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deux modes (cachés) d'être; d'autres sacrifiaient en priant pour demander la fortune; enfin, il y en avait qui faisaient parade de leurs prétendus mérites pour tromper les autres. Intelligents ou bornés, tous ceux qui appartenaient à ces sectes avançaient et reculaient suivant les mouvements de leurs passions, se pressant sans pouvoir atteindre leur but. Le feu qui les animait n'a pas tardé à les dévorer; obscurcis par les ténèbres, ils ont perdu la voie droite, et, étant restés trop longtemps en-dehors d'elle, ils n'ont pu la retrouver.
C'est pour cela que mon un en trois personnes a donné (1) sa (2) propre substance (3), l'illustre et honorable Messiah (4) qui, mettant de côté et voilant sa vraie majesté, s'est fait homme et a paru dans le monde. Un ange du ciel a été délégué pour annoncer, avec ses félicitations, à une femme vierge qu'elle enfanterait un saint dans le royaume de Ta-Tsing.
(1) Le mot fen, d'après le dictionnaire de Morisson et le Kang-hi-tse-tien ne veut pas seulement dire séparer^ diviser; mais aussi distribuer {dis(ribute), conférer [confir], donner à plusieurs (gice). Le dictionnaire Kouang-yun, publié sous les Tang et cité dans Kang-hi-tse-tien, donne à ce caractère le sens de fou-ye, « res a cœlo datœ ; clic-ye, » largiri bene/icium, conferre, extendere, diffundere. » (Bas.)
(2) Càen veut dire corps, personne, substance; la même expression a été déjà employée lors de la définition des attributs de Dieu, dont la substance merveilleme comprend trois personnes.
(3) Dans le texte chinois, il y a King-tsun, deux épithétes qui veulent dire : Brillant, lumineux, glorieux, illustre, honorable. Seulement, par ces deux sons, l'auteur n'a-t-il pas cherché également àimiter le mot Christvm (Christ), oint, synonyme du mot hébreu Maschiaeh. Oint, c'est-à-dire celui auquel Dieu a conféré une dignité particulière et qu'il a destiné à un ministère respectable. C'est ainsi que les Juifs appelaient leurs rois. On ne doit pas oublier que l'R n'existe pas en chinois. Si cette supposition est exacte, la religion lumineuse serait en même temps la religion du Christ parfaitement définie.
(4) Dieu a aimé le monde jusqu'à lui donner son fils pour le sauver. [Évangile selon saint Jean.)
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AU VHP SIECLE
Une étoile étincelanle ayant f;iit connaître cet lieureux événement, les rois mages (1) de Perse, guidés par sa clarté, sont venus offrir au nouveau-né leurs hommages et des présents. Ainsi se sont trouvées accomplies les anciennes prédictions (2) des vingt-quatre saints (prophètes) qui avaient annoncé qu'une loi, une suprême doctrine viendrait gouverner et régénérer les familles ainsi que les royaumes. Ils voulaient, par ces expressions, indiquer la nouvelle religion de l'un en trois (3), esprit pur, qu'on ne peut définir.
Façonnant comme dans un moule ce qu'on doit croire et pratiquer, le divin ouvrier a perfectionné les bons usages par la vraie foi et a disposé les huit degrés des fins éternelles (4). Purifiant le monde de
(1) D'après rÉvangile selon saint Matthieu, les rois mages se rendirent de l'est à Jérusalem pour adorer l'enfant Jésus.
(2) Parmi les vingt-quatre prophètes, sontles quatre grands prophètcs,les quatorze petits, plus Abraham, I?aac, Jacob, Moïse, Samuel et David (auxquels ilfaut ajouter Job et Zacharie). — M. Pauthier dit que, par les vingtquatre saints, on doit entendre les vingt-quatre livres de l'Ancien Testament ou plutôt les vingt-quatre auteurs de ces mêmes livres, appelés communément par les Juifs les Vingt-Quatre, et sur lesquels les Syriens jacobites et les nestoriens ont fait leur version. M. Pauthier ajoute : « Il n'y a pas la moindre allusion dans le texte aux vingt-quatre prétendus prophètes énumérésparlePère Kireher et après lui par l'abbé Hue.» «Ce nombre de vingtquatre prophètes, dit Renaudot, est inconnu également dans la Synagogue et dans l'Église, et personne n'a jamais mis dans le nombre des prophètes ceux que le Père Kireher y veut faire entrer. » — MM. Pauthier et Renaudot se trompent. Les vingt-quatre saints sont parfaitement les vingt-quatre prophètes. Le prince Grégoire Magistros, duc de la Mésopotamie, auteur arménien du xi^ siècle, écrivant à l'émir Ibrahim sur la foi, dit : «Les philosophes, profanes admettent-ils une seule personne en Dieu ou trois personnes? Quels furent les actes de l'Incarnation? Les vingt-quatre prophètes ont-ils dit la même chose que Mahomet? n {Mémoire, par Victor Langlois, 1869.)
(3) Dieu est esprit. {Évangile selon saint Jean, ch. iv.)
(4) Les huit degrés des fins éternelles sont les huit béalitudes annoncées
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la poussière qui le souillait, il a achevé la vérité et l'a rendue parfaite. 11 a ouvert les trois portes de l'éternité ; il a découvert la vie (1) ; il à détruit la mort. Comme un soleil brillant (2), il s'est levé sur nous (du haut du ciel) pour briser et éclairer les demeures ténébreuses (3). Prenant le gouvernail du navire de la miséricorde, il l'a conduit au palais de la lumière, emportant avec lui les âmes des bons et des justes qui purent aborder au vrai rivage. Après avoir manifesté ainsi sa toute-puissance, il est monté au milieu du jour dans son véritable royaume, laissant sur la terre (4) vingt-sept livres sacrés destinés
par Jé-îus-Christ sur la montagne : Bienheureux les pauvres d'esprit. {Malth., V, ^ 3 et suiv.)
(1) Notre Saiivjur Jésus-Christ a détruit la mort et nous a découvert, par l'Evangile, la vie et l'immortalité. [Epître de saint Paul à Timothée.) — Saint Jean-Chrysostome, dans une homélie, a dit : « Notre -Seigneur a fait cesser la longue tyrannie du démon, il a détruit la mort, lié le fort armé, enlevé ses dépouilles, effacé le péché, aboli la malédiction; il a ouvert le paradis et l'entrée du ciel, réuni les hommes aux anges, etc.
(2) Par les entrailles de la miséricorde de notre Dieu, il a fait que le soleil levant est venu nous visiter d'en haut pour éclairer ceux qui sont dans les ténèbres et les ombres de la mort. [Évangile selon saint Luc, ch, i.)
(3) Jésus-Christ, dans son ascension, a emmené avec lui une multitude de captifs et a répandu ses dons sur les hommes. [Epîti^e de seint Pard aux Éphé siens.)
(4) Les vingt-sept livres sacrés qui ont été déclarés canoniques par le concile de Trente sont : les quatre évangiles, les Actes des apôtres, les quatorze épîtres de saint Paul, la première épître de saint Pierre, la première épître de saint Jean (qui sont appelés livres canoniques, à l'exception de l'épîtrede saint Paul aux Hébreux); l'épître aux Hébreux, celle de saint Jacques et de saint Jude ; la deuxième de saint Pierre, la deuxième et la troisième de saint Jean et l'Apocalypse (qui portent le nom de livres deutéro-canoniques). Ces vingt-sept 'livres ont été admis comme livres sacrés parles églises de Syrie immédiatement après le temps des apôtres; ils sont reçus comme tels par les Syriens maronites et catholiques, par les jacobites, les eutychéens, les chrétiens cophtes d'Egypte, par les Éthiopiens et les nestoriens.
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à développer les (1) anciens enseignements et à éclairer l'esprit (ou à élever l'âme). Gomme première initiation de la loi, il a établi le baptême, qui, par la purification de l'eau et par l'esprit saint, embellit le corps et lave l'âme de la tache du péché originel, ainsi que de toutes ses souillures (2). Le sceau de la religion est une croix s'étendant avec quatre pointes brillantes et qui unit sans qu'il puisse être enlevé ou effacé (3).
Pour faire appel à la charité^ publique, on frappe (4) sur une tablette de bois. En priant, on se tourne vers l'Orient, regardant le chemin de la gloire des vivants. Les prêtres conservent toute leur barbe pour l'effet extérieur; ils se rasent le sommet de la tête pour montrer qu'à l'intérieur ils n'ont plus de passions (5) ; ils n'ont pas d'esclaves parce que, pour eux, tous les hommes de condition noble ou de condition vile sont égaux à leurs yeux; ils n'amassent pas de richesses et enseignent qu'il faut partager son superflu avec ceux qui
(1) Yuen-hoa veut dire les anciens enseignements [fa-ling, élever plus haut l'âme, l'éclairer). Jésus-Christ a dit : «Je ne suis pas venu pour détruire la loi et les prophètes, mais pour les accomplir. » [Mutth., v, ^ 17.)
(2) Si quelqu'un n'est pas régénéré par Teau, et par le Saint-Esprit, il n'entrera pas dans le royaume de Dieu. [Joan., m, f 5.)
(3) Allusion au baptême, qui imprime en nous un caractère indélébile, un signe spirituel, qui est comme le sceau; il nous marque comme faisant partie du troupeau de Jésus-Christ, de sorte qu'il ne [peut être ni effacé, ni réitéré.
(4) Allusion, sans doute, à une coutume de l'époque, ou peut-être l'auteur a-t-il voulu, par ces mots, rappeler que ces prêtres, pour pratiquer la pauvreté évangélique, vivaient d'aumônes et allaient quêter, un morceau de bois à la main.
(5) Comme les premiers chrétiens priaient ordinairement le visage tourné vers l'Orient, afin de témoigner leur foi à la résurrection future, on plaça aussi l'autel dans les églises du côté de TOrient; mais cet usage n'était pas sans exception. (Cons^. apost., 1. VI, c. lvii; Socrate, Hisf., 1. II, e. xxii.)
n'ont rien. Us jeûnent pour amortir leurs désirs, soumettre leur esprit et devenir parfaits; ils veillent constamment sur eux-mêmes (1), et, par une méditation silencieuse, acquièrent des forces (pour accomplir leurs devoirs (2). Sept fois par jour, ils prient pour l'avantage des vivants et des morts. Une fois tous les sept jours, ils font un sacrifice (3), purifient (4) leur cœur (par la pénitence) et redeviennent blancs (comme neige). La doctrine du vrai, de l'éternel est mystérieuse et difficile à nommer. Mais comme son eiïet méritoire est d'éclairer, d'illuminer, elle a été appelée King-kiao, religion lumineuse ou de lumière.
La doctrine (ou la loi divine) seule, sans le saint (l'empereur), ne peut être vaste ni exercer un grand empire. Le saint (l'empereur), sans la doctrine, ne peut être grand. Quand la doctrine et le saint s'accordent et sont unis intimement, tout ce qui est sous le ciel est brillamment éclairé.
Sous le règne si florissant de Tai-Tsong (o), l'intelligent et sage empereur, est venu du royaume de Ta-Tsing un homme d'une vertu supérieure nommé Olopen, qui a apporté dans cet empire les vrais livres sacrés.
(1) Cet exercice est l'âme du christianisme; c'est Tacloration en esprit et en vérité que Jésus-Christ a enseignée à ses disciples. L'oraison mentale a toujours été recommandée aux ecclésiastiques. Elle est rigoureusement ordonnée aux religieux et aux religieuses.
(2) Allusion aux sept heures canoniales que les prêtres catholiques doivent réciter chaque jour. Cette obligation remonte au iv siècle.
(3) Le sacrifice eucharistique est la pratique et la tradition constante de l'Église chrétienne depuis les apôtres jusqu'à nous.
(4) Dieu dit aux Juifs par Isaïe (ch. i, f 16) : « Purifiez- vous, cessez de faire le mal et venez; quand vos péchés seraient rouges comme l'écarlate, ils deviendront blancs comme la neige. »
(5) Tai-Tsong a rogné de 627 à G50,
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AU VHP SIECLE
Se guidant sur les nuages azurés et suivant les lois des vcnls, Olopen a pu faire un voyage rapide, mais plein de fatigues et de dangers. C'est en la neuvième année de Tchen-Kouan (636 ap. J.-C.) qu'il a fait son entrée dans Ïchang-Ngan.
Apprenant son arrivée, l'Empereur a ordonné à un de ses ministres d'État (Tsai-chen), le Kong (1) Fan-hiwng-ling, d'envoyer un cerlain nombre d'officiers du palais k l'est de la ville, assez loin dans les faubourgs, pour féliciter le nouveau venu et l'inviter à se rendre au palais. Sa Majesté a prescrit ensuite qu'on traduisît les livres sacrés, qui furent déposés dans sa bibliothèque. Souvent elle interrogeait Olopen sur sa doctrine dans le Kin-oey (partie réservée du palais). Elle a pu, par ce moyen, savoir à fond que cette doctrine est la seule doctrine vraie et pure. Des ordres ont été donnés ensuite de la propager et de l'enseigner partout.
La septième lune de la douzième année Tchen-Kouan du règne de l'empereur Tai- Tseng (638 de notre ère), a paru l'édit impérial suivant : « La vraie loi (religieuse) n'a pas de nom déterminé. Les saints « n'ont pas de résidence fixe; ils courent le monde, répandant la « religion, exhortant les peuples et secourant en secret la multitude. « Olopen, homme d'une grande vertu, est venu du royaume éloigné « de Ta-Tsing pour nous offrir des livres sacrés contenant une nouvelle « doctrine dont il nous a expliqué le vrai sens, ainsi que des images « (se rapportant à cette doctrine). En parcourant ces livres, en exa- « minant attentivement celte doctrine, on reconnaît qu'elle est pro- « fonde, merveilleuse, parfaite, que son principe fondamental est la « production et f achèvement de tout ce qui est utile et nécessaire (2).
(1) Kong, premier rang de la noblesse en Chine. Titre héréditaire.
(2) Vou-oey, ces deux mots, qui signifient non-agir, constituent la base du dogme de Lao-Tsée. Ce philosophe réduit presque toute sa morale au non-
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LE CATHOLIClSxME EN CHINE
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» On constate, en outre, que le langage de cette doctrine est simple, t concis, qu'elle fait oublier (1) l'intrument en bambou avec lequel « on prend le poisson pour ne songer qu'au poisson; enfin que, d'une « utilité incontestable pour tous les êtres, elle est particulièrement « profitable à l'homme. Il convient de la propager dans tout l'empire.
« Les magistrats de cette ville devront désigner, dans le quartier « de Yn-Yn-Fang (quartier de la paix et de la justice), un endroit pour « la construction d'une église de Ta-Tsing qui sera desservie par « vingt et un prêtres .
« Sous la dynastie des Tsong-Tcheou, la vertu s'étant éteinte, « Lao-Tsée (2) montant sur un Kia (char), est parti pour les pays » d'occident. Sous cette grande dynastie des Tang, le vent de la re- * ligion a soufflé de l'occident et est parvenu jusqu'à nous. » L'empereur a ensuite ordonné de suspendre, dans l'église de Ta-Tsing son vrai portrait qui faisait ressortir splendidement sa majesté naturelle
agir; d'après lui, l'état d'incorporéité, d'immatérialité, d'immobilité absolue de la raison suprême de Tao est son état parfait. Son état de corporéité, de matérialité, de mouvement, de création et d'absorption est son état imparfait.
(1) Tehouang-Tsée (338 N.-J.-C), dans son ouvrage intitulé Mun-hoa-King, dit en se moquant des disciples de Confucius, qui parlaient et écrivaient beaucoup trop sans raison : « Celui qui ne sait rien doit apprendre la doc- « trine, mais quand on la connaît, pourquoi parler et écrire inutilement, u Quand l'homme a pris un poisson avec un instrument en bambou et l'a « apporté dans sa maison, il ne s'occupe plus de l'instrument, mais du « poisson. »
(2) Allusion au départ de Lao Tsée pour les pays d^occident. M. Pauthier, dans la Chine moderne (page 200), dit que cette phrase signifie que la religion apportée de l'Empire romain en Chine était semblable à celle portée en Occident par Lao-Tsée plus de mille ans auparavant ; nous craignons que le savant sinologue n'ait pas bien saisi l'antithèse, qui n'a qu'un but, celui de faire l'éloge de la religion lumineuse.
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— l'éclat du héros illuminait les portes de notre religion, -r- ses saints vestiges ont répandu le bonheur et éclaireront éternellement les fondements de notre doctrine. En parcourant avec soin les Annales des royaumes de l'occident, et en examinant les ouvrages composés par les historiens des dynasties des Han et des Ouey, on voit que le royaume de Ta-Tsing s'étend au sud jusqu'à la mer de Corail (1) et au nord jusqu'à la montagne des pierres précieuses (2) ; à l'ouest, il est borné par des collines couvertes de fleurs et de bois (3), région des Sages qui ne périssent pas tout entiers (4), et à l'est par une
(1) La mer Rouge.
(2) Les montagnes d'Arménie qui unissent le Caucase et le Taurus et qui renferment de riches mines d'or, d'argent, de cuivre, de fer et de plomb.
(3) Le mont Carmel, dépendant du Liban, célèbre autrefois par ses cèdres, ses figuiers, ses lauriers^ ses cyprès. C^est sur ce mont que furent institués, en Tan 400, par Jean, patriarche de Jérusalem, en l'honneur du prophète Elle, les ermites ou religieux du Mont-Carmel qui, plus tard, ont donné naissance à l'ordre des Carmes. Il est possible aussi que cette région dont parle l'inscription soit la partie du Liban où les moines maronites vivaient dans des grottes et des cellules taillées dans le roc.
(4) Dans le royaume de Lou, il y avait au commencement un ministre d'Etat qui disait : « Tsang, surnommé après sa mort Ouen-Tchong (le puîné « lettré), étant venu à décéder, on dit de lui qu'il était toujours subsistant « (c'est-à-dire, ajoute la glose, que l'on disait que ses bonnes instructions « seraient transmises aux siècles à venir). » N'est-ce pas là l'explication du proverbe? moi, je l'ai compris ainsi. Ceux qui sont supérieurs aux autres hommes, les saints, selon la glose, ont des vertus qui subsistent indéfiniment (qui parviennent aux siècles futurs, glose); Ceux qui viennent immédiatement après (les sages) ont des mérites qui subsistent aussi indéfiniment. Ceux qui viennent après ces derniers ont des paroles qui sont également transmises aux générations futures... Quoique ces trois ordres de Sages ne vivent qu'un certain temps, on dit d'eux qu'ils ne périssent pas tout entiers. Voilà ce que signifie l'expression pou-hieou (Tsa-tchouan, k. 5 ch. xxxii). {Chine moderne, par Pauthier.)
mer (1) dont les eaux sont continuellement battues par des tempêtes. Le pays produit une étoffe qu'on lave au moyen du feu, des parfums assez forts pour ranimer la vie et dos pierres précieuses dont l'éclat, le soir, est resplendissant. Les coutumes et les mœurs de cette contrée sont excellentes; le pillage et le vol y sont inconnus. Les habitants, toujours gais, jouissent de la paix, de la tranquillité d'esprit et n'ont pas d'autre religion que la religion lumineuse. Le souverain du pays n'est pas reconnu s'il n'a pas de vertus. La superficie de cette con-' trée et sa population sont considérables; les productions y sont abondantes et les lettres y fleurissent avec éclat,
Kao-Tsong, le grand empereur (2), imitant avec respect les exemples de ses ancêtres, a continué l'œuvre de son père et l'a développée en ordonnant qu'on construisît dans chaque Tcheou (arrondissement) une église de la religion Ta-Tsing et en conférant à Olopen le titre honorable de gardien et de chef de la grande doctrine, qui, répandue dans les dix Tao, fut la source d'innombrables félicités pour tout l'empire. Les églises de la religion lumineuse remplissaient toutes les villes, et des milliers de familles purent jouir des bienfaits de la religion. A la fin de l'année dite (3) Clien-ly, les prêtres de la reU-
(1) Le golfe Persique et non point la mer Morte, comme plusieurs traducteurs l'ont prétendu. — Dans le même ouvrage, dont nous avons déjà parléj intitulé Sin-Tung-Chou, on. trouve que, jusqu'à la fin de la dynastie des Han, vers l'an 395, époque de la fondation de Fempire d'Orient, on donnait le nom de Ta-Tsing-kouè ou Sj-haï-kouè au pays compris entre une grande mer à l'ouest, une grande mer agitée souvent par les tempêtes (le golfe Persique), et le royaume de Perse au sud-est; la m'er Rouge au sud; et, au nord, le royaume de Tsan-Kouè, que Ton traverse pour aller chez les Tou-Kiue.
(2) Kao-Tsong, troisième empereur de la dynastie des Tang, est monté sur le trône en 650 et mort en 684.
(3) Année du règne de l'impératrice Ou-Tsee-tien (698).
Mj VHP SIECLE
gioii de Bouddha ont cherché à déblatérer contre notre religion dans la ville de Tong-Tcheou (1). Déjà en l'année dite (2) Sien-Tien, des gens vulgaires et méchants l'a^'aient tournée en dérision et calomniée dans Sy-Kao (3). Les mailles du filet étaient sur le point de se rompre, lorsque, heureusement, un chef des prêtres de notre religion, nommé Lohan, a repris ces mêmes mailles avec l'aide d'un autre prêtre trésvertueux nommé Kylie et de plusieurs autres prêtres remarquables, tous descendants des familles nobles de Kin-Fang (région de l'or (4). L^empereur Hiuen-Tsong (5), le très-droit, a prescrit à Ning- Ouang et aux quatre autres Ouang (princes de la famille impériale) de se rendre personnellement à l'église du bonheur. Des autels ont ensuite été érigés. Les colonnes de notre religion, qui, inclinées, étaient sur le point de s'écrouler, ont été relevées, et les pierres de la foi qui menaçaient de tomber ont été consolidées. Au commencement de la première année dite Tien-pao, ce même empereur a donné l'ordre à un Tsiang-Kian (général) nommé Kao-Ly-Tse de transporter les images des cinq saints (ses ancêtres) dans l'église de la religion lumineuse et a offert aux prêtres de cette même église cent rouleaux de soie comme témoignage de son respect et de sa vénération pour ses ancêtres (6) . Quoique les poils de la barbe du dragon soient très-
(1) Ville de la province du Honan.
(2) Année du règne de Kao-Tsong de 656 à 660.
(3) Ville de Chen-Si.
(4) La région de l'or était la Bactriane ou le Tokkarestan.
(5) L'empereur Hiuen-Tsong a régné de 713 à 742. — Les titres de son règne sont Kai, Tien-pao.
(6) Allusion à l'empereur Houang-ty qui, d'après la tradition, après sa mort est monté au ciel sur un dragon. — En le voyant partir, les grands du royaume voulurent arrêter le dragon en le saisissant par les poils de sa barbe, mais ce fut en vain. Alors l'empereur, touché de leur affection, leur
loin, on peut prendre avec les mains l'arc et le sabre. Les parties du front de l'empereur (1) Taï-Tsong, situées au-dessus des yeux, à droite et à gaiiche, brillaient comme le soleil ; on aurait cru voir l'empereur vivant et près de soi.
En la troisième année du règne dite Tien-pao^ un autre prêtre de Ta-Tsing est arrivé en Chine en observant le soleil et en se guidant sur les étoiles. L^empereur a daigné l'admettre en sa présence et a informé le peuple, par un édit, que le prêtre Lohan, le prêtre Polun, le très-vertueux Kie-Ho et cinq autres prêtres pourraient pénétrer dans le Ning-King-Kong (partie réservée du palais) et y exercer librement leurs cérémonies religieuses.
En ce temps, des tablettes en bois ont été suspendues aux murs de notre église et en ont orné le frontispice — tablettes comprenant des inscriptions élogieuses tracées par la main de l'empereur et revêtues de l'empreinte des dragons (impériaux). — Elles étaient semblables à des pierres précieuses, reflétant des couleurs (2) plus belles que celles des nuages au soleil couchant; au milieu, brillaient^ comme les rayons du soleil levant, de grands caractères rouges. -- La bonté de
donna son sabre et son arc qu'ils conservèrent comme de pieuses reliques. L'auteur a voulu dire par cette allusion que, quoique les cinq ancêtres de Hiuen-Tsong étaient morts, ils existaient encore par leurs tableaux.
(1) Les portraits chinois de l'empereur Tai-Tsong le représentent avec les os frontaux proéminents et très-développés. Je-Kio ou la corne du soleil qui désigne l'os frontal de droite, est une expression technique que l'on ne trouve que dans les ouvrages de physiognomonie.
(2) Cet usage de donner des tablettes s'est conservé jusque sous la dynastie actuelle des Ta-Tsing. — Le 24 avril 1711, l'empereur Kang-Hi, à l'occasion de la construction d'une église que les missionnaires de Péking venaient de bâtir, leur donna une tablette rédigée par lui-même et ainsi conçue : « A la véritable origine de toutes choses, sans commencement, « sans fin, il est le vrai seigneur le véritable esprit, créateur du ciel, de la
cet empereur et ses bienfaits ont dépassé en hauteur le sommet des montagnes du sud et en profondeur celle de la mer Orientale . — Sans la doctrine (la loi divine), rien ne peut être (1). — Tout ce qui est a un nom. — Sans le saint (l'empereur) rien ne peut être fait. — Ce que l'empereur fait doit être publié .
L'empereur (2) Sou-Tsong (ouen-ming), le lettré, l'intelligent, a fait bâtir des églises de la religion lumineuse dans la ville de Ling-vou et autres lieux, ainsi que dans cinq autres principautés de l'ouest. Les œuvres de ses prédécesseurs ont ainsi* été augmentées, on peut même dire achevées. Les portes de la fortune et du bonheur ont été ouvertes pour tous. Une grande joie a régné dans tout l'empire, qui a été solidement établi .
L'empereur Taï-Tsong (3) (ouen-vou), le lettré et le guerrier, s'est efforcé d'étendre les limites des domaines sacrés et a pu diriger l'état d'une manière parfaite (4) . A chaque anniversaire de sa naissance, il envoyait aux prêtres de la religion lumineuse des parfums du palais, pour remercier Dieu de ses bienfaits, et des mets de sa table pour
a terre, de l'homme et de tout l'univers. Infiniment bon, infiniment juste, « il règle tout avec une suprême autorité, avec une souveraine justice. »
(1) Cette phrase concorde parfaitement avec cette autre qui termine l'inscription « La loi doctrine (la loi divine) est la seule qui soit vaste, la seule qui réponde en même temps à ce qui est le plus secret, le plus caché. — Obligé de lui donner un nom, je ne puis que l'appeler le mystérieux, l'insondable un en trois. — Le maître ou le souverain peut produire des actes — le devoir du sujet est de les publier. »
(2) L'empereur Sou-Tsong ou Sieou-Tsong a régné de 756 à 768.
(3) L'empereur Taï-Tsong a régné de 763 à 766.
(4) Vou-oey, Confucius dans le Lun-yu, a dit ; « Tsée yue vou oey, eulh. « tche-tché » (le maître). « Chin ne peut-il pas être considéré comme « ayant gouverné parfaitement » (sans effort). Tchou-Fou-Tsée, commentant ce passage, l'explique ainsi : « Quand la vertu du sage est parfaite, le peuple « est transformé sans attendre que le sage règne. »