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CHAPITRE V

Les Sœurs de la Charité comme institutrloes et le Pouvoir de Marie.

Si rinstruction est une œuvre de charité, c'est surtout à la condition qu'elle soit saine et profitable. Or, à ne tenir compte que de l'intérêt religieux, quoiqu'il y en ait ici une multitude d'autres en question, cet intérêt peut être lésé de deux manières fort différentes, ou par l'esprit de crédulité, de superstition, de fausse piété, ou par l'esprit d'incrédulité absolue et d'impiété. Ce n'est pas certes que la superstition spéculative ou pratique soit exempte d'impiété; non, car il y a une piété fausse, qui déshonore la religion et qui, tout excusahle qu'elle puisse être moralement ou quant à l'intention, est, comme on l'a dit, une piété impie. Il y a de môme une impiété pieuse, celle qui, par respect pour la divinité, ne peut ni croire ni pratiquer ce qui lui semble contraire à la véritable idée de Dieu et au respect qui est dû à Dieu même. Et cette impiété n'est pas moins moralement excusable que l'autre. Il y a toutefois cette différence que l'impiété pieuse peut être plus près de la vérité que la piété impie, s'il est vrai, comme l'ont soutenu de saints personnages, qu'il y ait incomparablement plus de danger de se tromper dans les affirmations sur Dieu que dans les négations.

Sans entrer dans le débat de cette question, nous n'avons d'autre but ici que de soumettre au lecteur judicieux cette autre difficulté, celle de savoir s'il y a tout profit, môme au point de vue religieux, à prendre pour institutrices de ses enfants, des religieuses qui, comme cellesde Saint-Vincent-de- Paul, donnent en prix un ouvrage intitulé : Le Pouvoir de

Marié, ei en enseignent par conséquent le contenu ou quelque chose d'analogue. Et quand on sait que ce petit livre est l'œuvre d'un saint, d'un théologien très autorisé, de Liguori, on est conduit tout naturellement à se demander ce que doit être, au point de vue du bon sens, de la critique historique et philosophique, l'enseignement du clergé tout entier.

Voici une simple esquisse de cet ouvrage; les faits parleront, des observations critiques seraient superflues. L'exemplaire que nous avons sous les yeux, qui a été donné en .prix le 27 août 1873 par l'école chrétienne destinée aux filles de la charité, et qui en porte l'attestation moitié imprimée, moitié manuscrite, est une des nombreuses impressions de ce genre qui se font à Tours, chez les Mame. C'est une nouvelle édition de 1871, revue, dit-on, avec soin.

Celte révision ne pouvait porter sur le fond, ni par voie d'addition, ni par voie de suppression; c'eût été manquer de respect à l'auteur, surtout si on avait ajouté à son œuvre. Il est donc très présumable que là traduction française est la reproduction fidèle de l'original. Or voici quelques-uns des points de doctrine et des faits qui s'y lisent :

« Dieu a cédé à Marie le règne de la miséricorde; il ne s'est réservé que celui de la justice. »

Voilà donc l'empire moral de la Providence partagé entre deux souverainetés, celle de Dieu et celle de Marie. Aussi Marie est-elle la reine du Ciel, coMme Dieu en est le roi.

Il faut voir maintenant de quelle manière elle exerce son empire.

C'est une âme du Purgatoire, celle d'une femme dont la vie fut si détestable que, chacun la croyant damnée, elle fut enterrée comme un vil animal. Cependant toute morte et enterrée qu'elle était, elle s'adresse un jour à la Sœur Catherine de Saint-Augustin, et lui reproche, à elle qui priait pour tout le monde, de n'avoir pas adressé à son intention un seul mot à la sainte Vierge. La Sœur Catherine lui répond qu'elle la

croyait damnée, et qu'elle ne s'étonne que d'une chose, qu'il n'en soit rien. Elle lui demande ensuite d'où vient qu'elle n'est qu'en Purgatoire.C'est, répond la revenante, qu'elle a fini, abandonnée qu'elle était de tout le monde, par invoquer la Vierge, qui lui a valu cette copimutation de peine. Mais il lui manquait, pour être entièrement libérée, quelques messes. Elles furent dites à la recommandation de la Sœur Catherine. La défunte une fois délivrée vint remercier, comme de raison^ sa bienfaitrice, et lui promit à son tour sa protection dans le Ciel. £t voilà.

C'est un jeune Écossais qui, tout protestant qu'il était, avait du penchant pour le culte delà Vierge. Cette inclination pieuse lui valut la connaissance d'un jésuite (les jésuites jouent un grand rôle dans ce livre), qui le convertit au catholicisme et lui fit désirer d'entrer dans la Compagnie de Jésus, à Naples, dans < la Maison de Dieu >,où ilne tarda pas à succomber, suivant ses pieux désirs, » au milieu de tous ces anges. » (Les jésuites, des anges I) A ses derniers moments, il voit son ange gardien et s'entretient familièrement avec lui. « Peu de jours après un religieux sut par voie de révélation qu'il était dans le Ciel. »

C'est une bergère qui, dans sa pauvreté, n'avait à -offrir à la 'Madone qu'elle visitait souvent en gardant ses moutons, qu'une simple couronne de fleurs. La Vierge reconnaissante lui offrit en retour, à sa dernière heure, la couronne immarcessible d'immortalité: et cela au vu de deux religieux, qui avaient reçu du Ciel l'ordre d'aller constater le fait.

C'est une grande pécheresse du nom d'Hélène qui, entendant par hasard prêcher sur le saint Rosaire, eut la fantaisie d'en avoir un, puis après de le réciter; elle y prit un tel goût qu'elle se confessa et changea de vie. A sa mort elle reçoit la visite de la Vierge, et l'on vit son àme « sous la forme d'une blanche colombe s'élever vers le Ciel. »

C'est, au dire de Bernardin de Buste, un oiseau qui, au mo-

ment où il est enlevé dans les airs par un épervier, a Theureuse inspiration de s'écrier : Ave, Maria! L'épervier aussitôt làctie sa proie et tombe roide mort. On dit bien que Toiseaa avait appris à dire ces mots; c'est un prodige de moins: mais c'est déjà bien beau comme cela* La portée de ce miracle est facile à concevoir : l'oiseau c'est le pécheur, mais qui a encore de la dévotion pour Marie; l'épervier, c'est le diable.

C'est Marie-Egyptienne, une bien grande pécheresse, qui, touchée de la grâce par la visible faveur de la sainte Vierge à laquelle, dans une circonstance critique, elle eut l'heureuse idée de s'adresser, alla, suivant les conseils de sa protectrice, expier longuement dans le désert une vie passée dans les plus grands désordres. Un jour qu'un moine, du voisinage sans doute, se présenta pour la communier, comme il le faisait une fois chaque année, il ne trouva qu'un cadavre et à côté l'expression du désir d'être enterrée sur les li^ux mômes de la pénitence. L'abbé Zozime, c'était le moine en question, commanda tout de suite à un lion de faire rofiSce de fossoyeur. Le lion, qui n'était pas là pourautrj chose évidemment, ne se le fit pas dire deux fois, et ainsi furent accomplis les derniers vœux de Marie-Egyptienne.

C'est le jésuite Manuel Pardial, que plusieurs démons guettaient à sa mort. Ils furent mis en fuite par Marie qui lui apparut, et on les entendit s'écrier : « Nous ne pouvons rien contre cet homme, car celle qui est sans tache le protège. »

C'est un riche dont on ne donne pas le nom, mais dont l'àme, sans doute parce qu'il avait manqué de dévotion à la Vierge, fut bel et bien emportée en enter par les démons, au nez et à la barbe du curé qui était venu pour lui administrer les derniers sacrements. Pendant cette opération voilà qu'on vient dire à M. le curé qu'une femme des plus pauvres était mourante, et qu'elle demandait les secours de la religion. Le curé fait répondre de s'adresser à M. le vicaire. Celui-ci n'a pas plus tôt mis le pied dans l'affreux taudis oii gisait agonisante la

pauvresse, qu'il voit Marie en personne essuyer avec un mouchoir le front de la mourante. Il hésite et veut se retirer. Marie lui fait signe d'entrer et pousse l'attention jusqu'à aller quérir un escabeau qu'elle place auprès du grabat, et invite M. le vicaire à s'y asseoir pour entendre plus commodément la confession. Cela fait, celle-ci expire heureusement dans les bras de Marie.

C'est un misérable qui, ayant renié Dieu à la demande du démon, sur la promesse de celui-ci de l'enrichir, refusa de renier Marie. Il n'en fut pas moins sauvé, grâce au repentir qu'elle fit naître dans cette âme impie, et au pardon qu elle obtint pour lui de son Fils.

Les prières de Marie sont, nous dit-on, comme des ordres pour Dieu lui-même. On cite à l'appui de cette assertion saint Bernardin de Sienne, saint Anselme, sainte Brigitte, qui tous étaient parfaitement renseignés.

C'est enGn (car il faut finir, quoiqu'il y eût bien d'autres exemples à rapporter), c'est un autre misérable, un vrai brigand, qui n'avait absolument d'autre mérite, d'autre vertu et d'autre dévotion que de réciter V Ave, Maria. Aya.ni eu à répondre de ses crimes à la justice humaine, il fut condamné à mort. Le diable lui offre de le faire évader, à la double condition de renier Dieu et la Vierge. Il accepte la première condition et refuse la seconde. Le diable, cette fois encore, ne veut pas en démordre, si bien que le brigand est conduit le lendemain au supplice. Mais voilà que dans le trajet il avise une madone, et obtient de Texécùteur de s'en approcher et de réciter sa prière accoutumée; la Vierge lui rend poliment son salut d'un signe de tête, l'écoute avec un intérêt visible. Mais enfin il faut partir. La Vierge prend son client par la main, le retient avec une telle force qu'on ne peut le lui arracher. La foule, témoin de ce miracle, s'écrie : Grâce ! grâce 1 Et le malheureux condamné est en effet gracié.

Pour donner la plus haute idée possible du pouvoir deMarie,

on nous dit que le diable lui-même, s'il n'y mettait pas d'entêtement, serait sauvé par la sainte Vierge : t elle aurait la clémence « de solliciter sa grâce et assez de crédit pour l'obtenir. »

Qu'y a-t-il à cela d'étonnant, puisqu' « elle a obtenu à plu- « sieurs morts en état de péché mortel la suspension de leur « sentence, et la grâce de revenir au monde faire péni- « tence. » « Des auteurs graves en rapportent une foule « d'exemples (1). »^

D'où vient ce pouvoir de Marie sur Jésus-Christ, sur Dieu? Quel moyen irrésistible emploie-t-elle pour vaincre les répugnances de la justice divine? Saint Bernard, comme interprète du Cantique des cantiques, nous l'apprend. Va, dit-il au pécheur le plus chargé, » va trouver la Mère de miséricorde, « découvre-lui les plaies de ton âme, et Marie montrera à son « Fils le sein qui l'a allaité, et son Fils se laissera fléchir. »

Si maintenant on veut avoir une idée de l'amour de Marie pour les hommes, il suffit de savoir que si elle eût voulu dire un mot à Pilate, Jésus était sauvé. Elle ne dit rien parce qu'elle voulait le salut du genre humain. Il y a mieux : si son

(1) < G*est, nous dit-on, le sentiment de plusieurs théologiens et de saint Thomas en particulier, que la bienheureuse Vierge Marie a obtenu à plusieurs morts en état de péché mortel la suspeusion dejeur sentence et la grâce de revenir au monde pour faire pénitence. Des auteurs graves en rapportent une foule d'exemples .... Ainsi Pelbart nous apprend que, de son temps, l'empereur Sigismond, traversant les Alpes avec son armée, rencontra un cadavre déjà réduit à l'état de squelette, duquel il sortait une voix qui demandait la confession. C'était le squelette d'un soldat; on apprit de lui qu'ayant été tué eu état de péché mortel, Marie, pour laquelle il avait professé une dévotion singulière, lui avait obtenu que son âme séjournât dans ses ossements jusqu'à ce qu'il pût se confesser * incontinent âpres avoir reçu l'absolutiopi elle cessa de donner des signes de sa présence.

c Conclusion :

c Si la Mère de Dieu a eu le crédit de sauver de l'enfer quelques-uns déjà morts en état de péché mortel (comme elle avait déjà fait pour un diacre qui avait vu l'enfer et la place qui lui était réservée), combien plus ne pourra-t-elle pas eu préserver les chrétiens qui, pendant leur vie, recourent à elle avec un cœur 'contrit el un ferme propos de s'amender? »

Fiis ne fût pas mort de la main des bourreaux pour sauver rhumanité , elle eût été capable, connaissant à ce sujet les intentions de Dieu le Père, de l'immoler elle-même.

Voilà ce que devient la foi chrétienne entre les mains des Liguoristes, des Rédemptoristes et des Sœurs de Saint- Vincent-de-Paul. La voilà comme on renseigne aux enfants du peuple, aux jeunes filles, à nos, futures épouses et mères de famille. D'autres ordres religieux de femmes, celui du Sacré- Cœur, nous donneront- ils quelque chose de mieux? C'est peu présumable, tant l'esprit du catholicisme est le même partout, dans toutes ses institutions. Voyons pourtant celle qui est plus particulièrement en possession d'élever nos riches bourgeoises, et surtout les futures compagnes des jeunes aris* tocrates formés par tes mains des jésuites. Voyons^ par l'histoire même de l'origine de la dévotion spéciale qui est comme Fâme de Tinstitution, quel est Tesprit religieux de nos jésuitesses. Cela même nous dira mieux que tout le reste ce qu'il faut attendre de la congrégation elle-même comme corps enseignant.

Parlons de la dévotion au sacré Cœur et de sa patronne, Marie Alacoque. Gela suffira pour faire connaître l'esprit de la corporation qui a pris cette enseigne.

Il y a dans la dénomination môme de l'objet de cette dévotion une tendance sensuaiiste, matérialiste et idolâtrique. Coût été une raison de l'éviter, si les jésuites, grands promoteurs de l'institution, et qui connaissent leur humanité et la manière de la prendre, n'eussent pas tenu avant tout au sacces, sauf à s'expliquer plus tard sur les abus inévitables qui devaient résulter du nouveau culte.

Pourquoi ne point s'en tenir à l'adoration du Christ tout entier, c'est-à-dire à ses deux natures? Pourquoi paraître re^ nouveler une erreur qui remonte au temps même de saint Jean, et qui consiste à vouloir deux cuites, l'un qui s'adresse à l'humanité de Jésus, l'autre à sa divinité, erreur qui fut reprise plus tard par Nestorius et condamnée par le concile d'Éphèse ? Pourquoi ce culte adressé à une partie du corps du Christ plutôt qu'à une autre, à son cœur plutôt qu'à sa tête ou à ses pieds? Est-ce parce que ses sentiments sont vulgairement rapportés au cœur comme à leur siège, à leur foyer, à leur origine, plutôt qu'à quelque autre organe? Il y aurait ^à déjà plus d'une erreur, puisque les sentiments sont dans iàme et non dans le corps^ et que les idées, qui sont rappor-

aptiH ^^*' /'ouvrage de M. Asseline sur Marie Alacoque. chez Sagnier, et deui ucies de la Henaiasance, nos 35 et 86, 1878, sur le môme sujet.

tées aa cerveau comme à Forgane de la pensée, sont les cou* ditioûs nécessaires des sentipents.

Mais, à part ces erreurs, le cordioolisme a d'autres défauts, dont le plus grave est celui que nous avons signalé d'abord, et qui fut vraisemblablement^ une des causes qui en rendirent l'adoption si difficile. Saint Athanase avait dit assez nettement que le culte rendu à Jésus-Christ l'est à sa double natare, à sa personne théandrique, et l'Église l'a toujours entendu de la sorte. Elle ne pouvait donc pas être très empressée d'inaugurer une dévotion où le sens grossier du peuple des fidèles ne pouvait manquer de s'égarer d'autant plus facilement qu'il se trouvait comme placé sur la voie de l'erreur par ceux-là mômes qui auraient dû en détourner ses pas.

Il y eut donc des résistances à l'introduction de cette nouveauté. Un curé du diocèse d'Auxerre demandait ironiquement, dans un ouvrage anonyme, s'il ne serait pas convenable d'établir des fêtes de la sacrée glande piihéale, du sacré cerveau.

La première idée de cette invention paraît appartenir à un théologien protestant, Thomas Godwin, auteur d'un ouvrage intitulé : Le Cœur de Jésus-Christ dans le Ciel envers les pécheurs qui sont sur la terre. Ce théologien fonda môme une secte de cordicolistes que le Père La Colombière, jésuite et prédicateur de la duchesse d'York, put voir en Angleterre. Il en fut émerveillé et recommanda fort à ses confrères l'introduction en France de cette pieuse pratiq-ue. Il était le confesseur de Marie Alacoque, à laquelle sans doute il avait aussi communiqué cette idée.

Cette religieuse, visilandine de Paray-le-Monial , joua depuis un rôle considérable dans l'entreprise. Elle avait des visions, des entretiens très familiers avec Jésus-Christ, dont l'évoque de Soissons, Languet, s'est fait l'historien. « Un jour qu'elle était en prière devant le saint Sacrement^ le Sauveur

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lai dit, en lai montrant son Cœar, que ce Cœur ayant épuisé ses forces poar laisser aax hommes des signes eertains de son amour, il exigeait d'elle que le vendredi après Toctave de la Fêle-Dieu fût consacré au culte de cet organe. Adresse-toi, lui dit-il, à mon serviteur le P. La Colombière, jésuite; dis-lui de ma part de faire son possible pour établir cette dévotion et donner ce plaisir à mon Cœur. » Elle n'y manqua point. Jésus-Christ, dit-elle au jésuite, espère beaucoup de votre Compagnie.

Voilà, en passant sur une multitude d'autres bizarreries de la pieuse visionnaire, le début du cordicolisme. Languet assure que son héroïne, morte en 1690, huit ans après le P. La Colombière , devint l'épouse de Jésus-Christ, et il distingue sérieusement toutes les phases de cette mystique affaire : la promesse de mariage, les flançailles, les épousailles, mais en termes si révoltants, dit l'ancien évoque de Blois, Grégoire (1), que Renault (le curé auxerrois dont nous avons parlé) et d'autres ont cru devoir les supprimer, se contentant de renvoyer aux numéros XI, XIX et XXII.

Une autre fois Alacoque < vit le Fils de Dieu, la sainte Vierge et une infinité d'anges, demandant grâce pour des visitandines qui étaient tièdes. Cette grâce fut accordée à cause de leur dévotion au sacré Coeur, et Notre-Dame chassa le démon qui, de dépit, renversa les rideaux et les tringles des grilles du Cœur. »

Elle était sujette à des douleurs de côté dont la nature ne nous est pas autrement indiquée. Notre Seigneur, devenu son époux, pouvait bien avoir toute sa confiance comme médecin. Il lai recommanda la saignée quand ses douleurs seraient trop vives. Elle se fit de cette prescription, un peu vague d'abord, mais formulée peut-être avec plus de précision par la suite,

(i) Bitloire des Sectes religieuses, t. II, p. ^54. C'est It que nous irons puisé la majeure partie de cet article. Nous y renverrons le lecteur pour les détails.

LES DAMES DU SÂGRÉ-GŒUR ET MARIE ALAGOQUE. 79

UQ traitement qui consistait à se faire saigner tous les premiers vendredis de chaque mois. Il faut remarquer que c'est un vendredi; ce qui ferait présumer ou que ces douleurs avaient an caractère de périodicité bien singulière, ou qu'il s'était mêlé à l'ordonnance, ou à l'interprétation qui en fui faite, quelque idée étrangère à la thérapeutique.

Quoi qu'il en soit, Renault a calculé qu-elle dut être saignée quatre-yingt-douze fois en l'honneur du sacré Coeur. Était-ce le moyen d'avoir les nerfs plus fermes, d'être moins sujette aux visions ? Il est permis d'en douter.

Benoît Xiy,dans son ouvrage sur la canonisation des saints, raconte les sollicitations multipliées qu'on fit à Rome pour obtenir l'établissement de cette fête du Sacré-Cœur. La première, qui est de 1697, fut rejetée par la Congrégation des rites. Le cardinal Lambertini , qui devait être le futur pape BenoU XIY, y opposa, en sa qualité de promoteur de la foi, la lettre de saint Bernard aux chanoines de Lyon, pour ne pas instituer la fête de l'immaculée Conception. Si on cède sur ce point, disait Lambertini, ou s'arrôtera-t-on? Pourquoi n'aurait-on pas aussi des fêles du sacré-côté , des sacrés-yeux f Peut-être même ira-t-on jusqu'à en demander une pour le

C(mr de la sainte Vierge. L'événement a prouvé la parfaite justesse du pressentiment.

Les jésuites ne devaient pas se tenir pour battus. Quand on leur opposait les illusions possibles d'Alacoque, ils répondaient par l'institution de la fête du Saint-Sacrement, ou Fête- Dieu, sur les visions de Julienne de Liège. Si on insistait en mettant en avant des miracles et la canonisation de Julienne, ils répondaient que ce qui n'était pas fait pourrait bien être à faire. Il s'agissait donc d'obtenir des miracles. Or il en est un peu des miracles comme des prétextes; il suffit d'en vouloir pour en trouver. C'est ce qui arriva. On cita la cessation de la peste de Marseille à la suite de la consécration de la ville au sacré Cœur. Et comme la peste ne peut pas toujours se-

vir, mais que d'un autre c5lé elle ne disparaît pas tout d'un coup, il fallait, pour y voir un miracle, que la fin du fléau fût complète et subite, quoique jusque là désastreuse. On dit donc qu'elle eut ce caractère; mais cette version ne fut pas la première, car ceux-là mêmes qui étaient le plus intéressés à faire croire à un miracle, tels que le P. Galîfet, l'archevêque Languet, se bornent à dire que la contagion commença à diminuer du jour de la consécration de la ville. Ce qui est fort possible sans qu'il y ait eu miracle. Et si la statistique des décès avait été bien tenue , peut-être se serait-on aperçu que l'affection avait déjà perdu de son intensité avant qu'on eût procédé à la consécration. Beaucoup d'interventions divines, en fait de pluie et de beau temps, sont ainsi sollicitées très à propos.

Quarante-deux ans après l'événement, en 1763, des zélés, tels que l'évèque de Toul, assuraient que le fléau avait cessé toui d'un coup. Cotte version, quoique venue un peu tard, étant plus d'accord avec le besoin des imaginations et les intérêts de la dévotion, fut préférée; elle fit son chemin comme beaucoup d'autres récits du même genre : Famç. crescit eundo; et sous la Restauration l'archevêque de Paris, de Quelen, répétait encore l'assertion de l'ancien évêque de Toul,

Pendant les négociations les faits prenaient peu à peu les devants; Clément XI accorde en 1713, aux Yisitandines de Nancy, des indulgences qui semblent favoriser cette dévotion, et Clément XIII, n'étant encore que cardinal, avait déjà établi une confrérie du Cœur de Jésus. Son avènement au pontificat, l'emploi de premier ministre occupé par le cardinal Torregiani, très dévoilé aux jésuites, parurent à la Compagnie une excellente occasion de renouveler leurs instances. Ils les présentaient comme appuyées par un évêque de Pologne,^ar Philippe V, roi d'Espagne. Or cet évoque de Pologne devient, dans le bref de Clément XIII, des évêques de Pologne et même la plupart d'entre eux. Il faut penser qu'entre la supplique et le bref, il y eut en Pologne un mouvement épiscopal

en ce sens. Qaanl à Philippe V, qui ne devait rien avoir à faire en pareille question, il donna aux jésuites un formel démenti par Torgane de Roda, son ministre, qui porta sa plainte à Rome.

Enfin, trente-six ans après un troisième refus, les jésuites obtinrent en 4765, de la Congrégation des rites, et malgré l'avis de quatre cardinaux , l'approbation qu'ils sollicitaient depuis soixante-huit ans.

On remarquera du reste que Clément XIII n'institue pas, mais qu'il autorise seulement la fête, non du cœur matériel de Jésus-Christ, mais de son cœur spirituel , c'est-à-dire de ses sentiments pour l'humanité. Pourquoi donc ne pas l'avoir instituée sous la dénomination la plus propre ?

Les abus de la dévotion nouvelle ne tardèrent pas à se révéler. Des écrits furent échangés de part et d'autre; on recourut à l'autorité supérieure, qui maintint l'esprit, le sens spirituel de la dévotion. Ce qui n'empêcha pas les jésuites Berruyer, Galifet, l'évêque Fumel et autres, de maintenir^ au moins dans les expressions, le cordicolisme matériel, les prédicateurs de parler le même langage sensualiste, et les petits livres mystico-matérialisles de se multiplier.

La catholicité fut jusqu'à un certain point divisée à l'endroit de ce culte nouveau; ainsi, tandis qu'il était repoussé à Naples, à Vienne, et peut-être à Cadix et à Séville, il était accueilli en Portugal. La Faculté de théologie de Nantes, en 1769, censura plusieurs propositions extraites d'un livre anonyme, intitulé : Manuel des adorateurs du Cœur de Jésus-Christ et des serviteurs de Marie, où l'auteur prenait à tâche de persuader que toute la religion consiste dans le culte de Marie. Les évêques sont, qui pour, qui contre cette pieuse nouveauté. Le clergé de Paris était divisé sur ce point, et des paroisses, celle de Saint- André-des-Arts en particulier, étaient contre, tandis que celle de Saint-Sulpice était pour. Cependant les gravures des sacrés Cœurs de Jésus et de

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Marie se multipliaient à rinfini, et réublissement de la fêle du Sacré-Cœur, purement permise d*abord par Tarchevôque de Beaumont, fut ordonnée par M*' de Quelen sous la Restauration. M»' de Boulogne, évoque de Troyes, ne s'y montra pas moins favorable : le culte nouveau est donc en pleine vigueur; les rites, les offices, les processions, les prières de toute sorte se multiplient à Tenvi ; et tout cela prend une teinte de moins en moins spirituelle.

Le pieux matérialisme est aujourd'hui courant, consacré dans toute la catholicité. Je le trouve résumé dans les litanies du Sacré-Cœur de Jésus, qui font partie du Paradisus animœy ou Manuel de piétéy nouvelle édition, imprimée à Malines en 1848. En voici un extrait : c Cœur de Jésus uni substantiellement au Verbe de Dieu (1) ; Cœur de Jésus, sanctuaire de la divinité; — temple de la sainte Trinité; — trône de la miséricorde; — percé par la lance ; — épuisé de sang sur ia croix; — abîme de sagesse, etc. ; le reste est d'un caractère moins charnel.

La dévotion au sacré Cœur do Jésus n'était, comme l'avait prévu Benoît XIV, qu'un acheminement à une autre déyotion du même genre, mais d'un ordre inférieur cependant; nous voulons parler de celle au sacré Ccsur de Marie. Celle-là eut aussi son initiative dans une visionnaire. Maris des Vallées, dont le P. Eudes a écrit ia vie. Cette fille, mécontente de tous les saints, parce qu'ils s'oôcupaient trop peu de nous, et qui les traitait de fainéants, avait aussi ses conversations familières avec Jésus-Christ. Dans l'une d'elles Jésus-Christ lui promet de délivrerchaque jour, depuis Pâquesjusqu'àla Fête-Dieu^ trentequatre mille âmes du purgatoire. Le P. Eudes, son confesseur, lui avait promis une somme de 12,000 fr. de la part du cardinal de Richelieu, pour fonder des missions, à la condition que le cardinal vivrait encore trente ans. Malheureusement le car-

{i) C*e»iliiea. ê?i4ei8fM(!i^^ mprotM de f)i«ir qn*o« sVveHe.

dinal mourut avant d'avoir donné la somme. Il avait eu une

bonne intention, et Marie des Vallées lui fut si reconnaissante qu'elle demanda un jour à Jésus-Christ de faire entrer Richelieu enparadis. Mais Jésus-Christ s'y refusa net: « Non, Marie, je ne puis vous accorder le cardinal. Je vous donnai deux évêques il y a huit jours; contentez- vous-en si vous voulez. »

Le P. Eudes assure que Jésus-Christ avait révélé à cette fille la dévotion au Cœur de la Vierge, en lui disant qu'il punirait ceux qui s'y opposeraient; à quoi la sainte Vierge ajouta que cette fête serait un jour une seconde fête du Saint-Sa(*rement. L'o£Scialité de Coutances condamna en 1658 cette extravagante, morte depuis trois ans. Mais cela n'arrêta point le zèle de son admirateur, de son biographe, le P. Eudes, qui prétendait obtenir des miracles par son intercession. Il voulut la faire exhumer. On se trompa dans l'opération ; on prit le corps d'un sergent pour celui de Marie. Ce qui n'empêcha pas les miracles de se faire, et l'honneur d'en revenir à Marie des Vallées. Le P. Eudes ne pouvait plus en douter; il était dans le vrai. Il composa donc un office du Sacré-Cœur de la Vierge Marie. Dans une de ses prières, il était dit : Je vous salue, Marie, fille de Dieu le Père,

Cette dévotion avait tellement exalté certains esprits qu'un minime du nom de Cornet, prêchant à Morteau (Franche- Comté), disait : « Les vierges folles ne purent entrer en paradis, parce qu'en frappant à la porte, elles avaient dit : Seigneur t Seigneur! Si elles eussent crié : Madame! Madame! à l'instant la salle des noces leur eût été ouverte. »

Tout cependant n'était pas fait : on se mit donc à l'œuvre ; le P. Lafiteau écrit la Vie et les Mystères de la très sainte Vierge. Les autres jésuites se mettent en campagne. On fait si bien qu'on obtient cette fois plus promptement et avec moins de peine l'autorisation d'une fête en l'honneur du Cœur de Marie^ que celle de la fête du Cœur de Jésus. L'archevêque de Paris^ de Beaumont, joint donc l'une à l'autre; au culte ûubeau

Cœur de Jésas, celai des aimables et charmantes qtuilités du Cœur de la sainte Vierge. Des livres de prières, des offices, sont composés en conséquence. Dans le nombre on remarque en particulier ceux du P. Groiset, où sont accumulées les images les plus bizarrement contradictoires.

II en est uo pourtant, de date plus récente, le Paradisus anim>œ, qui doit l'emporter en ce genre de beautés et de mérites sur celui du P. Groiset. La Vierge y est tellement magnifiée, glorifiée» que Jésus-Ghrist en est presque entièrement effacé, oublié : c'est « la fille choisie et chérie du Père éternel, la mère du Verbe incarné, l'épouse du Saint-Esprit, le sanctuaire de toute la sainte -Trinité. » Le Pater lui-môme, qui s'adresse à Dieu, y est en partie supplanté en l'honneur de Marie (1). LAve, Maria, autre sujet de méditation, y est commenté dans les tertnes les plus pompeux : c Quoi d'étonnant si tu es pleine de grâce, quand la plénitude de la divinité habita en toi corporellement ! > Aulre nouveauté matérialiste ; la Trinité même est ainsi rendue corporelle ; à moins que le pieux auteur n'ait voulu dire que c'est dans la nature corporelle de Marie, que la Trinité avait fait élection de domicile. Ge qui ne serait guère plus orthodoxe que grammatical.

Après avoir fait remarquer que la fête du Sacré-Gœur a ses analogues dans les fêtes ou dévotions de la Portiunculej du TrèS'Saint'Rosaire (si respectables que soient les oraisons dont le Rosaire se compose), de la Ceinture de saint Thomas d^Aquin, du Cordon de saint François, de ses Stigmates, du Scapulaire, l'auteur de VHistoire des Sectes religieuses, rappelant les sages dispositions du quatrième concile de Latran et celles du concile de Trente, contre la superstition, fait les réflexions suivantes qui nous semblent fort sages : « Le peuple, toujours charnel, toujours enfoncé dans les sens et la matière, a besoin qu'on

(1) Meiitatioin Oralionem dominicain^ accotnmodala ad cultum et veneralionm 'Missimœ Virginis Deiparœ. (P. 506-509.)

travaille sans relâche à éieyer son âme, à la ramener vers le monde intellectuel ; et des prêtres amasent, tranchons le mot, trompent le peuple par de pieuses fadaises qui n'éclairent pas Tesprit, qui ne corrigent pas le cœur, à Tombre desquelles ^'endorment dans une fausse sécurité tant de gens corrompus qui, substituant Taccessoire à Tessentiel et les moyens au but, s'efforcent ensuite de concilier les actes religieux avec des inclinations désordonnées Les pasteurs trouvent sans doute que ce pharisaïsme leur est plus commode ou plus lucratif que d'inculquer les preuves fondamentales de la religion, si méconnues aujourd'hui. Dans ces pratiques, étrangères aux beaux siècles de l'Église, reconnaît-on l'auguste majesté de l'Evangile ? Le maintien des niaiseries mystiques calomnie (hélas t il ne fait qu'en médire) la religion catholique aux yeux des hérétiques. Que de gens peu éclairés, confondant l'esprit du christianisme avec des pratiques dont on veut le surcharger, conçoivent de l'aversion pour les devoirs qu'il impose, et s'en éloignent par la crainte d'être assimilés à ceux qui veulent lui associer les conceptions du délire ! Le problème suivant n'est pas encore résolu : Les incrédules sont-ils plus nuisibles à la religion en attaquant sa doctrine, que les superstitieux en lui donnant le caractère de l'ineptie ? >

Ceux qui croient servir la religion par l'abrutissement des populations ne sont pas moins persuadés, un peu plus peutêtre, qu'ils servent par là les intérêts de leur autorité et de leur influence.

Il importait extrêmement aux jésuites d'avoir des jésuitesses enrôlées sous une bannière qui serait entièrement à leurs mains, et qui exerceraient comme institutrices, sur les jeunes générations féminines, la même influence qu'eux sur les jeunes gens. C'était un moyen d'autant plus sûr de mener le monde, de le gouverner religieusement^ moralement, politiquement même, que les femmes sont plus passionnées, plus actives, plus entreprenantes, plus dévouées quand il le faut, et qu'elles

86 LE CiLTHOUCISME ET L'INSTRUCTION PXIBUQUE.

ont plus d'action sar lenrs maris, dans les choses mêmes les pins étrangères à Tadministration domestique. La conception du couvent du Sacré-Cœur est donc une idée de génie en matière politique, comme celle de la confession. Il y a longtemps qu'on le sait. En i763 Joly de Fleury, dans ses rapports aux assemblées du Parlement de Paris^ appelait déjà d'une façon tonte particulière l'attention de la Compagnie sur l'association du Sacré-Cœur, comme sur l'un des plus puissants moyens du système dominateur des jésuites, qui travaillaient sans relâche à étendre partout la dévotion aux Cœurs de Jésus et de Marie. On s'est bien aperçu, dans nos temps de troubles politiques, de la profonde et secrète liaison qui existe entre l'nltramontanisme, le jésuitisme et la monarchie réactionnaire de droit divin. Ce n'est aujourd'hui un mystère pour personne ; l'alliance est scellée au grand soleil de la plus ouverte publicité. < Le Sacré-Cœur est l'emblème d'un parti dont les coryphées astucieux dénaturent la religion, qui les désavoue, qui les condamne, et veulent en faire un instrument de despotisme. » Ce qui se passe aujourd'hui que la France est vouée au sacré Cœur sur la demande de l'archevêque de Paris, M^Guibert, et d'après la décision de l'Assemblée nationale de 1873, est une nouvelle et incontestable preuve : 1* de la part prise par les archevêques de la capitale à l'introduction et à l'accroissement du nouveau culte; ^ de l'alliance de la religion et de la politique pour replacer la France sous la domination de Rome et des jésuites; 3* de l'influence déplorable déjà reconquise par la société de Jésus sur la génération qui nous gouverne et sur celles qui s'en laissent gouverner, sur l'abaissement de l'esprit politique et sainement religieux de notre pays ; 4* de la destinée orageuse qui se prépare pour la France, si elle ne doit pas succomber d'inanition sous le régime asphyxiant et délétère du jésuitisme. Aux bons citoyens de voir maintenant s'il lear convient de confier l'éducation de leurs filles aux Sœurs de la YisiUtion et à celles du Sacré-Cœur; aux gouvernements libé-

raox, si nous devons en revoir, d*estimer jusqu'à quel point il est prudent de leur part de favoriser ces corporations ou de fermer les yeux sur leurs agissements.

Mais laissons de côté la politique, quoiqu'elle ne soit certes pas une petite affaire dans l'éducation, et que les détestables principes qui peuvent être donnés en cette manière par les utopistes ou les révolutionnaires de toutes les couleurs, soient à notre avis une raison plus que suffisante pour que l'État, dans ses établissements publics de tous les degrés, en donne de plus sains, et qui soient le nécessaire contre-poison de ceuxlà; ne voyons que l'éducation soit-disant religieuse, et ce qu'elle peut être, la bonne influence qu'elle peut avoir avec an système de croyances et de pratiques populaires tel que celai dont il nous reste à parler. Nous pouvons oublier le cœar de sainte Gbantal, le pied de la Vierge, les médailles miraculeuses, les pèlerinages, etc. Mais déjà les fêtes des Cœurs de Jésus et de Marie sont plus graves, quoique la superstition s'y glisse encore bien aisément.

Toutefois il est un enseignement qui tient plus étroitement encore aux entrailles du catholicisme, et qui mérite une attention toute particulière, nous voulons parler du catéchisme catholique et de ses vulgarisateurs naturels, les corporations religieases vouées à renseignement primaire des écoles de garçons. Il va de soi que les institutrices qui font partie de corporations religieuses, ne peuvent avoir une autre doctrine et un autre esprit que celui dont nous allons parler.

88 I.E CATHOUCISlfE ET l'iNSTRUCTION PUBUQUE.

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