‹ Le Cathéterisme des Uretères: Par les Voies NaturellesChapitre 19 sur 44 · LE · texte numérisé non relu

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Lorsque le rétrécissement eut été reconnu, le chirurgien son-

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gea à le traiter par le cathéter à demeure. Ii eut recours à une série de sondes urétérales, dont le diamètre variait de 2? à 5 millim. ; il parvint en deux mois à introduire lenuméro le plus élevé ; les séances de dilatation alternaient avec les lavages. Grâce à ce traitement, les signes de pvélonéphrite disparurent d'une manière complète ; néanmoins, il fut impossible d'obtenir le retrait de la poche urétérale. Au dernier examen, cette poche contenait encore 90 à 100 centim. cubes.

Telles quelles, ces observations ont une réelle importance en raison du résultat obtenu : elles montrent que lesstrictures uré-: térales peuvent, comme ies rétrécissements urétraux, bénéficier de la dilatation, surtout lorsqu'elles ont un siège inférieur.

Fistules rénales. — En 1894, M. Albarran communiquait au Congrès de Chirurgie l'observation d’un homme de 30 ans, qui avait été atteint de pyonéphrose avec obstruction calculeuse de l'uretère ; on avait fait une incision lombaire qui resta fistuleuse, M. Albarran alla à la recherche du calcul et put constater qu'il avait perforé l’uretère. Comine la suture était impossible, il ouvrit la vessie par la taille transversale et introduisit dans l’embouchure vésicale de l’uretère une sonde assez volumineuse qui franchit la solution de continuité et par laquelle il put pratiquer des lavages du bassinet ; il sutura alors la plaie iliaque et fit sortir le pavillon de la sonde par l'ouverture hypogastrique. La fistule rénale se ferma complètement ; la fistule hypogastrique fut oblitérée par une opération complémentaire ; le malade reprit son travail et n’a pas été revu.

Cette intéressante observation donna à M. Albarran l'idée d'appliquer le cathétérisme des uretères chez une des malades de la salle Laugier, qui se trouvait dans des conditions analogues (Obs. xvrr). Îl s'agissait d’une jeune femme de 22 ans, à laqueile on avait fait, en février 1896, une néphrotomie pour une pyonévhrose consécutive à un accouchement, Le rein était resté fis-. tuleux ; il en sortait une grande quantité de liquide qui souillait

abondamment les linges de pansement. Plusieurs mois après, la plaie était restée fistuleuse et l’on songeait à pratiquer la néphrectomie.On recueillitalors, pendant quelques heures, l’urine de la fistule, et l’on vit qu’elle contenait une notable quantité d’urée ; en outre, l'examen de l’urine vésicale montra que le rein opposé n'était pas parfaitement sain. En présence de ces constalations, on décida de renoncer à la néphrectomie, et l’on fit le cathétérisme de l’uretère le 13 octobre 1896. Après divers incidents dont on trouvera plus loin la relation, l’état de la malade s’améliora rapidement ; la fistule rénale se ferma dès le lendemain de l'opération.

Pendant que la malade conserva la sonde, on put s'assurer que le rein malade concourait à l’élimination de l’urée dans la proportion de 1/3 à peu près ; au point de vue fonctionnel, ce rien pouvait donc être considéré comme valant la moitié de son congénère. On comprend que, dans ces conditions, on ait renoncé à l’extirpation.

L'état général de la malade se maintint bon pendant plusieurs mois, mais, en juillet 1897, on fut encore obligé de faire une néphrotomie pour des accidents de rétention rénale non calmés par le cathétérisme ; on put alors rétrécir notablement la poche rénale. Depuis cette époque, la fistule s’est refermée et la malade , se trouve très bien, à la condition que son rein soit lavé tous les deux jours.

Dans un autre cas de M. Albarran, publié dans la Revue de gynécologie, on fit une néphrotomie pour pyonéphrose calculeuse (Obs. xvi). Grâce au cathétérisme, la plaie rénale se ferma rapidement.

Les choses se passèrent de même chez un malade observé par MM. Guyon et Albarran (Obs. xv). Ici encore, il s’agissait de pyonéphrose calculeuse qui fut incisée et traitée ensuite par le cathétérisme à demeure de l’uretère ; quinze jours après, la fistule rénale était fermée et le malade put repartir pour la Russie, complètement guéri.

Ces observations présentent un intérêt considérable. Jusqu'à

— Jo

présent, le chirurgien n’avait guère à sa disposition que la néphrotomie pour guérir les fistules rénales ; le cathétérisme de l'uretère lui donnera une nouvelle ressource dont l'efficacité ne s’est guère démentie jusqu’à présente. Je crois que le cathétérisme trouvera dans ces cas l’une de ses plus utiles applications.

Cystites douloureuses. --— Je ne connais pas de cas de ce genre traité par le cathétérisme. Je crois néanmoins que le cathétérisme pourrait ici être utile. On sait que cette affection est plus particulièrement fréquente chez la femme et qu’elle détermine, chez les malheureuses qui en sont atteintes, des souffrances extrêmement vives.Si j'ajoute que, dans nombre de cas, la chirurgie est impuissante à guérir ou même à améliorer l’état de la vessie, on comprendra que l’on puisse songer à recourir au cathétérisme des uretères. La taille est le mode de traitement qui a donné jusqu'ici les meilleurs résultats; encore les succès complets sontils rares. L'amélioration paraît due à la mise au repos de la vessie, qui se trouve ainsi facilement drainée et n’est jamais mise en distension ; cependant cette intervention ne supprime pas le contact de l'urine avec la muqueuse vésicale, et peut-être faut-il voir là une des raisons pour lesquelles ces cystites sont aussi rebelles. Or, en appliquant une sonde dans les deux urelères, non seulement la vessie serait mise au repos comme par la taille, mais encore elle n’entrerait plus en contact avec l'urine, Théoriquement ; mais il semble donc qu'une tentative de ce genre soit parfaitement légitime. Il y a évidemment d'autres points à résoudre.Comment se comportera une vessie irritée en présence d’une double sonde, que l’on sera obligé de laisser en place plusieurs jours ? En outre, considération des plus importantes, la sonde ne sera-t-elle pas une voie ouverte à l'infection des voies urinaires supérieures ?

Je me contente de poser les termes du problème,

Au reste, ces idées ont été déjà exposées par M. Albarran à la Société de Biologie (1891, pag. 544); il les a même mises en pratique dans une observation qu’il rapporte. Il s’agissait d’une

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