LA PRÉDICATION
La prédication est le second moyen qu'a TÉgllse de retenir les fidèles ; elle en use depuis Torigine, car le christianisme a commencé par des prédications. Mais, tandis que l'église grecque, après avoir produit de grands orateurs, avait presque cessé depuis le moyen âge d'user de la parole, l'église latine n'y a pas renoncé un seul moment. Chez elle, la prédication a changé de caractère suivant les époques, s'est accommodée aux circonstances et a joué souvent un des premiers rôles dans les événements. Depuis que Tordre du clergé a été supprimé, avec les deux autres ordres de la nation française, et que les principes de 1789 ont prévalu dans les pays catholiques, la prédication ne sort guère des églises ; elle y est employée
comme instrument de propagande et comme moyen de maintenir dans les âmes la foi en Téglise romaine. Elle porte sur tous les objets de renseignement sacré et sur tous les points du rituel. Elle a souvent un caractère moral, avec cette particularité que la morale n'y est presque jamais envisagée d*un point de vue général et philosophique, mais fondée sur les décisions de l'Église et sur la révélation divine; l'Église juge que si elle donnait à ses préceptes une couleur scientifique, elle les ferait passer pour indépendants de la religion ; les fidèles s'accoutumeraient, non à les accepter comme des commandements que Dieu nous impose, mais à les discuter et à les juger, conservant les uns, rejetant les autres. Ce n'estdonc pas la morale universelle que l'Église développe dans ses prédications, c'est la morale chrétienne, ou, plus exactement, la morale catholique. De sorte qu'en prêchant aux hommes leurs devoirs, elle trouve dans cet enseignement un moyen de les retenir sous sa domination .
Depuis. que les États européens se sont tournés vers la démocratie et que les affaires se traitent par la parole dans des assemblées publiques, l'Église adonné à la prédication un développement qu'elle n'avait pas eu auparavant. On prêche régu-