‹ Le catholicisme contemporainChapitre 18 sur 94 · LES BARBARES · texte numérisé non relu

LES BARBARES

Le partage de l'empire consomma la séparation des deux églises; il confirma la suprématie de révoque de Rome en Occident, sans donner en Orient à un patriarche quelconque un avantage réel sur les autres. Il n*eut pas même pour effet de prévenir les invasions des barbares et de sauver l'empire romain. Sa moitié occidentale passa sous le joug des envahisseurs, devant lesquels sembla disparaître toute l'administration impériale. Par le fait l'empereur de Rome avait seul disparu : quand les nouveaux maîtres du sol, par politique plus que . par foi, se furent déclarés chrétiens, il y eut au milieu d'eux un homme en qui se personnifiaient à la fois la civilisation latine et l'unité si fragile de Tordre nouveau : ce fut le pape.

Ce titre n'avait d'abord été donné qu'à quelques évéques d'Afrique et des Gaules ; mais, dès le cinquième siècle, il fut réservé au seul évêque de Rome et prouva que toute l'église latine était groupée autour de sa personne : un nom n'est rien en lui-même, mais c'est un symbole, qui sert en quelque sorte de mot de ralliement. La primauté de l'évêque de Rome existait certainement avant cette époque; mais la papauté ne fut reconnue et proclamée que quand elle fut nommée. A partir de ce jour, l'évêque de Rome fut, non plus seulementie chef de l'église latine, mais le prince des chrétiens d'Occident*

Ce ne sont pas uniquement les chefs barbares convertis qui firent au pape acte de déférence et de soumission. Leurs peuples se convertissaient à leur exemple : comme il n'y avait parmi eux que cette hiérarchie rudim«ûtaire de gens de guerre étrangers à la civilisation, ils se trouvèrent aisément dominés par l'organisation ecclésiastique, calquée sur celle de l'empire, mais plus puissante qu'elle.

Une autre cause plaça le clergé latin fort audessus des barbares : ce fut l'instruction. Dès les commencements du christianisme, une école chrétienne s'établissait toujours dans les villes à côté des écoles païennes et soutenait contre elles une

Page 1