‹ Le catholicisme contemporainChapitre 25 sur 94 · LES COUVENTS, LE COMMUNISME · texte numérisé non relu

LES COUVENTS, LE COMMUNISME

sorte de communauté monacale répandue dans le monde et chargée du culte public. La seule différence peut-être entre les ordres ecclésiastiques et les ordres religieux, c'est que le prêtre conserve son avoir, en dispose, tandis que le religieux renonce le plus souvent à ses droits et le verse dans la communauté. Mais cette différence est presque illusoire, puisque dans toute Féglise latine le clergé se recrute généralement dans les dasses pauvres. Son indigence, à peine compensée par ses appointements ou par quelques donations, brise le dernier lien qui l'attache à la société laïque. En effet, des trois fondements sociaux dont on a fait tant de bruit dans ces derniers temps, la propriété, 1^ famille et la religion, le prêtre le plus souvent ne jouit pas de la première; ses vœux et le précepte même de Jésus l'obligent à renoncer à la seconde ; quant à la troisième, il ne la demande pas à la nation où il est né, il la tient du chef de son église.

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Voilà par quelles transformations lentes, mais régulières et logiques, la société chrétienne est parvenue au point où nous la voyons. Pour échapper aux vices des vieilles sociétés et en opérer la rénovation, les fondateurs du christianisme mirent en avant deux principes, dont Tun était alors comme un corollaire de Tautre : c'était le principe universel de la morale et le principe local et temporaire de Ja communauté des biens. Ces deux principes se sont présentés ensemble et ont présidé à la formation des premières associations chrétiennes. Peu à peu, le second ayant paru incompatible avec les besoins de toute société civile et politique, fut abandonné par les églises, qui purent enfin se réconcilier avec le monde grec et ro-

main. Mais il se réfugia dans les communautés d'hommes et de femmes, d'où il reprit avec le temps son empire sur les clergés. Par le mariage des prêtres, le clergé grec échappa à l'influence communiste des mcmastères. Par le célibat, le clergé latin lui demeura ouvert et se trouva entraîné, à l'égard de la société laïque, dans cette lutte où il est si profondément engagé aujourd'hui. Cette lutte n'est pas entre des hommes ; elle n'est pas entre la religion et l'impiété ; elle n'est pas entre le pape, même infaillible, et la souveraineté laïque, comme au temps des Investitures ou de la querelle des Guelfes et des Gibelins. Au fond, la société laïque voit avec assez d'indifférence que le clergé ait un chef ou qu'il en ait plusieurs. La lutte est entre les deux idées mises en avant par la prédication initiale, idées dont le monde moderne accepte, chérit et défend la première, mais dont la seconde le mène aux al>îmes.

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