‹ Le catholicisme contemporainChapitre 26 sur 94 · L'ÉTAT ACTUEL · texte numérisé non relu

L'ÉTAT ACTUEL

Nous avons vu comment la suite des faits amena r église latine à l'unité de gouvernement. Les chrétiens avaient conçu, dès l'origine, la pensée de substituer une société nouvelle à la société antique, dontla<5hute morale était nianifeste. La conquête romaine n'avait pas changé le monde hellénique et n'avait fait que lui donner des maîtrefs ; il en était résulté que la séparation des langues, des mœurs^ des coutumes et des institutions civiles, entre l'Orient et l'Occident, n*avait pas cessé : la xlifficulté et la rareté des communications entre ces deux mondes avait contribué à la maintenir. Le

projet des chrétiens avait donc eu en vue, non une seule société, mais deux. Pour se substituer à elles, le< christianisme avait eu d^abord à s'adapter en quelque sorte à Tune et à l'autre, à se modeler sur elles. De là étaient nées en Orient plusieurs églises indépendantes, des évôchés autocépkales, comme on disait, et finalement les patriarcats, qui existent encore aujourd'hui.

L'unité gouvernementale de Fempire d'Occident avait produit avec le temps celle de l'église latine et placé à sa tête un évêque ayant la suprématie sur tous les autres et qui reçut le nom de pape. L'Église de Rome n'était pas la plus ancienne, Eusèbe {Chron.y an. 39) établit que le premier siège fondé par Pierre était celui d'Antioche et que cette ville avait étâ la métropole de tout l'Orient. La primauté épiscopale ou patriarcale accordée au pape venait donc uniquement de ce que Rome était la capitale de.l'empire et l'était encore lorsque les églises chrétiennes furent légalement reconnues par Constantin. C'était une question politique, dont la solution pouvait intéresser l'église latine, mais n'importait pas autant à celles de l'Orient. La division de l'empire entre deux capitales et plus tard la destruction de l'empire. d'Occident confirmèreat les droits des patriarcats orientaux. et leur indépendance vis-à-

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