‹ Le Catholicisme aux Etats-Unis [microform]Chapitre 16 sur 34 · Eccîesiastical american Review, sept · texte numérisé non relu

Eccîesiastical american Review, sept

2. La province de Québec a trouvé le joint pour modérer la boisson de liqueurs alcoolisées, en rétablissant le monopole de la vente dans certaines limites prescrites, au profit d'oeuvres d'intérêts commun : hôpitaux, routes, écoles.

m'offrirent dans leur communauté une douce et généreuse hospitalité.

Leur vaste église un peu sombre, mais aux proportions harmonieuses, aux ornements discrets et de bon goût, où l'autel du sacrifice et de l'eucharistie est largement exposé aux regards et aux prières des fidèles, est belle à voir, le dimanche surtout, à la messe de onze heures, remplie d'hommes recueillis. J'ai été frappe par l'exactitude, la régularité, la gravite des cérémonies religieuses qui s'y déploiéiit. La seule vue des officiants et de leurs aides inspire la piété. Ce ne sont pas des personnages évoluant suivant un certain rythme, mais des acteurs convaincus de participer à un grand drame. Pas d'illuminations théâtrales, pas de cliaquant rutilant dans les ornements, pas de chants ou de musique d'opéra. Tout est sobre, majestueux, recueilli, tout éveille l'amour et le respect. Les paulistes, bien avant la recommandation de Pie X, employaient le chant grégorien dans leur culte. Ils avaient jadis un chœur qui était le plus beau et le mieux organisé de l'Amérique. Ils ont dû y renoncer. Il leur coûtait trop cher. Celui qu'ils ont maintenant est plus modeste. Les soixante voix d'adolescents qui le forment, le dimanche et les grandes fêtes, entonnent des cantiques en entrant et sortant. Ils exécutent les thèmes liturgiques de l'Église et font une impression profonde et purifiante sur les assistants. -

Ces religieux inaugurèrent,^ en 1861, le sermon de cinq minutes, à toutes les messes basses, même les plus matinales. Ils ont publié plusieurs

volumes de ces courts sermons. A la grand'messe du dimanche, ils prêchent plus longtemps, et choisissent, à cet effet, leurs meilleurs orateurs. Ils éditent à l'avance des feuilles volantes où les sujets à traiter et les noms des prédicateurs sont indiqués. Je cite les sujets abordés aux grand'messes des dimanches d'octobre et de novembre 1923. Ils ouvi'aient une campagne de trois mois ^.

7 octobre : Les catholiques ont-ils le respect de la science ? -

14 octobre: Que pensent les catholiques des miracles ?

21 octobre : La réapparition du paganisme.

28 octobre : Les prétendus sages.

4 novembre : Que pensent les catholiques de l'école publique ?

11 novembre : La foi est-elle raisonnable ?

18 novembre : Que pensent les catholiques du pape ?

25 novembre : L'au-delà.

Au service du soir, à huit heures, où se donne la bénédiction du Saint-Sacrement, ils ont d'autres sermons. Les sujets du mois d'octobre 1923 étaient :

1. On l'appela campagne pour le Pair Play. Voici sous quelle forme on lui fit de la publicité dans les journaux :

« Constatant que les points de vue catholiqpies sur beaucoup de questions ont été mal compris et mal expliqués, en dehors et au dedans de l'Église catholique, les PP. paulistes ont annoncé ce qu'ils appellent une campagne de Pair Play. Elle comprendra des conférences spéciales, des sermons, des dialogues dans l'église des paulistes, Ouest, 59^ rue, tous les dimanches, soir et matin, avec distribution de brochures et de feuilles volantes, où les questions soulevées seront débattues. » Suivait l'énumération de ces questions.

Pourquoi les catholiques Konorent la sainte Vierge? I — Que pensent les catholiques de l'éducation? \ Très souvent, ils ont à ce service des conférences dialpguées.

Voici les sujets pour le mois de novembre 1923 :

L'Eglise peut-elle s'immiseer dans la politique ? — Que pensent les catholiques des sociétés secrètes ? — Que pensent les catholiques des mariages mixtes ? -7- Que pensent les catholiques du divorce ? "^

Au cours de l'année, en des occasions plus solennelles, ils organisent dans leur église une série de conférences sur les sujets d'actualités et moins directement religieux.

En 1923, du 21 au 28 octobre, le P. Gillis, directeur du Catholic World, traita tous les jours à huit heures, et le dimanche à 11 heures du matin et à huit heures du soir, les thèmes suivants :

La récente réapparition du paganisme : G. -Bernard Shaw : Le Disciple du diable. — H.-G. Wells : L'Omniscient. — Sigismond Freud : Rêves et désirssupprimés. Conan Doyle : Esprits, Revenants, Ectoplasme. — Frédéric Nietzsche : la Bête blonde; le Surhomme, — Ernest Haeckel : Au delà de Darwin. — Leur prétendue sagesse. — Retour au Christ ou au chaos.

J'ai assisté à ces conférences. L'église était pleine jusque dans les moindres recoins. L'attention sympathique et éveillée du nombreux auditoire, environ 5.000 personnes, me frappa. Il était formé, m' assura- 1- on, d'une bonne moitié de pro- [testants. Au fond de l'église, en un endroit bien

apparent, se trouve une boîte. C'est la Question Box (la Boîte aux questions). Quiconque a une difficulté ou un doute peut l'écrire et le mettre dans la boîte. Un Père est spécialement chargé de dépouiller cet intéressant courrier des âmes. Avant chaque sermon, il répond brièvement aux questions.

Le P. Hecker comprit très vite la nécessité de l'apostolat par la presse. 11 eut un moment l'idée de fonder une congrégation de femmes, pour aider les paulistes dans leurs œuvres multiples et spécialement dans les œuvres de presse.

En avril 1865, parut The catholic World. Il a été,j depuis lors, un porte-parole qualifié, respecté et influent de la doctrine et des droits catholiques' devant le public américain. On y, a publié des articles sur toute sorte de sujets. Dans les limites d'une rigoureuse orthodoxie, ils se distingueni par un sens religieux profond, par un ton modéré, par le dédain, des vaines suf enchères et monoi pôles dans les doctrines, les hommes, les dévotions et les œuvres, par le mépris de la réclame commerciale, par le dévouement sans gestes redondants à l'Ëglise, par l'attachement aux institutions libres de l'Amérique sans fanfaronnade d'égoïsme sacré ^.

En 1866, les paulistes avaient formé la Société dm publications catholiques. Elle était, dans leur dessein

1. Des Pères de la Compagnie de Jésus et des religieu: d'autres ordres y écrivent souvent.

une entreprise apostolique pour éditer les œuvres visant à instruire les catholiques, et à éclairer les non-catholiques. A prix coûtant, et moins encore, on devait les répandre, comme feuilles en automne, sur tout le pays. Ils amenèrent le second concile plénier de Baltimore à adopter la Société, à décréter que les évêques étabhraient chez eux une filiale, à fixer une quête pour elle tous les ans, et à prendre encore d'autres mesures pour sa diffusion. Elle publia dès lors des brochures et des livres très utiles à la religion, dont des millions de copies ont été répandues dans le public. Ne recevant pas les concours sur lesquels elle avait compté, elle fut confiée à des laïques, et, un an ou deux après, elle cessait d'exister. De ses ruines est sortie Y Échange du livre catholique, qui fit le même travail, sur une base purenaent f missionnaire i. '

En 1917, cette dernière Œuvre fut remplacée ou mieux élargie par la Ligue catholique pour r Unité, due à l'initiative du P. Conway.

En juillet 1917, il prov'oquait, à New- York, la réunion de trois Chevaliers de Colomb qui, depuis 1915, s'étaient montrés spécialement zélés pour la conversion des protestants par des conférences et le prêt de livres. Il leur suggéra l'idée d'une organisation qui assurerait quatre ou cinq séries de conférences par an, et procurerait les li\Tes demandés pendant ces conférences et après leur clôture. Depuis lors, la Ligue s'est considérablement augmentée.

Elle ne compte pas moins, de 7.000 membres dont iix archevêques, trois cents prêtres. Tout catholique

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