‹ Le catholicisme contemporainChapitre 69 sur 94 · LE BUDGET DES CULTES · texte numérisé non relu

LE BUDGET DES CULTES

11 me reste à parler des moyens matériels dont l'Église dispose et qui forment son temporal. Ils sont au nombre de oinq : le budget, les dons, les immeubles,les industries et les privilèges. SiTÉglise était privée de ces ressources, elle n'exercerait plus qu'une action morale sur les esprits; ce serait encore le christianisme, mais le catholicisme ne tarderait pas à se dissoudre ; on aurait une religion idéale, non une éflise politique. Quand la Révolution française entreprit de réformer l'église latine, un orateur s'écria : « Vous leur prenez leurs croix d'or, ils prendront une croix de bois, c'est une croix de bois qui a sauvé le -monde. » Voilà certes un beau mouvement oratoire ; mais l'histoire d'Ananias et de Saphira prouve que le « prince des apô-

262 LE CATHOLIGISUB CONTEMPORAIN.

très», Pierre, pensait autrement. Il savait bien que Targent ne fait pas la vertu d*une religion ; mais il n*ignorait pas que, sans lui, une association religieuse est impuissante, et que, si des hommes se réunissent pour une entreprise quelle qu'elle soit, leur première mesure est d'assurer les fonds qui la rendront praticable.

Presque toutes les réformes tentées dans l'Église par la Révolution ont été supprimées, par l'Empire et par les Bourbons ; il en est une cependant qui a survécu, c'est le budget des cultes.

La constitution civile du clergé, votée au mois de juillet 1790, reconnaissait l'élection comme « la seule manière de pourvoir aux., évèchés et aux cures » r cette réforme avait pour conséquence naturelle l'allocation d'un, traitement à ces ecclésiastiques.

Le Concordat de 1801 admît le budget comme principe, et les articles organiques fixèrent le chiffre des traitements pour les archevêques, les évoques et les curés. En devenant fonctionnaires publics, les membres du clergé séculier faisaient l'abandon de leurs anciens privilèges ; les appointements, queTÉtatleur donnait, remplaçaientpour eux les anciens revenus et bénéfices acquis par l'Église depuis l'origine. La législation de 17dO

Page 1