CHAPITRE Vr
Une congrégation annéricaine : les paullstes.
Sommaire : Leur origine. — Mission pour les catholiques et protestants. ■ — L'apostolat par la presse. — Mission auprès des intellectuels. — Une paroisse modèle. — Apostolat par le radio et par les laïques. — La Summer School. — Raisons des succès des paulistes. — Leur éloge par les jésuites.
Les RR. PP. Hecker, Walworth, Hewit, Deshon et Backer,tous Américains et convertis au catholicisme, se séparèrent, avec l'approbation de Rome, des rédemptoristes allemands en résidence aux États-Unis, parce qu'on leur refusa de fonder une maison, où l'on eût parlé anglais, où l'on eût attiré des novices américains et où l'on se fût consacré, avant tout, à la conversion des protestants.
Ce fait initial, d'où est née la Congrégation des Paulistes bien compris, les situe et les explique. Ils furent et ils sont restés un effort d'adaptation d'une œuvre religieuse catholique aux conditions spéciales, et relativement nouvelles de la vie aux États-Unis. Délié de l'obédience aux supérieurs rédemptoristes par le Saint-Siège, le R. P. Hecker écrivait de
Rome, au mois - de décembre 1857, à ses compagnons : « Notre nouvelle société incorporera à sa vie tout ce qu'il y a de bon cbez le peuple américain, dans l'ordre naturel, et elle s'adaptera aux grandes aspirations de ce peuple dans l'ordre spirituel. » Un peu plus tard, ses idées se préciseront encore *. Après que l'archevêque de New-York, Mgr Hughes, a approuvé son plan de règle (7 juil-
1. En 1929, au cours d'une série d'articles dans plusieurs ' journaux catholiques, sur l'Histoire du catholicisme américain au xix^ siècle, le D'^ Guilday, profeseur d'histoire à l'université catholique de Washington, disait :
« Le P. Hecker arriva en mai 1858 à New-York et peu après il y fonda « l'Ordre des Prêtres de Saint-Paul apôtre », plus connus sous le nom de paidistes. L'Ordre se proposait la sanctification personnelle de ses membres. Mais l'événement historique fut que Hecker conçut la perfection mo ■ raie comme influencée, par nos caractéristiqnues nationales et par le type de civilisation qui règne aux États-Unis.
« Il est bon d'insister sur ce point. A cette époque, l'un des principaux griefs contre l'Église romaine consistait à la représenter comme tine religion étrangère, dirigée par des étrangers ; on affirmait injustement que ses adhérents, sauf de bien rares exceptions, avaient montré fort peu d'empressement à s'assimiler la vie et les coutumes nationales.
« Dans le Journal du P. Hecker, nous voyons toute la portée des plans nouveaux élaborés par lui, non seulement pour mettre les doctrines de l'Église dans l'esprit et dans le cœur de ses concitoyens, mais aussi pour infuser la pensée et la doctrine catholique dans la vie américaine, dans le progrès américain. Il acceptait formellement « la civilisation de ce pays avec tous ses usages et toutes ses coutumes » parce qu'il était persuadé que c'était là le seul moyen d'obf^T:? que le catholicisme devînt la religion de notre patrie. Il estimait que la mentalité et le caractère de notre nation doivent se trouver à l'aise dans l'Église aussi bien
let 1858), «n'y trouvant à retrancher ni à ajouter un seul mot, ni rien à modifier », il expose nettement ses idées sur la mission de la nouvelle société. Pour obtenir ces résultats, le pauliste se convaincra que « le travail apostolique, le travail paroissial,
que la mentalité et le caractère des autres nations, et seulement en s'appuyant sur cette base, l'Église pourra faire des progrès chez nous. ,,
« En vérité, Hecker, par quelques lignes qu'il a écrites, a contribué plus que tous ses contemporains à la solution de la question catholique aux États-Unis. Il décrivit ainsi la situation à son époque : « La forme gouvernementale aux États-Unis est plus qu'une autre préférable pourJes catholiques. Elle est plus favorable qu'une autre à la pratique de ces vertus qui sont la condition nécessaire du développement religieux de l'homme. Ce gouvernement laisse à celui-ci plus qu'aucun autre gouvernement, une plus forte mesure de liberté d'action, et par conséquent' plus de facilité pour coopérer avec les inspirations de l'Esprit-Saint. Avec nos institutions populaires, les hommes jouissent d'une plus grande liberté pour élaborer leur véritable destinée. L'Église sera donc chez nous d'autant plus florissante, que ses représentants se montreront plus pénétrés d'esprit républicain. »
« Cette thèse a été développée par lui dans deux articles de la Civilta caitolica, et ensuite dans son livre VÉglise et notre époque. La thèse de ces écrits peut être résumée en ces phrases de leur auteur :
« Depuis trois siècles que le protestantisme existe, aucun gouvernement républicain n'a été fondé grâce à son influence... Si des protestants ont combattu pour la liberté humaine, ce ne fut pas en qualité de protestants. Les motifs qui les poussaient en ce cas ne venaient pas de leur foi religieuse, qui fut une ennemie des droits humains et le tombeau de la liberté. Le calvinisme exclut le républicanisme. La relation étroite entre le gouvernement populaire et la foi catholique est prouvée par ce fait, que toutes les républiques
Rome, au mois de décembre 1857, à ses compagnons : « Notre nouvelle société incorporera à sa vie tout ce qu'il y a de bon chez le peuple américain, dans l'ordre naturel, et elle s'adaptera aux grandes aspirations de ce peuple dans l'ordre spirituel. )) Un peu plus tard, ses idées se préciseront encore ^. Après que l'archevêque de New-York, Mgr Hughes, a approuvé sou plan de règle (7 juil-
1. En 1929, au cours d'une série d'articles dans plusieurs ' journaux catholiques, sur l'Histoire du catholicisme américain au xix^ siècle, le D"^ Guilday, profeseur d'histoire à l'université catholique de Washington, disait :
« Le P. Hecker arriva en mai 1858 à New- York et peu après il y fonda « l'Ordre des Prêtres de Saint-Paul apôtre », plus connus sous le nom de paulistes. L'Ordre se proposait la sanctification personnelle de ses membres. Mais l'événement historique fut que Hecker conçut la perfection mo • raie comme influencée, par nos caractéristiques nationales et par le type de civilisation qui règne aux États-Unis.
« Il est bon d'insister sur ce point. A cette époque, l'un des principaux griefs contre l'Église romaine consistait à la représenter comme une religion étrangère, dirigée par des étrangers ; on affirmait injustement que ses adhérents, sauf - de bien rares exceptions, avaient montré fort peu d'empressement à s'assimiler la vie et les coutumes nationales.
« Dans le Journal du P. Hecker, nous voyons toute la portée des plans nouveaux élaborés par lui, non seulement pour mettre les doctrines de l'Église dans l'esprit et dans le cœur de ses concitoyens, mais aussi pour infuser la pensée et la doctrine catholique dans la vie américaine, dans le progrès américain. Il acceptait formellement « la civilisation de ce pays avec tous ses usages et toutes ses coutumes » parce qu'il était persuadé que c'était là le seul moyen d'obtenir que le catholicisme devînt la religion de notre patrie. Il estimait que la mentalité et le caractère de notre nation doivent se trouver à l'aise dans l'Église aussi bien
let 1858), «n'y trouvant à retrancher ni à ajouter un seul mot, ni rien à modifier », il expose nettement ses idées sur la mission de la nouvelle société. Pour obtenir ces résultats, le pauliste se convaincra que « le travail apostolique, le travail paroissial,
que la mentalité et le caractère des autres nations, et seulement en s'appuyant sur cette base, l'Église pourra faire des progrès chez nous.
a En vérité, Hecker, par quelques lignes qu'il a écrites, à contribué plus que tous ses contemporains à la solution de la question catholique aux États-Unis. Il décrivit ainsi la situation à son époque : « La forme gouvernementale aux États-Unis est plus qu'une autre préférable pour Jes catholiques. Elle est plus favorable qur une autre à la pratique de ces vertus qui sont la condition nécessaire du développement religieux de l'homme. Ce gouvernement laisse à celui-ci plus qu'aucun -autre gouvernement, une plus forte mesure de liberté d'action, et par conséquent' plus de facilité pour coopérer avec les inspirations de l' Esprit-Saint. Avec nos institutions populaires, les hommes jouissent d'une plus grande liberté pour élaborer leur véritable destinée. L'Église sera donc chez nous d'autant plus florissante, que ses représentants se montreront plus pénétrés d'esprit républicain. »
« Cette thèse a été développée par lui dans deux articles de la Civilla caliolica, et ensuite dans son livre l'Église et notre époque. La thèse de ces écrits peut être résumée en ces phrases de leur auteur :
« Depuis trois siècles que le protestantisme existe, aucun gouvernement républicain n'a été fondé grâce à son influence... Si des protestants ont combattu pour la liberté humaine, ce ne fut pas en qualité de protestants. Les motifs qui les poussaient en ce cas ne venaient pas de leur foi religieuse, qui fut une ennemie des droits humains et le tombeau de la liberté. Le calvinisme exclut le républicanisme. La relation étroite entre le gouvernement populaire et la foi catholique est prouvée par ce fait, que toutes les républiques
est et doit être fait, en le subordonnant à la perfection personnelle. Ces œuvres elles-mêmes sont réalisées en vue de la perfection personnelle. Il devra, en second lieu, avoir le zèle des âmes, le désir de coopérer à la conversion du pays, à la foi catholique, par l'apostolat. Ce travail paroissial est un élément intégral de la besogne du pauliste, mais non la principale ni la première. Il doit être accompli comme réalisation partielle du but primordial qui reste la conversion des non-catholiques du pays^. »
nées depuis l'ère chrétienne, sont nées sous l'influence de l'Église... Seule la doctrine du catholicisme donne au droit populaire et aux gouvernements qui l'ont pour base, un principe intellectuel... Ce qu'un catholique croit conune membre de son Église, il le croit aussi comme citoyen de I9 République. Sa religion consacre ses convictions politiques. »
« C'était là une réponse tout à fait inattendue faite à ceux qui avaient déclaré la guerre au catholicisme, dans la période qui précéda immédiatement la guerre civile. Ces gens-là n'étaient pas précisément ravis lorsque Hecker disait à sa génération que la parenté entre l'Église romaine et notre idéal national, est si étroite «qu'aucune attaque ne peut être faite contre l'une qui ne soit aussi une attaque contre la République. » Le P. Hecker soutenait qu'un esprit clairvoyant ne peut manquer de reconnaître « que la République et l'Église travaillent ensemble sous la même direction divine, faisant un peuple homogène avec des races d'hommes diverses, et que leur action unie donnerait un développement de l'humanité surpassant tout ce qui fut accompli jusqu'à présent. »
« Pour inculquer cette leçon aux Américains, les paulistes commencèrent leur grande œuvre qu'ils poursuivront en particulier au moyen de l'apostolat par la presse. »