‹ Le Catholicisme aux Etats-Unis [microform]Chapitre 6 sur 34 · Vie du cardinal Gibbons, par Sinclair Will · texte numérisé non relu

Vie du cardinal Gibbons, par Sinclair Will

présence. « Oubliant, dit son biographe, les distinctions de credo et de rang, dans le commun effort, il prenait d'ordinaire place sur la tribune avec des méthodistes, des juifs et des quakers. Nul ne parlait avec autant de patriotisme et dans un esprit plus progressiste. Gouverneurs et maires le regardaient comme un ami, le traitaient en ami et recherchaient ses conseils ^. » Son élévation au Cardinalat fut saluée par la presse comme une preuve des idées tolérantes de l'Église romaine, et de la bonne harmonie entre le Catholicisme et la République, Dès lors, les grands journaux s'intéresseront aux fêtes, aux idées, aux diverses manifestations catholiques, jusque-là généralement négligées, sinon méprisées par eux.

Toutes les conquêtes, toutes les initiatives et améliorations démocratiques trouvent Gibbons au premier rang pour les promouvoir ou les défendre, sans peur comme sans excès. Il engage hardiment le catholicisme américain dans cette voie. Il combat toutes les intolérances et ne demande pour son Église que la liberté. Il pense que la protection de l'État devient trop souvent pour elle une chaîne. Sa sauvegarde la plus efficace est l'amour et le respect qu'elle éveille dans les consciences. Il prend donc la défense des Chevaliers du Travail et même d'Henry Georges devant le Saint-Siège. Ses actes et ses enseignements devancent et préparent l'Encyclique Rerum novarum.

Démocrate, au sens large de ce mot, il l'est de

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