American ecclesiastical Review, septembre
peut en être membre, moyennant un dollar par an. Pou subvenir aux demandes d'ouvrages catholique affluan des États-Unis et du Canada, elle a fondé une biblio thèque de livres à prêter, sur toutes les question pouvant intéresser les catholiques. Elle a plus de 3.O0( volumes et de 10.000 brochîïres. Elle est essentiellemem une bibliothèque de prêt. Les emprunteurs n'ont qu'i payer le port. -Un livre peut être gardé deux semaine: ou plus longtemps, si on en fait la demande. Les brochu chures dont on a besoin ne sont pas rendues. On le! communique aux non-catholiques qui veulent s'éclai rer... En six ans d'existence, la Ligue a tenu 22 réunioni publiques à- l'hôtel Astor. En 1917, environ 100 mem bres entouraient l'orateur. En 1923, la vaste salle di l'Hôtel était absoluraent comble, et plus de 1.000 per sonnes durent rester dehors. Depuis 1917, la Ligue a dépensé plus de 28.000 dollars pour la diffusion de la Foi. La plus grande partie de cet argent fut employé( à expédier 80.000 volumes et à distribuer gratis 265. 00( brochures ^.
En 1870, les paulistes avaient fondé Le Jeuru Catholique, un bi-hebdomadaire illustré, qui devail être pour les enfants ce que la grande revue était pour les parents. Il fut le premier de ce genre aux États-Unis, et il a gardé sa place jusqu'à mainte nant, même en face de la demi-douzaine de con currents parus depuis.
Ils avaient eu l'idée de fonder un quotidien, tt P. Hecker avait fait des démarches en 1871 poui acheter un journal bien connu à New- York. I aurait pu l'avoir pour 300.000 dollars. Il avait déjî
1, The catholic unity League^ par le P. Conway.
ramassé la moitié de l'argent, quand sa santé commença à décliner et le projet fut abandonné.
En 1892, les Pères installèrent, attenant à leur résidence, une imprimerie pour leur service exclusif. Elle comprend salles de rédaction, salles de composition, d'impression, de matériel, etc. Tous leurs livres et toutes leurs revues et publications sortent de ces presses, où le travail est particulièrement soigné. Ils l'ont réorganisée en 1924. Elle emploie 35 ouvriers et distribue des millions de brochures et de feuilles volantes. Des ses ateliers sont sortis les 2.000.000 d'exemplaires du livre du P. Conway, The Question Box, le-plus fort tirage après celui de la Bible et de V Imitation. -
Les paulistes n'ont pas de collèges, mais, comme la moitié au moins des jeunes catholiques fréquentent les universités laïques, les évêques leur ont demandé des chapelains. Ils ont pu en donner à l'université Golumbia de New- York, à celles de Minnesota, de Californie, du Texas, de Toronto du Canada, au collège de la ville de New- York. Leurs- idées larges, leurs connaissances apologétiques, leur sympathie avec l'esprit américain, leur tact dans la manière de traiter avec les noncatholiques, font d'eux des chapelains modèles s'adaptant aux besoins spéciaux de chaque université. Ils estiment que le meilleur moyen de sauver leurs jeunes croyants, n'est pas de les tenir éloignés du milieu composite qu'est celui de l'université aux États-Unis, mais de les immuniser pour qu'ils puisseiit le fréquenter sans danger et au profit de leurs camarades.
Les nombreux catholiques qui vont aux institutions laïques, prétendent que c'est pour eux le seul moyen d'assurer leur position dans la vie. Les professeurs y seraient aussi, à les entendre, plus capables. Ces étudiants étaient fort négligés et beaucoup perdaient leur foi et leurs mœurs. Les paulistes ont établi dans les principaux centres universitaires des Newman Clubs où, logés à des prix modérés, ils trouvent des salles de jeu et des bibliothèques à leur disposition. Un Père a la charge du club et veille discrètement sur eux. Je dois ajouter que l'œuvre des Newman Cluhs est fort mal vue dans quelques milieux de réguliers qui les accusent de favoriser les institutions
laïques.
Parmi les initiateurs des Summer Schools, Écoles d'Été, se trouvaient des paulistes. L'un d'eux, mon vénérable ami le P. Me Millan, m'avait fait inviter en 1929 pour y donner quelques conférences. Je pus ainsi voir de près une institution que les catholiques européens ne connaissent pas assez.
L'idée en vint à Mgr Loughlin, secrétaire de Mgr Ryan, archevêque de Philadephie^ un grand ami du cardinal Gibbons. Sa première réalisation date de 1892. La Summer School tint alors sa i session à New-London, un petit port sur l'Atlantique dans le Connecticut. On n'arriva pas à couvrir les frais exigés par cette installation et l'évêque de Hartford, Mgr Me Mahon, dut venir à la rescousse.
Malgré ce déficit pécuniaire, les résultats moraux et intellectuels avaient été encourageants. I^a Summer School allait devenir le moyen de faciliter aux gens pris par leur besogne quotidienne et à d'autres, le perfectionnement de leurs études, tout en se distrayant. Aucuae classe sociale n'était exclue.
La seconde session, en 1893, se tint à Plattsburg, avec. la chaude coopération des autorités diocésaines.- Plattsburg est une ville de 15.000 habitants sur le lac Champlain. A trois kilomètres de la ville se trouvait une ferme appartenant à la compagnie des chemins de fer Delaware-îludson. Elle s'étendait sur près de 1.000 mètres le long du lac, avec une surface de 150 acres (60 hectares). On décida d'obtenir de la compagnie un droit d'option pour l'acquisition de cette propriété. Coup de maître. Ce terrain devait faciliter l'admirable développement de l'œuvre. Ombragé d'arbres le long du rivage du lac, il a à ses deux extrémités un bois. Le rocher promontoire (Clifî) formant une petite baie (Haven) donne son nom à l'endroit et à la petite gare qui le dessert. En face, loin au delà de la masse d'eau, sur l'horizon, se détachent les douces ondulations bleuâtres des Blue-Mounts au nord de l'Etat de New- York. Le lac découvert par Champlain est une petite mer intérieure parsemée d'îles. Il a 100 milles de long sur 40 milles de large. Sa surface et ses rives ont été témoins d'importants faits de l'histoire franco-anglo-américame. Aucun lieu ne pouvait mieux convenir aux vacances studieuses et reposantes des catho-
liques américains. Tout près se trouve un camp d'Académie militaire.
En février 1893, l'Université de l'État de New- York reconnut l'existence légale de la Catholic Summer School. Elle était classée dans la catégorie des œuvres se rapportant à l'Extension Universitaire. Du fait les étudiants obtenaient plusieurs avantages pour leurs examens et des privilèges légaux^.
Certains catholiques doutaient de l'utilité de cette institution. En 1894, Léon XIII tranchait le différend en demandant aux responsables « de ne pas abandonner la tâche déjà entreprise et d'aller de l'avant, pleins de confiance ».
En 1897, le président MacKinley vint à la Summer School: Il la proclama « une organisation nationale ». Il y revint en 1899 et y prononça un discours mémorable sur « la constitution et le drapeau ». Le président Roosevelt, les cardinaux Gibbons, Bonzano, Gasquet et une foule d'autres personnalités ont été ses hôtes.
Sur une surface de cent cinquante acres (60
1. M. John Finley, commissaire délégué à rÉdùcation, de l'État de New- York, écrivait, le 9 mai 1916, au P. Me Millan, pauliste, l'un des fondateurs de la Summer School: «Je garde un excellent souvenir du jour passé à votre École près du lac dont les rives rappellent le courage et les souffrances d'explorateurs, de soldats et de prêtres, et où une académie naturelle se dresse pour l'enseignement des choses de l'âme et de l'esprit, et un camp pour la formation du soldat. Je vous félicite, vous qui avez travaillé si patiemment et si effective- j ment à cette École. J'espère que les résultats que vous j obtiendrez vous encourageront à étendre encore son influence.
hectares) sont bâtis depuis 1916 douze cottages d'architecture différente, ayant tous un nom particulier : Boston, Philadelphie, Rochester, New- York, etc. Chacun d'eux a été construit par le sercle d'études ou les œuvres de la ville dont il oorte le nom. Comme toutes les maisons amérijaines, des campagnes et des petites villes, ces chalets sont en bois. Ils ont une trentaine de chambres. Si j'en crois mon expérience, elles me paraissent peu aptes à assurer à un Français, un tranquille travail de l'esprit et même le sommeil, sauf après minuit. Mais l'Américain est beaucoup plus habitue :|ue nous à vivre, à travailler, à manger et même à lormir en public. Ces cottages ont bains, électricité ît autres commodités modernes.
A leur tête est une Hostess. Elle a la charge du natériel, gère sous sa responsabilité le cottage ?.t perçoit les notes des pensionnaires. Ceux-ci Deuvent y trouver des chambres depuis 8 dollars 3ar semaine. Ils prennent leur repas avec les peniionnaires des autres cottages, dans une vaste îalle à manger communiquant avec des cuisines. Les servantes sont des jeunes filles le plus souvent nstitutrices dans les écoles paroissiales, qui passent linsi des vacances assez agréables sans bourse iélier. Des étudiants ou de jeunes professeurs et surveillants, sont dans d'autres services. Le prix les repaspar semaine est fixé à 21 dollars. Près le la salle à manger est un cottage où sont installés administration, la poste et l'épicerie, ou mieux, e bazar. Une grande chapelle est en face du réectoire. A quelques pas, The Auditorium, une
belle salle en amphithéâtre, où se donnent les conférences et où l'on joue des drames.
Le côté ieux et sports ne pouvait être négligé dans une entreprise américaine. Le Champlain Club est le plus beau bâtiment de la Siimmer School. On y trouve une salle de bal où tous les jeûnes gens se rencontrent le mercredi soir et dansent, guidés par un orchestre ^. Ceux qui veulent une nourriture plus raffinée, des chambres et un salon plus élégants et tranquilles, peuvent se satisfaire ici. Un jeu de golf pour les amateurs est installé tout près de Cliff-Haven. Les boxeurs, les joueurs de balle et de tennis ont leurs terrains spéciaux. Des cabines, des plat es -formes pour les plongées et la nage s'alignent au fond de la baie, aux rives ombragées par de hauts et vieux arbres. Une croix s'élève à une extrémité sur le rocher. Des cabines pour campements d'enfants et de jeunes gens que dirige le Rev. Duffy, sont dispersées dans le bois
1. A New- York, les paulistes ont organisé -des soirées dansantes pour les catholiques. J'ai sous les yeux une feuille volante rapportée de leur maison. En voici la traduction :
« Il faut venir ! — Danse tous les mercredis soir, à l'Union littéraire, A. C. Spalding des paulistes, 32-34, West 68th Street. Attraction : l'Orchestre Plantation. — Prix d'admission : 50 cents. »
Je donne, à dessein, ce détail sur la danse. Il surprendra dans les pays latins. Je n'ai pas à en discuter l'opportunité. Mais je dois dire que j'ai trouvé le. même usage en Angleterre et en Suisse, dans les œuvres catholiques. Ici et là, on m'a assuré que c'était l'un des meilleurs moyens de préserver les jeunes gens catholiques et d'empêcher les mariages mixtes.
attenant. Des canots se balancent sur l'eau en attendant des amateurs pour les excursions à travers le lac et dans ses îles.
En 1928, un cottage a été élevé près du rivage qui sert uniquement à l'extension universitaire de rUaiversité de Fordhan à New- York, que dirigent les jésuites. Il ne comprend que des salles de classe. Cette extension a des cours d'été du 1^^ juin jusqu'au 27 juillet. Elle s'adresse aux jeunes gens ou jeunes filles, élèves ou j^rofesseurs, qui veulent préparer un examen ou compléter leurs études.
En 1929, s'ouvrait, sous les auspices et la responsabilité de l'œuvre de la Summer School, un vaste hôtel : The Washington. Les cottages ne pouvaient plus suffire aux demandes pour satisfaire les pensionnaires. Soixante chambres avec tout le confort moderne seront maintenant à leur, disposition du 15 juin au 15 septembre. Il reste à construire une bibliothèque avec sa salle d'études et un musée. Des plans sont déjà proposés.
Le conseil d'administration de la Summer Schoàl comprend deux comités. L'un a pour objet lé gouvernement économique de l'œuvre, l'autre le gouvernement intellectuel. Ce dernier, dans le courant de l'année, trace le programme et désigne les personnalités qui donneront les leçons et conférences. Elles commencent le l^'^ juillet et durent jusqu'au 2 septembre. Elles ont pour objet toutes les questions d'histoire, de littérature, de sociologie, d'art, de science, de philosophie, ayant un intérêt quelconque pour un catholique. Elles sont adaptées aux différents milieux qui, à diverses époques,
composent l'élément de la Summer School. Deux professeurs donnent chacun pendant cinq jours de la semaine, tous les matins à 10 heures et à 11 heures, une conférence sur un sujet spécial. Un autre professeur en donne une, le soir à 8 h. 30, sur un autre sujet. Je donnai mes cinq conférences sur r « Évangile et sa portée sociale », 1' « Évangile et l'individu », V « Évangile et la manière dont son enseignement social est compris par les rationalistes, les protestants et les catholiques », 1' « Évangile et l'égalité », du 22 au 26 juillet, quatrième semaine de la session. Ces mêmes jours, le matin, le P. Delaunay de la Congrégation de la Sainte- Croix, parlait sur son séjour de six ans dans l'Inde et le soir, M. Joseph Whalem, de Boston, « du drame ». Je n'ai pu trouver les chiffres des participants pour les dernières années. ^Mais un article du P. Mac Millan donne les détails suivants pour 1905 :
A un moment, au mois d'août, il y avait plus de 1.100 membres affiliés présents, venus des Etats-Unis et du Canada... Le compte des billets de chemin de fer nous permet d'estimer qu'environ 7.000 personnes arrivèrent pendant les neuf semaines consacrées ati cours.
Ces chiffres ont dû plus que tripler depuis.
On aura une idée des questions traitées par les sujets du programme de 1922.
Première semaine. Le matin : cinq conférences sur la Science et la Foi . Le soir : cinq conférences sur les Problèmes de la Foi d^ aujourd'hui.
Deuxième semaine, matin : Les grands écrivains hiberno-anglais du xvni® siècle (5 conférences) ; — soir : Un exposé du spiritisme (2 conférences). Deux auditions de piano.
Troisième semaine, matin : Les Pères dé la République américaine (5 conférences); — soir : Quelque» phases du développement social américain (4 conférences).
Quatrième semaine, matin : Histoire et développement du problème féminin (5 conférences); — soip : Quatre auditions de chants.
Cinquième semaine, matin : La valeur éducative de la liturgie; Sainte Catherine et la papauté; La spiritualité dominicaine; Saint Dominique démocrate; Les dominicains et la crise intellectuelle du Moyen Age.
Pendant trois semaines, à 11 heures, tous les matins, des cours de sociologie étaient donnés sous la direction du D^^ Kerby, de Washington.
Sixième semaine, matin : Principes d'art moderne et de littérature (cinq-- conférences) ; — soir : Quatre conférences sur la musique et sur le drame.
Septième semaine, matin : Étude de plusieurs drames (5 conférences); — ; soir : La France pendant la guerre (2 conférences).
Huitième^semaine, matin : Quelques phases de l'histoire d'Irlande (5 conférences); — soir : l'Eglise catholique et la grande guerre (4 conférences).
Neuvième semaine, matin : Quelques centenaires de l'année passée : Saint Jérôme; le tiers ordre franciscain j Dé Maistre (5 conférences); — soir : Les rapports de saint François d'Assise et de sainte Thérèse avec l'art.
Telle est cette œuvre magnifique de la Summer School. L'initiative en revient tout entière à des catholiques américains galvanisés par les paulistes. D'au-
— nôtres, depuis, ont cherché à les imiter. Les protestants de différentes sectes ont maintenant leur Summer Schoool, en Amérique et en Angleteïre. En ce dernier pays, les catholiques ont aussi à Oxford la leur. Je l'ai visitée, en 1921. Elle ne dure que deux ou trois semaines et ne peut que de très loin être comparée à celle des Américains. Nos « semaines sociales » ne s'en rapprochent pas davantage. Je crois cependant que tôt ou tard les catholiques, américains dont les progrès intellectuels sont constants, leur emprunteront leur entrain, leur enthousiasme, leur sérieux dans l'étude des grands problèmes sociaux et des autres; ils y auront donc plus de School et moins de Summer. A leur tour, les « semaines sociales » auraient sans doute à apprendre des Summer ScJwols, bien des choses.
Peut-être un jour stimulés par elles, verrat-on créer pour les mois d'été, quelque part, en Auvergne, en JBretagne, dans les Alpes ou les Pyrénées, une université qui ne sera plus ambulante. Elle aura ses chalets de Paris, Lyon, Marseille, Bordeaux, Toulouse, Lille, etc., groupés autour d'une chapelle, d'une salle de conférences, d'une bibliothèque et d'une salle à manger. Là tout en devisant sur les questions brûlantes de la politique, de la sociologie, de l'art, de la philosophie, les catholiques français, unis dans une foi qui ne sera plus exploitée dans des buts terrestres, pourront boire les bons vins de France, avantage dont sont privés à leur grand et légitime regret, les catholiques américains.
En 1925, les paulistes fondèrent une ligue spéciale dite Paulist League, développement de la ligue catholique pour l'unité, dont le Lut était de coopérer avec les œuvres consacrées à faire connaître l'Église catholique aux Américains; de travailler à l'éducation religieuse des laïques, de prêter des livres de propagande et de former la documentation apologétique nécessaire, enfin et surtout, d'ériger une station de radio/ Elle fut la première créée par une œuvre catholique dans un but de propagande, grâce au quatre-vingt mille dollars recueillis par la Ligue dès qu'elle annonça le projet. Le premier message fut lancé le 24 septembre 1925, et son rayon d'action s'étendit jusqu'au Groenland. En décembre 1926, Mgr Dunn donnait pour elle une conférence sur L'Eglise et la Démocratie. Depuis lors, les sujets les plus variés, les plus actuels, les plus adaptés à la défense du catholicisme, ont été traités à la station du radio des PP. paulistes dite W. L. W. L. Après une conférence sur l'Écriture sainte, un presbytérien écrivait : « Me permettez-vous de vous envoyer toutes mes félicitations pour vos déclsirations sur l'inerrance des Livres sacrés. Vous avez raison. Quiconque attaque les Écritures se met dans l'impossibilité d'exposer la religion de Jésus-Christ. «
Le 24 avril 1927, le cardinal Hayes, archevêque de New-York, voulut expliquer sur ce radio la campagne qu'il ouvrait pour les œuvres de charité des catholiques. Un programme pour le mois de juin de cette année, fut indiqué avec des parties musicales très variées et pour les vendredis, une conférence
du P. EUiot Ross sur ce sujet : Comment choisir une femme ou un homme?
Mais, la station se trouvant au centre de la ville, près de la maison des paulistes, sa force d'émission était restreinte. On décida de la transporter dans les prairies du New-Jersey. Elle y était installée en décembre 1927, avec un champ d'action plus que doublé. En mai 1928, on y inaugurait des cours de Psychologie moderne par un professeur d'université.
Comme je l'ai dit, la Paulist League a pour objet le prêt des livres de propagande. Dans ce but, elle a établi sous les porches des églises et en certains endroits publics, des casiers où chacim peut choisir livres et brochures à sa convenance pour un prix modique. En 1927, elle avait par ce moyen, répandu 42.000 exemplaires de la Lettre des éf^êques américains sur la question du Mexique; 32.000 brochures du « Chemin de la Croix pour enfants»; 30.000 de « Trois heures d'agonie «, etc. Cette même année, en l'espace de cinq mois, elle distribuait par mois 80.000 brochures et en imprimait, dans le même espace de temps, 60.000.
Enfin, à l'imitation deV English Catholic Endence Guild qui, tous les dimanches, a sa chaire à Hyde-; Park où montent des laïques, hommes et femmes, pour répondre aux objections contre le catholicisme, qui prêche partout où elle en a l'occasion, la PauZi^i League a inauguré en 1927, la prédication dans les rues au Manitoba. La pratique se répand ailleurs,
-Voilà qui s'appelle se renouveler et s'adapter. Si l'esprit se renouvelle et s'adapte en même temps,
on peut attendre de beaux résultats de cet apostolat vivant, le seul fécond.
Je rappelle, en terminant, que le P. John Burke est le secrétaire aimé de F oeuvre centrale de l'Eglise américaine, The National Catholic Welfare Conférence, dont j'ai parlé précédemment.
Telles sont les principales oeuvres créées et soutenues par le zèle des paulistes. Elles ont un caractère américain inarqué. Les faire revivre exactement dans nos pays latins serait malaisé, mais elles peuvent suggérer des idées. En tenant compte du temps et, des milieux, leur application donnerait sans 'doute d'excellents - résultats. Il semble que l'apostolat des paulistes soit plus en contact avec les présentes nécessités des âmes aux États- Unis que le nôtre chez nous. Les préoccupations de politique pure en sont exclues. Ils aiment dans leur peuple l'indépendance, le fair-play, l'ardeur aux affaires, et ils le lui disent. Jamais on ne les verra se solidariser avec les passions d'un parti, sous prétexte de défendre le dogme où la morale. Toutes les nobles causes, tous les dévouements à la justice,- à la fraternité, à la tolérance, sont assurés de leurs applaudissements et de leur approbation, quels qu'en puissent être les initiateurs.
Traiter dans nos chaires, sous forme de confé-^ rences, les suj ets qu'ils y traitent sur les romanciers ou d'autres écrivains en vogue, ne serait pas possible. L'usage le permet en Amérique. Juifs et protes-
tants sont si « actuels », qu'ils en oublient les vieilles et fondamentales vérités! Le catholicisme américain n'étant pas contaminé par les fièvres politiques, comme il l'est ailleurs et surtout dans l'Europe latine, peut se présenter aux foules, dans sa magnifique synthèse de religion harmonieuse, ne servant jamais l'autorité ou la liberté aux dépens de l'une ou de l'autre. Ce peuple jeune, aussi ami de l'idée que du dollar, malgTé les apparences, et qui, même dans ses partis les plus conservateurs, rappelle l'état d'âm.e de la France en 48, applaudit toute parole sincère qui, défendant une croyance particulière, reste fidèle aux grands idéals de justice et de liberté humaine fondement de sa civilisation. Le prédicateur européen né peut pas oublier que les peuples de son hén^iisphère n'ont plus cette jeunesse et cette naïveté. Mais^si l'idéal y est moins simpliste et inexpérimenté, il vit au profond des âmes et va dans les mêmes directions. Celui qui aura le courage évangélique de se mettre en contact avec lui, en le prêchant, s'il a un peu de talent, est
assuré du succès.
Les paulistes dirigent à New-York deux grandes paroisses. Ils ont un noviciat, une maison d'études à l'Université de Washington; une église et une résidence à Chicago, Toronto, Portland (Oregon), Winchester, Austin, San Francisco : une église américaine, Santa Susanna, et deux Pères, à Rome. Il fut un instant question de les établir en Angleterre et en Australie. i
La pénurie des sujets fit renoncer au projet. A cette heure, ils sont environ 80 Pères, et 44 novices. Leur petit nombre s'explique par le haut idéal qu'ils poursuivent, et par le type spécial de religion sans vœux qu'il exige.
Leur congTégation, comme d'autres, a embrassé ui^e foule d' œuvres excellentes; elle en crée tous les jours et elle n'a que peu d'ouvriers à y appliquer. Fatalement, la formation intellectuelle et pastorale en souffre un peu. Des cerveaux bien organisés et meublés sont nécessaires aux ordres religieux, s'ils veulent avoir une influence profonde et s'imposer au dehors aux incrédules et aux noncatholiques.
Les PP. jésuites de la revue hebdomadaire America, a l'occasion de la mort du P. Elliot, le 18 avril 1928, reridirent dans leur numéro du 5 mai de la même année, à l'œuvre des paulistes, un noble hojnmage. Il mérite de clore ce chapitre. Il honore les uns et les autres, c En prenant au hasard? écrivait America, quelques-?jnes des caractéristiques de ces missionnaires, dont certaines remontent au P. liecker lui-même, on note ce qu'il est permis d'appeler, le phénomène pauliste. Ces particularités furent . d'abord tenues pour choses nouvelles et même radicales, quand elles apparurent. Ensuite, mises à l'essai, on les trouva si pratiques que tout le monde les accepta et rares furent ceux qui se souvinrent de leur début. Nous avons eu ainsi l'idée d'une revue catholique meiîsuelle réalisée dans le Catholic World; les homélies de cinq minutes aux messes basses; les livres d'apologétique
simple et conciliante d'Hecker, de Conway, d'Elliot, de Searle et d'autres; la large distribution de brochures et les casiers à livres ; l'usage de la Boîte aux Questions pour les missions et retraites; l'idée d'une maison d'apostolat de mission pour former au travail missionnaire dans le pays; l'apostolat par la radio; l'œuvre des Newman Clubs pour les collèges et universités séculiers', et least but not lastj une grande foi dans la capacité de l'Eglise de s'adapter pleinement aux mœurs et à l'idéal américain,
«Le meilleur moyen, sans doute, d'apprécier.à leur valeur, les soixante années écoulées de cette aetivité, est de se demander quelle serait la situation de l'Église dans notre pays aujourd'hui, si ces cinq hommes ne s'étaient pas associés, comme ils firent, sous le patronage de l'apôtre des Gentils. »
A côté des paulistes, les encourageant et collaborant souvent avec eux, les sulpiciens, comûoie formateurs d'élite du clergé américain, ont largement et efficacement contribué à cette situation de prospérité.