LE RELIGIEUX Ï>ANS LE MONDE
qu'il serait dangereux pour ellesde violer et qu^elles ont tout avantage à remplir: car si Tinimitié d'un ordre religieux est à craindre, sa protection est quelquefois puissante.
Ainsi, par rintermédiaire de ces affiliés mondains, rélément communiste du clergé latin prête la main au clergé séculier et lui ménagé une influence secrète, qu'il ne pourrait pai' lui-môme ni acquérir ni conserver. Cette influence s'étend d'une nation à Fautre, parce que les ordres religieux ont des établissements dans tous les pays catholiques et même dans les autres pays. Nous avons vu, par exemple, les Jésuites recruteVen Pologne une foule d'élèves pour leur grande maison de Metz,' avant que l'autorité allemande l'eût supprimée. Personne n'ignore que Mes dames du Sacré-Cœur, coopératrices de la Société de Jésus,procèdent delà même manière, et que toutes ces congrégratioiîs fournissent, en quelque sorte, les éclaireurs et les pourvoyeurs de l'église. En même temps elles préparent leurs propres recrues parmi leurs élèves. Quand une jeune fille montre la capacité et les dispositions qui annoncent une bonne et utile religieuse, devenue majeure elle déclare sa vocation ; elle prononce ses vœux, quitte son nom de famille et ses prénoms, en prend un nouveau, qui, sous l'habit de son ordre, la rend
méconnaissable. Au besoin^ elle passe de couvent en couvent, de France en Belgique, ou ailleurs, et sa trace est effacée. Par ces moyens l'individualité de la personne est supprimée ; elle devient un instrument anonyme de Tordre, elle jouit de sa protection et se trouve, autant qu'il est possible, soustraite aux atteintes de la loi. Cette absorption de rindividu ne Tempêche pas de rendre à la société dont il fait partie, tous les services que Ton attend de lui. On comprend donc que la papauté déclare anathèmes ceux qui parlent de supprimer les ordres religieux: car il n'existe iaucune association laïque qui soit aussi avantageusement orga^ nisée.