‹ Le Catholicisme aux Etats-Unis [microform]Chapitre 5 sur 34 · Ibid., p · texte numérisé non relu

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Pau listes. La raison principale de la séparation semblë"avqir été le désir de réaliser un ordre mieux en harmonie, avec les. aspirations et les besoins de l'âme américaine. Son objet principal sera la conversion dés protestants.

Il ne paraît pas cependant qu'avant l'apparition de Gibbons dans la vie publique, comme archevêque de Baltimore, le catholicisme ait joui de plus de considération que n'importe quelle autre secteVOn pouvait apprécier sa discipline et son organisation, mais on le trouvait plus étranger, sinon plus opposé, aux idées et aux mœurs républicaines des États-Unis que les autres confessions. Quelques évêques, England de Charleston en 1826, Hughes de New- York, pendant et après la guerre civile, avaient essayé de rompre le mur de glace, mais sans succès marqué. Ce fut Gibbons et les grands prélats formés à son école et soutenus de son exemple, Ireland de Saint-Paul, Spalding de Peoria, Williams de Boston, Ryan de Philadelphie, Keane de Dubuque, qui acquirent droit de cité complet au catholicisme dans la grande république, en combattant victorieusement les préjugés et en s'appliquant à l'adapter à l'âme américaine.

Un de leurs premiers soins fut d'uniformiser le gouvernement ecclésiastique dans leur pays. Il était encore sous la dépendance de la Propagande. Certaines régions de l'Ouest et de la Louisiane, récemment rattachées à la République, obéissaient il des côutumiers d'origine espagnole ou française; à l'Est, l'influence des traditions britanniques se faisait sentir dans les centres plus anciens. La

suppression de ces singularités qui rendaient les contacts entre les divers États et diocèses trop difficiles, s'imposait. Cette unification était aisée, maintenant que les chemins de fer allaient dans tous les sens et d'un Océan à l'autre. Elle fut l'œuvre du troisième concile de Baltimore que Gibbons présida, comme Délégué apostolique. Sous son influence, l'Église catholique s'y posa en protectrice décidée des institutions politiques de l'Amérique. « Nous pensons, écrivaient les évêques dans leur lettre pastorale collective, que nous avons le droit de proclamer que nous connaissons les lois, les institutions et l'esprit dé l'Église catholique, et les lois, les institutions et l'esprit de notre pays. Nous déclarons solennellement qu'il n'y a pas d'antagonisme entre eux. Un catholique se trouve chez lui aux États-Unis, car l'influence de l'Église s'est constamment exercée au profit des droits individuels et des libertés populaires. » Les séminaires- devaient être dirigés par des Américains et les paroisses par des prêtres autant que possible indigènes. Le catéchisme et un livre de prières uniforme furent édités par le soin du Concile pour tous les États. Il organisa des écoles primaires et secondaires, rédigea un programme pour les grands séminaires et décida la fondation " d'une université à Washington. Il refusa de condamner les écoles publiques, défendant même à quiconque, évêque ou prêtre, soit par acte, soit par menaces, d'exclure des sacrements comme indignes ceux qui décideraient d'envoyer leurs enfants à ces écoles, et les enfants eux-mêmes. Là où manquerait l'école catholique, là où celle qui

existait n'était pas capable de donner aux enfants une éducation en rapport avec leur condition, le concile décréta que les Écoles publiques pourraient être suivies en toute sûreté de conscience. En ce cas, les prêtres des paroisses devaient prendre des mesures pour assurer l'instruction religieuse des enfants ^.

L'effort des grands prélats de cette période fut de tirer le catholicisme de sa séquestration, et de le mêler à la vie de la Cité, sans l'imposer. Cet effort apparaît nettement dans la vie de Gibbons. Doué d'un tact génial, il obtint des résultats surprenants. Au lieu de rester confiné, comme ses prédécesseurs, à Baltimore, il entre en rapport avec les principaux hommes politiques, députés, sénateurs, secrétaires d'État, de Washington, ville qui est dans sa juridiction ecclésiastique. Il a les meilleures relations avec tous les présidents, et quelques-uns, comme Cleveland et Roosevelt, sont ses amis. Jamais, à moins de gravé empêchement, il ne refuse dé s'asseoir à leur table. Le premier des évêques catholiques, en 1881, il demande à ses prêtres de s'associer, eux et leurs fidèles, aux fêtes d'action de grâces ordonnées par les présidents de la République, le 24 novembre de chaque année, depuis Lincoln.

Par son exemple, il contribue à faire passer dans les mœurs cette pratique qui répugnait même à beaucoup de protestants, en raison de son origine puritaine. Pas de réjouissance publique, à Baltimore, où on ne l'invite, pour qu'il la patronne de sa

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