‹ Le Cathéterisme des Uretères: Par les Voies NaturellesChapitre 4 sur 44 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

Depuis de longues années déjà, les chirurgiens s'étaient préoccupés de l'intérêt qu'il y aurait à introduire une sonde dans l’uretère. La première idée, la plus simple, celle qui a été mise tout d’abord en pratique, consiste évidemment à dilaler l’urètre à éclairer directement la vessie et à introduire la sonde par les voies naturelles ; les recherches dans cet ordre d'idées ont été nombreuses, et facilitées du reste par les travaux des anciens chirurgiens. Depuis des siècles, er effet, on avait cherché à augmenter les dimensions de l’urêtre, et, comme on peut le

penser, les tentatives avaient porté spéciaiement sur la femme, pour des raisons anatomiques faciles à imaginer. Au dire de Tolet (Traité de la Lithotomie, Paris, 1708), cité par Flotard, Prosper Albinus affirme que les Arabes auraient pratiqué les premiers la dilatation urétrale ; ils l’auraient même érigée en méthode de traitement des calculs chez la femme, et Albious aurait vu un Arabe extraire ainsi une concrélion de la vessie, apres avoir préalablement vidé, puis insufflé le réservoir urinaire au moycu d’une canule. Les tentatives ne s'arrêtèrent pas là.

D'après Winckel, Benevieni en 1502, Marianus Sanctus en

LMOUE

1526, décrivirent un procédé d'extraction des calculs par les voies naturelles après dilatation de l’urêtre. Franco, en 1561, imagiva un instrument dilatateur ; mais la méthode ne parait pas avoir trouvé de nombreux imitateurs, car Hybord en 1872 ne put donner que 1? observations des pierres traitées de cette facon.

Depuis cetle époque, d’autres recherches ont été enireprises dans le même sens, et, sans parler du procédé de Simon que j'aurai à indiquer. longuement plus loin, je rappellerai que Seneca de New-York (Monatsch. der arizl. Polytechnick) en 1872, Kurz (Centralbl. f. Chir.) en 1883, imaginèrent des instruments destinés à dilater l’urêtre.

Mais bientôt, les tentatives chirurgicales ne se bornèrent plus à l'exploration de la vessie; on voulut explorer le rein et l’uretère, et le but visé consisla à recueillir séparément les urines &e l’un et de l’autre rein, afin d'acquérir des notions précises sur leur fonctionnement. Il est facile de deviner, et nous l’indiquerons plus loin en détail, l'intérêt considérable que présente ce genre d'exploration dans une foule de cas; on chercha par divers moyens, par tous les moyens peut-01 dire, à répondre à ce desideratum, d'une si grande importance, Les uns pratiquèrent des opérations préalables destinées à faciliter l’abord de l’uretère ; Iversen (Centralbl. f. Chir., 1888), Guyon (Ann. gen. ur., 1891, pag. 746), Albarran (/d.), arrivent à faire le cathétérisme de l’uretère après la taille hypogastrique; Harrison propose de faire une incision périnéale, de repousser la paroi vésicale avec la main introduite dansle rectum et d’arriver ainsi sur l’orifice uretéral ; ce procédé n’a jamais été employé, heureusement, dit Perez.

Pendant que certains chirurgiens s’engageaient dans la voie des opérations préliminaires, d’autres cherchaient à atteindre le même but à moins de frais ; ils tenlèrent de comprimer l'uretère au moyen d’un instrument introduit dans les voies naturelles. Tuchmann (cité par Simon) est le premier qui soit arrivé à réaliser avec succes ce desideratum ; il introduisait dans la vessie un instrument analogue au lithotriteur, avec lequel il serait arrivé à pincer le bourrelet uretéral et à produire l’obstruction

de l'un des deux uretères ; le procédé ne doit pas être des plus simples, puisque Simon n'a jamais pu en faire une application correcte.

En 1888, sous l'inspiration du professeur Guyon, Perez propose la compression de l'uretère à travers la paroi abdominale, contre le détroit supérieur ; cette méthode qui n’a pas été employée chez le vivant, a pleinement réussi sur le cadavre. Bozeman, Emmet, proposèrent la taillé vaginale; Hégar (Arch. f. Gynäk, 86), Sanger (/d.) recommandèérent, chez la femme, le pincement et la ligature temporaire des uretères que Silbermann réalisait par l’incision de là paroi vaginale et que Warkalla s’atlacha à perfectionner.

Ebermann (cité par Casper, Monographie) utilisait une sorte de pince dont il introduisait les deux branches, l’une dansla vessie, l’autre dans le rectum, de façon à pincer l’uretère à son extrémité intérieure ; Weir et Sands agissaient seulement par le rectum, le premier au moyen d’une sorte de levier et le second par la compression digitale. Silbermann (Berlin. Klin. Wochensch, 1883, n° 34) proposa l’emploi d’un instrumeut en forme de cathéter, dans lequel était caché un petit ballon vide ; le catheter introduit dans la vessie, il repoussait et faisait saillir le ballon, qu'il emplissait ensuite de mercure; l’instrument, par son poids, amenait l'interruplion du cours de l'urine dans l’ürelère. Le poids, nécessaire à l’oblitération de l'uretère, était de 250 gram. environ; parmi d’autres inconvénients, ce procédé avait celui d'exposer à la rupture du ballon et à l'écoulement du mercure dans la vessie, accident sans danger, dit Silbermann. Polk (W, F. med, J. 1883) recherchait le même résultat en conduisant dans la vessie un cathéter, sur lequel il comprimait l'uretère au moyen du doigt introduit dans le rectum. Enfin Muller (D. med. Wochensch. 1887, no 31) introduisait dans lé rectum un ballon qu'il dilatait ensulié.

. Tous ces procédés, comme on le voit, avaient des défauts graves ; Les uns exigeaient une intervention sanglante qui compliquait singulièrement une manœuvre purement exploratrice

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