INDEPENDANCE DES LAÏQUES
coup d'entre eux n'étaient pas catholiques ; que les évêques, les confesseurs et le pape lui-même ne sont pères que par métaphore; que n'étant pas mariés, ils manquent des" sentiments naturels de la paternité. Voilà ce que disaient beaucoup de pères de famille; de sorte qu'en prenant un rôle qui ne leur appartenait pas plus qu'aux autres citoyens, les évêques perdaient dans le peuple plus de suffrages qu'ils n'en gagnaient.
En général tout empiétement de l'épiscopat sur la société laïque tourne au détriment de l'épiscopat. Or on a fait remarquer avec raison que « mal- » gré sa haute position dans les pays où il régnait » seul autrefois, malgré ses vastes diocèses et son » nombreux clergé, le catholicisme doit sans cesse » conquérir moralement le terrain qu'il occupe » géographiquement; il lui faut maintenir son in- » fluenee sur les esprits qui lui échappent, rétablir » au sein des populations, son pouvoir sans cesse » ébranlé, w Et puisque, dans tous les pays catholiques, ce sont les- évêques qui sont à la tête du mouvement et qui donnent le branle, c'est isur eux que retombe, aux yeux des laïques, toute la responsabilité des œuvres accomplies par leurs subordonnés ou leurs agents.
l'évéque et le pape.
Du côté de Rome, la situation des évoques est extrêmement simplifiée, depuis qu'ils ont proclamé l'infaillibilité du pape. Le décret du concile de Rome qui Ta définie n'a point, été jusqu'à présent accepté par les souverains des pays catholiques. Mais répiscopatne s'est pas mis en peine de cette autorisation, il ne Ta pas même sollicitée. En remettant tous ses pouvoirs' entre les mains du pape, il déclarait simplement abolis tous les anciens concordats, et faisait à leur égard ce qu'aurait voulu faire la Russie, il y a sept ans, à Tégard du traité de Paris. Les évêques ont, par cette déclaration, rejeté sur un souverain qui habite au dehors la responsabilité de tous leurs actes au dedans. De sorte que, si le pouvoir public les accuse, ils peuvent