‹ Le catholicisme contemporainChapitre 28 sur 94 · EXCLUSION DES LAÏQUES · texte numérisé non relu

EXCLUSION DES LAÏQUES

L'église romaine, constituée sur le modèle impérial, ne pouvait donc, sans compromettre sa propre existence,, accepter à quelque degré que ce fût le principe démocratique. Elle Ta toujours rejeté et combattu. Les laïques ont été maintenus hors du clergé et les conditions pour y pénétrer leur ont été rendues plus difficiles. Quoique les laïques composent la majorité dans Téglise et que sans eux il n'y eût môme pas d'église, la constitution du catholicisme, le système politique dans lequel il est engagé depuis tant de siècles les a tenus à l'écart. Us n'ont aucune part dans les affaires spirituelles de l'église. Ils reçoivent du clergé les dogmes tout faits et n'ont aucunement le droit d'y rien changer. Ces dogmes, c'est le

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clergé qui, dans les conciles ou ailleurs, les a définis, développés, modifiés. A ces définitions et à ces changements le chrétien laïque est demeuré absolument étranger. Son devoir est de les accepter, non de les contrôler. S'ils contrarient ses idées, il doit penser que ses idées sont fausses ; s'ils blessent ses affections, il doit penser que ses affections sont mauvaises. Le bien que peut faire un fidèle n'est un bien qu'à la condition d'être subordonné à la foi, telle que le clergé l'a formulée; toutes les vertus qui ne sont pas catholiques sont inutiles, pernicieuses, et conduisent à la damnation éternelle. Bossuet, qui a été comme un père de l'église latine, parlant de Socrate et des autres sages de l'antiquité renommés pour leurs vertus, prononce ces mots cruels : « toutes ces vertus dont l'enfer est rempli». Les occupations des hommes, quand elles ne tendent pas directement au plus grand bien de l'église, sont appelées stériles ou dangereuses pour le salut. Toute la vie du chrétien laïque, ses pensées, ses paroles, l'emploi de ses jours et de ses nuits, ses relations avec ses semblables dans la société, dans l'État, dans sa profession, dans sa famille, son boire et son manger, ses amusements même sont réglés par l'autorité ecclésiastique, définis par les évêques, approuvés

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