LE CATHOLICISME EX CHINE
montrer l'estime qu'il avait pour les membres de cette religion. lia marché ainsi sans s'arrêter dans la voie de l'utile et du beau. Aussi on peut dire qu'il a augmenté et élargi la vie de ses peuples. Le saint (empereur), peut être considéré comme une sorte de principe originel (4), qui par la pensée crée peu à peu, forme et achève la substance.
Notre empereur Te-Tsong (Kien-Tchong), chen-chen ouen vou (le vertueux, le sage, le civil, le militaire), a institué : 1° huit principes (2) (tchin) tendant à substituer la lumière aux ténèbres dans l'administration et à faire prévaloir (3) la justice dans les récompenses et les punitions des fonctionnaires; 2° Neuf règles (tcheou) en vue spécialement d'assurer et de renouveler le mandat de la religion lumineuse, qui, par cette transformation, a pu reprendre sa force originelle. Prier ouvertement sans rougir; parvenu au sommet de la grandeur, rester simple et humble ; s'appliquer à être toujours calme,
(1) Dans le texte ctiinois, il y a simplement deux caractères ; Ting-Tou, dont s'est servi Lie-Tsée (philosophe de l'école de Lao-Tsée, disciple de Kouan-Yun-Tsée, 398 av. J.-C), dans son ouvrage intitulé Tchong-hiu-kin (livre sacré pour monter au vide). Voici l'interprétation de ces deux expressions par un membre de F Académie des Han-lin, nommé Ly-Ouen-Chan, auteur d'un ouvrage intitulé Fa-ning-ouen-tchang . Ting-ouey-ping-ky-hing ; Ting veut dire que, par la pensée, il se forme : Tou-oey-tching-ky-tche . Tou veut dire qu'il a achevé sa substance, c'est-à-dire est devenu parfait.
(2) Les deux expressions Tchin et tcheou sont tirées du Chou-king, troisième volume. Honey-fan-Kieou-tche ou (voir, pour leur explication, la traduction par M. Pauthier, Chine moderne {2" vol., p. 348), du tableau figuratif des neuf règles fondamentales et des huit principes du gouvernement de la sublime doctrine par le philosophe Ky-Tsée (1122 av. J.-C).
(3) Tchou-tche yeou-ming, expression du Chou-King (1" vol. Chin-Tien). L'empereur Chun décida que tous les trois ans la conduite des fonctionnaires du gouvernement serait examinée, et que, la neuvième année, on abaisserait (tchou) les mauvais (yeou) ou on élèverait (tche) les bons (ning).
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maître de soi-même ; traiter les autres comme on voudrait qu'ils nous traitassent ; pratiquer la vertu et pardonner aux autres ; être bienveillant, bon, charitable, secourir les affligés, aimer son semblable comme soi-même, l'aider en toutes circonstances, être indulgent pour les fautes des autres; telle est la voie que notre religion ordonne de suivre et qui est comme l'échelle de notre sainte loi .
Si le vent et la pluie ont leur temps marqué, si la paix règne sur la terre, si les hommes sont bien gouvernés, si chaque chose est dans un ordre parfait, si lôs vivants peuvent jouir des biens d'ici-bas, si les morts peuvent se réjouir, si nos pensées, s'élevant vers Dieu, peuvent correspondre avec l'Être suprême, si notre nature se perfectionne, si les sentiments naturels qui dirigent nos actes sont purs et si nos actes sont droits, nous devons cela à l'effet méritoire de la force et de la puissance de la religion lumineuse.
L'empereur a conféré à un des grands bienfaiteurs et maîtres de cette religion, au prêtre Y-sse (1), les titres de « Kin-tsée » (2) « Kouang-lo-ta-fou,» So-fang-tsie-tou-fou-sse (3), » € Ché-tie-tchongty-Kien (4) » et, l'a autorisé, en même temps, à porter le (5) Kiacha,
(1) Y-sse était un prêtre catholique que le ministre Ko-Tse-y avait pris en grande affection pour les services qu'il lui avait rendus, et qui fut comblé d'honneurs par l'empereur Te-Tsong.
(2) Kin-tsée, Kouang-lo-ta-fou. Excellence ou renom éclatant, pouvant porter des habits pourpres et or, est l'appellation employée pour les mandarins du premier degré et du premier rang.
(3) Grand maître des approvisionnements de bouche de la maison impériale et commandant militaire en second de la partie septentrionale de l'empire. (Pauthier.)
(4) Inspecteur des examens de la salle impériale (Pauthier).
(5) Le kia-cha était un vêtement de religieux, en étoffe de laine, de couleurs noire et rouge entremêlées^ que les empereurs conféraient aux chefs de religion comme marque de distinction. Dans le principe, il n'était porté
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vêtement sacerdotal pourpre mélangé de noir. Ce prêtre était d'un caractère pacifique ; libéral, charitable, bienfaisant, il remplissait avec zèle tous ses devoirs. Il est venu en Chine de la ville très-éloignée nommée Ouang-che-tche (1). Ses connaissances ont dépassé celles de trois générations. Ses talents extraordinaires atteignaient la perfection. Au commencement, l'empereur l'a attaché à sa personne dans le Tanting (palais), et son nom a été inscrit parmi ceux qui habitaient sous la tente avec le prince (Kiun-ouang) de Fen-yang, le duc Ko-tse-y, qui, portant le titre de Tchong-chou-ling (principal secrétaire d'État, secrétaire du cabinet), était chargé des affaires militaires du So-fang (pays situé au nord de l'empire) .
Y-sse n'a jamais profité pour lui-même de la position qu'il occupait auprès de Ko-tse-y qui l'aimait beaucoup et dont il était les ongles et les dents, en même temps qu'il était les yeux et les oreilles de l'armée. Il savait distribuer avec justice ce qui revenait à chacun, et tout ce qui lui appartenait, il le donnait aux autres. lia offert à l'église de la religion lumineuse du verre de Lin-Ngan (2) et des tapis dorés de Tsée-Ky.
Tantôt il restaurait les anciennes églises, tantôt il en augmentait les dimensions, et, en les ornant, faisait que les ailes du bâtiment et le toit étaient plus beaux que les ailes multicolores des faisans lorsqu'ils volent dans les airs. Conformément aux principes de la charité, il s'efforçait en même temps de consolider les portes de la loi par de bonnes œuvres et des aumônes. Chaque année, il réunissait pendant cinquante jours les
que par les patriarches bouddhistes et était le signe de la transmission de la doctrine par le grand-maître au disciple.
(1) Peut-être Antioche, ville de la Syrie.
(2) Laodicée ad Ly-cum, ville de la Syrie, près du mont Bélus et de la mer, dont l'industrie des habitants était renommée pour la teinture au pourpre et la fabrication du verre.
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prêtres et les fidèles des quatre églises, afin qu'ils pussent séparément se recueillir et mieux vaquer aux exercices de piété. Il faisait distribuer aux mendiants des aliments, aux pauvres des vêtements pour les garantir du froid et aux malades des remèdes pour les guérir. Il faisait ensevelir les morts et leur procurait ainsi le repos. On n'a pas entendu dire que le charitable et bon Ta-So (1) en ait jamais fait autant. Les docteurs de la religion lumineuse qui, eux, portaient des vêtements blancs, ont connu et admiré cet homme illustre, et c'est pour conserver le souvenir de ses œuvres et de ses bienfaits que son nom a été mentionné dans cette inscription qui a été gravée sur une pierre aussi durable que les rochers battus par les flots.
En résumé, je dirai que le vrai Seigneur n'a pas de commencement; immuable, toujours lui-même, tout-puissant, il a mis tout en mouvement et a opéré la création ; il a fait surgir la terre et établi l'équilibre du ciel; il a donné sa propre substance qui est venue dans le monde pour le sauver. Alors la lumière a fait place aux ténèbres et tous les hommes sans exception ont pu connaître clairement la vérité.
Le très-glorieux et illustre Tai-Tsong (ouen-ou) a porté la couronne impériale plus haut que les autres ; profitant des circonstances, il a fait cesser les troubles, et la tranquillité a pu renaître. Il a dilaté le ciel et étendu la terre par ses œuvres. C'est sous son règne que notre très-brillante, très-illustre religion a pénétré dans l^empire des Tang, qu'elle a régénéré par sa doctrine. Ce même souverain a fait traduire
(1) Ta-So était un bonze remarquable, dit-on, par sa charité et son amour du prochain. Ayant convoqué un grand nombre de bonzes à une grande assemblée, il les a logés, nourris, et leur a procuré tout le nécessaire (Alvarez Semedo). — M. Pauthier croit que ta-so est la transcription du terme sanscrit das'ahza, qui signifie bouddhiste.
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les saintes écritures et élever des églises. Cette nouvelle doctrine a été pour les vivants aussi bien que pour les morts le navire de salut qui, après un long voyage, finit par atteindre le rivage désiré. Les cent félicités sont venues ensuite et tout le peuple a joui de la paix et de 4a tranquillité.
Kao-Tsong, marchant sur les traces de son père, a fait construire de nouvelles églises plus hautes et plus belles que celles qui existaient, et les palais de la concorde, agrandis et ornés, ont rempli tout l'empire ; grâce à ce souverain si éclairé, la vraie doctrine est devenue claire pour tous et a été publiée partout. C'est lui qui, le premier, a nommé des maîtres de la loi. Chacun a pu se réjouir et, sans fatigue, jouir du calme et de la tranquillité; les maux et la misère ont cessé.
L'empereur Yuen-Tsong a suivi avec intelligence la voie droite de la vérité. Les tablettes impériales (qu'il a oiïertes à notre église) brillaient magnifiquement et les caractères de l'écriture resplendissaient comme le soleil ; les effigies impériales avaient plus d'éclat que les pierres précieuses. Le peuple respectait profondément ces tablettes et ces images. Tout était dans un ordre parfait, et la joie régnait parmi les hommes.
Sous Hiuen-Tsong (1), un retour s'est opéré; mais, par son énergie, il a pu faire parvenir partout le char impérial ; alors un bon soleil a lui de nouveau, un vent favorable a soufflé et les nuages du soir ont disparu.
Le bonheur a reparu dans le palais impérial, les miasmes pestilentiels ont disparu pour toujours, les vagues agitées sont redevenues calmes, et l'empire des Hia a été relevé de la poussière.
(1) Expression du Y-King (2 voL fou hoa) allusion aux événements malheureux qui ont eu lieu au commencement du règne de Hiuen-Tsong.
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L'empereur Tai-Tsong (hiao-y), si remarquable par sa piété filiale et sa justice (1), a uni par ses vertus le ciel et la terre; par ses bienfaits, il a rendu la vie du peuple plus facile et fait prospérer chaque chose. Il a offert des parfums à notre église, en actions de grâce, et a exercé largement la charité. Sa puissance s'étendait des points où le soleil se lève jusqu'à Tendroit où le soleil se couche.
L'empereur Te-Tsong, en les années de son règne, dites Kientchong, a, par ses institutions, rendu la doctrine de la religion lumineuse plus claire aux yeux de tous; il a pacifié par ses armes les quatre mers, et, par les lettres, il a éclairé les dix mille royaumes. Il pénétrait, comme avec une lumière, les choses les plus cachées, et voyait tout comme dans un miroir. Il a illuminé, pour ainsi dire ressuscité le monde. Tous les barbares ont accepté ses lois.
La doctrine (la loi divine) est la seule qui, très-vaste, répond à tout ce qui est secret et caché. Obligé de lui donner un nom, je ne puis que l'appeler ^insondable un-trois.
Le maître où le souverain peut faire des actes ; le devoir du sujet est de les publier. C'est pourquoi j'ai érigé cette pierre qui rappellera l'heureux souvenir de cette immense félicité.
Celte inscription a été faite sous la grande dynastie des Tang, en la deuxième année Kien-tchong (781 ap. J.-C), Te-Tsong étant empereur ; le septième jour du mois Tai-tsou, jour férié du grand Yao-san (hosanna) (le dimanche).
Sous l^administration du prêlre-évêque Ning-Tchou, chef de la loi lumineuse pour le Tong-fang (la région orientale).
Le nommé Lieou-Sieou, ayant le litre de Tchao-y-lan, et précédem-
(1) Expressions tirées du Y-King, relatives au saint (1" vol. Kien-Hoa).
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ment celai de Tay-chen-sse-sse-tsan-kin , a écrit l'inscription et l'a gravée. '
Au bas de l'inscription, à droite, on lit, en chinois ; L''examinateur existant, président du tribunal des rites; le prêtre, chef des temples et églises, décoré par l'empereur du Kia-cha* : Y-Li .
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