‹ Le catholicisme et l'instruction publiqueChapitre 13 sur 42 · PRÉFACE. XIX · texte numérisé non relu

PRÉFACE. XIX

avec vérité qu'une pareille croyance n'est pas à beaucoup d'égards la meilleure, et qu'à tout prendre, si elle fait moins de bien que telle ou telle religion positive, elle fait infiniment moins de mal? La religion naturelle n*est*elle pas en tout cas la meilleure préparation à recevoir pour faire définitivement choix d'une religion positive, et le meilleur préservatif contre les égarements de la superstition et les excès du fanatisme? Une religion positive, si elle est professée avec une foi libre et forte, est affaire de sentiment et de passion plutôt que de froide raison. Et comme cette passion est nécessairement peu éclairée dans les masses, elle les entraîne aisément à une infinité d'extravagances et d'emportements furieux. Il n'est pas nécessaire pour s'en convaincre de remonter au paganisme; il suffit d'ouvrir les annales de la plus pure et de la plus humaine des religions ; on la trouvera constamment déshonorée par des superstitions et des atrocités sans nombre.

Voilà, en tout cas, pourquoi nous voudrions que la religion et la morale naturelles, universelles, fussent seules enseignées dans les écoles de TËtat, et Qu'aux parents seuls fût laissé le soin de ce qui regarde la religion positive. Tout ce qui est d'ordre rationnel pur ou scientifique est essentiellement du domaine de l'État, quoique l'État ne puisse imposer une doctrine : il nomme et rétribue les maîtres qui remplissent les conditions morales et scientifiques voulues pour mériter sa confiance; le reste n'est plus son affaire.

Ce n'est pas sans un vif regret qu'en nous en prenant aux choses, aux institutions et aux doctrines bien plus qu'aux personnes, nous nous séparons cependant de la

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