FAIBLESSE DE L*ÉGLISE
loi pénale condamne. Le catholicisme s*abstient-il des uns et des autres? Chacun dans son milieu peut en être juge*
Si Ton ^embrasse d'un môme coup d'œil toutes les ressources morales et matérielles qui viennent d'être énumérées, et si Ton y ajoute encore celles dont je n'ai point parlé, on se représentera le catholicisme contemporain comme une puissance énorme, contre laquelle il. est presque impossible de lutter. Par les sacrements, il s'empare de la vie morale des hommes, dès leur naissance. Il les dirige pendant leur vie ; il les a sous sa main, même après leur mort. Il tient la clef qui leur ouvre la félicité étei^elle; il peut les livrer à des supplices sans fin ou leur adoucir le châtiment. Il les bénit ou il les maudit; il leur donne la règle de la vie, les conduit par les voies les plus douces ou leur suscite des obstacles, qui leur rendent la vie insupportable. Par ses richesses, il occupe dans le monde un des premiers rangs, sinon le premier. 11 exerce une grande influence sur les affaires, sur le commerce et l'industrie. II a sa place dans la. politique des nations ; il a pour chef un roi puissant, qui ne prononce aucune parole en vain. Il se tient debout derrière les puissants du jour, soit pour les inspirer, soit pour les menacer, soit pour les maintenir au
pouvoir, soit pour les en précipiter. En un mot, il semble le maître du monde.
Mais si Ton examine de plus près cette puissance, capable d'inspirer la terreur, on voit que sa base n'est point solide et que chacun de ses avantages peut lui être ôté en un moment. L'Église n'est rien sans les laïques : si les laïques se retirent d'elle, elle s'anéantit aussitôt. Sans aller d'un seul pas à cette extrémité, la société peut, par des lois successives, retir^er au catholicisme ses privilèges et ses ressources matérielles. Elle peut, en supprimant le budget des cultes, faire tomber les églises sous le droit commun des associations. Elle peut, en proclamant la liberté des religions, laisser naître des rivaux à l'église romaine, et y susciter des schismes. Elle peut, sans y prendre part elle-même, favoriser la formation d'églises nationales et faire tomber en même temps la papauté. Elle peut autoriser le mariage des prêtres, assimiler en cela l'église catholique à l'église d'Orient et aux communions protestantes, et supprimer les communautés religieuses. Elle peut retirer au jdevgé tout autre enseignement que celui du catéchisme, et exercer sur celui-ci une surveillance, qui la garantisse contre les attaques et les usurpations. En lïn mot, il n'est rien, dans les actes du clergé séculier ou de
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ses coopérateurs, qui ne puisse être atteint par la loi, puni ou supprimé, quand la société se trouve lésée» «
Les auteurs du Syliabus Tout compris; car ils semblent avoir pris à tâche d'y noter tous les points faibles du catholicisme et de les signaler aux législateurs. Ils ont en cela montré moins d'adresse qu'on n'avait accoutumé d'en voir chea eux : il eût été plus habile de laisser la société laïque faire elle-même ces découvertes ; on aurait gagné du temps* Aujourd'hui, les adversaires du catholicisme sont avisés, par le Pape lui-môme, des points vulnérables de cette institution. Ces positions sont d'une extrême importance, pourl*issue delà guerre engagée. Si les adversaires du catholicisme le dé^ logent un jour de quelqu'une d'entre elles, les autres tiendront difficilement et la lutte se terminera par une déroute, dont l'histoire n'a point encore offert d'exemple.