‹ Le Catholicisme aux Etats-Unis [microform]Chapitre 15 sur 34 · EUiot. Vie du P. Hecker, p · texte numérisé non relu

EUiot. Vie du P. Hecker, p

ment des livres et des feuilles volantes. Ces succès suggérèrent aux Paulistes de choisir avec le consentement de l'Évêque, dans le clergé séculier, des prêtres qui, dans les diocèses, continueraient, eux partis, l'œuvre des missions aux non-catholiques. Un premier groupe de trois missionnaires diocésains appliqués à cette tâche très spéciale, fut fondée en 1894 à Cleveland, L'année d'après, une autre croisade était ouverte à Pittsburg par les paulistes. Si consolants furent les résultats en ce camp retranché du sectarisme protestant, que l'évêque .voulut lui aussi que deux de ses prêtres poursuivissent l'œuvre commencée. Un bref du pape l'encouragea chaudement. A cette heure, des missionnaires séculiers, exclusivement consacrés à la conversion des protestants, existent dans plus dé cinquante diocèses américains. Il y en a même en Australie et en Angleterre.

Pour centraliser et organiser son action, une association a été créée, The catholic missionary Union, dont les directeurs sont sous le contrôle de la hiérarchie. Elle a ouvert à Washington une maison où les nouveaux missionnaires se forment sous la surveillance exclusive des paulistes ^.

Faisant appel au clergé séculier qui est plus nombreux, plus répandu, plus stable dans sa résidence, plus connu des non-catholiques, les paulistes recherchent aussi l'aide des laïques. Ceux-ci, parents, amis,

1. Elle aide pécuniairement les missionnaires. 500 dollars sufiBsent à l'entretien d'un prêtre. 100 dollars lui fournissent ce dont il a besoin. 25 dollars paient la dépense d'une semaine de mission, 10 dollars servent à louer une salle.

voisins de la foule protestante, en les aidant de leur argent, en distribuant des livres, en annonçant les missions parmi leurs connaissances et par d'autres moyens, aident efficacement l'action des missionoaires. Ils utilisent même quelques laïques comme conférenciers. En prenant les précautions indispensables, ceux d'entre eux qui ont du talent et des lumières servent la religion avec le plus grand succès.

Le Caiholic missionary Union a enfin un organe. C'est un périodique mensuel, illustré, The Missiona- •î/, fondé en mars 1896. Son objet est d'exciter le zèle pour la conversion et de ramasser l'argent aécessaire à cette œuvre. Il coûte 1 dollar par an. son succès a été merveilleux. Il a éveillé l'enthousiasme pour la conversion de l'Amérique, et procuré les fonds suffisants à l'entretien de six missionnaires, dans les parties du pays à l'Ouest et au Sud, 3Ù les catholiques sont trop peu et trop pauvres Dour supporter les charges d'une mission parmi eurs voisins^ .

Les paulistes ont marché à l'avant-garde dans a lutte contre l'intempérance.

Leur propagande s'est exercée par des sermons, des racts, des lettres aux joiu'naux, par des articles dans eurs propres organes, des pétitions au Parlement, par 'intervention aux élections, par l'action sur les vendeurs le rhum qu'ils ont détournés de leur commerce, par les ivis donnés au confessionnal, par la formation de jociétés d'abstinence totale, et la fondation du Bureau le Publicité avec un organe périodique : Tempérance

\. Cf. The ecclesiastical Review^ 1897.

Truth. Leur lutte ininterrompue, gigantesque, efficace et ardente contre l'une des plus tentantes occasions de péché en notre pays, éveilla l'estime pour la vertu cardinale de tempérance, édifia nos compatriotes puritains; elle fortifia la cause de l'abstinence totale, et ouvrit la voie à une législation spéciale et à la lettre pastorale du dernier concile plénier de Baltimore. Elle fut le courrier avant-coureur du bref approbateur du SaintrSiège, pour l'Union catholique américaine, en faveur de l'abstinence totale \

Une loi, dont le sénateur Volstead fut l'initiateur, a imposé depuis, cette abstinence totale des liqueurs alcoolisées à tous les États-Unis. Nous n'avons pas à l'apprécier ici. De très bons esprits là-bas estiment qu'elle a dépassé les limites à atteindre. Elle a développé la contrebande des liqueurs d'une manière effrayante. Cette contrebande enrichit des milliers d'Américains et en empoisonne des milliers d'autres. Le cardinal Gibbons condamnait l'absolutisme de la loi. Il lui reprochait de traiter comme un acte immoral ce qui n'en est pas

un ^.

De leur paroisse de New- York, les pàulistes ont réussi à faire la paroisse modèle. J'ai pu les y voir à l'œuvre, durant les temps où, à deux reprises, ils

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