PRÉFACE. XXIX
sens moral a été perverti dans nn très grand nombre d'esprits par la fausse doctrine sur l'autorité véritable, celle que V. Cousin appelait justement l'autorité des autorités.
L'autorité de la raison doit être en effet le fondement et le critérium de toute autre autorité : aucune n'est possible sans elle on contre elle. En dehors d'elle il n'y a plus que la force» qui n'est pas une autorité et qui ne le sera jamais. Elle peut inspirer la crainte, la retenue ; jamais elle n'aura pour elle, tant qu'elle sera seule, le respect et Taffeclion, denx choses qui font obéir avec amour et bonheur, et qui assurent dans le monde l'ordre moral véritable, celui des intelligences et des cœurs.
Quoique nous soyons convaincu que renseignement i^eligieux tel qu'il est donné par les congrégations enseignantes soit entaché des graves défauts que nous venons de signaler, nous ne demandons pas cependant que la faculté d'onseigner leur soit retirée, mais seulement qu'elles ne puissent le faire qu'à la condition de donner à l'État les garanties de capacité et de moralité qu'il exige des instituteurs laïques, qu'elles soient soumises à ses inspecteurs et qu'elles se suffisent à elles-mêmes ; le service exceptionnel que les familles leur demandent, plutôt que de recourir à l'enseignement public payé par l'État, doit être rétribué par ceux-là seuls qui le réclament.
Hais en appelant l'attention des familles et des gouvernements sur les inconvénients inséparables de l'enseignement religieux dans les écoles publiques, sur les avantages qu'il y aurait à laisser aux pères de famille ou à TËglise et à ses ministres le soin exclusif de cet enseignement, nous