‹ Le catholicisme considéré dans ses rapports avec la sociétéChapitre 6 sur 35 · INTRODUCTION. IX · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. IX

tant , des catholiques troublés dans leur confiance , effrayés pour l'avenir, et qui s'arrêtent comme éperdus à la porte du doute. On leur répète, sur tous les tons, que c'en est fait de la papauté, qu'elle a fini son temps et que ses derniers actes ne sont plus que les convul-" siens de son agonie ; et Ton voit bien que toutes ces prédictions sinistres font impression sur leur conscience. Il n'y a pas longtemps que la grande voix du Pape parlait à tous les catholiques du monde dans une Encyclique qui demeurera célèbre ; et, parce que des hommes d'Etat s'étaient joints aux ennemis de l'Eghse, pour Tétouffer dans l'ombre du silence et sous le poids de leur réprobation^ il y avait quelque chose de plus que de l'inquiétude dans l'esprit des catholiques chancelants, il y avait plus que du malaise : on aurait dit qu'ils avaient peur pour l'Eghse de Jésus-Christ I Ahl cependant^ comme le disait Bossuet, cette Eghse devrait bien les rassurer , quand elle leur montre ses cheveux blancs et ses rides vénérables. Voilà bientôt dix-neuf siècles qu'elle subit, Tune après l'autre et sans interruption, toutes les persécutions de ses éternels ennemis ; persécutions de la politique , persécutions de l'hérésie, persécutions du schisme, persécutions de la philosophie, persécutions, enfin, des plus mauvaises passions ; et, malgré tout, voyez comme elle se conserve toujours. Elle n*a^ de la vieillesse, que la dignité qui commande le respect ; mais elle n'en connaît pas les défaillances ; et si vous découvrez sur son front de larges cicatrices, elle a le droit d'en être fière ; car c'est dans ses triomphes sur les ennemis de la vérité et de la vertu qu'elle a reçu ces glorieuses blessures.

Page 1