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Mais réglise les retrouve au jour du mariage. Depuis que la religion d'État est abolie chez presque tous les peuples catholiques, rinfluence du sacrement de mariage sur les âmes a diminué. En eifet, la conséquence nécessaire de Tégalité des cultes devant la loi est que le mariage civil précède la cérémonie religieuse et n'a pas besoiij d'elle pour être valable. On "voit de nos jours un certain nombre de mariages se faire uniquement devant l'autorité civile et soustraire ainsi l'union conjugale à la puissance ecclésiastique et à la vertu du sacrement. L'église n'a plus aucune prise sur ces chrétiens. Ce sont des familles qui lui échappent ; car les époux qui se sont unis sans elle ne pourront guère, sans contradiction, lui apporter pour le
baptême les enfants qui naîtront d'eux. Si cet usage s'étendait au point de devenir général, il n'y aurait plus de catholicisme, et le christianisme deviendrait une doctrine indécise sans rites et sans symboles. Aussi le clergé romain lutte-t-il avec énergie et pour le maintien du mariage religieux et contre la loi qui subordonne l'acte du prêtre à celui du maire. H n'est pas probable qu'il réussisse désormais dans cette dernière entreprise, qui supposerait une révolution sociale et un bouleversement dans les législations. Mais il peut maintenir l'usage du sacrement, et il y réussira d'autant mieux qu'il respectera davantage la loi civile.
Quoi qu'il en doive être, ce sacrement marque pour le catholique lafin du second acte de la vie. A partir du jour où il est conféré, chacun des deux époux trouve dans l'autre un collaborateur et un aide. Si réglise a su jusque-là maintenir* sur eux son influence, ils deviennent dans le monde ses plus fermes soutiens. On voit la plupart des gens mariés et restés bons catholiques, non-seulement prêcher d'exemple, mais par leurs discours, par leurs actes, par leurs affiliations, contribuer au maintien et à la propagation de la foi. Le prêtre et souvent le moine ont accès chez eux. La femme est l'objet
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particulier de leurs soins, sôit à cause de Tinfluence qu'elle peut exercer sur le mari, soit parce qu'ayant plus de loisir et s'occupant plus que lui des choses de l'intérieur, c'est elle surtout qui peut le mieux modeler les enfants sur le type que la religion lui présente.
* Ainsi se déroule pendant de longues années le troisième et dernier acte de la vie catholique : il est entrecoupé de scènes décisives, le baptême des enfants, leur première communion, leur mariage, scènes où les époux fidèles à l'église trouvent autant d'occasions de manifester et de re,tremper leur foi. L'existence s'écoule pour eux entre les soins domestiques ou les afTaires du monde et l'accomplissement des devoirs que l'église impose et auxquels les premiers demeurent toujours subordonnés. Une pensée unique domine toute leur conduite, « faire son salut». .Pour sauver leur âme, l'église leur a, dès l'enfance, donné le moyen le plus sûr et le plus pratique, qui est d'obéir à ses commandements, de suivre ses conseils et ses directions. Par là se trouvent, autant qu'il est possible, diminuées et absorbées l'initiative et la responsabilité du fidèle. Le directeur de conscience, le religieux, l'église, se sont chargés de l'une et de J'aptre. C'est ici l'iine des applications les plus
intéressantes qu'on ait faites du principe communiste: substituer, en vue de la vie éternelle, une responsabilité collective à celle de la personne humaine. Par là, le fidèle vit dans la quiétude, bien plus heureux que l'impie forcé de se conduire lui-même dans les affaires de chaque jour, d'y faire un usage continuel et souvent pénible de son jugement et de son Ubre arbitre, et de sentir la responsabilité qui pèse sans interruption sur lui. Ainsi, dans un demi-sommeil de la conscience et au milieu des songes les plus séduisants, le fervent catholique atteint Page des maladies et de la mort.
C'est la fin du drame. A ce moment suprême, réglise n'abandonne point celui qui Ta servie. Elle est présente au chevet du mourant; elle lui donne un encouragement suprême, « un viatique », c'est-à-dire une provision, qui va lui permettre d'accomplir heureusement le voyage. Mort, elle l'assiste, le chante, le parfume et le dépose en un lieu dont le nom signifie, non la destruction, mais le sommeil et l'attente d'un réveil éternel et bienheureux. Au jour de ce réveil, il est enlevé sur les nuages à travers les airs, conduit avec l'armée des justes par le porte-étendard Michel. Les portes de la gloire divine s'ouvrent devant lui ; il entre dans