URINE PRODUITES PAR LES SONDES URÉTÉRALES SUR LES SUJETS NORMAUX.

Bien que le cathétérisme de l’uretère, bien pratiqué et judicieusement appliqué, ne présente d'ordinaire aucun danger, comme je crois l’avoir démontré dans le chapitre précédent, on pouvait supposer à l’avance qu'il déterminerait certaines réactions suffsantes pour modifier plus ou moins la composition de l'urine extraite ainsi directement du rein.

En outre, il était nécessaire d'étudier dans quelles conditions se faisait l'écoulement urinaire par la sonde urétérale, lorsque celle-ci avait élé introduite chez un sujet sain. En d’autres termes, il s'agissait de savoir dans quelles proportions et de quelle façon le cathétérisme de l’urelère modifiait une urine normale. Il était indispensable d'acquérir ces notions avant de tirer des conclusions pratiques de la même exploration pratiquée chez des malades. N'ayant pu me livrer à des recherches de ce genre, j'emprunte à la monographie de Casper, qui a pratiqué le cathétérisme dans

ni — ces conditions, les éléments nécessaires à la solution de la question posée.

Casper éludie successivement les divers signes sur lesquels on se base d'habitude pour apprécier les qualités de l'urine : aspect macroscopique, quantité, densité, présence du sang, du pus, des cellules épithéliales, des cylindres, des parasites et des microorganismes.

L'urine vésicale élait recueillie dans deux verres dont on n’utilisait que le second, afin d'éviter le mélange possible avec les produits des voies urinaires inférieures,

Après examen chimique, le liquide était centrifugé, et le dépôt était soumis à l'examen microscopique ; enfin, l’urine rénale, extraite par cathétérisme, était trailée de la même façon.

En ce qui concerne la quantité des urines émises, il y a ici deux choses à considérer.

Il faut d’abord se demander comment se fait l'écoulement de l'urine dans les premiers instants qui suivent le cathétérisme ; or il n’y a là aucune régularité, et cela non seulement chez divers sujets, mais encore chez le même sujet. Il ressort, en effet, de l'examen du tableau de Casper, que la sonde donne en général plus d’urine dans les premières minutes que dans celles qui suivent :

Obs. 1. 8 centim. cubes dans le premier quart d'heure, 6 dans le second ;

Obs. 11. 12 centim. cubes dans les 10 premières minutes, 10 dans les 10 minutes suivantes et ainsi de suite de moins en moins, si bien que le sujet n’élimine que 28 centim. cubes en o0 minutes ;

Obs. 1x. Les quantités expulsées de 10 en 10 minutes sont de 6, set 3 gram.

Cependant, le phénomène inverse pourrait se produire, et la quantité d'urine augmenter à partir de l'intervention. On voit donc

qu'on ne saurait trouver là une indication de quelque importance. | Quant à la quantité d'urine totale éliminée en vingt-quaire heures, elle est aussi des plus variables ; dans la majorité des cas,

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la présence de la sonde urétérale, n’a paru avoir sur elle aucune influence, mais la quantité d'urine émise peut être aussi soil augmentée, soit diminuée. Il est possible que l'irritation déterminée par la sonde, produise des modifications de cet ordre; mais 1] faut aussi tenir compte, comme le fait remarquer Casper, de ce fait que, par suite des costractions de l’uretère, une partie de l'urine peul être exprimée, pour ainsi dire, eatre l’uretére et la sonde et se trouve par suite chassée directement dans la vessie. Quoi qu'il en soit, la quantité &’urine émise est encore un signe auquel nous ne devons accorder aucune importance.

Il en est de même des intervalles qui séparent deux éjaculations urétérales. C’est Ià un fait que l’on peut constater du reste par le simple examen cysloscopique ; lorsqu'on prend la peine de mesurer ces intervalles, on voit qu’ils sont des plus variables chez le même malade et pour le même uretère. Il y a quelques semaines, nous pouvions observer un malade chez Jequel les pauses urétérales ont varié,du côté gauche, d’un instant à l’autre de 60 secondes à 30 secondes environ, tandis qu’à droite, elles se maintenaient à une valeur de 15 à 20 secondes. Le changement peut être du reste absolument brusque, et une pause de 30 secondes succéder à une pause de 60 secondes, comme c'était le cas chez notre malade. On comprend facilement que l’on doit constater par le cathétérisme des variations au moins aussi considérables, en supposant que la sonde fonctionne normalement ; or tel n’est pas le cas. Tantôt l’uretère se contracte au-dessus de la pointe de l'instrument et arrête la circulation de l'urine ; tantôt l’œil de la sonde est caché par un repli de là muqueuse. Quelquefois enfin, la portion intra-vésicale de la sonde peut se couder et s'opposer par conséquent à l'issue du liquide ; on comprend que, dans ces conditions, l'émission se fasse d’une façon irrégulière. Dans le tableau de Casper, on voit que les pauses n'ont élé uniformes que dans un seul cas sur 12; dans les autres observations elles variaient de 10 à 15”, de 10 à 30/ et mêmede 10 à 50”. Il n° ya encore à qu’un symptôme à rejeter.

Il en est de même de la densité. Pour qu’elle eût une impor-

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tance quelconque, il faudrait que l’on pût recueillir la totalité de urine, et cela ne peut se faire que par le cathétérisme à demeure et non au cours d’une seule exploration. Même remarque poùr la richesse en urée. Par contre, lorsqu'on aura pu recueillir toute l'urine de vingt-quatre heures, on pourra, de sa comparaison avec celle du rein opposé, tirer d'importantes conclusions. On verra plus loin comment les recherches de cet ordre constituent une condilion esseutielle à déterminer avant de se décider à intervenir chez certains malades par la néphrectomie,

Quant à la présence des globules blancs ,elle aurait pour Casper une importance considérable. En effet, des diverses explorations dont ii a consigné les résultats, aucune n’a déterminé l'apparition de leucocyles en quantité quelque peu notable, et, dans beaucoup de cas, ils manquaient totalement. Il est donc établi que, lorsqu'on les trouvera, on ne devra pas les attribuer à l'ivritation produite par la sonde.

Il n’en est pas absolument de mème des ylobules rouges. En effet, sur les 12 malades de Casper, et bien, que pour chacun d'eux, le cathétérisme eût été conduit avec la plus grande prudence, 6 fois on constata une hématurie plus ou moins appréciable. Il est donc important d'étudier ce phénomène de près ; on peut avoir, en effet, à pratiquer le cathélérisme dans le but de reconnaître l’origine exacte d’une hématurie et de déterminer quel est le rein malade, et l’on conçoit qu'il perdra dans ces cas beaucoup de sa valeur si la sonde, par sa seule présence, peut amener une hémorrhagie. Voyons donc s’il nous est possible d'assigner à celle dernière variélé d’hématurie des caractères bien nets. On peut se baser sur son abondance, qui n’est jamais bien grande. Mais c’est surtout sur la marche de ces pelites hématuries qu'il faut se guider. Casper les divise, en ellet, en deux catégories. Tantôt le sang apparaît d'emblée dans l'urine recueillie immédiatement après l'exploration ; plus tard, son abondance diminue, et il finit par disparaître complètement. Tantôt le sang n'apparaît qu'au bout d’un temps plus ou moins long après l’introduction du cathéter, son abondance augmente progressivement

EE Vie et devient plus grande à mesure que la sonde reste plus longtemps en place.

Les hématuries de la première calégorie recounaissent évidem ment pour cause un véritable traumatisme ; la pointe du cathéter a blessé légèrement la muqueuse urétérale et déterminé la production d’une petite hémorrhagie qui ne tarde pas à s’arrêter. Mais, dans le second ordre de faits, il ne s’agit plus de traumatisme. Casper pense que la sonde, agissant comme corps étranger, a déterminé une hyperémie de la muqueuse urétérale et une diapedèse des globules rouges ; ces hémorrhagies, comme les précédentes, restent toujours insignifiantes. La première variélé ne peut guère donner lieu à des erreurs, puisqu'elle s’arrêle vite et spontanément ; la seconde se reconnaîtra à ce que, si l’on prend la précaution de pousser la sonde plus profondément dans l’uretère, l'œil ayant franchi la portion de muqueuse irrilée, le sang disparaîl, pour reparaîlre au bout d’un certain temps, lorsque les mêmes phénomènes se seront reproduits. Casper reconnaît, du reste, que l’ou peut rencontrer dans la pràtique des ca$ difficiles. Si, par exemple, on a produit d’abord-un traumatisme et que la sonde détermine ensuile de la congéstion, on aura une hémorrhagie continue; si, après avoir poussé la soude, on produit une seconde déchirure, elle pourra persister malgré cetle manœuvre. Mais ce sont là, en somme, des cas tout à fail exceptionnels; j'ajoute que les hémorrhagies rénales dont on recherche la source en clinique sont généralement abondantes, continues et ne peuvent d'ordinaire, même dans un examen rapide, être confondues avec celles dont je viens de parler.

La conslatation de l'existence de cellules épithéliales offre peu d'intérêt. En effet, on a irouvé des cellules urétérales dans beaucoup de préparations provenant de sujets normaux ; et quelquefois même, elles étaient organisées en membrane. Quant aux cellules du bassinet, elles perdent leur importance par ce fait qu’elles ne sont pas caractéristiques et se retrouvent en différents points des voies urinaires. Pour ce qui concerne les cellules de l’épithélium rénal, on les rencontre aussi dans l’urine vésicale :

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il s'agit donc simplement de déterminer le rein dont elles proviennent ; or, elles sont souvent degénérées et si déformées qu'on peul facilement les confondre avec d’autres revêlements épithéliaux urinaires.

Les cylindres, les parasites, les micro-organismes onl une importance considérable, et le cathétérisme permet de déterminer leur origine ; ils sont, en outre, plus faciles à trouver dans l'urine rénale, pour la raison qu'ils y sont moins dilués.

Il en est de même pour l’albemine. Si les deux reins sont malades, on lr'ouverala même proportion d’albumine dans l’urine vésicale et dans l’urine rénale; si un seul rein est alteint, on en trouvera naturellement davantage dans celle dernière. Il sera nécessaire, avant de rechercher la quantité d’albumine, de filtrer l’urine, afin d'en séparer les éléments figurés qui pourraient donner lieu à des erreurs de dosage. Même après filtration, lorsque l'urine contient beaucoup de cellules épithéliales et de . globules rouges, on pourra encore trouver de l'albumine, mais en quantité si faible d'ordinaire qu'il ne poutra guère se produire d'erreur.

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