‹ Le catholicisme contemporainChapitre 84 sur 94 · L OPINION DES SAVANTS · texte numérisé non relu

L OPINION DES SAVANTS

La plupart des caractères que nous venons d'énumérer et qui sont attribués à Dieu par le cathor licisme, sont rejetés par les savants; les uns, parce qu'ils diminuent l'essence métaphysique du principe absoluetle fontdéchoir enparaissant Texalter ; les autres, parce qu'ils ne s'accordent pas avec l'observation des faits, ni avec les caractères des lois naturelles, dont h science constate l'existence. Plus celle-ci avance dans l'étude de la nature, plus les anomalies disparaissent; non-seulement les faits qui semblaient s'éloigner de l'ordre habituel^ y rentrent tour à tour; mais les monstruosités elles-mêmes trouvent leur explication dans des lois reconnues* Les mêmes raisons, qui font repousset des savants le système delà création, les empêchent

de voir rintervention continuelle d'une puissance surnaturelle dans la réalité qu'ils étudient. Ils trouvent que les forces réelles, dont ils constatent la présence, les lois immuables, auxquelles ces forces obéissent, et les conditions mathématiques du mouvement suffisent pour expliquer les phénomènes, les coordonner entre eux et en déceler l'origine. Ils jugent que, si Tordre des faits était l'œuvre d'une volonté qui put le modifier à son gré, sans autre raison que de se complaire à elle-même, cet ordre serait en réalité comme s'il n'existait pas et que, selon toute apparence, on l'aurait déjà vu plus d'une fois changé; que si, au contraire, cette volonté est immuable parce qu'elle est parfaite, cela revient à dire que le monde et ses lois sont immuables et nécessaires; et qu'enfin, si elles le sont, il n'y à aucune raison de chercher, dans la volonté d'un maître,rexplication d'un fait quisesuffit àlui-môme. Voilà ce que pensent beaucoup de savants, et en cela on serait injuste de les accuser d'athéisme, puisque tout l'Orient, qui a été la portion la plus religieuse de l'humanité, n'a point pensé autrement. Ces savants sont donc seulement en désaccord avec la définition catholique de Dieu, qu'elle assimile à un monarque, relégué dans la solitude inaccessible d'un palais d'où il gouverne, sans expli-

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