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tion de la jeunesse; le pape déclare que renseignement appartient de droit au clergé et que l'Église doit avoir la direction et la surveillance, môme des écoles laïques. Les écoles cléricales doivent s'étendre aux deux sexes, à toutes les classes de la société et à tous les degrés de renseignement, depuis la salle d'asilejusqu'aux grades qui ouvrent les diverses carrières.
Pour réaliser cette pensée, l'église romaine a renoncé à la plupart des anciennes méthodes, al)olies depuis la Révolution française. Elle a profité des expériences faites par l'État et les particuliers. Elle a adopté les formes usitées dans les établissements laïques. Quand un changement s'y produit, elle le réalise dans les siens ; elle modèle son enseigne ment sur celui de l'État, jugeant qu'il répond aux besoins et aux exigences de la société. Ses écoles sont la reproduction aussi exacte que possible des écoles laïques; mais l'esprit en est différent. Il est inutile d'insister sur ce point ; tout le monde sait que l'Église ne se propose pas de faire des savants, mais des fidèles. Elle enseigne la science, parce que l'ignorant ne fait aucune figure dans le monde; mais elle la fonde sur des principes qui n*ont rien de scientifique, et les résultats qu'elle obtient ne sont pas le plus grand bien de la nation, mais
l'affermissement de la foi et de la puissance de Rome.
Ce n'est pas le clergé séculier qui d'ordinaire distribue renseignement à la jeunesse catholique : ce sont des congrégations, fondées exprès pour accomplir cette mission; c'est pour cela qu'il a reçu répithète de congréganiste^ ^diV laquelle les documents officiels le distinguent de l'enseignement laïque.
Nous ne pouvons énumérer ici les communautés catholiques d'hommes et de femmes, qui tiennent des écoles de tout degré dans la catholicité. Rappelons seulement que la dernière grande statistique publiée, il y a onze ans, par le gouvernement français, portait à plus d'un million le nombre des élevés des deux sexes suivant les écoles congréganistes. Sur ce chiffre, quatre dixièmes avaient des maîtres ou des maîtresses congréganistes,^ employés par l'État ou placés sous son autorité ; les autres fréquentaient des écoles libres ou des salles d'asile. Le total d'un million représentait un peu moins du' tiers de tous les élèves recevant à cette époque une éducation quelconque dans les écoles. Quant aux deux sexes, voici comment ils étaient repartis dans les écoles libres : les garçons étaient, en chiffres ronds, 137,000 dans les écoles laïques et
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92,000 dans les écoles cléricales ; les filles étaient 285,000 dans les premières et 444,000 dans les secondes.
On peut conclure de ces nombres que Faction des ordres religieux, auxiliaires du clergé, s'exerçait principalement sur les femmes. En cela, le clergé romain n^agissait pas au liasard^ puisque le père Ventura publiait naguère un ouvrage en deux volumes sur V Apostolat des femmes depuis le commencement du christianisme. La plupart des filles qui recevaient, il y a onze ans, l'enseignement quelque peu monastique des congrégations, sont aujourd'hui mariées, et ont porté dan^ de nouvelles familles les idées ultramontaines, dont elles ont été nourries. Plusieurs ont embrassé la vie communiste, en entrant au\ouvent. L'Église est persuadée que les unes et les autres sont pour elle de précieuses collaboratrices.
Quant aux garçons, lapolitique romaine, énoncée par le pape, a prospéré plus que l'église ne pouvait l'espérer. En 1866 deux tiers des petits enfants reçus dans les salles d'asile étaient conduits par des sœurs, un tiers seulement par des femmes laïques. Les élèves de l'enseignement primaire ont eu l'avantage que, depuis cette époque, un grand nombre d'écoles ont été créées pour eux par l'État ;
mais les écoles tenues par des Frères se sont accrues dans la môme proportion. L'église romaine, que cette association, autorisée par Benoît XIV, représente, a bénéficié du manque d'instituteurs laïques. Car beaucoup d'écoles dite^ chrétiennes reçoivent des villes une subvention pécuniaire, et, tout en gardant l'esprit ultramontain, sont devenues de véritables écoles municipales. Les Frères sont répartis, par groupes de trois au moins, dans tous les pays catholiques de l'ancien et du nouveau monde. Ils ont sur les instituteurs laïques l'avantage de donner l'enseignement gratuit, et déporter, quoiqu'ils ne soient ni clercs, ni religieux, tm habit qui les rattache à une autorité respectée.