‹ Le catholicisme contemporainChapitre 66 sur 94 · LES LIVRES, LES JOURNAUX · texte numérisé non relu

LES LIVRES, LES JOURNAUX

raires, à mesure ,qu'ils paraissent et qu'ils réussissent. Il est inutile, pour la cause, de produire des écrits que personne ne lirait; mais quand un genre a plu au public^ il est avantageux de Fadopter en n'en changeant que l'esprit. La plupart de ces imitations sont pour les « impies » d'une fadeur insupportable; mais, pour les garçons et les filles qui sortent du giron de l'église etqui n'ont pointencore « perdu l'innocence», c'est un aliment fort appré* cié. Vous entendriez dans les sociétés pieuses faire un pompeux élog^ de livres dont le monde ne dit pas un mot et qui ne méritent pas qu'on en parle. L'important n'est pasde faire un bon livre, mais de répandre certaines idées et de faire adopter certains principes. Gela s'appelle. « l'œuvre de la bonuQ presse » .

C'est à quoi les journaux et les revues contribuent plus que les livres. L'Église et, par ce mot, nous entendons toujours le clergé et les congrégations, en a suscité un assez grand nombre, dont plusieurs ont acquis un'certain renom. Ce sont encoredes imitations de journaux et dé revues laïques. L'église a compris qu'il fallait, en cela aussi, s'accommoder aux besoins du temps. Dans les États démocratiques, l'idée, pour triompher, doit parvenir directement aux personnes, chaque jour, par

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le chemin le plus court et le plus sûr. Depuis que le peuple commence à lire, le journal et la revue sont les instruments de propagande les plus puissants et les plus nécessaires. L'église en a organisé chez elle ou à côté d'elle ; elle en rédige plusieurs ; ^Ue en a d'autres à sa dévotion, sur tous les poiats du monde catholique. Dans chaque contrée elle en. a un, quelquefois deux, qui sont le centre de tous les autres, et leur transmettent Tinspiration de Rome; elle.a des journaux modérés pour les gens paisibles, et d'audacieux pour les violents. Ces publications, où les congrégations militantes ont une large part, présentent sous toutes les formes et défencient avec persistance les doctrines émises dans le SfytiabUs et les Encycliques. On n'y tient pas compte des lois du pays où Ton vit ; en les dédaignant ou en les combattant, on les fait passer pour faibles ou pour condamnables ; et comme on n'ignore pas que les pouvoirs civils craignent le renom de persécuteurs, on compte sur fimpunité^ et le plus souvent on l'obtient. Ainsi la presse est devenue pour la politique romaine un instrument de guerre et de propagande; pareHeyôn entretient ou Ton fait renaître la foi en la sainte église chez ceux que, par une éducation appropriée, on avait dès Tenfance préparés à la recevoir.

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