LE PROBLEME DE LA VIE HUMAINE
aux misères de la vie présente et de toutes celles qui pourraient lui succéder. Les autres religions ont maintenu l'existence individuelle et la personnalité humaine dans une autre vie ; par là elles ont établi, entre le monde présent et le monde futur, un lien de solidarité qui fait dépendre notre avenir de notre condmte suf la terre.
Le christianisipe. a cbmplété ce système par un certain nombre d'idées déjà^dmises dans d'autres religions et qui se rattachent à celles de la chute et de la rédemption. P^rla doctrine du péché ori* ginel et de l'unité de l'espèce humaine, il a rendu les hommes solidaires les uns des autres, en les chargeant d'une faute commune et en leur donnant un moyen unique de la réparer. Par là il les a déclarés frères selon la nature, complices d'un même crime et condamnés d'avance à un même supplice éternel. Puis il leur a fait connaître le moyen d'échapper à leur condamnation, et il a montré dans Jésus un Sauveur envoyé par la pitié divine. Si ce Sauveur eût été simplement un homme, on eût objecté avec raison que^ le péché^originelles ayant tous également souillés, aucun d'eux ne pouvait être accepté comme le sauveur des autres ; il fallût donc que le sauveur envoyé de Dieu fût dieu luimême, et la théorie fil savoir qu'il était la seconde
ëU LE CATHOLICISME CONTEMPORAIN.
hypostase, c'est-à-dire l'Intelligence divine, qu'on nommait aussi le Fer^ ou la Parofe.
Par cette doctrine, que l'Orient et le monde judéo-hellénique possédaient depuis longtemps, la foi nouvelle se trouva complétée, et il fut possible d'y rattacher toute la vie humaine, présente et future. L'homme fut représenté coD^me indestruc* tible dans sa personne, comme éternellement capable de bonheur et de malheur. En outre, la difficulté de concevoir l'individualité d'une âme entièrement séparée de toute matière fut résolue par le dogme. de la, résurrection des corps ; la nécessité de placer dans quelque lie» ces corps ressuscites fit admettre 'l'idée^ à la fois orientale et grecque, de l'enfer et du paradis. Ainsi la religion chrétienne proposa, comme sol-ution du grand problème de la destinée humaine, une synthèse de notions métaphysiques déjà répandues et acceptées par beaucoup de persçnnes, notions un peu vagues pour des hommes de science habitués aux méthodes analytiques, mais suffisantes pour tous les autres. Elles répondaient à une question que tous les hommes s'adressent plus ou moins formellement à eux-mêmes ; elles pouvaient s'emparer d'autant plus fortement des esprits qu'elles joignaient à la solution métaphysique un mélange de