Herbermann, op. eiU, p
de Sainte- Marie les trpis dernières années de son existence, pour arranger et liquider la situation financière. Il revint à Saint-Charles en 1852 . En ce moment-là, le séminaire ne pouvait recevoir que quarante-cinq élèves. Agrandi peu à peu, en 1898, année de son cinquantenaire, il en avait deux cent vingt-cinq. A M. Jenkins était due la belle chapelle de l'établissement. Il y consacra toute sa fortune.
En 1911, un incendie le détruisit. On abandonna alors Ellicot City, où était construit le collège sur le terrain donné par Charles Carroll. On alla bâtir un plus bel établissement dans un plus bel endroit, . à Catonsville. En 1929, on l'aménageait, pour y recevoir un ntillier d'élèves. Ils y accourent de tous les coins des États-Unis, mais surtout de la Nouvelle- Angleterre, de l'État de New- York et du diocèse de Baltimore, pour s'y préparer à la prêtrise. Ils ont occupé ou occupent encore les postes les plus brillants dans la hiérarchie catholique et les universités. En 1855, y arrivait le futur cardinal Gibbons. Le jour de la Dédicace du nouveau Saint- Charles, en 1912, à Catonsville, après l'incendie de l'autre, le grand prélat disait : « Je bénirai toujours la mémoire du Père rédemptoriste qui me conseilla de choisir Saint-Charles pour poursuivre mes études. Je remercie la sage Providence qui guida mes pas vers cette institution, il y a près de cinquante-sept ans, quand je quittai la Nouvelle-Orléans. » II avait alors vingt et un ans et quittait un magasin d'épicerie. En peu d'années, il montait tous les degrés de l'échelle hiérarchique
pour devenir archevêque, et cardinar de- Baltimore, l'un des hommes les plus aimés et admirés' qu'aient eu les Etats-Unis. Il a^ ait été ordonné prêtre en 1861 au grand séminaire Sainte-Marie, dont nous allons raconter brièvement les destinées.
M. Nagot en fut le supérieur jusqu'en 1810. De 1806 à 1810, trois séminaristes seulement y reçurent l'onction sacerdotale. M. Nagot eut pour successeur M. Tessier qui l'avait accompagné en Amérique en 1791. Celui-ci eut pour collaborateur M. Maréchal que M. Émery avait rappelé de Baltimore en France, en 1803, pour en faire un professeur de théologie à Saint-Flour, à Aix, à Lyon. Il l'avait renvoyé en Amérique, en 1812, quand Napoléon supprima la Compagnie de Saint-Sulpice. M. Maréchal s'imposa par son savoir, ses vertus et sa loyauté envers sa patrie adoptive. Troisième successeur de Carroll sur le siège de Baltimore en 1817, il fut un grand évêque à l'esprit américain : il obtint de Rome, en 1821, qu'on nommerait le moins possible d'étrangers aux sièges épiscopaux des État-s-Unis.
Son ami, M. Tessier, gouverna le grand séminaire ,-de Baltimore pendant neuf ans. Quarante-huit prêtres furent ordonnés sous son administration. Petit nombre, sans doute, pour tant d'années, mais la population catholique était alors bien peu nombreuse aux États-Unis. Sainte-Marie fournit non seulement « la plupart des prêtres de paroisse pour Baltimore et les sièges sufïragants, mais
'il donna des prélats capables, distingués et pieux, à une foule de sièges de la République^. » Parmi eux, Mgr Eccleston, un converti, qui devint le cinquième archevêque de Baltimore. En 1824, Mgr Maréchal avait obtenu du Saint-Siège que le sémijiaire Sainte-Marie aurait le titre d'université avec faculté de conférer les grades.
En 1829, M. Tessier remettait sa démission entre les mains de M. Carrière, que le Supérieur général de Saint-Sulpice, M. Garnier, avait délégué aux États-Unis. Il mourut en 1840.
/M. Deluol, professeur de théologie, le plus ancien des sulpiciens américains, fut désigné par M. Carprière pour remplacer M. Tessier. Le nombre des étudiants n'augmenta guère, mais ils furent de choix. Des trente-six prêtres ordonnés jusqu'en 1849, cinq furent élevés à' l'épiscopat. La plupart des autres se distinguèrent comme écrivains et orateurs.
f*:, M. Deluol établit dans son séminaire des [cours fd'histoire de l'Église, d'hébreu et de sciences, 'jusque-là à peu près inconnus. En 1849, à son tour, iil priait M. Paillon, délégué aux États-Unis par le Supérieur général, M. de Courson, de le relever de ;sa charge. Il avait été opposé à l'ouverture du y3ollège Saint-Charles. , Il vint mourir à Issy, le 15 novembre 1858.
r Avec le départ de M. Deluol pour Paris commence une ère nouvelle pour les sulpiciens des États- Unis. Leur grand séminaire alimenté par le collège
-;: 1. Herbermann, op. ciL, p. 84.
tE CATHOMCISME AUX É'TATS-UNIS» — 5,
Saint-Charles est mainteiiant bien établi. Ils abandonnent la direction de religieuses, de laïques et d'un collège purement séculier, pour se consacrer i tout entiers à l'œuvre de leur vocation spéciale. M. Lhomme succéda à M. Deluol. Sous son administration, le grand séminaire Sainte-Marie prendJ de plus en plus un caractère national. Les élèves lui viennent de tous les États de la République. En 1857, y entrait, après avoir passé deux ans à Saint-Charles' Collège, un jeune séminariste de vingt-trois ans qui s'appelait James Gibboiis. On l'ordonnait prêtre en 1861 ^. ^ -
Sous l'administration de M. Lhomme sévit le Knownothing, une Société nationaliste, précurseur>-, du Ku-Klux-Klan. Elle demandait l'expulsion , des étrangers, et en particulier des catholiques, des États-Unis. Elle manifesta plusieurs fois contre les V séminaires.
C'est M. Lhomme qui passa aux jésuites le collège Sainte-Marie, remplacé par le petit séminair Saint-Charles. Les cours du grand séminaire, enfin délivrés de la servitude des heures supplémentaires*^ de classes données par ses élèves au collège, furent ^' renforcées dans toutes les branches. Ses bâtiments , aussi se trouvèrent agrandis de tous ceux du collège J abandonné. r4i
En 1860, M. Lhomme mourait. Il avait demandé avant sa mort que M. Dubreuil, professeur de'^^ philosophie, son confident, le remplaçât. M. Du- *
1. Voir sa Vie, par Allen Sinclair Willj que j'ai adaptée 4e 1
l'anglais. Téqui, éditeur^ Paris,
f. breuil, du diocèse de Lyon, a&cien professeur de > dogme à Orléans, avait alors quarante-quatre ans. L'année même où il prenait en main le séminaire, la guerre civile éclatait. « La Compagnie de , Saint-Sulpice s'était, dès le début, distinguée par ( son sincère et enthousiasme loyalisme envers la r République. Comme l'Église catholique aux États- , Unis, jamais elle ne se solidarisa avec les tendances séparatistes ou partisanes ^. » Ses élèves venaient ', de partout. En pleine guerre civile, de 1861 à 1864, , le grand séminaire de Baltimore en recevait du nord, de l'est, du centre et du sud des États-Unis. ^Le 17 avril 1866, après sa victoire sur les États dissidents, le grand pacificateur, le président Lincoln, était assassiné. Cinq jours après, son cadavre passait à travers les rues de Baltimore accompagné des autorités de l'État de Maryland, de la ville, et des séminaristes de M. Dubreuil. Ceux-ci, au début de son administration, étaient au nombre de trente-cinq. Quand il la laissa, en 1878, ils avaient ( triplé. Parmi les élèves de cette période, outre le I cardinal Gibbons, il faut compter Mgr Keane, le
I premier recteur de l'université catholique de Washington, et plus tard archevêque de Dubuque, Mgr O'Connell, recteur du collège américain à Rome et évêque de Richmond. Sous M. Dubreuil, l'adaptation des bâtiments de l'ancien collège 1^ Sainte-Marie au séminaire fut achevée. Il mourut en avril 1878.