OBSERVATION XX VIII
(Pawlick; W. med Presse, 1886).
Sarcôme du rein gauche, — Le cathétérisme montre que le rein droit est sain. —
Néphrectomie. — Mort.
H... C..., âgée de 26 ans. J’allai voir, le 30 octobre 1885, cette jeune femme atteinte d'une tumeur du rein gauche plus grosse qu’une tête d’adulte. En dehors des accès renouvelés d'hématurie, la malade ne souffrait pas de sa tumeur. — On porta le diagnostic de sarcome du rein gauche. Il s'agissait de reconaaître l’état du rein droit, car le Dr Czerny désirait extirper la tumeur, si l'état du rein droit était reconnu satisfaisant.
Quand je voulus entreprendre le sondage, il se trouva qu'un des plus petits numéros du spéculum de Simon, que j'avais emporté, était très insuffisant pour ouvrir suffisamment le vagin et pour tendre la paroi vaginale antérieure. Il y eutencore une autre difficulté. La malade avait, au commencement de sa maladie, souffert d’hémorrhagies vésicales et avait à cet effet consulté un gynécologiste. Celui-ci mit l’hé-
morrhagie sur le compte d’un néoplasme de la vessie, pratiqua la dilatation de l’urètre d’après Simon, sans pouvoir constater de maladie de la vessie, puisque le sang était d'origine rénale. Mais la malade garda de cette opération une incontinence, de sorte qu’au moindre effort l'urine s'écoulait spontanément. Aussi, dès que je déprimai le périnée avec le spéculum, l'urine s’écoula et remplit le vagin de la femme, couchée dans la position de la taille. En raison de ces circonstances, le sondage échoua complètement.
Le 29 octobre, la malade me demanda de répéter ma tentative. Un plus grand spéculum tendit parfaitement la paroi vaginale antérieure : mais l'urine qui s'écoulait sans cesse de l’urètre,en vidant la vessie, rendait toute manœuvre impossible. Heureusement, j'eus l’idée d'essayer le sondage sans placer de spéculum daus le vagin, ainsi que je l'avais fait plusieurs fois avec succès. Je remplis la vessie vidée avec la quantité d'eau nécessaire, et il me fut possible d'arriver à sonder l’uretère sans autre difficulté. L’urine recueillie fut analysée par le professeur Ulltzmann, et le résultat permit de conclure que le rein droit-était sain.
Après l'opération, la malade mourut au bout de deux heures dans le collapsus, et on ne pensa pas à faire une analyse de l'urine. On ne permit pas de faire l’autopsie, de sorte qu’il fut impossible de rien savoir de plus sur l’état du rein droit.
OBsErvaATION XXIX.
(Pawlick; W. med. Presse, 1886).
Hydronéphrose ,— Obstacle urétéral reconnu par le cathétérisme.— Pyélotomie.
S..., F..., âgée de 29 ans. Pas d’antécédents. Entre en avril 1886 à la clinique de Billroth. Depuis Noël 1884, la malade ressent des douleurs dans le flanc gauche, au-dessus de la crête iliaque où se trouve une grosseur du volume d'une petite assiette, dure comme du bois, sensible au toucher. La tumeur est soumise à des variations de volume, mais la malade ne peut nous dire quel rapport existe entre ces modifications et son état de santé. Les mictions et les urines sont normales.
Après examen, on porte le diagnostic d’hydronéphrose.
Je pratiquai, le 9 avril, le sondage des deux uretères. De l'uretère droit s’écoula régulièrement une urine claire. La sonde resta trois quarts d'heure dans l’uretère gauche sans qu'une goutte en sortit; en
ag
la retirant, on y trouva une goutte d’un liquide sanguimolent. Le lendemain, on trouva, dans l'urine, de l’albumine en grande quantité.
J’entrépris alors d'essayer de pénéirer jusque dans le bassinet et dé faire sortir le liquide contenu. Le {1 avril, j'introduisis ia sonde; celle-ci rencontra un obstacle environ à 20 centim. de l'ouverture. J’essayai de toutes les façons de franchir ce point, mais sans y réussir. Péndant toutes les manœuvres, il ne sortit pas d'urine par la sonde. Après ce sondage, il se développa chez la malade un catarrhe de la vessie, et, à la suite de l'usage de l’eau de Preslau, la quantité d'urine s’éleva à trois litres.
Be 10 mai, on fit, par une incision lombaire, une fistule du bassinet. À l'examen digital, qu'on pratiqha plus tard, on trouva un canal long de 3 centim., qui conduisait dans une cavité en cul-de-sac qui répondait au bassinet dilaté; par cette cavité on pouvait sentir le rein, dont ie volume était presque normal.
Le diagnostic d'hydronéphrose se trouvait confirmé.