Cité par V American ecclesiastical Redew, sept
En laissant de côté, de dessein formé, les points de vue nouveaux apportés par la Congrégation de Sainl -Paul dans l'œuvre de la perfection personnelle de ses membres, eii évitant de toucher à la question de F « américanisme » que nous tenons pour définitivement tranchée, et en reconnaissant aussi très volontiers le mérite, le savoir-faire et les succès d'autres associations et congrégations religieuses, il est intéressant de montrer comment les paulistes, pour leur compte, ont réalisé dans l'action extérieure cette adaptation aux besoins et aux aspirations américaines que leurs fondateurs eurent en vue. Il faut connaître cet effort, car tm effort analogue devra être tenté tôt ou tard en Europe, pour rétablir le contact de la religion avec les esprits cultivés et les niasses populaires. Qui voudrait affirmer aujourd'hui que ce contact existe? L'exemple de ce qu'ont pu réaliser les paulistes suggérera peut-être, à ceux qui voient qu'il faut inettre le vin nouveau dans des outres nouvelles/le moyen de récolter ce vin et de trouver ces outres.
Cependant, ne l'oublions pas, ils se sont trouvés devant des contingences et des situations bien différentes des nôtres. Ils ont eu affaire à un homme jeune, plein de vie, de bonne volonté et souvent d'idéalisme; par contre, l'apôtre européen a et aura, de plus en plus, affaire à un homme mûr, blasé, sceptique, terre à terre sinon matérialiste.
« Les missions des premiers paulistes, où le P. Hecker se donna avec tout son cœur, ont
sonné le réveil de ce pays. Aujourd-hui, après trente ou trente-cinq ans, on se les rappelle comme un événement, partout où ellesjurent prêchées. » Ainsi s'exprimait Mgr Ireland, archevêque de Saiat- Paul, dans son introduction k la Vie du P. Hecker^ écrite par le P. Elliot.
Ce fut l'une de ces missions, prêchées à la Nouvelle-Orléans par les Pères Rédemptoristes qui devaient quitter la congrégation pour fonder les paulistes, qui décida le jeune Gibbons, alors employé d'épicerie, à entrer au séminaire en l'année 1854 ^. Elles ne se sont pas ralenties depuis lors et ont ramené à la foi, à la pratique religieuse, aux bonnes mœurs, des milliers de protestants ou de catholiques tièdes et négligents. La méthode suivie est substantiellement celle des rédemptoristes. « Elle ne s'en distingue, dit le P. Elliot, que par des appels plus fréquents aux qualités et aux vertus particulières que Dieu attend de notre époque. On y parle autant de l'énergie et de l'intelligence que des vertus proprement surnaturelles. En même temps que, par leur zèle édifiant et leur discipline religieuse, les meilleurs observateurs se sentent attirés par leur particulière liberté d'esprit, par leur application constante, à mettre sous le contrôle de la raison, les émotions que leur parole peut susciter. Hommes d'une grande indépendance native comme leurs fondateurs, leur influence religieuse tend à développer cette qualité chez les autres. Ils appor-
1. Voir Vie du cardinal Gibbons^ par Allen Sinclair Will. ch. I. Edit. Téqui, 1925.
tent un soin extrême aux instructions doctrinales. Quant aux dévotions spéciales, ils n'en recommandent aucune et se contentent d'aider les pasteurs dans le choix de ces moyens secondaires de sanctification ^. »
Contrairement à ce qui a lieu dans la plupart des con^égations, le missionnaire ne sépare pas sa vie au dehors de son activité paroissiale. « Il fait, dit encore le P. EUiot, un excellent prêtre , de paroisse. Habitué à un travail pénible et à fort peu de distractions, il met toute son énergie au service de ses fidèles. Il déploie un zèle infatigable pour rendre ses prédications efficaces, il visite des malades, court à la recherche des pécheurs obstinés et entend les confessions. D'autre part, la régularité des devoirs professionnels et la connaissance approfondie de rétat des choses dans une paroisse, développent son expérience et le rendent plus apte à ces initiatives personnelles, lorsqu il reprend ce que Pie IX appelait « ses expéditions apostoliques ^ ».
C'est surtout depuis 1893 que les paulistes ont organisé des missions pour les non-catholiques. « Je veux aider les catholiques avec ma main gauche, mais les protestants avec ma droite », avait dit le P. Hecker. Huit missions furent prêchées cette année-là dans l'État de Michigan, la plupart en des salles publiques. Elles servirent puissamment à diminuer les préjugés contre le catholicisme et multiplièrent les conversions. On y distribuait gratuite-