‹ Le catholicisme contemporainChapitre 88 sur 94 · LA MYTHOLOGIE CHRÉTIENNE · texte numérisé non relu

LA MYTHOLOGIE CHRÉTIENNE

Sainte montagne » et qui porte aussi le nom persan de Paradis. C'est un jardin délicieux, un bosquet ombreux et toujours vert. Là, découle d'un rocher une source indéfectible de lait et de miel; des flancs de la montagne s'échappent les sources de quatre fleuves, qui en descendent au milieu du tonnerre et des éclairs. Vers le bas, sont les rois et les peuples, chantant des hymnes de joie; plus haut, sur les flancs, est l'assemblée des saints. Au sommet, dans le jardin odoriférant, s'élève le palais, le sacré parvis, les atria Dei, où se tient la cour du roi des cieux. Dans le sanctuaire éternel est Dieu le père, roi glorieux, resplendissant de lumière, source de toutes les lumières, éclairant l'univers entier de ses rayons. Il est assisté par les anges et par les autres puissances célestes qui, pleins d'amour, chantent éternellement sa gloire. Ces anges, d'après le catéchisme, sont des esprits purs que Dieu a créés dès le commencement du monde en état de grâce et de sainteté. Ils sont les ministres et les exécuteurs de ses ordres. En nombre immense, ils sont, d'après l'Évangile, partagés en légions ; ces légions obéissent à des chefs, qui ont le titre de taxiarques ou archanges, et qui se rangent sous les étendards du roi, vexilla régis; l'archange Michel est un des porte-étendards, sigm'fer.

Quand le Dieu jaloux s'arme de son glaive pour frapper le monde et y déchaîner des fléaux, il envoie Fange exterminateur; lui-môme parcourt les airs, porté sur les ailes des vents, lance la foudre et fait gronder le tonnerre. Rien ne résiste à sa colère et à sa vengeance. Aux heures de paix, quand il siège dans sa magnifique demeure, sur son trône étincelant, dans la clarté d'une aurore éternelle, il fait asseoir à ses côtés, à sa droite, son Fils, dieu éternel comme lui et né mystérieusement. Dans ce Fils, qui est sa parole, réside la vie universelle; il tient les clefs de l'enfer et de la mort. Dans le voisinage du Père et du Fils est la Mère divine, reine des cieux, reine des anges ; elle porte le nom de Marie, nom qui paraît, comme la Mâyâ des peuples Aryens, signifier « la mère » universelle des êtres, la CaM indienne, c'est-à-dire l'énergie féminine ou la possibilité d'engendrer, attribuée aux êtres divins par les mythologies orientales.

En face, et sous les yeux du Père, est un autel, différent de l'autel terrestre oti le prêtre officie. Là s'offre le sacrifice éternel, oti le Fils est à la fois le pontife et la victime, et où les anges sont les serviteurs. Sur cet autel, invisible aux humains, sont un calice rempli d'une liqueur céleste et un agneau immolé, tous deux resplendissants d'une lumière.

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