XVI INTRODUCTION
des vertus qui ont sauvé l'humanité, le monde n'est cependant pas redevenu païen dans ses institutions. Nous dirons plus : c'est que, malgré les ravages trop réels produits par les attaques de l'impiété, la société conserve néanmoins des éléments chrétiens qui semblent faire partie de sa constitution, tant ils sont naturels aux conditions de son existence. Ainsi, par exemple, l'individu, la famille et la société civile présentent toujours un caractère extérieur et des mœurs publiques qui ne s'expliquent que par l'Évangile. Explication bien facile, du reste, si le Christianisme est divin; puisqu'on ne peut nier, d'ailleurs, que ses enseignements et ses institutions ne soient dans une harmonie parfaite avec les éléments constitutifs de la société.
Oui ; mais pourtant, si Ton parvenait à persuader au monde que Jésus-Christ n'est pas Dieu et que le Christianisme n'est que l'œuvre d'un homme ; alors voyez le phénomène, et voyez aussi les conséquences devant lesquelles nous nous trouvons placés. Et d'àbord, voici le phénomène. Depuis plus de dix-huit cents ans, le monde a cru à la divinité de Jésus-Christ, à la divinité de sa religion et à la divinité de son EgHse ; maintenant encore, malgré l'affaiblissement de la foi, il y croit toujours; et Jésus-Christ, et sa religion et son Eghse sont toujours en possession des esprits et des cœurs dans la société. Eh bien! si Jésus-Christ n'était qu'un homme, comment donc expliquer cette prodigieuse croyance ? Les harmonies du Christianisme avec la société ne suffisent pas pour cela; car enfin ces harmonies elles-mêmes supposent la divinité