‹ Le catholicisme considéré dans ses rapports avec la sociétéChapitre 10 sur 35 · XIV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XIV INTRODUCTION

grandes et colossales puissances toujours rivales; et alors ce sera le temps des guerres pour lesquelles il n'y aura plus jamais d'armées assez considérables. Et puis enfin, il ne suffit pas de la politique pour comprimer les partis et pour étouffer les haines qui conspirent, à l'intérieur, contre les gouvernements. Avec les éléments qui fermentent dans les sociétés actuelles, les Etats et les dynasties sont toujours à la veille de quelque grande catastrophe; et le monde entier serait en proie à la révolution et à la guerre civile , sans la force des armes qui tient les perturbateurs en respect.

Dans ces conditions reUgieuses et politiques, on comprend bien que l'état moral ne soit pas en progrès. Pendant que le commerce et l'industrie se développent d'une manière si prodigieuse sous l'influence des inventions nouvelles, la matière se perfectionne évidemment ; oui, mais les mœurs publiques sont bien loin de s'élever dans la proportion de ce progrès matériel. Consultez seulement les statistiques de la justice humaine, et vous serez effrayé des plaies hideuses qui couvrent la famille et la société. Et cependant, ce n'en est encore que la moindre partie ; ce n'est que le mal extérieur et visible, et il y a moyen de le réprimer, au moins dans une certaine mesure , par la force des lois. Mais les plaies intérieures qui minent sourdement le corps social, qui pourra les sonder? et surtout, qui pourra les guérir?

A la perturbation que nous venons de constater dans l'ordre religieux, politique et moral, il n'y aurait qu'un remède, l'autorité. Mais, quand l'autorité visible

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