The sulpicians in the United States, p
le laissa tel qu'il est aujourd'hui. Il ajouta une chapelle pour les philosophes, l'ancienne ne pouvant contenir les lévites toujours plus nomhreux. En 1884, il recevait dans sa maison les Pères du III® concile de Baltimore. Il y fut le théologien de l'archevêque, très écouté de tous les prélats qui ne tarissaient pas d'admiration sur le charme de ses relations, sa science et sa sagesse. Il poussa de toute son énergie à la fondation de l'université de Washington. Elle fut inaugurée en 1889, année du centenaire du siège archiépiscopal de Baltimore. On confia aux sulpiciens la direction du séminaire de l'université et, en 1920, ils y installèrent leur scolasticat. Les archevêques de San- Francisco, de New- York et de Boston, les demandaient pour diriger leurs grands séminaires. Depuis, pour des causes diverses et hoiïorables, qu'il n'est pas opportun d'expliquer ici, ils ont dû ahandonner les grands séminaires des deux dernières villes. Épuisé par le travail du supériorat, des visites, des retraites ecclésiastiques, M. Magnien devait subir en 1897, une opération douloureuse. Il mourut le 21 décembre 1902.
Espérons qu'un jour sera écrite la vie de cet homme éminent, second fondateur après M. Émery, du séminaire de Baltimore. Il aimait ardemment son pays d'adoption, dont les citoyens de toutes classes et conditions, laïques ou ecclésiastiques, l'enveloppaient de vive sympathie. Equilibré de corps et d'esprit, prudemment audacieux, homme de Dieu et des hommes, il eut l'extraordinaire chance d'avoir pour archevêque celui qui, dans toute
la hiérarchie, était le mieux ajusté à soji tempérément moral et intellectuel. Pendant vingt-cinq ans, il fut « le bras droit du cardinal Gibbons ». Ils se ressemblaient et s'entendaient si bien, que l'histoire aura peine à discerner de qui vinrent certaines initiatives et décisions, qui ont rendu le nom du gra,nd prélat à jamais cher à tous les Américains, aux catholiques de l'Univers et à tous les nobles cœurs. Celui-ci ne fit jamais une démarche importante, sans le conseil et l'approbation du Supérieur. On s'en rendra compte, en lisant la Vie du cardinal, de M. Allen Sinclair Will (ch. vin, IV, x) ^. Aussi quand il mourut en décembre 1902, Gibbons pouvait dire : « J'ai perdu ma droite. J'avais une confiance absolue en son jugement, en son habileté et en sa loyauté. »
Quand M. Dyer, Américain d'origine, homme de haute valeur lui aussi, était le successeur médiat de M. Magnien à la tête du séminaire, la maison avait 265 chambres et devait recevoir plus de 400 élèves. En 1921, Mgr Curley, qui avait remplacé le cardinal Gibbjons, fit immédiatement siennes les préoccupations du Supérieur, et décida de construire un nouveau grand séminaire. Trois millions de dollars, c'est-à-dire environ 77 millions de francs, furent jugés indispensables. On commença à bâtir en 1927, quand le tiers de l'argent eut été assemblé. Entre temps, M. Dyer était mort et avait été remplacé par M. Fenlon, un jeune, savant, intelligent, aimable