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LE BUDGET DE& CULTES

avait supprimé, avec les couvents, Télément .communiste du clergé latin et ne lui laissait plus à exercer que l'action morale et purement religieuse du christianisme.

Mais les membres de ces associations avaient presque tous passé à l'étranger et rentrèrent à la première occasion. La Restauration leur rendit les avantages qu'ils avaient perdus ; Talliance du trône et de Fautel les fit regarder comme Tun des meil^ leurs soutiens de la royauté.

Peu à peu, le clergé de France perdit jusqu'à son gallicanisme et toute l'église latine tomba sous l'empire de h la congrégation. » Celle-ci, rétablie par laljranche aînée des Bourbons, supportée, quoique avec peine, par la branche cadette, suspectée d'abord par le secondempire, etensuite aidée sous main par la cour impériale, a repris une place considérable dans la société européenne ; elle y possède d'immenses revenus. Or le riche l'emporte toujours sur le pauvre ; le moine domine le prêtre, parce que celui-ci est pauvre, tandis que l'autre a derrière lui tout l'or de sa communauté.

Cependant l'Église tient à son budget, car -elle retrouve par d'autres voies la portion d'indépendance qu'elle sacrifie en le recevant. Cest quelque chose d'être fonctionnaire public : il n'est pas aisé

au législateur d'abolir une^ institution salariée, et ce titre donne au clergé séculier une garantie de durée et une stabilité qu'il ne posséderait pas autrement.

11 pourra arriver que les ordres religieux soient supprimés, parce que leur règle, leur but et leur esprit les poussent à dépasser les limites de la loi, limites que le clergé séculier ne franchirait peutêtre jamais, s'il n'était entraîné par eux ; on pourra donc les supprimer, quand ils auront comblé la mesure.

Mais la qualité de fonctionnaires publics protégera les prêtres et leur permettra peut-être un jour de reprendre dans le monde chrétien la situation normale et la véritable indépendance que les ordres religieux leur font perdre aujourd'hui. Or, dans les états démocratiques plus que dans les autres, un fonctionnaire de l'État n'est rien sans le traitement. L'Église a donc raison de tenir à son budget. En outre, par son union avec l'État', par sa dépendance à l'égard de l'État, l'Église a l'avantage d'avoir des représentants dans la plupart des services publics, dans l'enseignement, dans l'armée, dans la marine, dans les établissements hospitaliers, dans plusieurs conseils, même au Sénat, L'opinion libérale tend, il est vrai, à l'en exclure ;

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