LES COLLÈGES, LES FACULTÉS
Avant la Révolution française, presque toute l'instruction moyenne était entre les mains de TÉglise. La nécessité de satisfaire à des besoins nouveaux fit créer à cette époque les trois degrés d'enseignement, qui existent aujourd'hui dans la plupart des pays chrétiens. L'Église, du moins en France, en fut d'abord exclue, les ordres religieux ayant été supprimés. Mais le Concordat de 1801 et surtout la restauration des Bourbons la remirent en possession de son ancien privilège. I^es ordres religieux furent rappelés et de nombreuses écoles secondaires de garçons et de filles furent de nouveau tenues par des prêtres ou par des personnes appartenant à des congrégations. La pensée qui avait présidé à l'organisation de l'Université avait divisé les collèges de
2o2 LE CATHOLICISME CONTEMPORAIN.
l'État en deiiK classes, ceux qu'entretenait le trésor public et ceux des villes, qui prirent le nom de collèges communaux. Ghaq\je ville devait avoir son collège ; mais plusieurs d'entre elles ne se trouvèrent pas assez riches pour entretenir le leur et le cédèrent à révêque. Quelques collèges ecclésiastiques nouveaux ou restaurés, acquirent une certaine réputation, entre les mains des religieux; tels sont par exemple ceux de Pont-Levoy et de Sorèze.
Enfin la dernière Assemblée nationale, traitant l'Église comme une puissance égale à l'État, lui conféra le dernier des droits qu'elle paraissait ambitionner : elle l'autorisa à ouvrir des établissements d'enseignement supérieur. Puis, pour qu'elle eût la main sur toutes les fonctions, elle l'admit à la distribution des grades. Par ce dernier progrès, l'Église s'est trouvée remise en possession de ce qu*elle avait eu jadis. Maintenant, elle participe, dans une importante mesure, à toute l'éducation du peuple français ; elle exerce son influence depuis la salle d'asile jusqu'au doctorat.
A cette action commune, il faut ajouter qu'un assez grand nombre de familles, surtout de celles qui font partie de l'ancienne noblesse, retiennent leurs enfants à la maison et leur font donner par un jeune prêtre ou par un religieux une éducation