‹ Le Cathéterisme des Uretères: Par les Voies NaturellesChapitre 29 sur 44 · OBSERVATION XXV · texte numérisé non relu

OBSERVATION XXV

(Pawlick ; W. med. Presse, 1886).

Hydronéphrose évacuée par le cathétérisme, — Guérison.

S. S..., âgée de 37 ans.

Depuis son dernier accouchement, en 188i, la malade se plaint, dans le bas-ventre et la vessie, de douleurs si violentes qu’on ne peut arriver à les calmer qu'avec plusieurs injections de morphine par jour. En même temps, elle souffre de crises douloureuses dans l'hypocondre droit qui rayounent dans le dos et augmentent peu à peu d'intensité. — L'urine contient du sang et du pus.

Traitée pendant fort longtemps pour son affection de la vessie, elle obtient une arnélioration sensible ; puis, elle vient me consulter le 11 février 1884, pour les crises douloureuses de l'hypocondre droit. Ces douleurs, ayant leur siège sous les côtes droites, s’irradient dans le doset vers la symphyse sur le trajet de l’uretère. — En explorant cette région, je trouvai le rein droit descendu, mobile, grossi au moins du double, assez dur et sensible au toucher.

J'introduisis la sonde urétérale avec précaution dans l'urètre; cette manœuvre, ainsi que la recherche de l'ouverture de l'uretère, put se faire sans provoquer de trop violentes douleurs; mais la recherche fat particulièrement difficile, car la paroi antérieure du vagin, prolabée, faisait saillie, de sorte que le spéculum le plus large de Simon ne parvenait pas à la tendre ; ce n’est qu’en élevant le sacrum,

eten donnant au tronc une position déclive qu'on put y arriver. Après avoir trouvé l'ouverture, je poussai doucement la sonde au-dessus du détroit supérieur et j'avancai, sans que rien coulât par la sonde,

dans la direction du rein. À un moment donné, un flot d'urine jaillit sur mes vêtements et continua à couler comme si la vessie sejvidait.

Je fus si surpris, au premier moment, que je ne pensai pas à recueil-

lir l'urine. Ce n’est qu'au bout d’un instant que j'eus l'idée que la malade avait probablement eu une rétention d'urine dans le bassinet,

due à une flexion de l’uretère venant de la chute du rein, où au déplacement de l'uretère par quelque autre obstacle. En palpant après l'opération, je trouvai le rein revenu au volume normal: Les douleurs sous les côtes avaient disparu.

Environ 15 jours après ce sondage, la malade se plaignit du retour des douleurs dans l'hypocondre droit ; je fis de nouveau, avecla sonde urétérale, sortir du bassinet une quantité d'urine, mais cette fois beaucoup moindre que la première ; cette urine ne jaillit pas avec la même violence, mais coula doucement et sans interruption.

Cette femme prit alors une tella confiance dans le sondage, que je la voyais apparaître pour la moindre douleur abdominale. Une fois, ses douleurs s'étant montrées à gauche, elle me pria de sonder aussi son uretère gauche. Ceci causa de nouvelles difficultés, car l'embouchure de l’uretère gauche n’occupait pas la même place que le droit ; le droit avait suivi le prolapsus du septum vésico-vaginal distendu, tandis que le gauche, en raison de la déviation latérale de l'utérus, était situé plus haut et plus en avant; de plus, les environs en étaient très sensibles, ce qui rendait aussi l'opération plus délicate. Le sondage réussit parce qu'avec la pointe du spéculum, je poussai la paroi vaginale en arrière et en haut et: parvins ainsi à tendre la paroi vésico-vaginale. Ce sondage ne donna rien d'anormal.

J'ai pratiqué, chez cette femme, plus de trente fois le sondage de l'uretère sans jamais observer de conséquences fâcheuses. La malade s’y est tellement habituée qu'elle corrige d'elle-même la moindre faute de position de son corps et sent exactement si sa vessie a la plénitude nécessaire ou non.

Les douleurs, dans la région du rein droit, ne se produisaient, l'été de cette année, au moment où je vis la malade pour la dernière fois que très rarement et très faiblement ; elle portait un bandage qui fixait son rein et le maintenait bien en place. Sûrement le bassinet a dû se rétracter, et s'oppose à une nouvelle accumulation d'urine quand la femme enlève son bandage, ou quand un effort plus violent fait descendre le rein au-dessous de la pelote du bandage.

OBsERvATION XX VI.

(Pawlick; W. med. Presse, 1886). k

Pyélonéphrite droite démontrée par le cathétérisme,

R... B..., âgée de 36 ans. Pas d’antécédents ; réglée à 15 ans, peu .abondamment et très irrégulièrement, Entre dans le service du

professeur Dittel, le 9 mars 1885. La malade a eu, à plusieurs reprises, des hématuries, en 1873, en 1878, qui apparaissent subitement, durent quelques jours et disparaissent. — Sans cause connue, l'urine redevient sanglante en janvier 1885, et depuis, lors l'écoulement sanguin continue. Après examen consciencieux de tous les organes, on ne trouve rien d’anormal. Restait le symptôme hématurie ; on porta le diagnostic probable d'hématurie rénale. La question de savoir si la lésion était uni ou bilatérale ne put être tranchée.

Le 13 mars, en présence du professeur Dittel, après avoir d’abord vidé la vessie et l’avoir lavée avec une injection phéniquée à 1/2 °},, le D' Pawlick pratiqua le sondage des deux uretères, selon la méthode connue ; les sondes furent poussées jusque dans les bassinets. De la sonde pénétrant dans l’uretère droit sortait une urine sanglante; dela gauche, une urine claire. Ces deux sondes fournissaient la même quantité dans le même temps.On injecta du lait dans la vessie, ce lait ne sortit pas par les sondes ; il n'y avait donc pas de doute que ces sondes ne fussent dans les uretères. L'introduction des sondes se fit en quelques minutes, sans douieur pour la malade et sans réaction consécutive, Car la température du soir fut normale. Le soir même, l’hématurie cessa subitement, et cet état se maintint les jours suivants.

Jusqu'au mois de mai, l’hématurie ne se renouvela pas. Dans le milieu du mois de mai, les urines redevinrent sanglantes et, comme l'hémorrhagie ne cessait pas, au bout de quelques jours le Dr Pawlick pratiqua le sondage des deux uretères ; mais cette fois, l'urine des deux reins fut sanglante. Le lendemain, l'hématurie cessa etne se montra de nouveau que le 4 janvier 1886 pour ne durer qu’un seul jour.

Pour connaître la composition exacte de l'urine de chaque rein, maintenant qu'il n'existait plus d'hémorrhagie, le D' Pawlick recommencça le sondage, d'où il conclut, avec les éléments qui précèdent, au diagnostic de pyélite chronique, spécialement du bassinet du rein droit. Depuis cette époques la malade n’a plus été revue.

OBsERvATION XX VII.

(Pawlick; W, med. Presse, 1886).

Tumeur du rein droit confirmée par le cathétérisme, qui montre aussi que le rein opposé est sain, — Néphreetomie.

K... F..., âgée de 40 ans. Entre à la clinique du D' Albert, le 4 mai 1885, — Pas d’antécédents.

A la suite d’une chute suivie d'une hémorrhagie utérine ayant duré un jour, la malade a remarqué, dans la moitié droite de son ventre, une tumeur qui, lorsqu'elle se couchait sur le côté gauche, descendait vers la gauche. La tumeur, d’abord du volume du poing et située audessus de la symphyse a peu à peu augmenté et s'étend à présent depuis la ligne médiane jusqu’à la ligne axillaire postérieure droite et en haut jusqu'aux côtes. — En même temps, la malade ressent de violentes douleurs et présente des mictions difficiles, en même temps que des hématuries de plus en plus abondantes.

De tous ces symptômes on pouvait conclure à une tumeur du rein, mais la certitude ne fut donnée que par le sondage des deux uretères que pratiqua le D: Pawlick. Par le sondage de l’uretère droit on fit les constatations suivantes: l’urine qui en sortait était jaune, très trouble, avec de nombreux flocons paraissant être du pus et quelques petits caillots sanguins ; l'écoulement était assez lent, On ne trouva pas de parcelles de la tumeur. Quand on appuyait sur celle-ci, l'écoulementétait plus abondant.— En sondant l’uretère gauche, il s’écoula de l'urine parfaitement claire, sans aucun sédiment et contenant, d’après l'analyse des traces d’albumine.

Après que le diagnostic eut été ainsi rendu certain, l’extirpation de la tumeur fut pratiquée le 7 février par le professeur Albert.

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